Norvège - Italie (Mondial 2012, à Stockholm)

Plus le tournoi avance, et plus la tension monte, à Helsinki comme à Stockholm. Dans le groupe B, si la Suède ou la Russie, ont les yeux tournés vers la 1re place qui se jouera sûrement dans la rencontre de vendredi, d’autres équipes commencent à regarder avec appréhension vers le bas, vers une dernière place synonyme de relégation. Si elle est occupée avant cette rencontre par les Norvégiens, le classement est trompeur puisque les Scandinaves ont affronté les 3 grosses cylindrées du groupe (Suède, Russie, République Tchèque), montrant à chaque fois de belles choses, et en particulier face aux Tchèques qu’ils ont poussé jusqu’à la séance des tirs aux buts.

Roy Johansen aligne des joueurs rapides et techniques en attaque comme Skrøder et Thoresen en 1e ligne et quelques très bons défenseurs à vocation offensive (Holøs, Trygg). Nul doute que l’envie montrée par cette équipe devrait finir par payer face à des adversaires de moins gros calibre.

Pour les Transalpins, l’objectif est clair, éviter la relégation. Dans cette course aux points, ils ont frapper un grand coup en battant le Danemark (après prolongation) qui fait office de reléguable potentiel. Alternant le bon et le moins bon, ils ont lourdement chuté mardi 5-0 face à la surprenante équipe de Lettonie. Avant de rencontrer les 3 ogres du groupe, le maintien passe par un bon résultat face à la Norvège. Dans les buts norvégiens, Lars Haugen est préféré cette fois-ci au jeune Volden.

Les premières chaudes alertes devant les buts de Bellissimo poussent les Italiens à la faute. Scandella est chassé pour cinglage après 50 secondes. Au terme du power-play, Mathis Olimb entre en zone offensive et laisse le palet à Trygg. Sans opposition, le défenseur norvégiens trouve le petit filet de Bellissimo. 1-0 à 3'06".

Pas assez agressifs, les Italiens laissent venir le porteur de palet, des espaces que les techniciens norvégiens se font un plaisir d'utiliser. Sur le premier semblant d'attaque des Transalpins, à deux contre un, le défenseur norvégien Jonas Holøs défend en reculant et ne regarde pas le centre venant de Luca Ansoldi. La palet heurte le patin droit de Holøs qui trompe son propre gardien. 1-1 à 5'11".

Ce but chanceux redonne des couleurs à l’Italie qui rentre enfin dans le match. Refroidis par ce coup du sort, les Norvégiens ne prennent plus de risque pendant quelques minutes. On s’observe, on tente, mais sans plus. Il faut attendre la 16e minute pour revoir une occasion franche scandinave. Une action conclue par Olimb sur un jeu de l'arrière de la cage, mais amenée comme souvent par Lars Erik Spets, véritable boule de nerfs sur la glace, un travailleur forcené toujours au bord de la rupture mais qui apporte beaucoup de poids offensivement.

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Alors que les rares spectateurs présents n'ont pas grand chose à se mettre sous la dent, les Norvégiens vont reprendre l'avantage sur un but chanceux. Thoresen, à la droite de la zone, revient sur lui-même et passe fort devant le but. Un palet touché par Per Åge Skrøder puis par le patin du malheureux Daniel Tudin. 2-1 à 16'51".

Si les équipes voulaient se rassurer sur leur niveau de jeu, c’est raté, au terme d’une première période assez pauvre. Refroidis par les buts encaissés en début de tiers, Norvégiens et Italiens ont fermé le jeu, les coéquipiers de Skrøder se montrant plus incisifs tout de même, avec une première ligne hyperactive.

Les choses commencent sur un autre rythme en début de deuxième. Après une supériorité numérique inefficace pour l'Italie, une crosse haute est appelée contre Larkin. Sur le 4 contre 4, Mathis Olimb encore lui, se procure une grosse occasion à bout portant. À 5 contre 4, le jeu juste et efficace de Skrøder et Thoresen crée le décalage pour Holtet, qui s’avance dans l’axe au milieu de la zone offensive. Son slapshot bat Bellissimo. 3-1 à 24'27".

Quelques secondes après, un surnombre évident des Italiens vient encore démontrer les lacunes collectives des hommes de Rick Cornacchia. Leur premier lancer du tiers intervient à la 30e minute.

Une défense italienne trop prompte à se jeter sur les attaquants, comme Plastino sur l’entrée de zone de Bastiansen, est battue dans le duel le long de la bande derrière Bellissimo. Olimb peut alors servir Bastiansen esseulé devant le portier italien. Feintant un dribble sur sa gauche, l'attaquant de Färjestad revient sur son revers, contourne Bellissimo et place le palet sous la barre. 4-1 à 30'35".

Contemplant médusé ce 2e tiers catastrophique des siens, Cornacchia, appelle un temps mort. Après une faute de Trygg (obstruction, 31'), le jeu de puissance installé par les Italiens porte ses fruits, Larkin envoie un lourd lancer depuis la ligne bleue. Posté devant Haugen, Alexander Egger dévie légèrement. 4-2 à 32'35". Malgré ce but et un revirement en fin de période, la défensive norvégienne effectue un gros travail, en particulier Trygg et Tollefsen qui contiennent remarquablement les Italiens.

Les Transalpins, qui paient un début de tiers catastrophique, ont su se montrer dangereux après le temps mort mais uniquement en power-play. Les Norvégiens, plus rapides et habiles, gèrent leur avance dans un match joué visiblement la peur au ventre par les deux équipes.

Les Norvégiens concèdent une pénalité, sévère, ontre Olimb (40’). Une supériorité italienne rapidement annulée par un high-sticking de Larkin (41'). À 5 contre 4, Skrøder, Olimb et Bastiansen développent un superbe jeu en triangle qui se termine par un lancer sans vis-à-vis de Bastiansen. Bellissimo réalise un bel arrêt du gant.

Dans ce dernier tiers-temps, les Norvégiens passent la vitesse supérieure avec un jeu rapide en une touche. Dans une rencontre qui devient enfin débridée, Mathis Olimb reçoit une méconduite pour avoir protest" contre son envoi au banc pour faire trébucher. Pourtant, la supériorité ne profite pas à des Italiens fatigués de patiner apres le palet. Sur un contre à 2 contre 1, Trygg choisit la solution de la frappe en force, dans le rond d’engagement droit. Le palet vient se ficher dans la lucarne droite de Bellissimo. 5-2 à 48'11".

Dans cette fin de match, les deux équipes ne s’embarrassent plus de construction, et sautent la zone neutre par de longues passes. À cinq minutes du terme, Thoresen et Skrøder, encore eux, salent un peu plus l’addition. En supériorité numérique, Thoresen récupère un rebond laissé par Bellissimo sur un lancer de Holtet. Dos au but, il transmet à l’aveugle à Skrøder qui n’a plus qu’à pousser le palet dans le but vide. 6-2 à 54'49.

Avec cette première victoire, les Norvégiens passent devant l'Italie au classement et peuvent même espérer une place en quarts de finale avec des matchs déterminants à venir face à la Lettonie et l'Allemagne, des concurrents directs pour la 4e place. Et au vu de ce début de championnat, on peut dire que les Norvégiens ont une chance. Cela se jouera à très peu de choses entre ces trois équipes.

L'Italie, qui fait office de petit poucet du groupe, a épuisé ses jokers en jouant les équipes "abordables". Il faudra maintenant espérer une fin de parcours catastrophique du Danemark qui occupe pour le moment la dernière place avec 1 point.

Désignés joueurs du match : Mats Trygg pour la Norvège et Alexander Egger pour l'Italie.

 

Norvège - Italie 6-2 (2-1, 2-0, 2-1)
Mercredi 9 mai 2012 à 16h15 au Globe de Stockholm. 1357 spectateurs.
Arbitrage de Vladimir Baluska (SVK) et Vyacheslav Bulanov (RUS) assisté de Roger Arm (SUI) et Anton Semionov (EST).
Pénalités : Norvège 24' (0', 6', 8'+10'), Italie 14' (2', 6', 6').
Tirs : Norvège 39 (12, 14, 13), Russie 18 (5, 8, 5).

Évolution du score :
1-0 à 03'06" : Trygg assisté de M. Olimb
1-1 à 05'11" : Ansoldi assisté de Tudin
2-1 à 16'51" : Thoresen assisté de Skrøder et Bastiansen
3-1 à 24'27" : Holtet assisté de Skrøder et Thoresen (sup. num.)
4-1 à 30'35" : Bastiansen assisté de M. Olimb et Spets
4-2 à 32'35" : Egger assisté de Larkin et Rocca (sup. num.)
5-2 à 48'11" : Trygg assisté de Haugen (inf. num.)
6-2 à 54'49" : Skrøder assisté de Thoresen et Holtet (sup. num.)


Norvège

Gardien : Lars Vaugen.

Défenseurs : Mats Trygg (+2, 4') - Ole-Kristian Tollefsen (C, +2) ; Jonas Holøs (+1) - Alexander Bonsaksen (+1) ; Juha Kaunismäki (2') - Henrik Solberg.

Attaquants : Mads Hansen - Per Åge Skrøder (+1) - Patrick Thoresen (A, +1) ; Lars Erik Spets (+1, 2') - Anders Bastiansen (A, +3) - Mathis Olimb (+1, 4'+10') ; Marius Holtet - Kristian Forsberg - Martin Røymark (+1) ; Morten Ask (2') - Andreas Martinsen - Ken Andre Olimb.

Remplaçants : Lars Volden (G), Lars Lokken Østli.

Italie

Gardien : Daniel Bellissimo.

Défenseurs : Matt de Marchi (-2) - Nicholas Plastino (-2) ; Armin Helfer (A, -2) - Alexander Egger (A, -2) ; Trevor Johnson - Thomas Larkin (2') ; Stefano Marchetti (+1).

Attaquants : Nicola Fontanive (-2, 2') - Vincent Rocco (-2) - Robert Sirianni (-3) ; Giulio Scandella (+1, 4') - Daniel Tudin (2') - Luca Ansoldi (+1, 2') ; Marco Insam (-1) - Derek Edwardson (-1) - Patrick Iannone (-1) ; Luca Felicetti - Anton Bernard - Manuel de Toni (C) ; Diego Iori.

Remplaçant : Thomas Tragust (G).