Interview de Georges Obninsky, président de Gap (I)

ObninskyLe président de Gap, Georges Obninsky, dresse le bilan de cette saison d'exil à Marseille. Demain, dans la seconde partie de l'interview, il révèlera ses plans pour 2011/12.

- Quel bilan tirez-vous de cette expérience marseillaise ?

Globalement le bilan est positif. Nous avons tenu nos objectifs en nous maintenant en Ligue Magnus. Nous sommes passés près de la catastrophe, mais nous avons eu une belle réaction en fin de saison.

L'essentiel est là. Sur le plan des finances, je tiens à remercier nos partenaires institutionnels qui ont tenu leurs engagements, ce qui était important pour nous au vu des charges cette saison. On espérait fédérer plus de monde à Marseille, mais c'était quelque chose de nouveau pour nous.

Le club a continué à se professionnaliser. Nous avons eu beaucoup de personnel à gérer, et cela nous a entraînés à faire les démarches que nous aurons à reproduire dans la nouvelle patinoire à Gap. Les risques étaient très importants, et nous nous étions préparés deux ans avant, pour passer cet écueil du mieux possible.

Cette saison a été très enrichissante pour le club, on a vu sur qui on pouvait compter dans les moments difficiles. Nous avons vu la force de notre club au niveau humain.

- Pourquoi ne pas avoir choisi de disputer les matchs à Briançon ?

Nous avons eu une grande déception concernant la ville de Briançon qui n'a pas joué le jeu. Les conditions étaient inacceptables, et financièrement ce n'était pas possible. La location de René-Froger était beaucoup plus chère que le Palais Omnisports Marseille Grand-Est.

On a aussi envisagé de jouer à Orcières, mais très vite cette piste a été éliminée car la patinoire n'est pas configurée pour accueillir les matchs de Magnus.

Le fait de jouer les matchs à Marseille nous a donné plus de notoriété dans notre région. Cela a donné un nouvel éclairage sur le club. C'était un événement pour nos sponsors.

Je pense que les Marseillais qui ont découvert le hockey passeront à la Blache pendant leurs vacances dans les Hautes-Alpes...

- Vous avez développé cette année un partenariat Gabians de Marseille / Rapaces de Gap : qu'est ce qui a motivé ce choix ?

C'était un devoir pour nous. Les Gabians allaient nous aider dans l'organisation des matchs à Marseille. On se devait de rendre le service. C'était aussi un projet séduisant pour le club de participer à l'éclosion d'un club de hockey à Marseille. Il faut désormais développer ce sport dans la cité phocéenne. Il faut qu'il y ait une équipe à Marseille, surtout quand on voit le bel écrin dont ils disposent.

Gap-Morzine- Pour quelles raisons avez-vous retenu les juniors de Gap alors que les Gabians jouent aujourd'hui un match décisif en play-offs face à Strasbourg ?

C'est là les limites du partenariat. Les Juniors à Gap, c'est une catégorie très importante. C'est vraiment la réserve de la ligue Magnus et ça le sera encore plus demain. Le championnat de Juniors paraît à nos yeux plus importants qu'un championnat de D3. Nous jouons notre avenir en élite. La priorité est donc aux Juniors. Il y a eu quelques circonstances atténuantes, comme le "limogeage" de l'entraineur gapençais des Gabians lors du dernier match.

- Que pensez-vous du niveau général de la Ligue Magnus ?

On remarque cette saison que les équipes étaient très proches. Tout le monde peut battre tout le monde. D'ailleurs l'affiche de la finale est assez surprenante (Rouen-Grenoble). En effet, Gap s'est imposé trois fois cette saison face aux BDL. Preuve que tout est possible dans la Ligue. Il y a eu aussi quelques belles surprises comme le parcours remarquable de Dijon. On pensait les Ducs un peu faibles en défense sur le papier.  Ils nous ont prouvé le contraire.

Les grandes écuries ont été un peu moins fortes, comme Rouen, Briançon et Angers, et ça a laissé de la place aux "petits".

- Imaginons que vous êtes président de la FFHG, quelle serait votre première mesure pour que le hockey se professionnalise en France ?

Il faudrait réunir tous les acteurs et prendre des mesures simples sur le traitement des contrats et de la masse salariale des joueurs. Actuellement, il existe beaucoup de disparité dans la manière d'établir les contrats. C'est inacceptable d'avoir des contrats de 6, 7, 10 mois... Un championnat commence et se termine à une date fixe. Il faudrait uniformiser tout cela.