Interview de Georges Obninsky, président de Gap (II)

- Pourquoi changer d'entraîneur ?

TURCOTTEpatrick111126087Patrick Turcotte a réussi sa mission. Il a eu une saison très difficile. Nous avons pu faire le point en fin de saison. Je le félicite pour tout ce qu'il a fait, c'est quelqu'un qui est droit et honnête, contrairement à certains joueurs. Cette décision ne me surprend pas. Bien sûr, j'ai accepté son départ. Un entraîneur doit se sentir à l'aise pour travailler, il y a des enjeux très importants aujourd'hui. La meilleure preuve de notre bonne entente, c'est la participation de Patrick Turcotte au recrutement de l'équipe.

On a décidé de revenir à une politique traditionnelle, de formation des jeunes, pour qu'ils accèdent au haut niveau. Ceci n'était pas possible avec notre ancienne patinoire. Le recrutement du nouvel entraîneur a été dicté par cette nouvel politique.

Il nous fallait quelqu'un qui adhère à ces valeurs. C'est la raison pour laquelle nous avons choisi Ari Salo qui a montré par le passé qu'il était l'homme de la situation. C'est le bon compromis entre l'intégration de jeunes de Svitac, et le management des séniors de Turcotte.

- Concernant les transferts, qui part, qui reste ?

En fin de saison, on a fait un bilan de la saison écoulée avec certains joueurs. On a analysé leur jeu, et on leur a expliqué qu'ils avaient peu de chances de rejouer la saison prochaine. Lascek et Gauthier ont pris acte de cette décision, tout comme Justin Vienneau, qui n'évoluera donc plus sous les couleurs gapençaises. Yoanne Lacheny, Mathieu André continuent l'aventure avec nous. Aujourd'hui je ne peux pas vous en dire plus... On discute beaucoup actuellement.

- À quel poste compté vous recruter cette année ?

Pour l'instant, à tous les postes, vu les départs. Notre souhait c'est de favoriser l'éclosion des jeunes Français. Que ce soit dans les cages, en défense ou en attaque, on prendra des jeunes internationaux qui ont envie de jouer en Ligue Magnus.

Nos lignes seront donc plus jeunes. On espère recruter des joueurs de haut niveau à tous les postes tout en conservant un budget raisonnable.

- Comment préparez-vous l'avenir du club ?

Nous partons du principe que le hockey sur glace dans les Hautes-Alpes a les moyens d'évoluer au plus haut niveau, de manière pérenne, en engageant des moyens qui sont à la hauteur de notre ville et de notre département. Le hockey reste un sport raisonnable dans son coût. Nous avons pour objectif d'installer Gap dans le Top 4 français à l'échéance de trois ou quatre ans. Cet objectif me paraît raisonnable, en tout cas, c'est le mien aujourd'hui.

- Quelle place tiendront les juniors dans ce projet d'équipe ?

La formation est fondamentale pour l'avenir du club. Ma crainte aujourd'hui, c'est qu'avec la nouvelle patinoire nous ayons moins d'heures à notre disposition pour développer cette formation. J'espère que tout le monde aura bien conscience que l'accès à la glace est nécessaire. C'est un des principaux chantiers, avant même l'équipe première.

GapBoutique- Allez-vous annoncer des nouveautés cette année (sponsors, code couleurs) ?

Depuis quelques années déjà, nous travaillons pour dynamiser le club, et ça passe par les couleurs et les produits dérivés, tout comme le logo.  L'image du club est très importante pour nous. Je pense que nous sommes dans le Top 4 de la vente des produits dérivés. Nos produits plaisent, et l'avenir peut réserver quelques surprises. Pourquoi ne pas sortir des couleurs traditionnelles (bleu et jaune) et faire une alternative plus contemporaine ? On parle du bleu et du noir. On réfléchit, il faut nous faire confiance.

Concernant l'arrivée de nouveaux sponsors, nous sommes actuellement en négociation. On ne veut faire rêver personne. On ne veut pas non plus "vivre" sur des subventions supplémentaires. On souhaite développer notre club avec nos propres ressources.

- La branche professionnelle change de statut et devient une Société sportive : qu'est-ce qui va changer concrètement ?

La Société Sportive sera en charge de la boutique, de l'équipe première et de l'équipe réserve. Le fait d'avoir une structure normalisée comme un club de foot est sécurisant et cela peut ouvrir de nouvelles perspectives d'investissements. Le hockey amateur reste une association et pourra continuer à fonctionner si par malheur quelque chose n'allait pas dans la gestion de l'équipe pro.

- La nouvelle patinoire est-elle signe d'un second souffle pour le club ?

Absolument. C'est un véritable argument pour nos jeunes. C'est aussi important pour les partenaires, qui sont accueillis dans un cadre beaucoup plus convivial qu'avant.

- Certains Gapençais critiquent le coût de la patinoire (13 millions d'euros). Qu'avez-vous envie de répondre à ces critiques ?

En tant que simple citoyen, je remarque qu'à chaque fois qu'on fait un investissement qui ne nous affecte pas directement, on le trouve démesuré. J'ai entendu ces critiques pour "La Passerelle" (Théâtre), "Le Quattro" (Salle de spectacle), pour le stade...

Ces investissements permettent à la ville d'évoluer et c'est important. Ensuite il est nécessaire de rappeler que cet équipement va profiter à tous les Gapençais. Les touristes en passage dans la capitale douce s'attendent à retrouver quelque chose qui représente les sports de glace. Un stade de glace peut apporter de fortes retombées économiques. Les commerçants qui critiquent cet investissement ne sont pas corrects.

- Un petit mot pour les supporters...

J'ai été touché de voir autant de supporters suivre l'équipe. Non seulement à Marseille, mais aussi à Morzine, Chamonix, Epinal... Je les remercie de leur soutien. Pour ceux qui sont un peu plus critiques, je leur demande de nous faire confiance. Des décisions vont les surprendre à l'avenir. Mais les choix qui sont fait vont dans le bon sens pour l'équipe.