Finale de l'Euro Hockey Tour

TARASENKO Vladimir-110515-098Le vainqueur de ce match remportera l'Euro Hockey Tour 2011/12. L'identité des deux finalistes peut surprendre. Évidemment pas la Russie, puisque ça ne serait jamais que sa sixième victoire en huit ans. Mais beaucoup plus la République Tchèque, qui a toujours terminé troisième ou quatrième (sur quatre) dans ce siècle ! Elle n'avait remporté la compétition qu'une seule fois, en 1998, la saison de Nagano, donc avec la légendaire équipe entraînée par Ivan Hlinka.

Les Tchèques alignent déjà leur équipe-cadre pour le Mondial, puisque quatre joueurs ont été renvoyés chez eux avant même ce dernier match... mais une surprise attend l'un d'entre eux !

Le jeu va d'une cage à l'autre au premier tiers-temps. Vladimir Tarasenko, qui paraissait dans cette préparation en-deça des autres jeunes talents russes (et notamment de Kuznetsov), tient à montrer qu'il n'a rien perdu de sa classe et se créer deux bonnes occasions. Les Tchèques réagissent, encouragés par des supporters très chauds. Il fait 30°C dehors et ils sont venus à la patinoire réchauffer l'ambiance. Mais à l'instar de Vondrka bien servi près du poteau par Hemsky, les Tchèques sont plus doués pour les passes que pour les tirs. Leur domination reste donc stérile.

En deuxième période, les Russes se montrent plus finauds. Evgeni Ketov arrive côté gauche, feinte le tir pour attirer le gardien, puis fait le tour de la cage pour le piéger. Après ce but, la Russie a le contrôle d'un match de plus en plus haché par d'incessantes querelles. Ce tiers-temps qui risque de devenir interminable est finalement abrégé... par un trou dans la glace. Peut-être la chaleur ? Les équipes sont renvoyées aux vestiaires à 35'41".

Frais et reposés, les Tchèques vont retourner la situation dans les minutes "restantes" du deuxième tiers-temps. Lukas Kaspar, qui était treizième attaquant, retrouve alors son camarade d'enfance de Litvinov, Jakub Petruzalek, et lui offre l'égalisation. Quarante secondes plus tard, Shipachev est sanctionné pour obstruction, et Plekanec trouve dans l'enclave Petr Nedved qui devance Koltsov pour donner l'avantage aux locaux (2-1).

La République Tchèque tient sa victoire et ne la lâche plus. Petruzalek se crée un breakaway sur une perte de palet de Zherdev, mais Barulin arrête. Un double avantage numérique n'est pas concrétisé non plus. Un but d'avance suffit cependant pour que les hommes de Hadamczik terminent premiers de l'Euro Hockey Tour et rejoignent dans l'histoire leurs glorieux aînés champions olympiques. Du moins pour cette distinction honorifique. Pour ce qui est d'établir une dynastie sur le hockey mondial comme à l'époque, on verra la semaine prochaine aux championnats du monde...

PLEKANEC Tomas-110513-031

Les deux équipes ont perdu un titulaire en attaque lors de ce dernier match : Zaripov pour les Russes et Tlusty pour les Tchèques ont tous deux ressenti une vieille blessure revenir. Elles doivent normalement toutes deux couper un autre attaquant pour faire place aux renforts de NHL (Malkin et Datsyuk / Michalek et Krejci), mais ce n'est pas pour tout de suite.

Mais la soirée réserve un rebondissement. Jakub Krejcik, rentré chez lui depuis la veille au soir, est rappelé par les entraîneurs. En effet, Jakub Kindl, le seul arrière de NHL de l'effectif, a refusé d'être réserviste ! Il était prévu comme huitième défenseur, sachant que Hadamczik n'a pas abandonné l'idée que son premier choix Zbynek Michalek soit rétabli, ou que Zidlicky se fasse éliminer de la Coupe Stanley. En clair, Kindl n'a aucune assurance de jouer, et il préfère se préparer pour la prochaine saison. Ce qui fait le bonheur de son suppléant Krejcik.

Commentaires d'après-match

Alois Hadamczik (entraîneur de la République Tchèque) : "Je veux remercier tous les joueurs qui ont participé à chacun des tournois, tout le monde a une part dans cette victoire. Nous sommes entrés à chaque match pour gagner. On ne se dit jamais qu'on veut gagner le lendemain ou plus tard. Nous sommes contents de ce succès, mais maintenant il faut penser aux championnats du monde."

Ilya Nikulin (capitaine de la Russie) : "Ce match était un accident. Nous contrôlions tout sur la glace, nous étions actifs, et nous avons tout perdu en deux minutes. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être à cause de cette interruption imprévue pour réparer la glace. Mais ce n'est pas une excuse. Il ne reste pas beaucoup de jours avant le championnat du monde, mais je suis totalement calme et confiant. Quant à notre powerplay qui reste sur quatre matches sans but, ce sera notre carte secrète. En fait, nos adversaires n'ont pas bien joué non plus en supériorité. C'est peut-être la qualité de la glace. Il y a eu de très vilains cris venus des tribunes. Le public tchèque a été irrespectueux envers notre équipe. Même si nous avons essayé de ne pas y prêter attention, ils devraient encourager leur équipe et ne pas être blessants envers la Russie."
 
Jiri Tlusty (attaquant de la République Tchèque) : "C'est l'épaule avec laquelle j'avais eu des problèmes en NHL. Il y a trop de risque, j'ai convenu avec les entraîneurs que je n'irais pas aux championnats. Je suis déçu et triste, mais la santé passe en premier. Je suis très heureux d'avoir au moins eu l'opportunité de porter le maillot de l'équipe nationale. C'est une nouvelle expérience qui m'aidera, je me suis fait de nouveaux amis. Je suis désolé de ne pas rester avec eux, mais mon épaule a besoin de repos. Le médecin m'a dit qu'il n'y aurait pas d'opération, j'ai besoin de calme et le problème passera. Je vais suivre les gars à la télé, c'est clair."

 

République Tchèque - Russie 2-1 (0-0, 2-1, 0-0)
Dimanche 29 février 2012 à 18h00 à la Rondo Aréna de Brno. 7200 spectateurs.
Arbitrage de Tom Laaksonen et Jari Leppäalho (FIN) assistés de Josef Gebauer et Vit Lederer (TCH).
Pénalités : République Tchèque 12' (2', 6', 4'), Russie 16' (2', 6', 8').
Tirs : République Tchèque 27 (9, 10, 8), Russie 23 (7, 8, 8).

Évolution du score :
0-1 à 23'11" : Ketov assisté de Zaripov
1-1 à 37'37" : Petruzalek assisté de Novotny et Kaspar
2-1 à 38'54" : Nedved assisté de Plekanec (sup. num.)

 
République Tchèque
 
Gardien : Jakub Kovář.
 
Défenseurs : Miroslav Blaták (-1) - Jakub Nakládal (2') ; Petr Čáslava (2') - Zdeněk Kutlák ; Jakub Kindl (+1) - Lukáš Krajíček (+1) ; Ondřej Němec (-1, 2').
 
Attaquants : Petr Tenkrát - Tomáš Plekanec (C, 2') - Michael Frolík ; Aleš Hemský - Petr Nedvěd (2') - Michal Vondrka ; Jakub Petružálek (+1) - Jiří Novotný (+1) - Jiří Tlustý ; Tomáš Vincour (-1) - Petr Koukal (-1) - Petr Průcha (-1) ; Lukáš Kašpar (+1, 2').
 
Remplaçant : Jakub Štěpánek (G). En tribune : Tomáš Mojziš, Jan Kovář. Renvoyés à la maison : Svoboda, Holik, Krejcik, Zizka.

Russie
 
Gardien : Konstantin Barulin.
 
Défenseurs : Konstantin Korneev - Ilya Nikulin (C, 4') ; Evgeny Ryasensky (2') - Nikita Nikitin ; Aleksei Emelin (-1) - Dmitri Kalinin (-1) ; Evgeni Medvedev (+1) - Denis Denisov (+1).
 
Attaquants : Nikolai Zherdev - Aleksei Tereshchenko - Nikolaï Kulemin (4') ; Sergei Shirokov (2') - Aleksandr Svitov - Vladimir Tarasenko ; Anton Burdasov (-1) - Aleksandr Burmistrov (-1, 2') - Evgeny Kuznetsov (-1) ; Danis Zaripov (+1) - Vadim Shipachev (+1, 2') - Evgeny Ketov (+1).
 
Remplaçants : Semion Varlamov (G), Evgeny Bodrov.