Présentation des playoffs NHL

Ce soir, les playoffs commencent en NHL et c'est l’occasion de faire un tour d’horizon des différentes affiches des quarts de finale de conférence. Cela aurait dû être les derniers playoffs avec le format existant des conférences mais un refus du changement de système par le syndicat des joueurs va entraîner une reconduction l’année prochaine de ce format. Ses faiblesses sont assez simples à voir puisque ce système permet à des équipes comme Phoenix et la Floride d’être des têtes de série de ces playoffs car elles ont terminé premières de leurs (faibles) divisions.

 

Conférence Ouest


Vancouver Canucks (1) – Los Angeles Kings (8)

Comme l’an passé où ils n’avaient échoué qu’à un match de la coupe Stanley, les joueurs de Vancouver démarrent ces playoffs auréolés du titre de meilleure équipe de saison régulière. Ils sont confrontés lors de ce premier tour aux Kings, auteurs d’une saison pour l’instant assez décevante. Pressentis comme des candidats sérieux au titre au début de la saison, les Californiens ont finalement été très en deçà des attentes, principalement à cause d’une attaque anémique (avant-dernière de la ligue) même si Jonathan Quick a signé dans les buts une saison probante et est la principale raison pour laquelle les Kings sont toujours dans la compétition. Il faudra qu’il soit à son meilleur niveau pour inquiéter la machine de guerre offensive des Canucks (quatrième meilleure attaque de la ligue) avec notamment les jumeaux Sedin.


St. Louis Blues (2) – San José Sharks (7)

Il est rare qu’un changement d’entraîneur en cours de saison soit synonyme de succès. Pourtant, quand David Payne a été remercié de ses fonctions à St. Louis en novembre pour être remplacé par Ken Hitchcock, l’équipe a commencé une remontée fulgurante au classement pour terminer aux avant-postes et retrouver les playoffs pour la première fois depuis 2009. Les Blues n’avaient pas signé un mauvais début de saison mais ils étaient loin de leur potentiel. Le style assez défensif qui est la marque d’Hitchcock a parfaitement convenu à St. Louis, propulsé par le tandem Jaroslav Halak – Brian Elliott dans les buts. En face, San José restait sur cinq saisons à plus de 100 points, ce qui leur avait permis de parvenir en finale de conférence ces deux derniers playoffs. Mais cette année, les cadres des Sharks ont commencé à montrer des signes de fatigue et l’équipe californienne a signé une saison régulière moins impressionnante qu’à l’accoutumée. La pression va donc être forte sur San José, surtout que St. Louis a remporté les quatre matchs de saison régulière qui les ont confrontés.


Phoenix Coyotes (3) – Chicago Blackhawks (6)

Si les rumeurs de délocalisation des Coyotes vont bon train, comme tous les ans depuis la reprise de la franchise par la ligue, Phoenix confirme ses bonnes performances sur la glace. Ils ont même profité de la mauvaise passe des équipes californiennes pour s’adjuger la division Pacifique pour la première fois de leur existence. Les Coyotes ont été éliminés au premier tour des deux derniers playoffs par Detroit et c’est cette fois Chicago qui s’opposent à eux. Une opposition de style entre les Coyotes tournés vers la défense, le système de Dave Tippett cherchant à protéger au maximum le but de Mike Smith, et le jeu offensif des Blackhawks mené par Patrick Kane, Patrick Sharp, Marian Hossa et Jonathan Toews. Ce dernier sera sans doute le facteur x de cette confrontation, car il est encore incertain pour le début de la série, revenant d’une commotion cérébrale subie à la fin février.


Nashville Predators (4) – Detroit Red Wings (5)

L’an passé, Nashville a réussi à passer le premier tour des playoffs pour la première fois de son histoire en NHL, sous la houlette de la troïka défensive Pekka Rinne – Shea Weber – Ryan Suter. Devant le risque de voir ces joueurs partir comme agents libres à court terme, le manager général des Predators, David Poile, a choisi une stratégie agressive en amenant plusieurs joueurs à la limite des transferts, dont Alex Radulov, la star de KHL qui était toujours sous contrat avec la franchise du Tennessee, Andrei Kostitsyn, Paul Gaustad ou Hal Gill. Les Predators vont donc essayer de passer la vitesse supérieure pour s’afficher désormais comme des prétendants sérieux au titre, en se basant sur une défense de fer et une attaque assez dense (11 joueurs ont marqué au moins 10 buts lors de la saison régulière). La tâche ne sera pas simple car il y a en face les inévitables Red Wings, toujours menés par l’inoxydable Nicklas Lidström (41 ans) et, en attaque, Pavel Datsyuk et Henrik Zetterberg. Si Rinne est actuellement considéré comme un des meilleurs gardiens de la ligue, Jimmy Howard, en face de lui, a également signé une très bonne saison régulière (92% d’arrêts). Sans doute la meilleure confrontation de la conférence Ouest.

 

Conférence Est


New York Rangers (1) – Ottawa Senators (8)

Après plusieurs saisons comme outsiders, se qualifiant l’an passé au dernier jour de la saison régulière, les Rangers de New York sont aujourd’hui en position de favori. La pression est donc forte pour des Rangers dirigés par l’impétueux John Tortorella, qui comptera principalement sur la solidité défensive devant son portier Henrik Lundqvist, auteur d’une excellente saison régulière (93% d’arrêts). Devant, les Rangers s'appuieront sur leur sniper Marian Gaborik (41 buts) et leur passeur Brad Richards mais également sur la puissance physique de leur forecheck pour s’imposer. En face, les Senators n’espéraient sans doute pas accrocher une place en playoffs, en pleine phase de reconstruction, pour leur première saison avec l’entraîneur Paul MacLean. Si Daniel Alfredsson reste leur leader, les Senators ont profité de l’excellente saison régulière de deux de leurs cadres, l’offensif défenseur de 21 ans Erik Karlsson (78 points) et le centre Jason Spezza, de retour à son meilleur niveau (84 points), pour arriver aux playoffs.


Boston Bruins (2) – Washington Capitals (7)

Après avoir emporté la coupe Stanley l’an passé, les Bruins espèrent conserver le précieux trophée, ce qui n'a plus été fait depuis Detroit en 1998. Contrairement à leur prédécesseur Chicago, le tenant du titre est de retour quasiment au complet, la principale absence étant celle de Nathan Horton, qui a vu sa saison terminée à cause d’une nouvelle commotion cérébrale. Mais les cadres de l’équipe sont toujours là : Tim Thomas dans les buts ainsi Zdeno Chara et Dennis Seidenberg en défense et de nombreuses armes offensives (David Krejci, Milan Lucic, Patrice Bergeron, Brad Marchand, Tyler Seguin, etc). Face à eux, les Capitals ont beaucoup déçu leurs fans. Attendu comme un prétendant sérieux au titre, Washington n’a jamais réussi à atteindre son potentiel, à l’image de son capitaine Alexander Ovechkin, qui signe une saison pour l’instant assez moyenne. Même si leurs fans s’attendent à une sortie rapide, les Capitals pourraient se révéler des adversaires dangereux s’ils parviennent enfin à retrouver la puissance offensive qu’on leur connaissait.


Florida Panthers (3) – New Jersey Devils (6)

L’affiche la plus exotique de ce début de compétition entre deux revenants. La Floride participe ainsi à ses premiers playoffs depuis 2000 ! De leur côté, les Devils sont des habitués de ce stade de la compétition mais leur absence l’an passé avait été mal vécue par des fans habitués à la victoire (coupe Stanley en 2001 puis 2003). En arrivant aux manettes des Panthers, le manager général Dave Tallon avait prévenu qu’il ferait tout pour ramener la franchise en playoffs et conduit de nombreux changements. La réussite est finalement au rendez-vous même si le succès des Panthers est également dû aux contre-performances de Washington et Tampa Bay, favoris du début de saison dans la division Sud-Est. L’effectif des Panthers, parfois raillé comme étant un amalgame de seconds couteaux, a ainsi d’ores et déjà accompli sa mission, malgré un différentiel négatif : l’équipe a encaissé 24 buts de plus qu’elle n’en a marqué, un record pour une équipe qualifiée pour les playoffs ! Si les Devils ont terminé à la sixième place de la conférence, ils ont signé une excellente saison dans une division Atlantique ultra-concurrentielle (4 équipes à plus de 100 points). Finalement associée en attaque, la doublette Ilya Kovalchuk (37 buts) et Zach Parise (31 buts) est la principale arme offensive d’une équipe vraisemblablement mieux armée que les Panthers, malgré un Martin Brodeur vieillissant dans les buts du New Jersey.


Pittsburgh Penguins (4) – Philadelphia Flyers (5)

De loin la confrontation qui sera la plus suivie de ce premier tour entre deux excellentes équipes (notamment sur le plan offensif : première attaque de la ligue pour Pittsburgh et troisième pour Philadelphie) qui, cerise sur le gâteau, se détestent cordialement. On a déjà eu un aperçu de ce que la confrontation entre les rivaux de Pennsylvanie va donner lors de leur dernière rencontre où l’affrontement physique fût âpre sur la glace et sur le banc de touche (avec notamment une altercation verbale entre Peter Laviolette, l’entraîneur des Flyers, et Tony Granato, un des adjoints de Dan Bylsma, son homologue des Penguins). Pittsburgh profite du retour de sa star Sydney Crosby après de longs mois d’absence mais c’est surtout Evgeni Malkin qui a été le principal artisan de la réussite des Penguins avec une saison régulière de MVP (109 points en 75 matchs !). Avec les autres cadres rescapés du titre de 2009 (Marc-André Fleury dans les buts, Kris Letang et Brooks Orpik en défense), les Penguins forment une redoutable équipe mais pour réussir à conquérir le titre, il va d’abord falloir éliminer Philadelphie. L’équipe des Flyers est menée par Claude Giroux, lui aussi dans une forme de MVP (93 points en 77 matchs) et par le revenant Jaromir Jagr, ancienne légende... de Pittsburgh ! Ajoutez à cela un spécialiste des déclarations fantasques (le portier des Flyers, Ilya Bryzgalov) et vous obtenez une série qui s’annonce palpitante pour les spectateurs.