La Russie blanchie et re-blanchie

PESONEN Janne-110512-007Il reste une semaine avant les championnats du monde, et la Russie est inquiète. Le style du nouveau sélectionneur Zinetula Bilyaletdinov, beaucoup plus défensif que celui de Bykov, est moins attrayant, mais surtout il ne donne toujours pas de résultats. La Sbornaïa vient de se faire blanchir (1-0) en Lettonie, et elle se présente avec exactement les mêmes joueurs, même si les lignes changent sans cesse.

Le fait que la finale de KHL se soit prolongée au septième match a retardé l'arrivée des renforts. En même temps, ils ne seront que trois : le duo Popov-Perezhogin et, comme seul représentant du Dyunamo champion, l'attaquant défensif Denis Kokarev. Pas de quoi résoudre les problèmes offensifs. Non, ceux que toute la Russie attend avec impatience, ce sont les centres Malkin et Datsyuk. Leur sens du jeu pourra-t-il donner la créativité qui manque cruellement à cette équipe ?

Remarquons que la Finlande n'est pas non plus au complet. Mikko Koivu jouera son premier match samedi, et Valtteri Filppula arrivera encore plus tard. Ces deux joueurs ont a priori leur place réservée aux côtés de Jussi Jokinen en première ligne, où Kuparinen et Pyörälä ne font que "chauffer leur siège".

Les Russes attendent surtout Malkin et Datsyuk pour bâtir le jeu de puissance, un chantier totalement en friche pour l'instant. Les deux premières supériorités numériques d'entrée le prouvent. Ni la première ligne (Zherdev-Tereshchenko-Zaripov) ni les jeunes (Kuznetsov-Burmistrov-Tikhonov) n'arrivent à mettre en danger la défense adverse.

Nikita Nikitin, le défenseur révélé cette saison à Columbus, prend ensuite deux pénalités, et c'est au tour des Finlandais de jouer à 5 contre 4. Phase de jeu plus rassurante pour la Russie : lorsque Dmitri Kalinin et Anatoli Emelin, le slot est clairement une zone interdite pour les attaquants adverses.

C'est écrit. Entre deux équipes au style de jeu assez replié, les prisons joueront un rôle important. Et c'est une pénalité pour accrochage de Viktor Tikhonov, vertement contestée par l'intéressé, qui décide du sort de la partie. Mikko Mäenpää, qui joue dans l'Extrême-Orient russe à Khabarovsk, reprend l'excellente passe de Janne Pesonen (0-1).

La Russie n'a pas montré grand-chose et Bilyaletdinov modifie de nouveau ses blocs pour le troisième tiers-temps. Tarasenko prend la place de Zherdev en première ligne. Les rouges ont un avantage dans le patinage, et ils prennent l'assaut la zone offensive. Cependant, ils n'arrivent pas à passer Kari Lehtonen. Leurs attaques sont peut-être trop directes face à un gardien de NHL à l'aise dans ce type de hockey. Leur jeu de passes est encore trop défaillant pour être déstabilisant. Le match se termine donc à 0-2 avec un dernier but en cage vide de Pihlström.

Toujours pas rassurant pour la Russie, qui ne marque plus depuis 143 minutes. Seul point positif, le bon match de son gardien Semion Varlamov, qui reprend la compétition ce soir et montre qu'on peut compter sur lui.

Dans l'équipe de Finlande, les principales lignes offensives sont déjà dessinées et les incertitudes beaucoup moins grandes. La concurrence est très rude sur les ailes pour la quatrième ligne. Jesse Joensuu, un des joueurs qui risque d'être le dernier éliminé de la sélection finale, n'a pas simplifié le choix du coach avec un bon match, plein d'énergie et de puissance.

Commentaires d'après-match

Zinetula Bilyaletdinov (entraîneur de la Russie) : "Nous devons résoudre nos problèmes d'organisation du jeu. Le souci est que beaucoup d'entre nous sont mous, je ne pense pas que les joueurs soient très en forme. Nous nous sommes créé autant d'occasions qu'eux. Simplement, ils ont marqué en supériorité numérique, et pas nous. Nous allons essayer différentes combinaisons jusqu'à avoir des unités spéciales qui fonctionnent. Nous avons 10 blessés ! Tikhonov a une probable fracture du doigt et n'ira pas aux championnats du monde."

 

Russie - Finlande 0-2 (0-0, 0-1, 0-1)
Jeudi 26 février 2012 à 20h00 au Yubileiny de Saint-Pétersbourg. 5620 spectateurs.
Arbitrage de Christer Lärking et Morgan Johansson (SUE) assistés d'Aleksandr Sadovnikov et Aleksandr Zacharenkov (RUS).
Pénalités : Russie 10' (4', 2', 4'), Finlande 12' (4', 4', 4').
Tirs : Russie 31 (15, 6, 10), Finlande 18 (9, 5, 4).

Évolution du score :
0-1 à 32'30" : Mäenpää assisté de Pesonen et Hietanen (sup. num.)
0-2 à 59'44" : Pihlström assisté de Kuparinen et Lehtonen (cage vide)

 
Russie

Gardien : Semion Varlamov.

Défenseurs : Konstantin Korneev (-1) - Ilya Nikulin (-1) ; Evgeni Medvedev - Denis Denisov ; Evgeny Ryasensky - Nikita Nikitin (4') ; Aleksei Emelin - Dmitri Kalinin.

Attaquants : Nikolai Zherdev - Aleksei Tereshchenko (-1) - Danis Zaripov ; Vadim Shipachev (2') - Sergei Shirokov (-1, 2') - Evgeny Ketov ; Nikolaï Kulemin - Vladimir Tarasenko - Aleksandr Svitov ; Evgeny Kuznetsov (-1) - Aleksandr Burmistrov (-1) - Viktor Tikhonov (2').

Remplaçant : Mikhaïl Biryukov (G), Anton Burdasov.

Finlande
 
Gardien : Kari Lehtonen.
 
Défenseurs : Juuso Hietanen (2') - Mikko Mäenpää ; Janne Niskala - Mikko Kousa ; Pasi Puistola (2') - Ossi Väänänen ; Topi Jaakola (+1) - Lasse Kukkonen (+1).
 
Attaquants : Mika Pyörälä - Matti Kuparinen (+1) - Jussi Jokinen ; Janne Pesonen (2') - Jarkko Immonen (2') - Mikael Granlund ; Niko Kapanen (2') - Petri Kontiola - Ville Peltonen ; Antti Pihlström (+1) - Petteri Nokelainen (2') - Jesse Joensuu (+1).
 
Remplaçants : Petri Vehanen (G), Lennart Petrell.