Brest - Mulhouse (Division 1, demi-finale, match 1)

Les Albatros verts d’« Hurajt »

Marchand Hurajt MotreffPlus que quatre équipes en lice, la crème de la crème de la division. L’affrontement ouest-est de ce soir est la série qui s’annonce la plus serrée sur le papier. Les deux équipes ont chacune remporté sur la glace de leur adversaire un des deux matchs de la saison régulière sur la marque de 3-2. La défaite des Alsaciens n’est intervenue qu’en prolongation, un petit détail qui, au terme de la saison régulière, leur offre l’avantage de la glace pour cette série.

Les deux équipes se connaissent par cœur et se rencontrent pour la quatrième année consécutive en play-off. Brest a toujours eu nettement l’avantage, surtout à domicile. Cependant cette année les Albatros endossent le statut d’outsider et pour parvenir à créer la surprise il faudra prendre à défaut la meilleure défense du championnat.

La rencontre débute sans round d’observation avec Radovan Hurajt qui est mis à contribution au bout de 25 secondes de jeu par Vladimir Holik. Les premières occasions sont brestoises mais les choses se calment pour les locaux sur une pénalité un peu sévère sifflée à l’encontre de Benjamin Rubin (5’). Brest s’en tire sans trop de mal face à un jeu de puissance mulhousien toujours aussi défaillant.

C’est ensuite au tour de Ales Cerny d’aller visiter le banc de l’infamie (9’25’’). L’engagement physique est de mise et Nicholas Pard n’y va pas de main morte sur Stefan Lachapelle qui en reste sonné quelques secondes sur la glace (9’41’’). En supériorité numérique Brest est installé en zone offensive. Jaroslav Prosvic fixe parfaitement Radovan Hurajt et décale le palet vers Jonathan Avenel pour un but certain mais l’ancien Caennais tape le poteau (10’40’’). Hurajt était battu et doit, pour la première mais pas la dernière fois du match, une fière chandelle à son montant droit.

Mulhouse est loin de faire de la figuration, les percées de l’excellent Lachapelle en témoignent. Cependant ils sont sanctionnés à plusieurs reprises dans ce début de rencontre. Mattias Ottosson (12’49’’) puis Lachapelle (13’22) sont pris pour la patrouille et offrent une double supériorité numérique brestoise pendant 1’26’’. Hurajt demeure imperturbable et sort quelques arrêts déterminants avant que David Croteau tape lui aussi le poteau (14’40’’).

Pard face à CernyLes prisons sont tuées et les Albatros peuvent avoir de nombreux regrets face à toutes ces opportunités dont ils n’auront pas bénéficié. Des détails qui pèsent lourd dans ce genre de rencontre. Requinqués et de nouveau à cinq sur la glace, les Alsaciens ouvrent la marque par Dmitri Lavrov dont le tir en angle fermé ricoche sur les bottes de Landry Macrez avant de rentrer (0-1 à 16’58’’).

Si le premier tiers était dans l’ensemble à l’avantage des Albatros, malgré le score en leur défaveur, le deuxième est d’une autre physionomie. C’est au tour de Landry Macrez de briller dans ses cages. Il détourne absolument tout y compris lorsque son équipe est réduite à trois joueurs suite à des prisons de Rubin (25’10) et Avenel (25’58’’). Sur le jeu de puissance, Lavrov transmet le palet à Victor Lobachev qui tire à bout portant mais Macrez continue son festival (27’40’’).

Rien ne sera finalement marqué mais Brest continue d’être dominé. Le pressing intense des Scorpions gêne le jeu adverse. Les Albatros sont souvent à court de solution et doivent se contenter de balancer au fond. Pour l’instant Mulhouse n’usurpe pas son statut de défense de fer. Les cinq dernières minutes voient néanmoins les locaux se réveiller mais il y a quelques ratés. On pense notamment à ces mises en jeu perdues en zone offensive qui font perdre un temps précieux en avantage numérique.

Les gardiens continue d'offrir un spectacle hallucinant. Hurajt écarte une belle tentative d’Holik (37’50’’) tandis que Macrez gagne son duel face à Jure Stopar (38’19’’). Les Albatros restent muet jusqu’à ce que l’inévitable Pard débloque le compteur local en envoyant un palet en cloche dans la lucarne (1-1 à 46’25’’). Il aura fallu un Hurajt masqué par plusieurs joueurs pour en venir à bout. « Supardman » s’illustre à nouveau quelques instants plus tard mais cette fois c’est la barre transversale qui sauve le portier visiteur (48’17’’). Le palet est retombé semble-t-il juste devant la ligne de but alors que le public était déjà debout.

Ce diable d’Hurajt ne peut pas bénéficier d’une insolente réussite indéfiniment et il cède une deuxième fois sur un tir bizarre d’Alexandre Lefebvre détourné par un de ses propres défenseurs (2-1 à 49’18’’). Surement sonnés, les Scorpions ne sont pas dans le coup et commettent une erreur de marquage fatale lorsque Croteau parvient à trouver Rubin dans le dos de la défense. Le Franco-Canadien dribble avec sang froid Hurajt et marque le but du break (3-1 à 49’40’’). Comme contre Lyon il y a quelques jours, les Albatros ont assommé leur adversaire en quelques minutes.

Les esprits s’échauffent par la suite et de multiples prisons sont appelées après plusieurs frictions entre joueurs. Les Albatros se contentent de ces deux buts d’avance et sont déterminés à laisser l’adversaire faire le jeu et gagner du temps. Ce plan marche à merveille malgré quelques frayeurs sur la cage de Macrez que ce dernier annihile avec brio. Mais les choses se gâtent par la suite de manière complètement folle.

Mise en jeu Lachapelle-CroteauIl reste moins d’une minute, le public est debout et confiant avec cette avance de leurs protégés. Une mise en jeu a lieu dans la zone défensive des Albatros et est encore remportée par les visiteurs. Hurajt déserte sa cage pendant que Lachapelle trouve en retrait Cerny qui tire complètement à côté. Le rebond sur la bande revient sur Alner posté en embuscade sur le côté droit du but et il marque du revers (59’19’’). Macrez n’avait pas eu le temps de se replacer et cède sur ce coup du sort.

41 secondes à tenir et encore un petit but d’avance pour Brest. Hurajt ressort et la tactique paye à nouveau. Les Scorpions sont en possession du palet en zone offensive et tentent le tout pour le tout en envoyant le plus possible le palet vers la cage. Dans une enclave embouteillée, Ottosson dévie victorieusement le tir de Sallender et égalise dans un silence presque de cathédrale car les Ultras présents hurlent logiquement de joie (3-3 à 59’55).

Un final dramatique que seul le hockey peut nous offrir. Brest a pris un coup sur la tête mais n’en démord pas en prolongation durant laquelle les deux équipes jouent la prudence malgré quelques occasions de part et d’autre. La tension est à son comble. À cinq secondes du terme de la prolongation, Pard est en bonne position de délivrer la patinoire mais Hurajt, encore lui, détourne en papillon (69’55’’). Il faut donc recourir à la loterie des tirs au but pour départager les deux équipes.

Les deux premiers tireurs de chaque équipe échouent. Le troisième tireur mulhousien Dmitri Lavrov s’élance et marque un tir au but à la « Frans Nielsen » (joueur des New York Islanders) en partant sur son revers et en levant le palet en lucarne. David Poulin est donc obligé de marquer sur cette troisième tentative bretonne. Il feinte Hurajt qui tente un poke-check, le prend à contre-pied… mais son tir s’écrase sur le poteau ! C’est allé très vite et en une fraction de seconde tout est fini. Le banc mulhousien exulte et se dirige vers l’un des héros du match, à savoir Radovan Hurajt.

Mulhouse, à un poteau près, remporte cette première joute qui fut interminable (plus de 3 heures !) à l’issue d’un final à rebondissement. Les deux équipes ont offert un beau spectacle dans cette lutte acharnée où les deux gardiens ont brillé. La mouture 2011-2012 des Albatros a démontré beaucoup de caractère cette saison mais force est de reconnaître qu’ils ont trouvé un rival dans ce domaine. Les choses ne sont pas terminées mais l’ascendant psychologique a été pris par les Alsaciens et la tâche s’est sérieusement compliquée pour Brest.

Il faudra gagner deux fois à l’Illberg pour tenter d’accéder à une troisième finale de D1 consécutive. Les Albatros ont montré qu’ils pouvaient gagner là-bas en saison régulière, de quoi entretenir une lueur d’espoir.

 

 

Brest – Mulhouse 3-4 (0-1, 0-0, 3-2, 0-0) / 0-1 aux tirs au but
Mercredi 4 avril 2012 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 1107 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin, assisté de Joffrey Yssembourg et Charlotte Girard.
Pénalités : Brest 22' (4', 6', 12', 2’), Mulhouse 56' (8', 4'+10’, 10’+10’, 4’+10’).

 

Évolution du score :

0-1 à 16'58'' : Lavrov

1-1 à 46’25’’ : Pard assisté de Poulin et Rubin

2-1 à 49’18’’ : Lefebvre assisté de Ballet

3-1 à 49’40’’ : Rubin assisté de Croteau

3-2 à 59’19’’ : Alner assisté de Cerny et Lachapelle

3-3 à 59’55’’ : Ottosson assisté de Sallender et Kapicka

Tirs au but : Michal Kapicka (arrêté) Mans Papaux (arrêté), Johan Carlson (arrêté), Alexandre Lefebvre (arrêté), Dmitri Lavrov (réussi), David Poulin (arrêté)

 

 

Brest

Gardien : Landry Macrez.

Défenseurs : Vladimir Holik – Nicolas Motreff ; Aurélien Gréverend– David Poulin ; David Hennebert – Francis Ballet (C).

Attaquants : Alexandre Lefebvre – Jaroslav Prosvic – Jonathan Avenel ; Tristan Lemoine (Rubin de 30’ à 40’) – David Croteau – Nicholas Pard ; Daniel Sevcik – Mans Papaux – Benjamin Rubin. 

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Gaëtan Cannizzo, Clément Gonzales.

Mulhouse

Gardien : Radovan Hurajt (sorti de 59’15 à 59’19’’ et de 59’47 à 59’55’’).

Défenseurs : Ales Cerny –David Sallender ; Mattias Ottosson– Johan Carlson ; Lukas Lang – Lilian Prunet (A).

Attaquants : Jacob Alner – Stefan Lachapelle (A) – Michal Kapicka ; Dmitri Lavrov – Victor Lobachev – Tarik Chipaux ; Lukas Bacul – Julien Aubry (C) – Jure Stopar ; Michaël Marchand.

Remplaçants : Mickaël Müller (G), Paul-Adrien Grasser, Yann Marez, Benoit Salvin, Arnaud Fuss.