Belarus - Kazakhstan (Mondial 2012, à Helsinki)

IMG 6674Voilà une rencontre qui fleure bon l'ex-URSS avec deux équipes dont l'essentiel des effectifs provient de KHL et particulièrement des clubs nationaux le Dynamo de Minsk (Belarus) et le Barys d'Astana (Kazakhstan), avec un avantage certain pour le Belarus grâce à son attaquant vedette Mikhail Grabovski, de Toronto.

Le Belarus a d'ailleurs bien résisté contre la Finlande 0-1 et perdu de peu contre la Suisse 2-3, qu'ils considéraient comme leur principal adversaire, pendant que le Kazakhstan ne montrait pas grand chose contre la Suisse 1-5 et la France 3-6. Le Kazakhstan a aussi perdu un de ses meilleurs attaquants - Roman Starchenko - contre la France l'avant-veille dans un choc avec Sacha Treille.

La rencontre commence mal et même ne commence pas du tout à cause de la sirène qui marque le début et la fin des tiers-temps qui devient folle. Elle ne s'arrête pas, et quand elle cesse, elle reprend quelques instants après et le tableau d'affichage s'éteint. Ont-ils confié la table de marque aux génies qui ont décidé de la politique tarifaire de ce tournoi ?

Quelques officiels semblent essayer de réparer pendant une dizaine de minutes un tableau de boutons qui semble être du « Made in Belarus » datant de l'ère soviétique. Finalement on commence le match sans tableau d'affichage et avec un speaker qui annonce le temps restant à chaque arrêt de jeu !

Une fois n'est pas coutume, c'est le Belarus qui fait le jeu en début de partie. Bien aidé en cela par l'attaquant kazakh Yevgeni Bumagin qui commet un cinglage sur Sergei Drozd. Mais dès le début de la supériorité numérique, Mikhail Grabovski se fait contrer par Vadim Kranoslobodtsev en quittant sa zone. Le joueur au nom de famille si doux et si pratique que je l'en remercie à chaque fois qu'il marque part tout seul battre Andrei Mezin dans la lucarne droite à bout portant. 0-1 à 2'32.

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Au tour donc du Belarus de subir la loi du "1 tir 1 but" qu'ils avaient infligé en début de match à la Suisse. Le reste de la supériorité est plus habituel avec un jeu de puissance biélorusse. Les tirs ne sont cependant pas suffisamment dangereux pour inquiéter Vitali Eremeyev.

La domination est plutôt biélorusse pendant la majeure partie de la première période. Au bout de dix minutes de jeu, le Kazakhstan en est déjà à 4 ou 5 dégagements interdits.

Heureusement pour lui, Mikail Grabovski, décidément pas très inspiré en ce début de match, fait obstruction sur Dmitri Dudarev, l'attaquant d'Ust-Kamenogorsk qui rôdait autour de la cage. Le jeu de puissance s'installe pendant quelques instants mais les Biélorusses se montrent ensuite plus efficaces pour tuer la pénalité.

Sur un changement de ligne, une pénalité différée est appelée pour surnombre contre le Kazakhstan. Le jeune Konstantin Savenkov purge la peine de son équipe et le Belarus réussit cette fois à placer des bons tirs d'Alexei Kalyuzhny puis de Viktor Kostyuchyonok.

Mais le score en reste là et le Kazakhstan mène à la pause, pendant laquelle les techniciens réparent le tableau d'affichage et la table de marque.

IMG 6607Le Kazakhstan commence bien la deuxième période avec un bon tir de Konstantin Pushkaryov. De quoi soulever l'enthousiasme de la poignée de supporters kazakhs venus des steppes d'Asie centrale jusqu'en Finlande pour encourager leur équipe dans une aréna presque vide.

Dmitri Meleshko lui répond en envoyant le palet contre le poteau, à l'image d'un Belarus qui fait preuve bonne volonté. Mais les choses ne se passent vraiment pas comme il faut pour lui. Alors que son équipe bénéficient d'une supériorité numérique pour une faute de Sergei Yakovenko, le seul représentant du petit club de Sary-Arka Karaganda, Andrei Stas est sanctionné d'un crosse haute.

On joue donc à quatre contre quatre. Notre ami Vadim Krasnoslobodtsev effectue alors une entrée de zone plein axe avec un puck flippé dont les ricochets devant le but surprennent Andrei Mezin. Le palet, lui, passe les jambes du malheureux portier du Dynamo de Minsk. 0-2 à 27'42.

Mais le Kazakh à la crinière blonde des années 80 a à peine le temps de savourer son doublé dans ce match que le Belarus réduit la marque ! Les Kazakhs profitaient des quelques secondes de supériorité numérique dont ils bénéficiaient du fait du décalage entre les pénalités pour installer un jeu de puissance. Las, Konstantin Pushkaryov fait une passe en retrait imprécise que Vitali Novopashin ne peut atteindre à la ligne bleue, ce qui ouvre un boulevard à Konstantin Koltsov qui traverse la patinoire avec le palet et bat le gardien en envoyant la rondelle dans la lucarne gauche. 1-2 à 28'48.

IMG 6598Quelques minutes plus tard, le Belarus égalise grâce à un bon travail de Roman Graborenko qui lance puissamment sur le gardien. Le rebond est exploité par le revenant Mikhail Grabovski qui contourne le gardien et ramène le palet de derrière le but pour lui faire franchir la ligne. 2-2 à 33'37.

Puis sur l'engagement suivant, Yevgeni Kovyrshin, le joueur de la charmante ville-usine de Cherepovets dans le nord de la Russie, dévie un tir du bout de la crosse. Eremeyev est à nouveau battu, et en l'espace de 15 secondes, le Belarus est passé devant. 3-2 à 33'52.

Le Belarus joue clairement mieux dans cette deuxième période mais une pénalité vient quelque peu couper leur élan. C'est Andrei Stas qui rejoint le cachot pour la deuxième fois de la partie. En toute fin de période le Belarus se voit à nouveau pénalisé pour une obstruction du buteur Koltsov.

La Kazakhstan entame donc l'ultime période en supériorité numérique et place quelques tirs mais bien peu de cadrés. Revenu au jeu, Konstantin Koltsov joue le récidivistes et se rend coupable de lancer le palet au dessus de la balustrade.

IMG 6665En infériorité, l'unité spéciale biélorusse tue bien la pénalité et Andrei Kolosov, qui porte bien som nom de colosse (le gaillard fait 1m95) intercepte le palet mais l'attaquant n'a pas la vitesse pour qualité principale pour mener un contre et se fait rattraper avant de pouvoir armer son tir.

À cinq contre cinq, le Belarus est meilleur dans le jeu et dans la possession du palet mais tend le bâton pour se faire battre en accumulant des pénalités inutiles comme celle d'Aleksandr Kitarov.

Le power-play kazakh pousse et livre ses dernières forces dans la bataille. Le gardien quitte sa cage pour permettre de faire entrer un sixième joueur de champ. En vain. Le Belarus tient sa première victoire du tournoi.

Le Kazakhstan a perdu face aux trois adversaires les moins bien classés au classement de l'IIHF. Le reste du tournoi s'annonce long pour lui.

Désignés joueurs du match : Yevgeni Kovyrshin pour le Belarus et Vadim Krasnoslobodtsev pour le Kazakhstan.

Commentaires d'après-match :

Kari Heikkilä (entraîneur du Bélarus) : "Nous avons encore un problème avec nos premières périodes, bien qu'on essaye de préparer l'équipe. Nous donnons de l'énergie à nos adversaires et ensuite nous devons nous rattraper.  Aujourd'hui, nous avons eu de la chance et nous avons fait une bonne deuxième période."

Andrei Shayanov (entraîneur du Kazakhstan) : "Nous avons fait un bon début mais nous nous avons faibli dans la deuxième période. Le Belarus a été meilleur, plus rapide au deuxième tiers-temps, et nous n'avons pas eu de chance sur le troisième but, avec la déviation."

Vladimir Denisov (défenseur du Bélarus) : "On a pris deux buts étranges et ça nous a mis une pression psychologique. Quand le score était de 0-2, on a discuté, l'entraîneur a dit de jouer notre jeu, celui qu'on joue d'habitude. Ensuite la deuxième partie du match a plutôt été favorable. On était un petit peu fatigués après notre match contre la Suisse, c'était notre adversaire principal et on a perdu contre eux. Maintenant il faut regarder devant et on va essayer de bien faire contre les États-Unis."

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Belarus - Kazakhstan 0-1 (0-1, 0-0, 0-0)
Mardi 8 mai 2012 à 16h15 à la Hartwall Areena de Helsinki. 3221 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano (TCH) et Jari Levonen (FIN) assistés de Jon Kilian (NOR) et Jesse Wilmot (CAN).
Pénalités : Belarus 12' (2', 6', 4') ; Kazakhstan 6' (4', 2', 0').
Tirs : Belarus 32 (7, 18, 7) ; Kazakhstan 30 (9, 8, 13).

Évolution du score :
0-1 à 02'32" : Krasnoslobodtsev (inf. num.)
0-2 à 27'42" : Krasnoslobodtsev assisté de Dudarev et Eremeyev
1-2 à 28'48" : Koltsov (inf. num.)
2-2 à 33'37" : Grabovski assisté de Graborenko
3-2 à 33'52" : Kovyrshin


Belarus

Gardien : Andrei Mezin.

Défenseurs : Vladimir Denisov (C, +1) – Dmitri Korobov ; Oleg Goroshko (-1) – Viktor Kostyuchyonok (+1) ; Nikolai Stasenko – Pavel Chernook ; Roman Graborenko (+1).

Attaquants : Aleksei Ugarov – Mikhail Grabovski (A, -1, 2') – Aleksei Kalyuzhny (A, -1) ; Yevgeni Kovyrshin (+2) – Aleksandr Kulakov (+1) – Konstantin Koltsov (+2, 4') ; Dmitri Meleshko – Andrei Stas (4') – Sergei Drozd ; Andrei Kolosov – Aleksandr Kitarov (2') - Andrei Stepanov (-1).

Remplaçants : Vitali Koval (G).

Kazakhstan (2' pour surnombre)

Gardien : Vitali Eremeïev .

Défenseurs : Vitali Novopashin (A, -1) – Denis Shemelin ; Sergei Yakovenko (-1, 2') – Aleksei Troshchinski (-1) ; Aleksei Litvinenko – Evgeni Fadeyev ; Vladislav Kolesnikov – Roman Savchenko (+1).

Attaquants : Talgat Zhailauov (A, -1) – Dmitri Upper (C, -1) – Konstantin Pushkaryov (-1) ; Vadim Krasnoslobodtsev (+2)  – Dmitri Dudarev (+1) – Yevgeni Rymarev (-1) ; Yevgeni Bumagin (-2, 2') – Fyodor Polishchuk (-1) – Konstantin Romanov (-1) ; Aleksei Vorontsov – Andrei Spiridonov – Konstantin Savenkov.

Remplaçant : Vitali Kolesnik (G). Absent : Roman Starchenko (commotion).

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