Los Angeles Kings - St. Louis Blues (NHL, demi-finale de conférence, match 4)

Après l’élimination des habituels favoris dans la conférence Ouest dès le premier tour des playoffs (Vancouver, Detroit, San José et Chicago), St. Louis s’est retrouvé soudainement avec l’étiquette de principal favori de cette conférence. Une nouveauté pour une franchise habituée à être, au mieux, un outsider. Ce n’était pas forcément de bon augure face à une équipe des Kings de Los Angeles qui venait de se débarrasser en 5 matchs de Vancouver, finaliste l’an passé.

Finalement, il aura fallu aux Kings seulement 4 matchs pour éliminer les Blues, même si le score ne reflète pas exactement la physionomie de la série. En fait, il n’y avait pas vraiment d'opposition de style puisque les deux équipes avaient un plan de jeu et une philosophie très proches : s'appuyer principalement sur la défense et le gardien, un forecheck rapide sur l’équipe adverse et un effectif offensif plus caractérisé par sa densité que son talent. Et, dans cette série, c’est Los Angeles qui a le mieux maîtrisé son sujet dans la plupart des domaines du jeu.

Au niveau de l’affrontement des gardiens, Jonathan Quick, rapide et athlétique, a confirmé qu’il était en grande forme avec un pourcentage d’arrêts de 94% dans la série. Si les Kings parviennent à la finale de la coupe Stanley, nul doute qu’il sera dans la conversation pour le titre de MVP des playoffs. Face à lui, Brian Elliott n’a pas été aussi confiant et décisif qu'auparavant. Alors qu’il formait un tandem de gardiens efficace avec Jaroslav Halak lors de la saison régulière, Elliott a été bombardé titulaire principal après la blessure du Slovaque lors des quarts de finale. Le retour d’Halak avait d’abord été évoqué au troisième match face à Los Angeles, mais il n’aurait finalement pu revenir que pour le tour suivant. L’absence d’émulation entre les deux gardiens a sans doute été préjudiciable pour Elliott, qui a encaissé quelques mauvais buts. Pour autant, il ne faut pas oublier que, si Elliott a signé cette année une saison convaincante, il n’avait pas laissé un souvenir inoubliable aux fans d’Ottawa et du Colorado ces dernières saisons.

Outre la blessure d’Halak, les Blues ont également souffert de l’absence d’Alex Pietrangelo, même si elle fut courte, tant l’influence du jeune défenseur numéro 1 de l’effectif est importante dans cette équipe. Il s'est blessé après une charge contre la bande de Dwight King lors du premier match, et les Blues ont subi en son absence une déroute défensive à domicile (4 buts encaissés dès le premier tiers). Si Pietrangelo est revenu dès le troisième match, l’escouade défensive n’a pas plus inspiré confiance et son partenaire habituel, Carlo Colaiacovo, a même été mis en réserve et remplacé par Ian Cole pour ce dernier match.

En attaque, les Blues ont été impuissants face à Quick, avec un zéro pointé en supériorité numérique (aucun but en 17 tentatives) et un top-6 (Steen, McDonald, Oshie, Berglund, Perron et Backes) qui termine avec un petit total cumulé de 2 buts. Trop peu face à des Kings qui ont pu compter sur des buts des leaders offensifs (comme Anze Kopitar, 2 buts et 4 assistances) mais également sur des contributions du bottom-6 (Dwight King ou Jordan Nolan) ou de Dustin Penner (1 but et 4 assistances), que l’on croyait définitivement en disgrâce avant les playoffs. Sans compter l’impact une nouvelle fois important du capitaine Dustin Brown (2 buts et 4 assistances), lui qui avait déjà été déterminant face à Vancouver en quart de finale.

L’horaire avancé du match, programmé à midi, a suscité des interrogations sur l’état de forme des deux équipes, d’autant plus qu’elles ont toutes deux un style de jeu rapide et physique. Les fans de Los Angeles avaient ainsi un mauvais souvenir d’un piteux match joué à midi perdu par les Kings 1-0 en saison régulière face à Columbus. Mais, cette fois, les Kings abordent le match sur le bon rythme et leur forecheck gêne rapidement les défenseurs de St. Louis : derrière le but d’Elliott, Pietrangelo passe à Roman Polak sous la pression de Dustin Penner, mais un mauvais rebond sur la bande renvoie le palet près du but. Polak se précipite pour empêcher Colin Fraser et Penner d’en profiter, mais lui et David Perron ne parviennent pas à dégager le palet. Jordan Nolan en profite pour surgir et décocher une reprise puissante qui passe par-dessus l’épaule d’Elliott, masqué par les joueurs devant lui (1-0, 4’36).

Le match ne pouvait guère plus mal commencer pour St. Louis, qui peine à sortir de sa zone. Scott Nichol est le premier Blues à se mettre en évidence sur une contre-attaque, avec un tir depuis le cercle droit qui termine sur le poteau de Quick (10’22). Finalement, sur un dégagement court de Los Angeles aboutissant à un changement de ligne, Barret Jackman transmet rapidement le palet à Kevin Shattenkirk, resté à proximité de la zone des Kings. L’offensif arrière profite de l’espace et tire un slap puissant à l’entrée du cercle droit, qui passe sous le bras de droit de Quick malgré l’angle fermé et rentre avec l’aide du poteau (1-1, 11’34).

Cette égalisation douche l’enthousiasme des supporters des Kings mais leur équipe va rapidement tenter de reprendre l’avantage : Dustin Brown s’infiltre en force dans la zone des Blues face à David Backes et Matt D’Agostini. Arrivé près du but, Brown passe à Anze Kopitar, idéalement placé près du deuxième poteau d’Elliott. Mais la reprise du centre slovène est détournée par le bon déplacement du portier des Blues. Le palet traîne alors à proximité du but grand ouvert mais Brown et Drew Doughty ne réussissent pas à le reprendre (12’28). Le forecheck des Kings est toujours efficace : Justin Williams gratte le palet derrière le but face à Ian Cole et centre pour Brown, aux portes de l’enclave d’Elliott, mais le capitaine des Kings est contré par le portier (16’29). Finalement, cette pression finit par payer : Kopitar, dans la zone neutre, passe pour Brown, lancé vers la zone de St. Louis. Il prend de vitesse Perron et arrive dans le cercle gauche face à Pietrangelo. Brown décoche alors un rapide tir du poignet qui passe entre les jambes de Pietrangelo et termine dans la lucarne gauche d’Elliott (2-1, 18’17).

Ken Hitchcock, l’entraîneur de St. Louis, est sans doute assez mécontent du début de match de ses hommes. Les Blues reviennent pour la deuxième période avec de bien meilleures intentions, dominant le jeu avec 13 tirs cadrés contre 4 pour Los Angeles dans cette période. Pour autant, ils peinent à se procurer des actions franches pour mettre en danger Quick et il faut attendre un tir d’Alexander Steen qui offre un rebond à Patrick Berglund, mais celui-ci ne parvient pas à en profiter, gêné par Doughty et repoussé par le portier des Kings (37’53).

Les Blues se montrent plus dangereux en début de troisième tiers avec un tir détourné de D’Agostini par Jarret Stoll depuis le cercle gauche qui aboutit sur la barre de Quick (41’56). Outre son talent, Quick aura ainsi pu compter sur un brin de chance aux moments décisifs de cette série. Par contre, sur le tir de Backes, démarqué dans le cercle gauche, Quick s’interpose grâce à sa promptitude de la mitaine (45’18). Alors que l’élimination se profile pour St. Louis, les Blues font preuve d’indiscipline qui les empêchent de reprendre la main sur le match : alors qu’une pénalité différée est annoncée à Dustin Brown pour un cinglage, Matt D’Agostini ne trouve rien de mieux à faire qu’une charge contre la bande sur Alec Martinec totalement inutile, qui transforme une supériorité numérique à venir en 4 contre 4. Idem pour Scott Nichol, qui commet au milieu de la période une crosse haute qui provoque une coupure au visage de Jordan Nolan et donc une double pénalité mineure de 4 minutes.

En supériorité numérique, les Kings s’installent dans la zone des Blues et Kopitar tire depuis le cercle droit mais il ne surprend pas Brian Elliott qui réceptionne le palet dans son plastron (48’51). Une crosse haute de Jarret Stoll remet les deux équipes à 4 contre 4 et offre un peu d’espace pour St. Louis : Andy McDonald s’infiltre dans la zone des Kings et trouve Kris Russell, lancé vers le slot. Le jeune défenseur tire sur Quick qui peine à repousser. Perron, devant lui, tente de reprendre le palet mais le portier de Los Angeles parvient à ralentir sa course. Kopitar surgit alors de la bande devant Pietrangelo pour placer le palet sous Quick et se coucher devant la ligne de but, empêchant ainsi le but (50’16).

Los Angeles n’est toujours pas à l’abri et les tentatives de Jarret Stoll de loin puis Martinez à bout portant sont contrées par Elliott (51’57). Mais le pressing offensif des Kings est suffisant pour étouffer toutes les velléités d’attaque des Blues dans les dernières minutes grâce aux encouragements des fans du Staples Center et Brown peut finaliser la victoire avec un but dans la cage vide (3-1, 59’34). Grâce à cette victoire, Los Angeles retrouve le stade de la finale de la conférence pour la première fois depuis 1993. L’équipe était alors menée par Wayne Gretzky et elle avait été battue en finale de coupe Stanley par les Canadiens de Montréal.

3 étoiles du match : Jonathan Quick (Los Angeles) ***, Dustin Brown (Los Angeles) **, Kevin Shattenkirk (St. Louis) *.


Los Angeles Kings – St. Louis Blues : 3-1
Los Angeles remporte la série 4 matchs à 0

Tirs cadrés : Los Angeles 19 (10, 2, 7) ; St. Louis 24 (4, 13, 7)

Evolution du score
1-0 à 4’36 : Nolan assisté par Penner
1-1 à 11’34 : Shattenkirk assisté par Jackman
2-1 à 18’17 : Brown assisté par Kopitar et Doughty
3-1 à 59’34 : Brown assisté par Kopitar (dans la cage vide)


Los Angeles Kings

Gardien : Jonathan Quick

Défenseurs : Drew Doughty – Rob Scuderi ; Willie Mitchell – Slava Voynov ; Matt Greene (A) – Alec Martinez

Attaquants : Dustin Brown (C) – Anze Kopitar (A) – Justin Williams ; Dustin Penner – Mike Richards – Jeff Carter ; Dwight King – Jarret Stoll – Trevor Lewis ; Brad Richardson – Colin Fraser – Jordan Nolan

Remplaçant : Jonathan Bernier (G). En réserve : Jake Muzzin, Kyle Clifford, Kevin Westgarth, Davis Drewiske et Andrei Loktionov.

St. Louis Blues

Gardien : Brian Elliott

Défenseurs : Alex Pietrangelo – Barret Jackman ; Ian Cole – Kevin Shattenkirk ; Kris Russell – Roman Polak

Attaquants : Andy McDonald (A) – David Backes (C) – Matt D’Agostini ; Alexander Steen – Patrik Berglund – T.J. Oshie ; David Perron – Vladimir Sobotka – Chris Stewart ; Jamie Langenbrunner (A) – Scott Nichol – Ryan Reaves

Remplaçant : Jake Allen (G). En réserve : Kent Huskins, B.J. Crombeen, Carlo Colaiacovo, Chris Porter et Danny Syvret. Blessés : Jaroslav Halak et Jason Arnott.