Russie - Norvège (Mondial 2012, à Stockholm)

NIKULIN Ilya-110512-408

Après une entrée plutôt réussie face à la Lettonie, les Russes retrouvent le glaçon de Stockholm pour un nouveau duel à leur portée face à la Norvège. Simple formalité ? Nouveau match de préparation en vue des rencontres à venir face à l’Allemagne, la Suède et la République Tchèque ? Pas si sûr si l’on considère les derniers matchs des Norvégiens. En ouverture vendredi, ils ont d’ailleurs posé pas mal de problèmes à la Suède.

Face à des Norvégiens qui évoluent presque à domicile (17 d’entre eux jouent en Elitserien ou en Allsvenskan !), les Russes paraissent déjà bien rôdés, et le premier match de Yevgeni Malkin (2 buts une assist), est de nature à doper la confiance du banc russe.

Dès la première présence sur la glace, les Russes mettent leurs adversaires sous pression, et Kuznetsov tente de surprendre le portier norvégien Lars Volden,  en faisant le tour de la cage. Plus vifs et agressifs que dans leur début de match face à la Lettonie, les coéquipiers de Nikulin rendent difficile toute sortie de zone défensive pour des Norvégiens qui patinent après le palet dans ces premières minutes. Semyon Varlamov doit cependant s'y prendre à deux fois pour empêcher Ken Andre Olimb de marquer du reers (7').

Collectivement peu inspirés, les Russes sont maîtres du palet mais doivent souvent s'en remettre à des éclats individuels à l'image de Perzhogin et Malkin qui oublient à plusieurs reprises leurs partenaires devant le but. Sur une supériorité numérique russe en fin de tiers-temps, Malkin conservera le palet une bonne minute à lui seul... sans réussir à en faire grand chose !

Après 20 minutes, les deux équipes rejoignent les vestiaires sur ce score de 0-0. Largement dominateurs (14 tirs à 5), les Russes montrent les mêmes lacunes que dans leur début de match face à la Lettonie, à savoir une organisation des phases offensives déficientes. Lars Volden aura fait le nécessaire pour maintenir l'égalité... et son équipe à flot. Des Norvégiens fébriles et rarement capables de sortir efficacement de leur zone défensive.

YEMELIN Alexei-110512-458Dès le début de la deuxième période, les choses s'accélèrent, et c'est encore une fois l'avantage numérique qui débloque la situation pour les Russes. Auteurs de deux buts rapides à 5 contre 4 pour ouvrir leur compteur contre la Lettonie, les Russes vont remettre le couvert. Hansen est chasser pour faire trébucher. Il va suffire de 13 secondes à un Pavel Datsyuk peu en vue jusque là pour marquer son premier but. Il s'avance jusqu'au rond d'engagement gauche après une passe de Nikulin et décoche une lourde frappe sous la part. Fusillé, Volden ne peut pas grand chose. 1-0 à 21'21".

Déjà en grande difficulté, les Norvégiens craquent en infériorité. À peine le temps de se remettre de ce but que Tollefsen est lui aussi envoyé au banc des pénalités pour charge contre la bande. Si cette supériorité numérique ne donne rien, elle ouvre cependant la voie à une troisième (25'). Épuisé de patiner dans le vide, Thoresen, plutôt énergique jusque là, met sa crosse dans les patins de Popov. Sur une longue possession en jeu de puissance, Denisov lance en one-timer à la bleue. Volden est battu sur sa gauche. 2-0 à 27'01".

Le break est fait, et la donimation russe dans tous les compartiments du jeu rend difficilement imagineable ce qui va se passer dans les miutes suivantes. Perezhogin et Nikitin se mettent tour à tour à la faute, offrant un inespéré 5 contre 3 aux Norvégiens. Une occasion qui n'est pas manquée par les Scandinaves. Au terme d'une passe à dix (ou plutôt à 5) d'une minute, Morten  Ask envoie un puissant slapshot dans la lucarne sur une passe de Jonas Holos. 2-1 à 30'34".

Le match bien maîtrisé par les Russes bascule alors dans l'irrationnel, les Norvégiens faisant feu de tout bois. Toujours en supériorité, les Norvégiens égalisent... du moins c'est ce que tout le monde croit (31'). Per-Åge Skrøder bataille avec Varlamov et Yemelin. Plus prompt que ce dernier sur un rebond laissé par Varlamov, Skrøder pousse le palet du revers dans les buts. Danny Kurmann, l'arbitre suisse de la rencontre, refuse immédiatement ce but, au motif d'une interférence peu évidente sur Varlamov. Les 2000 supporters norvégiens se font enfin entendre dans un Globe qui sonnait encore creux ce dimanche.

Sonnés par ce but refusé, les Norvégiens vont connaitre une nouvelle désillusion avec le troisième but russe peu de temps après. Yevgeni Malkin est le plus prompt pour récupérer la palet le long de la bande. Lourdement mis en échec, il parvient dans sa chute à servir Nikolai Kulyomin qui vient défier Volden et le battre de près. 3-1 à 32'46".

Trouvant sans doute qu'ils sont trop à l'abri de Norvégiens désormais plus agressifs et rapides, les Russes se mettent une nouvelle fois à la faute. Medvedev est puni pour cinglage. Holøs, Holtet, Thoresen et Ask, les Norvégiens les plus en vue depuis le début de la recontre sont alignés ensemble sur la supériorité et ne se font pas prier pour réduire le score. Skrøder trouve Holtet esseulé à gauche sur une passe sautée. Son lancer du poignet passe au-dessus de l'épaule de Varlamov. 3-2 à 35'52".

ASK Morten-110430-397Presque jamais en danger jusqu'à la 29e minute, les Russes se sont une nouvelle fois mis à l'abri sur deux buts en supériorité. Dans ces conditions, l'indiscipline dont ils font preuve est particulièrement dommageable, redonnant de l'espoir à une équipe norvégienne remontée comme jamais.

Un fol espoir pourtant rapidement douché en début de 3e tiers. Malkin et Perezhogin, dont la relation fonctionne particulièrement bien depuis le début des championnats, se jouent de la défense sur un une-deux en entrée de zone offensive. Malkin fixe la défense dans l'axe, libérant Perezhogin à droite qui bat Volden d'un petit lancer entre les jambières. 4-2 à 40'40".

Malgré deux belles occasions en début de tiers, les Norvégiens ne parviennent pas à réaliser la même performance qu'en deuxième période. Obligé de se livrer pour recoller au score, ils laissent beaucoup aux talentueux avants russes. 15 dernières minutes en forme de séance d'entraînement pour le jeune gardien norvégien Volden, auteur d'un nombre impressionant d'arrêts dans toutes les positions possibles et imagineables. À force de rater le but de KO, les Russes sont à deux doigts de se faire surprendre, mais Bastiansen trouve la barre (56').

Les Russes ont maîtrisé leur sujet de bout en bout. Mais à force de tarder à se mettre à l'abri, ils ont laissé espérer des Norvégiens qui ne pouvaient guère demander plus. Comme face à la Suède, cette équipe norvégienne limitée face aux grosses écuries est parvenue à embêter les Russes sur leur unique temps fort, donnant l'un des matchs les plus tendus de ce début de Mondial.

La Russie poursuit son petit bonhomme de chemin dans la compétition, en attendant une opposition d'un autre standing, contre l'Allemagne mardi par exemple.

Désignés joueurs du match : Aleksandr Popov pour la Russie et Jonas Holøs pour la Norvège.

Commentaires d'après-match

Roy Johansen (entraîneur de la Norvège) : "Le but refusé nous a brisés. L'équipe ne s'est jamais remise de son impact psychologique. Nous avons rivalisé avec la Russie, bien attaqué, et marqué un but tout à fait valable. Je félicite la Russie de sa victoire, mais je ne suis pas satisfait du résultat, car il a été affecté par les arbitres."

Semion Varlamov (gardien de la Russie) : "Le joueur norvégien entre dans la zone du gardien et l'arbitre siffle immédiatement faute. Peut-être que le palet rentre ensuite. Je ne suis pas prêt à commenter cela, parce que je ne suis pas arbitre. [...] Oui, les attaquants adverses sont doués pour marquer en lucarne. Je vais devoir y penser à l'avenir. Le niveau des championnats du monde s'élève chaque année. Si auparavant on battait les Lettons et les Norvégiens de cinq ou sept buts, maintenant chaque match est au couteau. C'était difficile de rester concentré. On passe dix ou quinze minutes sans beaucoup de travail, et puis il y a trois quatre tirs dangereux à la suite."

 

Russie - Norvège 4-2 (0-0, 3-2, 1-0)
Dimanche 6 mai 2012 à 16h15 au Globen de Stockholm. 4438 spectateurs.
Arbitrage de Danny Kurmann (SUI) et Steve Patafie (USA) assistés de Roger Arm (SUI) et Jonathan Morrison (USA).
Pénalités : Russie 8' (0', 8', 0'), Norvège 10' (2', 8', 0').
Tirs : Russie 46 (14, 16, 16), Norvège 21 (5, 8, 8).

Évolution du score :
1-0 à 21'21" : Datsyuk assisté de Kalinin et Yemelin (sup. num.)
2-0 à 27'01" : Denisov assisté de Medvedev et Kuznetsov (sup. num.)
2-1 à 30'34" : Ask assisté de Holøs et Thoresen (double sup. num.)
3-1 à 32'46" : Kulyomin assisté de Malkin
3-2 à 35'52" : Holtet assisté de Skroder et Holøs (sup. num.)
4-2 à 40'40" : Perezhogin assisté de Malkin


Russie

Gardien : Semyon Varlamov.

Défenseurs : Nikita Nikitin (+1, 2') - Ilya Nikulin (C, +1) ; Aleksei Emelin (+1) - Dimitri Kalinin (A, +1) ; Evgeni Medvedev (4') - Denis Denisov.

Attaquants : Aleksandr Perezhogin (+2, 2') - Evgeni Malkin (+2) - Aleksandr Popov (+1) ; Evgeni Kuznetsov - Pavel Datsyuk - Nikolai Kulyomin (+1) ; Nikolai Zherdev - Aleksei Tereshchenko (A) - Sergei Shirokov ; Evgeni Ketov - Aleksandr Svitov - Denis Kokarev.

Remplaçant : Konstantin Barulin (G),

Norvège

Gardien : Lars Volden.

Défenseurs : Ole-Kristian Tollefsen (C, -2, 2') - Mats Trygg (-1) ; Alexander Bonsaksen - Jonas Holøs (-1) ; Henrik Solberg - Juha Kaunismäki.

Attaquants : Patrick Thoresen (A, -1, 2') - Mads Hansen (-1, 2') - Per-Åge Skrøder (-1) ; Mathis Olimb - Anders Bastiansen (A, 2') - Lars Erik Spets ; Marius Holtet (-1) - Kristian Forsberg (-1) - Martin Røymark (-1, 2') ; Mats Rosseli Olsen - Morten Ask - Ken Andre Olimb.

Remplaçants : Lars Haugen (G), Lars Løkken Østli, Tommy Kristiansen.