Bilan parfait pour la Russie... avant l'arrivée d'Ovechkin et Semin

KRAJICEK Lukas-110511-045Depuis sa dernière démonstration face à la Suède, tous les joueurs et observateurs à Stockholm n'ont plus qu'un seul nom à la bouche : Evgeni Malkin. Le camp tchèque ne fait pas exception, et quand on lui demande quelle recette appliquer face à un tel adversaire, Petr Prucha ne voit comme solution que "le maintenir sur le banc". Au-delà de la plaisanterie, l'attaquant tchèque ne voit pas d'autre solution que de patiner au plus près de lui et de ne pas le lâcher physiquement. Des consignes que Nakladal et ses collègues appliqueront plutôt pas mal.

La Russie paye cependant le prix de sa victoire sur le pays organisateur : Dmitri Kalinin, qui a cassé le nez de Franzén, et Aleksei Emelin, qui a accumulé les mauvais coups, sont tous deux suspendus, Kalinin l'étant pour trois rencontres. Zinetula Bilyaletdinov est donc privé d'une ligne défensive complète, et il n'a plus que six arrières dans ce match.

Ce match est d'une importance particulière pour les deux gardiens. Konstantin Barulin était paraît-il blessé à la main en début de tournoi (un sujet sur lequel le camp russe est très discret) et il n'a donc pas pu concurrencer le titulaire Varlamov. Il n'a joué qu'une fois contre le Danemark, un bon match d'ailleurs, et il lui reste donc peu de temps et d'espoir de jouer.

En face, Jakub Kovar joue le match le plus important de sa carrière. Il semble avoir de bonnes cartes pour détrôner Stepanek, mais il n'a pas encore affronté de grosse équipe dans ces championnats du monde et il passe donc son test majeur. Malheureusement pour lui, le match commence comme un cauchemar, avec un but sur la première action. Michalek se fait contrer par Nikulin en essayant de dégager, et le palet revient derrière la cage sur Aleksandr Perezhogin, qui place un tir au poteau opposé en contournant Kovar (1-0, 00'24").

Ce but n'est pas la meilleure chose qui pourrait arriver pour le spectacle. En effet, Zinetula Bilyaletdinov met alors en place son système défensif, qui verrouille la ligne bleue et interdit l'accès à l'enclave. Les Tchèques dominent, mais en se cassant les dents sur ce bloc défensif. Une fois de plus, seule la ligne de Plekanec parvient à se montrer dangereuse.

Le deuxième tiers-temps est du même acabit que le premier. Les Tchèques n'arrivent pas à s'approcher de la cage russe avec le palet, et comme ils se méfient à juste titre des longues passes de Nikulin, ils pressent aussi très peu sans palet. Ils ne proposent donc que des tirs excentrés. La meilleure occasion est russe : une belle combinaison de Popov et Perezhogin libère Evgelin Malkin dont la déviation frôle le poteau.

TERESHENKO Alexei-110512-406Le jeu étant totalement bloqué, un coup de sifflet serait plutôt bienvenu pour remodeler ce rythme lancinant. Les arbitres n'ont pas vu le coup de crosse de Petr Nedved dans l'entrejambes d'Aleksei Tereshchenko, qui reste au sol. En revanche, ils sanctionnent Martin Erat quand il accroche Tereshchenko qui remonte le palet sur sa présence suivante. En infériorité, Lukas Krajicek donne un coup inutile dans les jambes du joueur russe dans le slot. Il se fait pénaliser à la sirène.

La Russie revient donc sur la glace à 5 contre 3. Au moment où le quatrième joueur revient sur la glace, le tir d'Aleksandr Popov est paré de la mitaine par Kovar, mais le rebond revient sur lui et il décale Evgeni Malkin en position idéale (2-0, 40'44"). Un but qui ne change rien : les Tchèques ne pressent toujours pas la défense russe qui a tout son temps pour relancer !

Evgeni Malkin ne se laisse jamais intimider physiquement et vient sans relâche sur la cage vérifier la présence éventuelle de rebonds à exploiter. Il tape ainsi dans un palet pas totalement couvert par le gardien Jakub Kovar et l'envoie au fond, mais il est châtié d'une part par Novotny qui le bouscule, et surtout par l'arbitre qui le pénalise pour cinglage. Même en supériorité numérique, la République Tchèque ne trouve aucune solution offensif. Alois Hadamczik regarde ses fiches en paraissant plongé dans des abîmes de perplexité...

Avant une situation de 4 contre 4, Hadamczik utilise son temps mort, mais la phase de jeu n'est toujours pas favorable à sa formation. Jakub Krejcik, le défenseur tchèque réserviste (ajouté dans l'effectif du fait de la perte de Kutlak), rate un contrôle et laisse ainsi Nikolaï Zherdev s'échapper face au but. Heureusement, son gardien Jakub Kovar ferme bien la porte.

Le plus heureux des deux gardiens est quand même Konstantin Barulin, qui signe un blanchissage de 30 arrêts sans avoir vraiment eu à affronter de tirs redoutables. Quel que soit l'occupant des cages, cette équipe russe lui garantit une excellente protection grâce à un système défensif jamais mis en défaut aujourd'hui, et appliqué avec énormément de sérénité et de discipline.

La Russie affiche toujours un bilan parfait : six victoires dans ce championnat du monde. Les seuls doutes qu'elle a exprimés aujourd'hui résidaient dans le choix cornélien à faire pour attribuer les deux dernières places libres en attaque.

Le staff a finalement choisi d'accorder les deux places libres aux ailiers Ovechkin et Semin, éliminés de NHL avec Washington la nuit dernière. L'espoir sibérien Vladimir Tarasenko et le centre des Winnipeg Jets, Aleksandr Burmistrov, qui se sont vainement entraînés avec l'équipe depuis le début de la compétition, sont donc renvoyés à la maison. L'inclusion du duo Ovechkin-Semin représente un risque certain pour l'équilibre de l'équipe, même si la discrétion de la ligne de Datsyuk a sans doute motivé ce choix de renforcer l'offensive. Les deux joueurs arriveront mercredi, veille des quarts de finale.

Désignés joueurs du match : Konstantin Barulin pour la Russie et Martin Erat pour la République Tchèque.

 

Russie - République Tchèque 2-0 (1-0, 0-0, 0-0)
Dimanche 13 mai 2012 à 16h15 à l'Ericsson Globe de Stockholm. 5341 specteurs.
Arbitrage de Lars Brüggemann (ALL) et Danny Kurmann (SUI) assistés de François Dussureault (CAN) et Johnathan Morrison (USA).
Pénalités : Russie 8' (2', 2', 4'), République Tchèque 8' (2', 4', 2').
Tirs : Russie 23 (7, 6, 10), République Tchèque 30 (14, 9, 7).
 
Évolution du score :
1-0 à 00'24" : Perezhogin assisté de Nikulin
2-0 à 40'44" : Malkin assisté de Popov (sup. num.)
 
 
Russie
 
Gardien : Konstantin Barulin.
 
Défenseurs : Evgeni Biryukov (+1, 2') - Ilya Nikulin (C, +1) ; Denis Denisov - Evgeni Medvedev ; Evgeni Ryasenski - Nikita Nikitin.
 
Attaquants : Aleksandr Popov (+1) - Evgeni Malkin (+1, 2') - Aleksandr Perezhogin (+1) ; Nikolai Kulyomin - Pavel Datsyuk (2') - Evgeni Kuznetsov ; Sergei Shirokov (2') - Aleksei Tereshchenko (A) - Nikolai Zherdev ; Evgeni Ketov - Aleksandr Svitov (A) - Denis Kokarev.
 
Remplaçant : Mikhaïl Biryukov (G). Absents : Semyon Varlamov (G), Aleksei Emelin (suspendu), Dimitri Kalinin (suspendu).

République Tchèque

Gardien : Jakub Kovar [sorti à 59'50"].

Défenseurs : Miroslav Blaťák (-1) - Jakub Nakládal (-1) ; Petr Čáslava - Jakub Krejčík ; Lukáš Krajíček (2') - Tomáš Mojžíš.

Attaquants : Milan Michálek (-1, 2') - Tomáš Plekanec (C, -1) - Martin Erat (-1, 2') ; Aleš Hemský - David Krejčí - Petr Tenkrát ; Petr Průcha - Petr Nedvěd (A) - Michael Frolík ; Petr Koukal - Jiří Novotný (A) - Lukáš Kašpar (2').

Remplaçants : Jakub Stepanek (G), Jakub Petružálek, Michal Vondrka. Absents : Petr Mrazek (G), Ondrej Nemec (fiévreux), Zdeněk Kutlák (cervicales).