Suisse - Belarus (Mondial 2012, à Helsinki)

120506-493En ce dimanche de mai où la France, outre avoir voté pour l'élection présidentielle, a rempli son objectif en battant plus tôt dans la journée l'adversaire censé être le plus faible du groupe, le Kazakhstan, le dernier match de la journée oppose les deux autres équipes contre lesquelles la France pourrait avoir une chance : la Suisse et le Belarus.

Deux équipes qui gardent aussi un œil sur les quarts de finale car l'expérience a montré que les résultats de la Slovaquie et des États-Unis ne sont pas réguliers d'une année sur l'autre et qu'une place parmi les quatre premiers du groupe pourrait se libérer pour qui saurait prendre sa chance.

La patinoire est remplie à peine à moitié, mais beaucoup de supporters suisses ont fait le déplacement jusqu'en Finlande. Sean Simpson, l'entraîneur de la Suisse, qui connaît bien le Belarus pour y avoir officié en tant qu’entraîneur adjoint, a dit à Reto Berra "le changement, c'est maintenant" et a opté pour Tobias Stephan dans les buts. Ce dernier avait en effet sorti un bon match l'an dernier en Slovaquie contre les Biélorusses (victoire 4-1).

Le Belarus subit autant le jeu en début de match que lors de sa première rencontre contre la Finlande. La force tranquille suisse étouffe toute tentative biélorusse. Et la domination des Suisses  finit par payer par Damien Brunner qui dévie un centre de Simon Moser au terme d'une contre-attaque lancée par Félicien du Bois. Le but est cependant attribué à Moser car Brunner n'a fait qu'effleurer le palet qui a glissé sous la jambière du gardien. 1-0 à 6'55.

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L'opposition biélorusse ne tarde cependant pas à réagir. Andrei Stepanov, l'ailier qui joue en extrême-orient russe à l'Amur Khabarovsk, centre de la droite vers le but et Alexei Ugarov reprend dans la cage ouverte. Tobias Stephan s'attendait à un tir en première intention, s'est agenouillé trop vite et s'est retrouvé incapable de bouger. 1-1 à 10'26.

Mais la ligne de Simon Moser est euphorique. Le tigre de Langnau prend un rebond sur un tir en première intention de Kevin Romy et envoie le palet entre les jambières de Vitali Koval, qui a vu son mandat renouvelé et garde encore la cage biélorusse ce soir (pas d'alternance au Belarus). 2-1 à 11'57.

Les Biélorusses sentent monter la vague suisse et Andrei Kolosov est obligé de commettre une faute. Il part goûter aux geôles pour 2 minutes pour retenir. La supériorité numérique ne donnera pas grand chose. C'est même, un peu plus tard, un 2 contre 1 qu'Alexandre Kulakov essaye de jouer tout seul qui aurait pu relancer les Slaves.

Peu de temps avant la fin du premier tiers-temps, Matthias Seger sort en boitant. Il fera quelques apparitions lors de la deuxième période mais ne jouera plus dans la dernière. À la première pause, on en est à 19 tirs à 1 pour la Suisse.... le Belarus peut donc voir le côté positif des choses : il a bien capitalisé sur son unique tir.
 
Kari Heikkila, l’entraîneur finlandais du Belarus, trouve probablement le bon discours pour ses joueurs. Au retour sur la glace, le Belarus égalise grâce à une passe feintée de Dmitri Korobov, face au goal, qui décale sur sa droite pour Konstantin Koltsov qui marque sur une reprise au ras du sol. 2-2 à 21'34. Deux tirs,  deux buts. La Suisse a raison de ne pas laisser trop de lancers aux adversaires.

120506-351Alexandre Kulakov est jeté en prison pour obstruction. Le jeu de puissance suisse se met bien en place. On retrouve alors la même technique éprouvée contre les Finlandais : on se couche tous devant la ligne de but pour former un rempart en priant que les rebonds s’arrêtent. Et un Belarus uni, rien ne lui résiste ! Le score en reste là. Mais pas le jeu de puissance, que les Suisses parviennent à maintenir alors que l'on est revenu à 5 contre 5. Koval sort alors un énorme arrêt sur une tentative d'Ivo Rüthemann.

Et quand Koval est battu, il reste toujours un défenseur bien placé pour éviter le but, à l'image du jeune Roman Graborenko : il stoppe un palet qui vient de passer entre les jambières du gardien sur sa ligne et le relance... entre les jambes du gardien. Retour à l'envoyeur.

Le Belarus joue uniquement en contre mais la Suisse ne domine plus autant qu'avant. Le score est toujours de parité et en fin de tiers-temps, le Belarus reprend du poil de la bête. Aidé en cela par Daniel Rubin qui commet une obstruction sur Andrei Stepanov. La Suisse solidaire commencerait-elle à douter ? Ugarov et Stepanov se créent des occasions relativement dangereuses sur la supériorité mais le penalty killing suisse est très efficace, notamment en dehors de leur zone pour empêcher le jeu de puissance adverse de s'installer.

La deuxième période est restée globalement à l'avantage des Helvètes dans le jeu, même si le nombre de tirs s'est équilibré.

120506-388En début de troisième tiers-temps, Dmitri Meleshko place un gros tir en hauteur sur Tobias Stephan encore un peu rapide sur ses genoux et qui doit dévier du coude in extremis. Il semblerait que les artilleurs biélorusses suivent les conseils que Mikhail Grabovski avait prodigué la veille, à savoir qu'ils auraient dû tirer plus haut contre la Finlande sur les powerplays afin de créer davantage de rebonds contre Kari Lehtonen.

Le défenseur d'Anaheim Luca Sbisa doit purger deux minutes de pénalité pour un cinglage. On ne peut pas réellement parler de jeu de puissance biélorusse, grâce au travail défensif de Benjamin Plüss. En sortant de prison, le même Sbisa trouve un bon lancer qui oblige le gardien à un rebond dangereux que Kevin Romy n'est pas loin d'exploiter. La cage en est toute desoclée ! Mais il trouve aussi le moyen de récidiver, pour une crosse haute cette fois.

Le Belarus joue plus discipliné et commence à croire qu'ensemble tout devient possible. Le power-play est bien installé cette fois. La Suisse Forte commence à trembler. Mais en fait ce sont surtout Andres Ambühl et Nino Niederreiter qui en profitent pour place une contre-attaque.

À peine le jeu revenu à cinq contre cinq, les Biélorusses négocient mal le palet derrière leur but sous la pression de Damien Brunner, le palet revient devient le but et Kevin Romy se retrouve seul et ajuste le gardien a bout portant dans la lucarne gauche. 3-2 à 47'48.

Cela donne de quoi aborder les dix dernières minutes avec une avance d'un but pour la Suisse et cela incite par la suite à continuer le pressing jusque derrière le but.

120506-504Sur une charge de Matthias Bieber, jugée régulière par l'arbitre, Andrei Stas a le visage qui cogne violemment contre la bande et l'attaquant du Dynamo Minsk reste au sol quelques instants avant de relever, aidé par ses coéquipiers pour revenir à son banc. Puis au tour du double buteur Simon Moser de se blesser, tout seul en retombant mal sur une jambe. Lui aussi est accompagné par ses coéquipiers pour regagner son camp.

Lors d'une situation chaude autour de son but, Vitali Koval fait trébucher Andres Ambühl et écope de 2 minutes de pénalité. Mais les Biélorusses n'ont pas trop de mal à dégager Mark Streit et sa bande, d'autant que les Suisses ne prennent aucun risque sur le power-play.

Ils auraient peut-être dû ! Car aussitôt Meleshko (qui servait la pénalité de son gardien) revenu sur la glace, Mikhail Grabovski s’échappe en solitaire et Luca Sbisa, décidément incorrigible ce soir, le retient. Tir de pénalité ! Le centre des Toronto Maple Leafs s'élance pour se faire vengeance lui-même, mais son tir côté gauche est dévié du bouclier par Tobias Stephan. Une belle occasion ratée d'égaliser à quatre minutes de la fin.

La Suisse tient son avance, la Suisse est rigoureuse. Et malgré la cage désertée pour faire entrer un joueur de champs supplémentaire, un dernier tir et quelques amabilités où les casques tombent (pour mieux se dire au revoir probablement) avant de se quitter, la Suisse l'emporte.

Comme l'an dernier le Belarus s'incline face aux Suisses et laisse probablement s’échapper tout espoir de quart de finale, le changement, c'est pas maintenant (ni d'ailleurs pour leur président à eux, en place depuis une vingtaine d'années). La Suisse a eu beaucoup plus de mal face à une équipe défensive et disciplinée mais l'essentiel des 3 points est là et elle a évité le piège biélorusse pour aborder sereinement ses rencontres contre les grosses cylindrées, même si elle a peut-être perdu Simon Moser dans la bataille.

Désignés joueurs du match : Damien Brunner pour la Suisse et Konstantin Koltsov pour le Belarus.

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Suisse - Belarus 3-2 (2-1, 0-1, 1-0)
Dimanche 6 mai 2012 à 20h15 à la Hartwall Areena de Helsinki. 5249 spectateurs.
Arbitrage de Georgij Jablukov (ALL) et Antonin Jerabek (TCH) assistés de Masi Puolakka (FIN) et Andre Schrader (ALL).
Pénalités : Suisse 6' (0', 2', 4'), Belarus 6' (2', 2', 2').
Tirs : Suisse 35 (19, 10, 6), Belarus 21 (1, 12, 8).

Évolution du score :
1-0 à 06'55" : Moser assisté de Du Bois
1-1 à 10'26" : Ugarov assisté de Stepanov et Denisov
2-1 à 11'57" : Moser assisté de Romy et Brunner
2-2 à 21'34" : Koltsov assisté de Korobov et Kalyuzhy
3-2 à 47'48" : Romy assisté de Brunner


Suisse

Gardien : Tobias Stephan.

Défenseurs : Goran Bezina (+1) - Félicien Du Bois (+1) ; Mark Streit (C) - Luca Sbisa (4') ; Severin Blindenbacher - Philippe Furrer ; Matthias Seger (A) - Patrick Von Gunten.
 
Attaquants : Simon Moser (+2) - Kevin Romy (+2) - Damien Brunner (+2) ; Roman Wick - Andres Ambühl - Nino Niederreiter ; Ivo Rüthemann (A, -1) - Matthias Bieber (-1) - Denis Hollenstein (-1) ; Benjamin Plüss - Morris Trachsler - Daniel Rubin (2').

Remplaçant : Reto Berra (G).

Belarus

Gardien : Vitali Koval.

Défenseurs : Vladimir Denisov (C, -1) – Dmitri Korobov (+1) ; Oleg Goroshko (-1) – Viktor Kostyuchyonok (-1) ; Nikolai Stasenko (-1) – Pavel Chernook (+1) ; Roman Graborenko.

Attaquants : Aleksei Ugarov – Mikhail Grabovski (A) – Andrei Stepanov ; Yevgeni Kovyrshin – Aleksei Kalyuzhny (A, +1) – Konstantin Koltsov (+1) ; Dmitri Meleshko (-1) - Andrei Stas (-1) – Sergei Drozd ; Andrei Kolosov (-1, 2') – Aleksandr Kulakov (-2, 2').

Remplaçants : Andrei Mezin (G).