L'équipe-type des play-offs Magnus 2012

DUFRESNEsylvain111105062Si la première ligne dijonnaise a dominé la saison régulière, les meilleurs joueurs de la Ligue Magnus 2011/12, play-offs inclus, sont sans doute deux Rouennais : Julien Desrosiers, plus que jamais le symbole du RHE par son amour du maillot et son jeu enthousiaste autant que par ses passes soignées, et Marc-André Thinel, qui a exprimé avec constance sa technique d'orfèvre pour réussir sans doute sa meilleure saison en France depuis la toute première (2005/06). Ces deux hommes ont été présents tout au long de la saison, et ont aidé Rouen en play-offs dès le quart de finale délicat contre Amiens.

On ne peut pas en dire autant de Carl Mallette. Il n'a pas fait preuve de la même régularité, et a d'ailleurs été retiré de la ligne de ses deux camarades. Mais si on lui reproche parfois de "choisir" ses matches, il a souvent le don de choisir les bons. En l'occurrence les deux derniers de la finale, ceux qui ont donné le titre à Rouen. Même critiqué pour son implication défaillante, Mallette a quand même fini meilleur compteur des séries. De quoi justifier de voter pour lui aussi sur cette équipe-type des play-offs.

La logique est similaire concernant le cas de Fabrice Lhenry. Certes il a été blessé pendant une grande partie de la finale, mais on a vu tout de suite la différence lorsqu'il est revenu. Il ne laisse pas de rebond, rassure sa défense, et toute l'équipe rouennaise joue mieux devant lui.

En défense, la mention sur la première ligne étoile revient aux deux Canadiens de Grenoble. Ils ont joué quasiment tous les play-offs ensemble, n'étant séparés que sur la fin avec la blessure d'Amar. Mais l'un comme l'autre ont eu un temps de glace phénoménal et Dufour les envoyait sur la glace dans toutes les situations. Alexandre Rouleau termine meilleur compteur grenoblois avec 21 pts en 20 matchs, ce qui est énorme pour un défenseur. Sylvain Dufresne, c'est un autre style, très complémentaire : beaucoup plus sobre et discret que son compatriote mais vraiment très efficace et rassurant dans sa zone, plus discipliné aussi, sans pour autant négliger la dimension physique. Un vrai travailleur de l'ombre. Il a connu un début de saison très difficile où il semblait lent et maladroit mais il a fini en trombe.

DEMENWILLAUMErich110903056La deuxième ligne sélectionnée est à l'inverse de la première : la défense est rouennaise, le gardien et l'attaque viennent des Alpes.

À l'arrière, Antonin Manavian a confirmé qu'il était la plus grosse progression de la saison. Utilisé dans toutes les situations, il apporte un vrai plus en remontant le palet dans la zone offensive et lors des power-plays. La paire que Richard Demén-Willaume formait avec Werenka aura été bien plus décevante. Cependant, le Suédois au style sobre et défensif s'est amélioré au fil des mois et a apporté son écot au titre normand.

La révélation de cette fin de saison, c'est surtout Sébastien Raibon. Sans expérience à ce niveau, il a réussi à hisser son équipe jusqu'en finale, même s'il faut donner du crédit à Quemener pour avoir terminé la série contre Epinal en beauté. Mais par la suite, Raibon a gardé la cage jusqu'au bout, en gagnant notamment le match 5 à Dijon et en tenant le coup en finale. Son seul défaut : "péter les plombs" de temps en temps comme ce fut le cas lors du match 2 à Chamonix ou du match 4 contre Rouen. Une grande nervosité qu'il devra canaliser s'il veut devenir un gardien incontournable dans les années à venir...
 
En attaque, Mathieu Le Blond a fait des play-offs exceptionnels (17 points) après une saison régulière très médiocre (10 points). Il a marqué des buts-clés dans les séries contre Dijon et Chamonix notamment, alors qu'il était en manque totale de réussite offensive en saison régulière et se contentait de son rôle défensif. François Ouimet a lui aussi marqué des buts très importants tout au long des play-offs, et des buts souvent magnifiques. C'est un contre-attaquant hors pair, excellent pour jouer les 2 contre 1 ou partir seul en échappée. Son seul défaut : un peu individualiste par instants, tout comme les autres attaquants vedettes grenoblois Sivic, Desrosiers et Aquino qui ont du mal à lâcher le palet. Ouimet a été l'attaquant grenoblois le plus régulier de la saison, une bonne surprise pour un joueur qui arrivait avec des références un peu limitées. Enfin, seul non-finaliste retenu, l'ailier gauche canadien Francis Charland fut le meilleur attaquant chamoniard dans ces play-offs : rapide, intense et pas maladroit devant le but, il a donné du fil à retordre à la défense grenobloise.

Première ligne : Fabrice Lhenry (Rouen) ; Alexandre Rouleau (Grenoble) - Sylvain Dufresne (Grenoble) ; Julien Desrosiers (Rouen) - Carl Mallette (Rouen) - Marc-André Thinel (Rouen).

Deuxième ligne : Sébastien Raibon (Grenoble) ; Antonin Manavian (Rouen) - Richard Demen-Willaume (Rouen) ; Francis Charland (Chamonix) - Matthieu Le Blond (Grenoble) - François Ouimet (Grenoble).