Vancouver Canucks - Los Angeles Kings (NHL, quart de finale de conférence, match 5)

Avant-hier, St. Louis a remporté sa première série de playoffs depuis 2002 mais Los Angeles, hier, a fait encore plus fort puisque les Kings n’avaient plus passé le premier tour depuis 2001. Une de ces deux équipes atteindra au moins la finale de conférence car elles s’affronteront en demi-finale. Une affiche qui s’annoncera riche en exploits de gardiens, vu la philosophie très défensive des deux équipes.

Finalistes de la coupe Stanley l’an passé, les Canucks n’ont cette fois pas réussi à passer le premier tour. La faute à un début de série trop frileux où ils ont été rapidement menés 3 matchs à 0 par une équipe des Kings rigoureuse défensivement et opportuniste en attaque. Roberto Luongo, le gardien star de Vancouver a, comme d’habitude, été au centre de beaucoup de critiques. L’entraîneur, Alain Vigneault, a finalement choisi de le laisser sur le banc dès le troisième match pour se tourner vers Cory Schneider, même si cela n’a pas changé la physionomie de la série.

En fait, il paraît assez difficile de blâmer les gardiens de Vancouver, car si Luongo avait signé un match 2 difficile (4 buts encaissés sur 26 tirs cadrés), il avait été plutôt solide lors du premier match (3 buts encaissés sur 38 tirs cadrés). On peut imaginer que si Vigneault a titularisé Schneider, c’est également pour que les autres joueurs se sentent responsables des résultats, Luongo n’étant plus là pour recevoir les critiques. Parmi ces joueurs visés, il y a l’attaque anémique des Canucks. Alors que Vancouver a terminé la saison régulière comme cinquième attaque de la ligue (2,94 buts par match en moyenne), les attaquants de l’équipe canadienne n’ont pu faire mieux que 8 buts en 5 matchs et les Kings ont dominé les Canucks aux tirs cadrés lors des trois matchs sur la glace de Vancouver.

Certes, l’efficace défense des Kings n’a pas simplifié la tâche des Canucks mais certains leaders de l’équipe ont déçu. À commencer par le « capitaine de vestiaire », Ryan Kesler. Alors qu’il avait été l’un des joueurs décisifs des playoffs de l’an dernier pour Vancouver, il termine la série avec aucun but et trois assistances. Une méforme qui prend racine bien avant les playoffs puisque cela fait 16 matchs en tout que le centre de la deuxième ligne n’a pas marqué. David Booth était arrivé en cours de saison pour l’aider offensivement mais les deux joueurs américains n’ont pas développé d’alchimie et Booth a terminé la série aux côtés des frères Sedin.

Les jumeaux suédois ont quant à eux tenus leurs promesses : Henrik Sedin termine avec 5 points en 5 matchs et, si Daniel a manqué le début de la série à cause d’une commotion cérébrale, son retour pour le quatrième match a provoqué un sursaut de l’équipe pour une victoire qui a prolongé la série. Par contre, les Canucks avait pu compter l’an passé sur des buts décisifs signés par des seconds couteaux, comme Jannik Hansen, Raffi Torres ou Chris Higgins. Cela n’a pas été le cas cette année, Higgins terminant même la série relégué dans le bottom-6 du fait de son inefficacité (aucun point en 5 matchs).

Du côté de Los Angeles, c’est Jonathan Quick qui a été le joueur-clé avec un impressionant pourcentage d’arrêts de 95,3%. Au niveau offensif, l’entraîneur Darryl Sutter a pu compter sur sa première ligne composée du « franchise player » Anze Kopitar, de Justin Williams et du surprenant Dustin Brown. Le fougueux capitaine avait bien failli partir à la limite des transferts selon des rumeurs insistantes à cause d’une saison en deçà des attentes. Mais le manager général, Dean Lombardi, a finalement choisi de le garder dans l’effectif. Cela a eu pour effet de relancer la saison de Brown. Alors qu’il était jusqu’alors sur l’aile droite d’une deuxième ligne en manque d’alchimie, Sutter l’a placé à la gauche de la première où son style physique s’est parfaitement accordé avec le jeu plus technique de Kopitar et Williams. Brown a ainsi été décisif pour cette série et il termine avec 4 buts. Si le noyau dur de l’équipe n’est pas vraiment expérimenté en matière de playoffs, Sutter espérait sans doute que le duo Mike Richards – Jeff Carter, finalistes de la coupe Stanley en 2010 avec Philadelphie, compenserait cette lacune. Pour l’instant, ce n’est pas le cas, Richards ayant inscrit seulement 3 points et Carter 2.

Le match démarre par une pression locale importante : Maxim Lapierre et Alexandre Burrows pressent les défenseurs des Kings derrière leur but. Burrows finit par intercepter une passe de Drew Doughty vers Rob Scuderi. Il envoie le palet vers Kesler, bien placé dans le slot, mais sa reprise termine dans le plastron de Quick (1’28). Les Canucks sont ensuite rapidement pénalisés (Dan Hamhuis pour jeu dur et Henrik Sedin pour un retenir), ce qui permet aux visiteurs de reprendre la main. Lors du deuxième powerplay, Kopitar adresse un tir du poignet depuis le cercle droit et Schneider concède un rebond. Carter et Richards, qui étaient à proximité du but, tentent de le reprendre mais les deux anciens Flyers sont stoppés par le portier des Canucks (5’22). Schneider est ensuite sollicité par un tir lointain de Slava Voynov mais il le repousse (5’54).

Une pénalité pour jeu dur à Brad Richardson offre ensuite à Vancouver la possibilité de s’installer dans le camp de Los Angeles : sur une tentative de dégagement ratée des Kings, Henrik Sedin à la bleue envoie une transversale vers son frère, proche du cercle droit. Un mauvais contrôle empêche l’ailier suédois d’en profiter directement avant que Willie Mitchell ne revienne sur lui. Il fixe néanmoins sur lui l’escouade de penalty kill et Matt Greene oublie de marquer Henrik Sedin, seul au deuxième poteau. Servi par son frère jumeau, le capitaine de Vancouver marque dans le but grand ouvert (1-0, 14’04). En fin de période, les Canucks sont encore à l’attaque mais ils se mettent en danger : la passe de Booth vers Kevin Bieksa est interceptée par le bon pressing de Kopitar qui se lance seul vers Schneider, alors qu’il ne reste que quelques secondes. Le Slovène tire depuis le slot pour surprendre le gardien mais celui-ci le détourne. Kopitar récupère le rebond et marque du revers mais la période était déjà terminée. Un avertissement sans frais donc pour les Canucks.

En deuxième période, Vancouver manque de se faire surprendre sur un bon pressing de la quatrième ligne des Kings : la relance de Bieksa vers Burrows est interceptée par Richardson à la ligne bleue après une mise en échec de Mitchell sur Burrows. Richardson passe immédiatement à Colin Fraser, seul dans le slot, qui tente de faire le tour de Schneider, mais celui-ci protège bien son poteau (21’54). Le pressing de Los Angeles est ensuite à nouveau payant et Kopitar peut adresser un tir du poignet de la bleue. Schneider ne parvient que difficilement à contrôler le palet face à la pression de Brown devant le but (23’55).

Un faire trébucher de Dwight King offre à Vancouver une nouvelle opportunité à 5 contre 4. Alexander Edler tire depuis le cercle droit mais il est contré par Mitchell. Dos au but, Kesler reprend le palet du revers et Quick concède un rebond. Henrik Sedin est bien placé au deuxième poteau mais il ne peut pas en profiter à cause d’une mise en échec de Richards (27’17). Vancouver ne parvient donc pas à se mettre à l’abri et les Kings répliquent : le tir de volée e Trevor Lewis offre un rebond intéressant pour Richards mais Schneider se saisit de la mitaine du tir du centre défensif (32’50). Les occasions ne manquent pourtant pas pour les Canucks : Jannik Hansen mène un 3 contre 2 (35’57) puis Daniel Sedin se présente seul face à Quick (37’48) mais le portier repousse leurs tentatives.

Vancouver pourra regretter ces opportunités car les Kings trouvent la faille au retour des vestiaires : Doughty s’infiltre dans la défense des Canucks et il protège bien son palet face à la pression de Keith Ballard. Arrivé sur le côté du but, Schneider se positionne de manière agressive à son poteau gauche et Doughty en profite pour centrer dans son enclave. Richardson devance alors Henrik Sedin pour marquer (1-1, 43’21). Les locaux répliquent rapidement : un tir de la bleue est dévié par Dale Weise dans le slot mais Quick parvient à écarter le danger et Kesler ne réussit pas à profiter du rebond (44’29). De l’autre côté de la patinoire, King dévie la passe puissante de Doughty de la bleue mais Schneider est vigilant (47’02). La dernière action franche du temps règlementaire est à mettre au crédit de Dan Hamhuis, mais son tir puissant depuis le cercle gauche est repoussé par la jambière de Quick (51’42).

La prolongation sera courte : sur un dégagement au fond des Kings, Hamhuis relance depuis l’arrière du but de Schneider sous la pression de Trevor Lewis. Arrivé à la ligne bleue, Lewis parvient à lui prendre de la crosse le palet. Alors que les deux hommes chutent, Jarret Stoll récupère la rondelle et se présente en deux contre un avec King qui fixe Sami Salo. Arrivé dans le cercle gauche, Stoll tire du poignet dans la lucarne de Schneider qui avait légèrement anticipé une passe pour King (1-2, 64’27).

3 étoiles du match : Jarret Stoll (Los Angeles) ***, Jonathan Quick (Los Angeles) **, Cory Schneider (Vancouver) *


Vancouver Canucks – Los Angeles Kings : 1-2
Los Angeles remporte la série 4 matchs à 1

Tirs cadrés : Vancouver 27 (6, 10, 9, 2) ; Los Angeles 37 (8, 10, 13, 6)

Evolution du score
1-0 à 14’04 : H. Sedin assisté par D. Sedin et Hamhuis (sup. num.)
1-1 à 43’21 : Richardson assisté par Doughty
1-2 à 64’27 : Stoll assisté par Lewis


Vancouver Canucks

Gardien : Cory Schneider

Défenseurs : Kevin Bieksa – Dan Hamhuis ; Alexander Edler – Sami Salo ; Keith Ballard – Christopher Tanev

Attaquants : Daniel Sedin (A) – Henrik Sedin (C) – David Booth ; Maxim Lapierre – Ryan Kesler (A) – Alexandre Burrows ; Chris Higgins – Samuel Påhlsson – Jannik Hansen ; Mason Raymond – Manny Malhotra – Dale Weise

Remplaçant : Roberto Luongo (G). En réserve : Marc-André Gragnani, Zack Kassian, Andrew Ebbett, Aaron Rome, Byron Bitz et Andrew Alberts.

Los Angeles Kings

Gardien : Jonathan Quick

Défenseurs : Rob Scuderi – Drew Doughty ; Slava Voynov – Willie Mitchell ; Matt Greene (A) – Alec Martinez

Attaquants : Dustin Brown (C) – Anze Kopitar (A) – Justin Williams ; Dwight King – Mike Richards – Jeff Carter ; Dustin Penner – Jarret Stoll – Trevor Lewis ; Brad Richardson – Colin Fraser – Jordan Nolan

Remplaçant : Jonathan Bernier (G). En réserve : Kevin Westgarth, Davis Drewiske et Andrei Loktionov. Blessé : Kyle Clifford.