Suisse - Kazakhstan (Mondial 2012, à Helsinki)

120505-078La Suisse entre dans la compétition avec comme objectif les quarts de finale au moins, ce qui paraît tout à fait à sa portée vu l'équipe qu'elle a assemblée. Elle est opposée au Kazakhstan, ce qui pourrait être un match idéal pour se mettre en jambes, mais elle doit se méfier du piège d'une équipe méconnue dont l'ossature repose sur des seconds couteaux du Barys Astana en KHL.

Le jeu dans ce premier tiers-temps est à l'avantage des Suisses, même si les Kazakhs parviennent à placer un tir de Yevgueni Bumagin dans la mitaine de Reto Berra qui relance immédiatement. Les Kazakhs prennent le moins de risque possible devant et les défenseurs restent bien en retrait, à l'image de Vadim Krasnoslobodtsev qui tente sa chance en solitaire dans un trou de souris en s'approchant du ras du poteau.

Les tirs suisses se font plus fréquents, à défaut d'être dangereux pour Vitali Koslenik, le gardien du Salavat Yulaev Ufa. Les rebonds en revanche sont plus menaçants, notamment par l'intermédiaire de Damien Brunner. Le Kazakhstan se dégage comme il peut et la première ligne parvient à porter le danger avec un tir de Denis Shemelin. Puis Polishchuk, servi au centre et mal marqué, oblige Reto Berra à un gros arrêt. Le Kazakhstan commence à se montrer plus inquiétant.

120505-113C'est le moment que choisit la Suisse pour marquer d'un beau tir dans l'axe de Ivo Ruthemann, qui envoie le palet sous le bras du gardien, après un bon travail de récupération dans la bande de Denis Hollenstein. 1-0 à 9'48.

Juste après, Denis Shemelin commet une crosse haute sur Benjamin Plüss. Le power-play se resserre immédiatement autour des quatre Kazakhs, Roman Wick trouve une belle passe pour Mark Streit qui lève le palet au dessus de la jambière de Kolesnik. La Suisse évite le piège et prend une avance confortable dès le début. 2-0 à 11'04.

La « ligne NHL » avec Mark Streit, Luca Sbisa et Nino Niederreiter enchaîne avec une belle séquence qui tourne comme sur un power play. Luca Sbisa et Andres Ambühl s'offrent ensuite un 2 contre 1 puis Ambühl provoque une faute de Shemelin qui retourne une deuxième fois dans ce tiers temps en prison. Les deux premières lignes proposent des power-plays dangereux mais Kolesnik sort des arrêts héroïques.

Le Kazakhstan peut souffler un peu car Benjamin Plüss est envoyé en prison. L'avantage numérique ne donne rien. Le power-play kazakh ne parvient pas à se mettre véritablement en place. Kevin Romy lui donne une deuxième chance : il est envoyé en prison avant la pause pour avoir envoyé le palet au-dessus de la balustrade aussitôt la première pénalité tuée.

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Le deuxième tiers-temps commence donc avec une supériorité numérique pour le Kazakhstan. Le power-play est poussif, mais alors que la pénalité touche à sa fin, Roman Savchenko tire un gros missile sur sa lancée dans l'axe alors que Romy vient de revenir sur la glace. La vélocité du jeune passeur de Vyshaya Liga Roman Starchenko sera à surveiller lors des prochains matchs. 2-1 à 21'36.

La Suisse a aussitôt une chance de refaire le break avec deux pénalités contre les Kazakhs à 30 secondes d'intervalle pour une charge avec la crosse et un faire trébucher de Shemelin pour sa troisième pénalité du match. Mission exécutée avec succès par le capitaine des New York Islanders et de la Suisse, Mark Streit, et son puissant shoot à cinq contre trois. 3-1 à 24'04.

L'indiscipline kazakhe continue. D'abord avec une dangereuse charge dans les jambes d'Andres Ambühl qui peine à se relever, heureusement sans gravité. Yevgueni Fadeyev rejoint le banc des punis.

À peine le Kazakhstan a-t-il tué la pénalité que le buteur Savchenko donne un coup de coude sur Denis Hollenstein. Les Suisses se montrent redoutables en supériorité numérique cette fois et sur le changement de ligne des unités spéciales, les Suisses profitent de la lenteur de la rotation kazakhe pour se présenter à deux face au gardien. Aucune chance pour Kolesnik face à Denis Hollenstein et Ivo Rüthemann qui signe un doublé tout comme son capitaine. 4-1 à 32'08. Félicien Du Bois aggrave le score en fin de période du revers de la crosse dans un angle impossible. 5-1 à 36'53.

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Le Kazakhstan a déjà perdu tout espoir à cause de pénalités trop nombreuses. On aperçoit alors Alexei Ivanov, le gardien remplaçant, commencer à s’échauffer.

En effet Alexei Ivanov fait son apparition pour le troisième tiers-temps en lieu et place de Vitali Kolesnik qui a déjà vu assez de tirs pour ce soir (34 en deux périodes). Le jeune gardien, qui est remplaçant au Barys Astana et n'a disputé aucun match de KHL cette saison, a en effet été préféré ce soir pour seconder Kolesnik à Vitali Eremeyev, le titulaire du Barys Astana, peut-être laissé au repos en prévision du match du lendemain contre la France. Les Helvètes ne mettent pas longtemps à le tester. De près, de loin, sur des tirs en angle, des rebonds. Mais le jeune cerbère reste intraitable.

Les Kazakhs en revanche ne se montrent dangereux que par l'intermédiaire de Vadim Krasnoslobodtsev, que les Français devront garder à l'oeil à défaut de se souvenir de son nom. Une penalité est appelée contre Mark Streit pour faire trébucher. Mais les quelques tentatives kazakhes ne font pas vraiment frémir la Suisse.

Revenue à 5 contre 5, la Suisse ne prend plus de risques et le gardien du Barys Astana assure sa cage inviolée dans ce troisième tiers-temps grâce à quelques bons arrêts et peu de rebonds. La preuve en est en toute fin de partie, lorsque Evgueniy Bumagin accroche Andres Ambühl, le récent champion de Suisse avec Zurich, et s'assoit sur le banc de la prison pour les deux dernières minutes,  la Suisse se contente de garder le score. Le gardien Reto Berra, titularisé par Sean Simpson, aura eu un match tranquille au final.

Désignés joueurs du match : Mark Streit pour la Suisse et Dmitri Upper pour le Kazakhstan.

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Commentaires d'après-match 

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Sean Simpson (entraîneur de la Suisse) : "Je suis content de cette première victoire. Je connais bien le Belarus, je les ai vus jouer hier et nous devrons être prêts dès demain pour les affronter."

Andrei Shayanov (entraîneur du Kazakhstan) : "Le premier match est toujours difficile. Nous n'avons eu que 3 matches de préparation. Nous avons essayé de jouer défensivement mais nous avons pris trop de pénalités. Ce genre de pénalités arrivent quand on fait des erreurs dues au manque de préparation. Le prochain match sera sans toutes ces erreurs. Les gars manquaient de confiance en eux. En troisième période, nous avons pu nous créer des occasions alors je suis confiant pour demain. Je vois le niveau des Suisses, je m'imagine bien le niveau des Français. La France a un niveau plus élevé que l'Italie, elle a déjà passé plusieurs années dans l'élite et a donc l'expérience de ce niveau. Hier, même si la France a perdu, elle a montré un très bon niveau ; le score s'est aggravé seulement dans la troisième période et ils auraient pu s'épargner des buts s'ils avaient pris moins de pénalités. La France ne nous concédera pas autant de pénalités et le match sera très serré. Nous n'avons pas l'occasion durant la saison de participer à des tournois internationaux pour comparer notre niveau à celui des autres. Eremeyev s’entraîne avec toute l'équipe et il est possible qu'il joue demain. Nous n'avons pas encore pris la décision. Ivanov est invaincu, il a accumulé de la confiance, ce n'est pas impossible qu'il joue."

Vitali Kolesnik (gardien du Kazakhstan) : "Les gars n'ont pas mal joué sur la glace, on a fait des petites erreurs, les Suisses ont utilisé ces erreurs dès le début et ont marqué. Ivanov est bon jeune gardien, c'est bien quand il joue, une bonne expérience pour lui quand il peut jouer à ce niveau. Je sais pas encore qui jouera demain. Ça peut être aussi Vitali (Eremeyev)."

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Suisse - Kazakhstan 5-1 (2-0, 3-1, 0-0)
Samedi 5 mai 2012 à 15h15 à la Hartwall Areena de Helsinki. 7221 spectateurs.
Arbitrage de Lars Brüggemann (ALL) et Morgan Johansson (SUE) assistés de Jon Kilian (NOR) et Andre Schrader (ALL).
Pénalités : Suisse 8' (4', 2', 2'), Kazakhstan 14' (4', 8', 2').
Tirs : Suisse 48 (17, 17, 14), Kazakhstan 20 (9, 5, 6).

Évolution du score :

1-0 à 09'48" : Rüthemann assisté de Hollenstein
2-0 à 11'04" : Streit assisté de Wick et Blindenbacher (sup. num.)
2-1 à 21'36" : Savchenko assisté de Starchenko
3-1 à 24'04" : Streit assisté de Blindenbacher (double sup. num.)
4-1 à 32'08" : Rüthemann assisté de Hollenstein et Streit (sup. num.)
5-1 à 36'53" : Du Bois assisté de Rüthemann et Bieber

 

Suisse

Gardien : Reto Berra.

Défenseurs : Goran Bezina - Félicien Du Bois ; Mark Streit (C, 2') - Luca Sbisa ; Matthias Seger (A, +1) - Patrick Von Gunten (+1) ; Severin Blindenbacher - Philippe Furrer.
 
Attaquants : Simon Moser - Kevin Romy (-1, 2') - Damien Brunner ; Roman Wick - Andres Ambühl (-1) - Nino Niederreiter (-1) ; Denis Hollenstein (+2) - Matthias Bieber (+1) – Ivo Ruthemann (A, +2) ; Benjamin Plüss (-1, 2') - Morris Trachsler (+1, 2') - Daniel Rubin.

Remplaçant: Tobias Stephan (G).

Kazakhstan

Gardien : Vitali Kolesnik puis Aleksei Ivanov à 40'00".

Défenseurs : Vitali Novopashin (A) – Denis Shemelin ; Roman Savchenko – Alexei Troshchinski ; Aleksei Litvinenko – Evgeni Fadeyev ; Vladislav Kolesnikov – Sergei Yakovenko.

Attaquants : Talgat Zhailauov (A) – Dmitri Upper (C) – Vadim Krasnoslobodtsev ; Roman Starchenko – Dmitri Dudarev – Evgeni Rymarev ; Yevgeni Bumagin – Fyodor Polishchuk – Konstantin Romanov ; Aleksei Vorontsov (-1) – Andrei Spiridonov (-1) – Konstantin Pushkaryov (-1).