Danemark - Suède (Mondial 2012, à Stockholm)

GREEN Morten-100516-670Les Danois sont dans une situation délicate. Défaits de peu par la République Tchèque lors du premier match (2-0), ils n'ont pu confirmer cette bonne prestation deux jours plus tard. Rêvant sur leur nuage un peu trop des quarts de finale, ils se sont réveillés brutalement par des Italiens bien décidés à sauver leur tête dans ce Mondial. Ce ne fut qu'une histoire de secondes : 18 d'intervalle en première période ont permis aux Transalpins de mener 2-0, 52 en prolongation ont été suffisantes pour Giulio Scandella d'offrir une victoire finale 4-3.
 
Alors, pour exaucer son rêve, le Danemark n'a plus de questions à se poser, y compris face aux mastodontes du groupe. Et face à eux ce lundi soir, les Suédois font justement figure de mastodonte avec des progrès probants entre le succès obtenu aux dépens de la Norvège (3-1) et celui glané contre la Tchéquie (4-1). La seule incertitude dans cette équipe de rêve concerne le poste de numéro 1 devant les filets, le sélectionneur Pär Mårts préférant jouer pour l'instant la carte de l'alternance. Jhonas Enroth se retrouve dans le but de la Tre Kronor. Jugé encore trop juste, le défenseur Jonathan Ericsson est encore remplacé par le jeune Jonas Brodin.
 
Alors que tout semblait rentrer dans l'ordre face à la République Tchèque, le Globen de Stockholm n'est rempli qu'à 60% de sa capacité. Il est vrai que l'adversaire proposé est peut-être moins prestigieux, mais l'enceinte n'a pas encore les couleurs d'un championnat du monde. Alors que les audiences sur TV4, le diffuseur suédois, sont excellentes, les efforts consentis ne sont apparemment pas suffisants. Le choc face à la Russie sera bien à guichets fermés mais les parties face à l'Allemagne, la Lettonie et l'Italie poseront le même problème.
 
Si, dans les deux premières minutes, Lars Eller répond immédiatement à Daniel Alfredsson, cet équilibre sera bien éphémère. Niklas Hjalmarsson effectue une longue diagonale de sa zone défensive, Marcus Krüger sert ensuite à l'opposé Viktor Stålberg, planté sur la gauche de Frederik Andersen (0-1, 02'06"). Et le calvaire ne fait que de commencer. Car Henrik Zetterberg, Niklas Kronwall, Daniel Alfredsson et Joel Lundqvist donnent tour à tour des sueurs froides au portier danois. Lundqvist oblige d'ailleurs Lars Eller à faire faute. Cela permet à Johan Franzén de glisser le palet entre les jambières de Andersen (0-2, 06'06"). Le Danemark est complètement surclassé, Franzén se permet de déborder seul sur son aile gauche sans aucune opposition, le défenseur  de NHL Philip Larsen, comme son équipe, est complètement largué.
 
Si Frans Nielsen parvient à placer un tir, la Suède va continuer de faire le show à 5 contre 4. Erik Karlsson sert Franzén qui finalement ne touche pas le puck, la voie est alors ouverte pour Eriksson qui bute sur Andersen. L'action continue, le même Eriksson se place au poteau droit, Zetterberg le voit et lui distribue idéalement le palet (0-3, 11'05"). 38 secondes plus tard, Marcus Krüger et Viktor Stålberg s'offrent un 2 contre 1, le premier passe au second qui conclut d'une reprise de volée (0-4, 11'43"). Le Danemark coule. En 12 minutes, la Suède mène au registre des lancers 17 à 1.
 
Alors que Jannik Hansen tente l'exploit individuel, Niklas Kronwall (d'un bon slap) et Daniel Alfredsson (du revers) continuent d'exercer la pression. Même avec un homme en moins sur la glace, la Suède joue avec une décontraction sidérante, Niklas Persson se permet d'ailleurs quelques dribbles. Mais en double infériorité numérique, le rythme des Suédois s'estompe forcément, de quoi permettre à Nichlas Hardt, vigilant sur le rebond, de réduire l'écart (1-4, 18'27"). Ce but et de bonnes occasions de Morten Green et Lars Eller redonnent finalement un peu d'aplomb avant la pause à une sélection danoise débordée.
 
Un semblant de confiance revient à peine dans les têtes des hommes de Per Bäckman que Daniel Alfredsson s'en va battre Andersen d'un lancer balayé au-dessus de son épaule droite (1-5, 20'43"). La Suède entame le second tiers-temps comme elle avait entamé le début du match. Johan Larsson fait joujou dans une petit périmètre mais il fait rebondir la rondelle sur la mitaine d'Andersen. Daniel Alfresson essaie de s'appuyer sur Calle Järnkrok, il tente même d'y aller seul mais il manque finalement le cadre. Le Danemark est incapable de sortir de sa zone défensive, le public apprécie le spectacle, il peut applaudir, il ne paiera pas plus cher...
 
ANDERSEN Frederik-100516-501Gabriel Landeskog manque sa chance devant le but, c'est finalement Jonas Brodin qui marque de la ligne bleue pour la première fois en sélection senior, Zetterberg pense à lui garder le palet en souvenir (1-6, 29'216"). Les Danois sont trop fébriles, ils ont même la tête ailleurs. Jugez plutôt : en supériorité numérique, une passe pour Erik Karlsson est mal ajustée, Jannik Hansen a la possibilité de s'arracher et de partir seul face à Jhonas Enroth... mais cette possibilité lui échappe totalement ! Philip Larsen tente de remettre toutefois son équipe sur pied d'une belle reprise de volée. Tandis que Zetterberg montre ses talents de slalomeur, Silfverberg se retrouve en prison. Après plusieurs essais infructueux de Eller, Hardt est toujours à l'affût devant les filets et marque son deuxième but de la soirée, de nouveau juste avant la pause (2-6, 38'47").
 
La confiance de retour, les "Sudistes" ne vont pas la lâcher cette fois. Très tôt dans la troisième période, Lars Eller permet de revenir à trois buts d'écart en prenant le temps d'adresser un tir lointain mais efficace (3-6, 40'21"). La pénalité de Morten Green sera bien négociée, même si Silfverberg aurait pu compléter d'un septième but une belle passe de Niklas Kronwall. Par la suite, Lars Eller manquera l'immanquable : Victor Hedman, en souhaitant éviter la pression adverse derrière son but, relance sur l'attaquant du Canadien de Montréal qui gâche une belle opportunité. Hedman montre d'ailleurs beaucoup de nervosité puisqu'il prend un 2'+2' pour une crosse haute qui en fait saigner le visage de Green.
 
Seulement le jeu de puissance des Danois est trop mou, trop hésitant. Le but interviendra tardivement : l'amoché Morten Green délivre un lancer frappé puissant après que Hansen a récupéré le disque dans le coin (4-6, 51'27"). Hedman est définitivement nerveux, le colosse de Tampa Bay charge dangereusement contre le plexiglas Jesper B. Jensen. La chaise en fait les frais en prison, ce ne sera là que la seule conséquence. La Suède loupe une relance à 4 minutes de la fin et Julian Jakobsen, plein axe, en est  rapidement averti mais sa tentative est arrêtée de justesse. Il s'agira là de la dernière occasion franche du Danemark qui ne pourra faire mieux, même en prenant le risque de sortir son gardien.
 
Déboussolés dès le début de la rencontre, les Danois ont progressivement retrouvé leur chemin avec beaucoup de sang froid, là ou d'autres auraient sombré dans un sentiment de fatalité. Ce revirement, les Suédois n'y sont pas forcément innocents en baissant progressivement d'un ton. Cela dit, on a pu voir pendant les deux premières périodes une Suède impressionnante dans son intensité et dans ses automatismes. Cela peut valoir de l'or, à condition de ne pas se reposer sur ses lauriers.
 
Élus joueurs du match : Philip Larsen pour le Danemark, Loui Eriksson pour la Suède.
 
Commentaires d'après-match
 
Jesper Jensen (attaquant du Danemark) : "Nous savions très bien que la Suède était supérieure en matière d'individualités. Mais nous savions aussi que nous pouvions leur poser des problèmes en jouant collectif avec solidarité."
 
Jhonas Enroth (gardien de la Suède) : "Nous ne sommes que des êtres humains. Bien sûr nous avons levé le pied mais nous avions tout de même une avance de 6-1."
 
Loui Eriksson (attaquant de la Suède) : "Les deux premières périodes étaient très bonnes. Ce ne fut pas le cas de la dernière mais l'important était de remporter ce match. C'est plaisant d'être aligné avec "Zäta" (Zetterberg) et "Frasse" (Franzén), nous jouons avec beaucoup de confiance et nous nous créons désormais beaucoup d'occasions."
 
 
Danemark - Suède 4-6 (1-4, 1-2, 2-0).
Lundi 7 mai 2012 à 20h15 à l'Ericsson Globe de Stockholm. 8119 specteurs.
Arbitrage de Keith Kaval et Steve Patafie (USA) assistés de Sakari Suominen (FIN) et Miroslav Valach (SLO) .
Pénalités : Danemark 10' (4', 2', 4'), Suède 12' (4', 2', 6').
Tirs : Danemark 18 (6, 4, 8), Suède 42 (21, 16, 5).
 
Évolution du score :
0-1 à 02'06" : Stålberg assisté de Krüger et Hjalmarsson
0-2 à 06'06" : Eriksson assisté de Franzén (sup. num.)
0-3 à 11'05" : Eriksson assisté de Zetterberg et Franzén (sup. num.)
0-4 à 11'43" : Stålberg assisté de Krüger et Landeskog
1-4 à 18'27" : Hardt assisté de Hansen et Larsen (sup. num.)
1-5 à 20'43" : Alfredsson assisté de Eriksson et S. Kronwall
1-6 à 29'16" : Brodin assisté de Franzén
2-6 à 38'47" : Hardt assisté de F. Nielsen et Eller (sup. num.)
3-6 à 40'21" : Eller assisté de Hardt et F. Nielsen 
4-6 à 51'27" : Green assisté de Hansen et D. Nielsen
 
 
Danemark
 
Gardien : Frederik Andersen (sorti à 59'30").
 
Défenseurs : Jesper B. Jensen (-3) - Philip Larsen (-1) ; Daniel Nielsen (+1) - Stefan Lassen (+1, 2') ; Kasper Jensen (-2) - Mads Bødker ; Philip Hersby (-1).
 
Attaquants : Nichlas Hardt (-2) - Frans Nielsen (A, -1) - Lars Eller (-2, 2') ; Jannik Hansen (+1) - Julian Jakobsen (2') - Morten Madsen (A, +1) ; Jesper Jensen (-1) - Kirill Starkov (-1) - Morten Green (C, 4') ; Morten Poulsen - Kim Lykkeskov - Bjarke Møller.
 
Remplaçant : Simon Nielsen (G).
 
Suède
 
Gardien : Jhonas Enroth.
 
Défenseurs : Jonas Brodin - Staffan Kronwall (+1, 2') ; Erik Karlsson - Niklas Kronwall ; Victor Hedman (+1, 6') - Niklas Hjalmarsson (+1).
 
Attaquants : Johan Franzén - Henrik Zetterberg (A, +1, 2') - Loui Eriksson (+1) ; Jakob Silfverberg (2') - Calle Järnkrok - Daniel Alfredsson ; Gabriel Landeskog (A, +2) - Marcus Krüger (+2) - Viktor Stålberg (+2) ; Niklas Persson (-1) - Joel Lundqvist - Johan Larsson.
 
Remplaçant : Viktor Fasth (G). Absents : Fredrik Pettersson (poignet cassé), Jonathan Ericsson (articulation sacro-iliaque).