New Jersey Devils - Los Angeles Kings (finale de la coupe Stanley, match 1)

Ce n'est que la deuxième finale de l'histoire des Kings depuis la création du club en 1967. En 1993, le Los Angeles de Wayne Gretzky avait perdu contre un gardien légendaire : Patrick Roy, de Montréal. Cette saison, c'est un autre gardien de légende qui se présente : Martin Brodeur, pour son 200e match de playoffs.

Les Kings n'ont perdu que deux matchs dans ces playoffs et ne comptent pas de blessé majeur, avec le seul Simon Gagné convalescent. La défense et le gardien Jonathan Quick ont été irréprochables et, avec vitesse, physique et efficacité offensive, Los Angeles apparaitrait presque comme le favori des pronostiqueurs.

New Jersey possède cependant de l'expérience : c'est la cinquième finale du club, avec trois titres depuis 1995. Comme les Californiens, c'est une équipe qui se base sur un échec-avant agressif, beaucoup de vitesse et une solidité défensive. Après un premier tour poussif face à Florida, frôlant l'élimination avec des matchs 6 et 7 en prolongations, New Jersey n'a plus perdu beaucoup de matchs aux deux tours suivants. L'équipe est au complet pour la première fois de la saison : Henrik Tallinder, absent depuis janvier, a reçu le feu vert du staff médical, mais sera tout de même dans les tribunes pour ce premier match.

C'est aussi une finale de petites histoires. Willie Mitchell, 35 ans, dispute sa première finale sous les couleurs des Kings après avoir été drafté par New Jersey. Peter Harrold a porté le maillot des Kings, tout comme, plus brièvement, Alexei Ponikarovsky. Ilya Kovalchuk a manqué de peu la signature à Los Angeles : fortement convoité il y a deux saisons, il avait visité les infrastructures avant de choisir New Jersey. L'assistant coach des Devils, Larry Robinson, fut l'entraîneur de l'équipe adverse il y a quelques années. Enfin, Peter DeBoer avait remporté la coupe Memorial avec les Kitchener Rangers en 2003, avec sous ses ordres Mike Richards et David Clarkson.

Début de cette finale au Prudential Center de Newark, les Devils comptant plus de points à l'issue de la saison régulière. C'est la première fois que New Jersey débute à la maison, mais Los Angeles reste sur un 8/8 à l'extérieur. Deux capitaines américains face à face : Zach Parise ou Dustin Brown succèderont à Derian Hatcher, capitaine de Dallas en 1999 et dernier - seul ! - capitaine américain à avoir soulevé le trophée.

L'hymne est chanté, les deux équipes sont prêtes : mise en jeu !

Début de match poussif

Un début prudent des deux équipes, qui paraissent un peu nerveuses : hors jeu et dégagements interdits se succèdent. New Jersey peine à enchaîner les passes et à bien contrôler le palet, laissant un peu Los Angeles développer son style. On ne peut pas dire que ce début de match soit très offensif. À mi-période, on ne compte qu'un tir de chaque côté ! Mais le deuxième des Kings compte : Jordan Nolan gagne un duel derrière le but face à Andy Greene, remet à Colin Fraser au cercle d'engagement pour un tir instantané entre les jambes de Martin Brodeur (0-1 à 9'56"). Premier but en playoffs pour Fraser, et la quatrième ligne de Los Angeles a fait la différence.

Les Kings insistent, avec une bonne présence de Mike Richards. En contre, New Jersey combine bien, Patrik Elias pour Jacob Josefson, et le palet finit sur David Clarkson plein axe qui patiente... et rate le cadre. Une belle action qui aurait mérité une meilleure finition. Brodeur doit pour sa part tenir son camp avec une belle passe plein axe pour libérer Dustin Brown, qui tire ras glace. Le gardien sort la jambière avant d'être percuté par le capitaine adverse, qui prend la première pénalité de cette finale. Los Angeles a tué plus de 91% de pénalités dans ces playoffs et s'est montré dangereux en infériorité. Mais New Jersey n'est pas en reste : première chance pour Travis Zajac dans le slot, puis pour Marek Zidlicky de la bleue. Jonathan Quick réalise deux bons arrêts. Dustin Brown revient sur la glace et les visiteurs ont tenu, même si Matt Greene a du rentrer au banc, touché en bloquant un tir de Dainius Zubrus. À deux minutes de la sirène, Bryce Salvador expédie un missile de la bleue et David Clarkson manque une nouvelle fois le cadre sur le rebond, devant une cage ouverte, gêné par un défenseur. Los Angeles a été plus réaliste à l'issue de vingt minutes assez peu spectaculaires.

Un deuxième tiers fermé

Los Angeles se crée la première chance dès la première minute : Dustin Brown prend le dessus sur Andy Greene et Brodeur doit se déplacer rapidement pour bloquer le tir. Puis, c'est Anze Kopitar qui sollicite le gardien québécois. New Jersey tente de répondre physiquement avec deux grosses mises en échec, de Dainius Zubrus sur Jeff Carter et de Steve Bernier sur Trevor Lewis. Peter DeBoer modifie ses lignes et cherche la bonne combinaison, son équipe ne comptant aucun tir après huit minutes. Finalement, la quatrième ligne fait le travail et Ryan Carter provoque une faute de Jarett Stoll : deux minutes. Le jeu de puissance ne parvient pas du tout à s'installer et Los Angeles manque de doubler la mise lorsque Trevor Lewis part en un-contre-un et trouve la crosse de Brodeur. Un Brodeur attentif sur un tir de Rob Scuderi, avec une mitaine précise. Los Angeles ne laisse rien passer et ne concède toujours aucun tir.

Dainius Zubrus se rend alors coupable d'un coup de coude sur Colin Fraser et prend deux minutes (33'43"). La pénalité ne donne rien et Zubrus, bien servi par Patrik Elias, vient enfin trouver Jonathan Quick dès son retour. Martin Brodeur n'est pas en reste en sortant un tir de Dustin Penner, en débordement à droite. Il sort ensuite un tir de Brown servi par Kopitar en se déplaçant rapidement d'un poteau à l'autre. De l'autre côté, New Jersey manque le coche sur une mauvaise sortie à la crosse de Quick, mais personne n'arrive à reprendre le palet alors que la cage est vide. Finalement, un bon travail d'Elias et Clarkson derrière le but revient vers Anton Volchenkov le long de la bande. Le défenseur lance au but et Patrik Elias est là pour le rebond avec l'aide involontaire de Slava Voynov, qui voit le palet toucher son casque et rentrer (1-1 à 38'48"). Un but finalement attribué à Volchenkov, qui réveille le public, qui répond enfin présent à quelques secondes de la fin du tiers. Stephen Gionta renverse Alec Martinez, Brodeur bloque un palet bondissant sur un tir de Lewis, et les deux équipes rentrent au vestiaire à égalité, sans avoir vraiment affolé le compeur de tirs.

Occasion manquée

Tout reste à faire dans ce troisième tiers, dans un match dans lequel les deux équipes ne parviennent pas vraiment à construire ni établir de pression durable. New Jersey entame bien avec une bonne présence de David Clarkson et Alexei Ponikarovsky, qui apportent du jeu physique, et libèrent Adam Henrique pour un tir en angle fermé. Peter Harrold s'essaie aussi de la bleue et Quick s'impose. Le jeu s'arrête alors quelques instants pour remplacer un panneau de plexiglas affaibli par une charge sur Bryce Salvador, permettant aux deux entraîneurs de donner leurs consignes. Sur l'engagement, Mark Fayne met la défense au supplice sur un tir de la bleue et Zach Parise se précipite sur le rebond. Quick le bloque et le palet finit par rentrer au fond... mais c'est la main de Parise qui l'a poussé et le but est logiquement refusé. Un arrêt monstre de Quick sur cette action, qui tient son équipe à flots, dominée en ce début de tiers. Après cinq minutes, les Devils mènent en effet quatre tirs zéro.

Et la pression monte : Ryan Carter vole un palet, tir sur Quick qui prive Stephen Gionta du rebond. Los Angeles parvient enfin à sortir un peu. Un premier tir de Jordan Nolan de l'aile, puis le fils de l'ancien coach des Devils vient sortir de derrière le but et menacer Brodeur à bout portant. Belle présence pour le quatrième ligne, ancien coéquipier d'Henrique à Windsor en junior, qui avait débuté par une grosse charge sur Zidlicky. New Jersey a pris l'ascendant : Stephen Gionta renverse Jeff Carter sur le banc et les Devils partent en trois contre deux. Steve Bernier remet en retrait pour Ryan Carter qui tire, arrêt de Quick. Bernier remet le rebond sur Mark Fayne, qui ne parvient pas à cadrer !

Los Angeles n'a pas beaucoup d'occasions, mais elles sont dangereuses. Brodeur réalise un miracle devant Drew Doughty, bien servi par un débordement de Mike Richards, avant de stopper Dustin Penner sur l'aile gauche. Les Kings ont repris la main avec six tirs consécutifs. À une minute de la fin, Richards perce dans l'axe et trouve à nouveau Brodeur sur sa route. Le tiers s'achève sur un tir de Clarkson dans la mitaine de Quick : prolongations !

Une échappée...

New Jersey débute plutôt bien avec une première occasion de Clarkson, bloquée par Voynov. Puis, Kovalchuk, Harrold et Henrique créent le danger autour du but de Quick, qui s'impose, attentif. New Jersey pousse mais Doughty parvient à dégager. Justin Williams attire Dainius Zubrus et Bryce Salvador le long de la bande. Il parvient à envoyer une passe du revers pour Anze Kopitar, qui se présente seul devant Martin Brodeur. Il feinte et trouve l'espace sous la botte : victoire des Kings (1-2).

Los Angeles remporte sa 9e victoire de rang en déplacement à l'issue d'un match fermé, dans lequel les deux équipes auront eu leurs chances. Les Devils pourront s'en vouloir en ayant manqué plusieurs belles occasions devant des cages ouvertes, par Clarkson ou Fayne notamment. Une erreur de comunication entre Zubrus et Salvador aura finalement fait la différence, libérant Kopitar pour le but gagnant.

Commentaires d'après-match

Zach Parise (attaquant de New Jersey) : "Nous avons eu quelques occasions en troisième période, de bonnes en prolongations aussi. Mais nous n'avons pas réussi à les mettre au fond."

Mark Fayne (défenseur de New Jersey) : [au sujet de son action en 3e tiers] J'essayais de rejoindre l'attaque et j'ai vu Steve Bernier déborder sur l'aile. Nous avons travaillé à l'entraînement les tirs sur la jambière opposée et j'espérais qu'il le fasse. Il a laissé le palet à Ryan Carter qui a fait un bon tir, et ça a rebondi au dernier moment. J'ai pu toucher le palet mais pas autant que j'aurais voulu. C'est dur car si un seul était rentré, nous aurions pu gagner. Mais c'est aussi encourageant de se créer ces occasions. Si nous continuons à travailler dur, continuer à les presser, nous aurons des rebonds favorables."

Bryce Salvador (défenseur de New Jersey) : "Une défaite reste une défaite. À la fin, nous ne sommes pas contents de la défaite. Mais nous avons eu nos chances, parfois ça ne tourne pas du bon côté. Il ne faut pas sur-analyser les choses. Nous aurions pu convertir certaines occasions, mais ça n'est pas arrivé. La chose la plus importante c'est de rebondir et d'être prêt pour le deuxième match, être sûr que nous allons concrétiser cette fois."

Peter DeBoer (entraineur de New Jersey) : "Cela aurait été bien d'avoir un rebond favorable. Mais je ne pense pas que nous méritions de gagner ce soir, point. Si nous l'avions gagné, ça aurait été un hold-up."

Jarett Stoll (attaquant de Los Angeles) : "Il faut juste trouver un moyen de gagner le match, qu'importe la manière. Un but important, un arrêt décisif, peu importe. Que ça soit en déplacement ou à la maison, peu importe, ça reste une victoire et il en faut seize au total. [sur le but de Kopitar] Ce type de pression, le genre d'action où il faut poser, se rendre compte qu'on a le temps de faire les choses, faire le bon geste face à un grand gardien, ça ne nous surprend pas. C'est Anze tout craché."

Anze Kopitar (attaquant de Los Angeles) : "Je vouais aller au centre. Je ne sais pas si Williams m'a entendu ou pas. Je l'ai appelé pour le palet, il me l'a donné parfaitement, pile sur la palette. Après c'est allé très vite et j'ai réussi à finir le travail. Ils ne nous ont pas laissé beaucoup d'occasions. Il faut être prudent dans la neutre, ne pas perdre trop de palet car leurs attaquants sont rapides et ils ont des finisseurs. Il faut patienter pour leurs erreurs et être sûr de faire de bons choix."

 

New Jersey Devils - Los Angeles Kings 1-2 après prolongation (0-1, 1-0, 0-0, 0-1)
Mercredi 30 mai 2012, 20h. Prudential Center de Newark, 17625 spectateurs.
Arbitrage de Dan O'Halloran et Brad Watson assistés de Derek Amell et Jonny Murray.
Tirs : New Jersey 17 (5, 3, 7, 2), Los Angeles 25 (5, 9, 8, 3)
Pénalités : New Jersey 2' (0', 2', 0', 0'), Los Angeles 4' (2', 2', 0', 0')

Récapitulatif du score
0-1 à 09'56" : Fraser assisté de Nolan
1-1 à 38'48" : Volchenkov assisté de Elias et Clarkson
1-2 à 68'18" : Kopitar assisté de Williams et Doughty

 

New Jersey Devils

Gardien : Martin Brodeur.

Défenseurs : Marek Zidlicky - Bryce Salvador ; Andy Greene - Mark Fayne ; Anton Volchenkov - Peter Harrold.

Attaquants : Zach Parise - Travis Zajac - Dainius Zubrus ; Patrik Elias - Adam Henrique - Ilya Kovalchuk ; Aleksei Ponikarovsky - Jacob Josefson - David Clarkson ; Ryan Carter - Stephen Gionta - Steve Bernier.

Remplaçants : Johan Hedberg (G), Adam Larsson (D) Matt Taormina (D), Cam Janssen (A), Eric Boulton (A), Petr Sykora (A).

Réservistes : Jeff Frazee (G), Keith Kinkaid (G), Brandon Burlon, Matthew Corrente, Eric Gelinas, Dan Kelly, Jay Leach, Alexander Urbom (D), Matt Anderson, Mike Hoeffel, Brad Mills, Tim Sestito, Mike Sislo, Mattias Tedenby, Steve Zalewski, Vladimir Zharkov (A).

Los Angeles Kings

Gardien : Jonathan Quick.

Défenseurs : Rob Scuderi - Drew Doughty ; Willie Mitchell - Slava Voïnov ; Matt Greene - Alec Martinez.

Attaquants : Dustin Brown (C) - Anze Kopitar - Justin Williams ; Dustin Penner - Mike Richards - Jeff Carter ; Dwight King - Jarret Stoll - Trevor Lewis ; Brad Richardson - Colin Fraser - Jordan Nolan.

Remplaçant : Jonathan Bernier (G).

Réservistes : Simon Gagné (A, commotion), Scott Parse (A, hanche), Andrei Loktionov (A), Kyle Clifford (A), Kevin Westgarth (A), Tyler Toffoli (A), Richard Clune (A), Linden Vey (A), Justin Azevedo (A), Andy Andreoff (A), Marc-André Cliche (A), Davis Drewiske (D), Jake Muzzin (D), Thomas Hickey (D), Patrick Mullen (D), Andrew Campbell (D), Martin Jones (G).