Ça ne tourne pas rond dans le Globe de Stockholm

Un magnifique complexe avec deux patinoires de standing, des équipements sportifs et extra-sportifs de pointe, des milliers de salariés et de bénévoles parfaitement préparés à accueillir des amateurs de hockey de toute l'Europe, etc. Des conditions d'accueil optimales en somme. Seul hic : après 5 jours de compétition ici à Stockholm, les spectateurs ne sont pas au rendez-vous.

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Depuis vendredi, les mêmes scènes se répètent : une patinoire aux trois quarts vide à presque toutes les rencontres et une ambiance quasi inexistante à l'extérieur du Globe, cette superbe salle pouvant accueillir 15 000 personnes. "Mais où sont-ils ?" se demandent les journalistes accrédités pour suivre l'évènement. Certainement au pays, ou devant leur poste de télévision.

Dès les premiers matchs, les critiques ont commencé à fuser ici à l'encontre de la Fédération suédoise, co-organisatrice avec l'IIHF (Fédération internationale de hockey sur glace). Que Allemagne-Italie n'attire pas les foules, passe encore, mais que les matchs de la sélection suédoise ne fassent pas le plein (7800 spectateurs face à la Norvège), cela tient de la honte nationale ici.

"Fiasco", "faute grave", les critiques pleuvent depuis vendredi dans la presse suédoise, mais aussi, et c'est plus rare, dans la bouche des joueurs et de l'encadrement de la Tre Kronor. Arrivé de la ferveur de Detroit, Henrik Zetterberg a par exemple déploré les choix faits en amont, et plus particulièrement le prix de la place.

Car c'est là que le bas blesse. Espérant que l'aura de l'évènement allait attirer à lui seul le public, les organisateurs ont fixé le prix des billets à 150€ la place en moyenne pour les matchs de la Suède, 100€ pour les autres matchs. A ce prix là, les locaux ont vite fait le choix du canapé, devant TV4, la chaîne diffusant l'évènement, qui connaît des pics d'audience. Quant aux supporters des équipes étrangères présentes, rares sont ceux qui ont fait le choix (ou plutôt le sacrifice) de venir jusqu'ici. Au prix des places viennent s'ajouter les dépenses diverses dans une des capitales les plus chères d'Europe. Rencontré sur le parvis du Globe, Nikolaï, venu de Moscou, a dépensé plus de 1000 € pour son séjour à Stockholm, avion, hôtel et places compris. Il ne regrette pas sa décision mais comprend que la patinoire sonne désespérément creux.2

Invité sur le plateau de TV4, Christer Englund, directeur général de la Fédération suédoise, s'est expliqué sur ces prix, arguant du fait que si les bénéfices divers liés à l'évènement sont partagés entre les Fédérations suédoises et finlandaises et l'IIHF, les coûts d'organisation sont eux quasi-exclusivement pris en charge par la Fédération locale.
En défénitive, le seul levier sur lequel il pouvait agir pour amortir les coûts énormes liés à l'évènement était le prix des places (qui revient à la fédération suédoise). Une explication un peu bancale qui n'a pas séduit les médias locaux, certains d'entre eux appelant les responsables de la Fédération à la démission !

Sous pression, le comité d'organisation a décidé samedi de diminuer drastiquement le prix des places pour les rencontres de la Suède, certains sièges passant d'un coup de 150€ à 50€. Samedi soir, le Globe était aux 2/3 plein pour Suède - République Tchèque.

Reste que la fête populaire n'est absolument pas au rendez-vous. Le malaise autour de ces championnats va au-delà du mauvais taux de remplissage de la patinoire, avec un certain désintérêt des Suédois et des habitants de Stockholm pour l'évènement en lui-même.

Face au flot de critiques à l'encontre d'un évènement jugé trop "snob" et VIP par les fans locaux de hockey, et alors que Stockholm et Helsinki accueilleront de nouveau les championnats du monde en 2013, Niklas Lidström (un homonyme), responsable des relations avec la presse, résume les choses ainsi : "Tout cela est finalement assez positif : nous savons désormais comment mieux faire pour l'année prochaine !"