France - Italie (match de préparation à Tours)

Julien Desrosiers

Tours accueille l'équipe de France pour la première fois depuis 1984. L'occasion de réunir les anciens internationaux ayant évolué à Tours : Julien Desrosiers sera le seul en activité à disputer le match retour face à l'Italie, après la défaite 2-0 hier à Caen. Tours fête aussi ses Remparts, la jeune équipe ayant finalement terminé 3e du championnat de Division 2 après une très bonne saison régulière. L'équipe de France reste en rodage, avec de nombreux absents : c'est un peu la rançon du succès, car les progrès des Bleus dans leurs championnats respectifs envoient plusieurs internationaux dans des finales prestigieuses. Le staff doit composer avec ces différences de préparation entre des joueurs encore en finale, à peine libérés ou dont la saison est terminée depuis un mois. Samedi, l'attaque a montré ses limites en l'absence de ses cadres. On attend donc une réaction de la jeune garde et des nombreux débutants qui chercheront à grapiller les quelques places disponibles dans l'avion qui mènera les hommes de Dave Henderson en Finlande.

Côté italien, les absents sont tout aussi nombreux, la finale italienne venant à peine de s'achever, mais le groupe a plutôt bien fonctionné à Caen. Reste à voir ce que cela donnera sur une petite glace, bien loin du standard que les deux équipes devront gérer lors du Mondial.

L'Italie apporte deux changements par rapport à la veille, avec les entrées de Enricio Miglioranzi, 21 ans, à la place de Stefano Marchetti en défense, et de Matteo Tessari, 23 ans, à la place de Markus Gander sur la quatrième ligne. Côté bleu, Sacha Treille, absent la veille, fait son entrée.

Le public tourangeau a répondu présent : la patinoire est copieusement garnie, aux couleurs des Bleus bien sûr !

Bon début des Français

La partie débute par un premier lancer italien, bloqué par Cristobal Huet. La réplique survient immédiatement lorsque Yorick Treille bloque une sortie de zone, lance Anthony Guttig qui remet vers Julien Desrosiers au deuxième poteau, pour un arrêt d'Andreas Bernard. L'action suivante ouvre le compteur des Bleus : lancer lointain mal contrôlé par le portier italien, et le rebond de Teddy Da Costa est au fond (1-0 à 01'18"). La France ne pouvait pas rêver meilleur début de match, chauffant le public dès les premières minutes. Bien en place, les Français sont appliqués et attentifs aux interceptions. La possession est française, ponctuée par quelques mises en échec marquantes - de Jonathan Janil ou Sacha Treille - et quelques combinaisons offensives signées Anthony Guttig ou Teddy Da Costa. En somme, un bon début de match des Français, pour l'heure peu inquiétés par leur adversaire. Vexée, l'Italie riposte par une lourde charge sur Anthony Rech, un peu sonné. Le jeu se ferme petit à petit jusqu'à une interception de Yorick Treille, qui initie un deux contre un, sert Damien Fleury qui manque le cadre du revers.

Nicola Fontanive

Une bonne charge dans la neutre fait exploser Pat Iannone, qui lance une échauffourée. Il est logiquement puni, de même qu'Alexandre Rouleau : supériorité française malgré tout. Le jeu de puissance combine bien, Anthony Guttig sert Yorick Treille qui se heurte à Andreas Bernard. Partie remise : slap de la bleue signé Kévin Hecquefeuille, Yorick Treille prend le rebond (2-0 à 15'23"). L'Italie souffre, peinant à sortir proprement le palet de son camp et multipliant les contrôles approximatifs. Et pourtant... dernière minute, l'Italie lance Nicola Fontanive - en photo à gauche - sur une action anodine, et son tir en entrée de cercle piège Cristobal Huet ras glace (2-1 à 19'45"). Un Huet pas très bien placé pour le coup, laissant un espace considérable entre la jambière et le poteau. La France a copieusement dominé le premier tiers-temps, mais ce but en fin de période apporte une petite zone d'ombre au bilan.

À la pause, les deux anciens internationaux Pascal Del Monaco et Patrick Sawyerr reçoivent un trophée des mains de Luc Tardif pour leur contribution au hockey tourangeau et à l'équipe de France, trophée remis aussi à Charles Tillien et Jean-Yves Decock absents ce soir.

Un peu de flottement... et une réaction

Le deuxième tiers repart avec la ligne Desrosiers-Guttig-Y.Treille, intéressante au cours des vingt premières minutes. L'autre ligne convaincante, Fleury-Da Costa-S.Treille, se crée même la première chance lorsque Damien Fleury, servi au fond par Sacha Treille, parvient à décaler Alexandre Rouleau lancé : le tir du défenseur est dévié par Andreas Bernard de justesse. Sur la présence suivante, c'est un festival Charles Bertrand : petit périmètre, grosse technique de l'attaquant de Lukko Rauma, qui fait tourner la défense en bourrique à lui tout seul pendant plus de trente secondes.

Kévin Hecquefeuille

La première chance italienne survient après cinq minutes : Jonathan Janil, au duel avec un attaquant dans la neutre, laisse échapper Roland Hofer sur l'aile gauche, qui trouve Huet sur la route. Dans la continuité, Yorick Treille est lancé et son tir puissant en entrée de zone trompe Andreas Bernard côté crosse (3-1 à 24'22"). Les Bleus ne comptent pas laisser l'Italie revenir dans le match. Cristobal Huet sort la mitaine, et la troisième ligne met le feu. La pression de Brian Henderson, Charles Bertrand et Robin Gaborit met à mal la défense et Andreas Bernard s'en sort difficilement. Malheureusement, l'objectif n'est pas atteint... La défense française se laisse aspirer le long de la bande et le palet revient sur Robert Sirianni, tout seul à l'opposée. L'attaquant de Valpellice contrôle, s'avance et ajuste Cristobal Huet (3-2 à 27'44"). Réplique immédiate par le slap de Vincent Bachet... et contre terrible de l'Italie. Le débordement sur l'aile droite de Simon Kostner laisse sur place la défense et le revers de Diego Iori finit en lucarne (3-3 à 28'27"). Coup de froid sur les Bleus !

À la mi-match, Cristobal Huet laisse sa place comme prévu à Florian Hardy et le public donne de la voix pour encourager la France. L'occasion s'y prête puisqu'une pénalité italienne est appelée contre Roland Hofer. Le jeu de puissance met quelques temps à s'installer, avant que Julien Desrosiers ne serve Rouleau à la pointe, qui décale Kevin Hecquefeuille pour un slap terrible au fond des filets, bien aidé par l'écran de Yorick Treille (4-3 à 33'10").

Les Bleus repassent devant mais voient Damien Fleury sanctionné, puis Brian Henderson pour retard de jeu : 5 contre 3 pendant 1'33" pour l'Italie. Les blancs combinent très bien et il faut un gros travail de Yorick Treille, Jonathan Janil et Alexandre Rouleau pour défendre le but de Florian Hardy, secondé par son poteau sur un lancer de Nicholas Plastino. La séquence s'achève sur un cinglage de Daniel Tudin. Sacha Treille sonne la charge sur les quelques secondes de jeu de puissance français, percutant la défense avant de tirer hors cadre. Puis, Loïc Lampérier est superbement servi plein axe après un jeu de passe en première intention... à côté ! Hecquefeuille et De Toni prennent deux minutes sur l'action et le jeu de puissance se poursuit. Quand il s'achève, la belle entrée de zone de Julien Desrosiers revient sur Yorick Treille le long de la bande, qui remet en retrait pour Vincent Bachet : le capitaine expédie la rondelle en pleine lucarne (5-3 à 37'33"). Fin de soirée pour Andreas Bernard, qui laisse sa place à Thomas Tragust.

Les Bleus ont repris le fil du match et doivent défendre rapidement une pénalité de Jonathan Janil. Le jeu s'installe plutôt bien, avec des décalages vers Matt DeMarchi ou Roland Hofer ; Florian Hardy reste solide, se déplaçant bien d'un poteau à l'autre. La France rentre donc au vestiaire avec deux buts d'avance, une fin heureuse après s'être fait remonter de deux buts à mi-match.

Les Bleus efficaces en supériorité numérique

Anthony Guttig à la mise au jeu

La France reprend plutôt bien la partie. Charles Bertrand est techniquement au-dessus du lot et ses compères de ligne Robin Gaborit et Brian Henderson suivent le mouvement ; une belle présence qui laisse Thomas Tragust en difficulté. Le portier italien s'en sort bien sur la présence suivante de la ligne Lampérier, tenace sur le palet. Après cinq minutes, Sacha Treille s'offre une belle charge sur Trevor Johnson ; vexé, celui-ci réplique par un mauvais geste et les deux joueurs tombent les gants : une bagarre dominée nettement par le Français, avec un uppercut qui laisse son adversaire KO, sous les vivats de la foule ! Johnson prend deux minutes supplémentaires pour son mauvais geste initial et la sanction tombe rapidement. La mise au jeu est gagnée, passe transversale et Julien Desrosiers fait mouche en angle fermé (6-3 à 45'20"). Quatrième but du jeu de puissance français !

Une équipe spéciale qui se remet au travail lorsque Diego Iori est sanctionné pour piquage : cinq minutes et une méconduite de match pour l'attaquant de Fassa. Après une bonne séquence défensive sur laquelle Federico Benetti sort en boitillant après s'être sacrifié pour contrer un tir, l'Italie se crée une contre-attaque dangereuse que doit bloquer Florian Hardy à bout portant. Les Bleus sont alors punis pour obstruction et Anthony Guttig remet les deux équipes à quatre contre quatre. Brian Henderson vole un palet et part en deux contre un avec Charles Bertrand, mais un retour désespéré de Vincent Rocco sauve son camp. De retour à cinq et avec encore 21 secondes à faire en supériorité, Kévin Dusseau est servi au cercle droit et expédie un missile que Thomas Tragust ne peut toucher (7-3 à 50'58"). Premier but en Bleu du jeune défenseur !

La Marseillaise pour les Bleus

C'est la fête à Tours, le public est debout et le huitième arrive immédiatement sur un tir de la bleue de Vincent Bachet (8-3 à 51'27"). La France est au dessus, nettement : Kévin Hecquefeuille se joue du pressing adverse avec une aisance technique incroyable, Charles Bertand enchaîne également. Jonathan Janil est impérial derrière. Florian Hardy n'a que peu de travail, assistant à d'ultimes présences françaises très dangereuses sur le but de Thomas Tragust, poussant même Matt De Marchi à la faute pour une pénalité à la sirène.

Victoire logique des Bleus, qui, hormis un petit trou de cinq minutes en deuxième tiers, auront copieusement dominé la partie. Plus rapides, plus physiques, plus techniques, ils ont su développer leur jeu de passe et se montrer précis et rigoureux. Le jeu de puissance, particulièrement efficace, aura fait la différence. Il restera à améliorer le secteur défensif parfois un peu juste, même si les Bleus n'ont finalement concédé que très peu d'occasions. Un match très prometteur compte tenu des nombreux absents de marque.

Désignés joueurs du match : Nicola Fontanive (Italie - photo) et Kévin Hecquefeuille (France).

Commentaires d'après-match

Luc Tardif (président de la FFHG) : "Depuis mon arrivée, j'ai voulu que l'équipe de France soit un facteur de développement du hockey, qu'elle appartienne à tout le monde. Voyager comme cela, c'est essayer de donner envie aux jeunes de porter le maillot bleu et de voir le travail à accomplir. J'ai convaincu le staff, qui ne le regrette pas. Cela permet aussi de roder les clubs à des organisations internationales, c'est source de progrès pour les clubs dans la manière d'organiser les évènements. L'équipe de France n'était pas venue à Tours depuis un bon moment et on voulait rendre hommage au développement à Tours, au travail de fond dans les équipes de jeunes avec bientôt des internationaux U16 et U18, l'assainissement des finances. On tenait à organiser un match ici et on ne prenait pas beaucoup de risques avec le potentiel public à Tours. On a même pu amener la télévision. Cela replace Tours dans le paysage du hockey de haut niveau en France qu'il n'aurait pas du quitter, et qu'il retrouvera très vite, j'en suis sûr.

Robin Gaborit

[Au sujet du Mondial] "C'est une nouvelle formule, avec sept matchs de haut niveau. Il va falloir durer dans le temps, avoir une autre manière d'aborder le championnat au lieu de miser sur un seul match. On est confiants, l'effectif s'est étoffé avec beaucoup de jeunes dans de grands championnats. Il n'y a plus de complexe d'infériorité face aux "gros", on sait qu'on peut les battre. Il faut avoir de l'ambition mais faire attention, ça reste du haut niveau et on a une jeune équipe."

Vincent Bachet (défenseur et capitaine) : "C'est bien de revenir à Tours, ça rappelle des souvenirs de Magnus. C'est toujours sympa, avec un public toujours nombreux. C'est un bon match de reprise, certains n'ont pas joué depuis un mois et reprendre sur petite glace est plus facile ; il y a moins de fatigue, moins de distance, les espaces sont restreints et c'est juste un peu plus physique, mais le match a été correct. Il y a beaucoup de jeunes, l'intégration est naturelle. Ils apprennent et c'est une bonne chose de les avoir. En défense, Manavian et Auvitu arrivent bientôt, ça sera un plus. On a pu participer à l'offensive, le jeu de puissance étant taillé pour les défenseurs qui tirent de loin. Les Italiens ont réussi à se créer des surnombres en deuxième tiers et les ont bien exploité. Cela fait partie des choses à corriger, on ne peut pas se le permettre au Mondial contre des équipes bien meilleures que l'Italie. On a encore quinze jours de préparation pour cela."

Robin Gaborit (attaquant de la France - photo) : "Il a fallu un peu de temps pour se mettre en rythme, un temps d'adaptation pour ces débuts en équipe de France. Le match de ce soir était meilleur, il y avait déjà un peu plus d'automatismes. L'intensité est bien supérieure qu'en match de club. Chaque détail doit être fait plus vite, ça frappe plus. Il faut simplifier son jeu pour aller plus vite. Il y a eu quelques occasions pour notre ligne mais un petit problème de finition, qui n'est pas vraiment mon point fort. Il faut prendre son temps. Les anciens nous ont bien accueillis, ce sont vraiment des gars super simples, même les plus connus. Cela donne un groupe soudé, c'est ce qui fait sa force depuis quelques années."

 

France - Italie 8-3 (2-1, 3-2, 3-0)
Dimanche 15 avril 2012, patinoire municipale de Tours, 17h30.
1600 spectateurs. Arbitrage de Alexandre Hauchart et Alexandre Bourreau, assistés de Pierre Dehaen et Matthieu Loos.
Tirs : France 33 (10, 9+1, 13), Italie 16 (5, 4+3, 4)
Pénalités : France 22' (2', 8', 2'+10'), Italie 39' (4', 6', 9'+10'+10')

Récapitulatif du score
1-0 à 01'18" : T. Da Costa assisté de S. Treille et Fleury
2-0 à 15'23" : Y. Treille assisté de Hecquefeuille et Desrosiers (sup. num.)
2-1 à 19'45" : Fontanive assisté de Johnson
3-1 à 24'22" : Y. Treille assisté de Rouleau
3-2 à 27'44" : Sirianni assisté de Fontanive
3-3 à 28'27" : Iori assisté de Kostner et De Marchi
4-3 à 33'10" : Hecquefeuille assisté de Rouleau et Desrosiers (sup. num.)
5-3 à 37'33" : Bachet assisté de Y. Treille et Desrosiers
6-3 à 45'20" : Desrosiers assisté de Y. Treille et Guttig (sup. num.)
7-3 à 50'58" : Dusseau assisté de Besch et Henderson (sup. num.)
8-3 à 51'27" : Hecquefeuille assisté de Bachet

 

France

Gardien : Cristobal Huet puis Florian Hardy à 29'52".

Défenseurs : Vincent Bachet (C, -1) - Kévin Hecquefeuille (A, -2) ; Alexandre Rouleau (+2, 2') - Jonathan Janil (+1, 2') ; Nicolas Besch (+2) - Kévin Dusseau.

Attaquants : Julien Desrosiers (-1, 2') - Anthony Guttig (-1, 2') - Yorick Treille (A) ; Damien Fleury (+1, 2') - Teddy Da Costa (+1) - Sacha Treille (+1, 2'+10') ; Robin Gaborit - Brian Henderson (2') - Charles Bertrand ; Loïc Lampérier (+1) - Damien Raux (+1) - Anthony Rech ; Nicolas Ritz [à 57'].

Absents : Antonin Manavian (tendinite), Fabrice Lhenry, Baptiste Amar (convalescents).

Italie

Gardien : Andreas Bernard puis Thomas Tragust à 37'33".

Défenseurs : Matt De Marchi (-1, 2') - Nicholas Plastino (-3) ; Enricio Miglioranzi (+1) - Roland Hofer (2') ; Daniel Bowman - Fabian Hackhofer ; Trevor Johnson (+1, 4'+10').

Attaquants : Nicolas Fontanive (A, +2) - Daniel Tudin (2') - Diego Iori (5'+20') ; Patrick Iannone (A, -1, 4') - Robert Sirianni (+2) - Vincent Rocco (-1) ; Federico Benetti - Luca Felicetti (-1) - Matteo Tessari (-1) ; Thomas Pichler (-1) - Manuel De Toni (C, -2, 2') - Simon Kostner (+1) ou Patrick Mair.

Remplaçants : Stefano Marchetti, Markus Gander.