Los Angeles Kings - New Jersey Devils (finale de la coupe Stanley, match 6)

Troisième chance pour le premier titre des Kings de Los Angeles. Cette fois-ci, ils ont éliminé toutes les distractions : amis, billetterie, famille et stars ont été mises de côté pour ce match 6. De l'aveu même des joueurs, la pression du match 4, avec toutes ces limousines, ces amis demandant des billets, ont perturbé la préparation.

Autant dire que les Kings veulent entamer le match tambour battant pour tuer rapidement le suspense. Ceci dit, New Jersey compte bien faire de même pour éteindre le public et mettre la pression sur son adversaire afin de terminer la série sur la côte Est...

C'est le 194e départ consécutif en playoffs de Martin Brodeur. Impérial sur les matchs 4-5-6-7 depuis le début des playoffs, le Québécois sera à coup sûr l'un des joueurs majeurs de ce match.

Une charge qui change tout

Dustin Brown mène la charge sur la première présence. La défense de New Jersey débute fort en bloquant plusieurs tirs avant la première occasion chaude signée Trevor Lewis, qui vient attaquer la cage de Brodeur. Le portier sort aussi une action de Jarret Stoll sur un tir de Rob Scuderi, puis un tir de Slava Voïnov, qui fait monter l'intensité du public. La pression des Kings pousse Anton Volchenkov à la faute : deux minutes pour avoir fait tomber Anze Kopitar. Jarret Stoll fait parler sa puissance de tir de l'aile droite, nouvel arrêt de Brodeur. Ce sera la seule occasion, la défense bloquant tout.

L'attaque de New Jersey a pris confiance avec cette bonne phase et vient pousser à l'échec-avant, interceptant quelques palets et menaçant Jonathan Quick, par Adam Henrique ou Alexei Ponikarovsky. Puis, après un gros travail du duo Zubrus-Elias, Andy Greene lance de loin et cherche la déviation de Petr Sykora qui ne parvient pas à reprendre suffisamment. C'est une bataille terrible qui se déroule devant chaque but et les charges sont de plus en plus appuyées : Steve Bernier écrase Rob Scuderi contre le plexiglas et le défenseur reste sur la glace, en sang.

Cinq minutes de pénalité majeure et méconduite pour l'ancien joueur des Sharks, qui place son équipe en grosse difficulté. Une décision logique, même si une charge dans le dos violente de Stoll sur Stephen Gionta est passée inaperçue en début d'action. Le banc est furieux après Dan O'Rourke pour cet oubli. La pression s'annonce terrible sur la défense des Devils, qui a souffert en infériorité dans la série. Essai de Doughty, de Richards... finalement, Drew Doughty, de l'aile, trouve Dustin Brown qui dévie à bout portant (1-0). Il reste encore quatre minutes de jeu de puissance. Puis, c'est un palet dans le coin qui mobilise la défense : Mike Richards le sort pour Brown qui parvient à tirer en pivot entre les deux cercles et le palet finit en lucarne, dévié par Jeff Carter (2-0). Encore deux minutes de jeu de puissance et les Devils sont à genoux. À huit secondes de la fin de pénalité, la percée de Dwight King sur l'aile n'est pas contrôlée et Trevor Lewis pousse le palet qui traine au fond des filets (3-0).

Une pénalité de Bernier qui coûte donc très, très, cher ! Los Angeles a une main sur la Coupe... et la chance semble avoir rejoint les Californiens : Sykora sert Elias lancé, transversale ! L'ambiance est électrique dans les dernières secondes du tiers-temps : 3-0 pour Los Angeles qui a su profiter de sa supériorité numérique. Bernier peut s'en vouloir, il va probablement coûter le match et donc le titre à son équipe...

Gérer l'avance

Menés dans la série, menés dans le match : les affaires sont au plus bas pour New Jersey. Cela ne s'arrange pas trop sur un débordement de Brown où l'arbitre assistant vient sur la route de Volchenkov, empêchant le défenseur d'agir : Brodeur fait l'arrêt mais Los Angeles en profite pour s'installer et Jeff Carter trouve la lucarne côté crosse (4-0). Derek Amell doit se faire soigner mais le banc des Devils est dépité, encore une fois. Les Devils tentent de ne pas lâcher et prennent le contrôle du palet. Malheureusement pour eux, Bryce Salvador commet une crosse haute et Dwight King est coupé : quatre minutes de supériorité... Les Kings s'installent, mettent la pression et Brodeur et la défense souffrent. Ils plient, mais résistent et tuent la pénalité.

Los Angeles est en pleine confiance et domine nettement : Dustin Penner frôle le cinquième but plein axe. New Jersey, frustré, tente encore : tir de loin dévié par Ilya Kovalchuk, Quick peine à contrôler et les joueurs s'empilent sur le gardien. Ryan Carter est sanctionné pour ce plongeon et est renvoyé au vestiaire pour dix minutes. Alec Martinez démontre la puissance de Los Angeles d'entrée avec une énorme mise en échec, régulière, sur Travis Zajac, dont le dos heurte violemment la bande.

Les Kings s'installent mais cela ne donne rien et les Devils s'efforcent encore de réduire le score. La frustration revient : David Clarkson montre sa main en sang aux arbitres après un contact avec Colin Fraser mais récolte une méconduite pour cette contestation. Pire, Zajac est toujours touché au dos après la charge de Martinez, et Gionta reste sur la glace, touché par un tir de Sykora ! Mais il y a de la tenacité : mise au jeu gagnée par Henrique, Sykora tire du revers entre les deux cercles et Henrique double deux défenseurs pour sauver l'honneur (4-1). À quelques secondes de la sirène, Dustin Penner est sanctionné pour une charge anodine sur Salvador : une décision étonnante après avoir laissé filer celle de Stoll en première période ! Un seul tir survient mais quel tir : Parise le dévie au ras du poteau, frôlant la réduction du score. Fin du tiers et Los Angeles approche du but : la coupe sort de sa boîte, prête à être offerte à Dustin Brown...

Un public debout

Mais il reste vingt minutes, et trois buts d'avance. 21 tirs à 10 pour les Kings, qui ont copieusement dominé le match, à la faveur de neuf minutes de supériorité. La partie reprend avec un nouvel officiel : Derek Amell, touché dans l'action du quatrième but, ne revient pas. New Jersey revient donc en avantage numérique : essai de Kovalchuk, bloqué par Matt Greene et Brown dégage allongé sur la glace. La pénalité est tuée sans peine. Los Angeles reste très prudent et ne prend aucun risque en zone offensive. Bien positionnés en défense, ils subissent certes, mais cantonnent le jeu sur les extérieurs. Dustin Brown assène alors une grosse charge : Sykora est blessé sur l'action et le capitaine des Kings est sanctionné... tout comme Sykora, coupable d'un geste d'humeur.

Supériorité tout de même pour les blancs, incapables de faire circuler le palet correctement. Sur une mauvaise passe d'un Kovalchuk clairement handicapé par une blessure, Zidlicky doit sauver les meubles en faisant trébucher Trevor Lewis pour briser un deux-contre-un. Les deux équipes reviennent au complet et il ne reste que 8'30" avant le premier titre des Kings. Les minutes défilent et Quick reste tenace : essai de Clarkson, qui voit le palet filer entre les jambières du gardien mais hors cadre. Le public est debout. À quatre minutes de la fin, Brodeur sort de sa cage pour un attaquant de plus : Stoll bloque un tir, King remet dans l'axe pour Trevor Lewis qui finit le travail (5-1). Brodeur revient dans son but et un tir lointain de Matt Greene trouve son chemin avec l'écran de Justin Williams (6-1). Une ambiance de feu pour ces dernières minutes avant le trophée suprême : Los Angeles remporte sa première coupe Stanley !

La traditionnelle poignée de mains est un moment fort, tous les joueurs des Devils montrant leur respect à Jonathan Quick, avec notamment un long échange Brodeur-Quick. L'inverse est vrai également, avec de beaux gestes envers Martin Brodeur, témoignage de deux équipes pleines de respect et de classe.

Le trophée Conn Smythe de MVP des playoffs revient logiquement à Jonathan Quick, le portier signant des statistiques exceptionnelles tout au long des playoffs.

Los Angeles remporte donc son premier titre. Une victoire logique sur ce match 6, où les Kings ont su parfaitement profiter des circonstances. Une pénalité majeure contre Steve Bernier aura ouvert la voie avec trois buts en supériorité qui ont quasiment tué le match. Dans cette finale, les meilleurs joueurs des Kings ont su prendre leurs responsabilités : Quick s'est montré solide, Doughty a contrôlé et orienté le jeu, et en attaque, Kopitar, Brown, Carter et Richards ont parfaitement fait le travail offensif, bien secondés par Justin Williams. La quatrième ligne a apporté de la puissance physique et toute l'équipe a respecté le plan de jeu. Les Kings, dont l'équipe possède une moyenne d'âge assez jeune et de très bons espoirs, peut espérer confirmer.

Du côté des Devils, il y aura sans doute beaucoup de regrets. Les deux premiers matchs auraient pu basculer des deux côtés, à quelques poteaux près. Le retard était alors quasiment impossible à remonter et, sur le fil du rasoir, le match 6 a choisi son camp, la faute à une indiscipline inhabituelle. Ils pourront regretter la disparition de leur jeu de puissance, anémique dans cette finale. Et de leur jeu en infériorité dans ces playoffs : avec 89% de pénalités tuées en saison régulière, ils pouvaient espérer bien mieux que ces 6 buts encaissés sur 17 tentatives adverses en finale. Malheureusement, l'attaque a disparu de la circulation : Parise malchanceux, Kovalchuk loin de son meilleur niveau, Elias et Zajac idem... Les meilleurs joueurs offensifs des Devils n'ont pas réussi à s'imposer et finalement, seul le rookie Henrique a surnagé. Trop peu face à une équipe aussi homogène et physique que Los Angeles, impériale tout au long du printemps et qui, au vu du jeu pratiqué tout au long des playoffs, n'a pas volé son trophée. New Jersey pourra-t-il confirmer et faire mieux ? Pas sûr avec une moyenne d'âge assez élevée et assez peu de réservoir offensif chez les jeunes. Pire, Zach Parise sera agent libre sans restriction au 1er juillet...

 

Los Angeles Kings - New Jersey Devils 6-1 (3-0, 1-1, 2-0)
Los Angeles remporte la série 4 victoires à 2.
Lundi 11 juin 2012, 17h. Staples Center de Los Angeles, 18858 spectateurs.
Arbitrage de Dan O'Rourke et Chris Rooney assistés de Jean Morin et Derek Amell (puis Pierre Racicot).
Tirs : Los Angeles 25 (13, 8, 4), New Jersey 18 (4, 6 8)
Pénalités : Los Angeles 6' (0', 2', 4'), New Jersey 47' (2'+15', 6'+20', 4')

Récapitulatif du score
1-0 à 11'03" : Brown assisté de Doughty et Richards (sup. num.)
2-0 à 12'45" : J. Carter assisté de Brown et Richards (sup. num.)
3-0 à 15'01" : Lewis assisté de King et Doughty
4-0 à 41'30" : J. Carter assisté de Brown et Kopitar
4-1 à 38'45" : Henrique assisté de Sykora et Ponikarovsky
5-1 à 56'15" : Lewis assisté de King et Stoll (cage vide)
6-1 à 56'30" : M. Greene

 

New Jersey Devils

Gardien : Martin Brodeur.

Défenseurs : Bryce Salvador - Marek Zidlicky ; Andy Greene - Mark Fayne ; Anton Volchenkov - Peter Harrold.

Attaquants : Zach Parise (C) - Travis Zajac - Dainius Zubrus ; Patrik Elias (A) - Adam Henrique - Ilya Kovalchuk (A) ; Aleksei Ponikarovsky - Jacob Josefson - David Clarkson ; Ryan Carter - Stephen Gionta - Steve Bernier.

Remplaçants : Johan Hedberg (G), Adam Larsson (D) Matt Taormina (D), Henrik Tallinder (D), Cam Janssen (A), Eric Boulton (A), Petr Sykora (A).

En réserve : Jeff Frazee (G), Keith Kinkaid (G), Brandon Burlon, Matthew Corrente, Eric Gelinas, Dan Kelly, Jay Leach, Alexander Urbom (D), Matt Anderson, Mike Hoeffel, Brad Mills, Tim Sestito, Mike Sislo, Mattias Tedenby, Steve Zalewski, Vladimir Zharkov (A).

Los Angeles Kings

Gardien : Jonathan Quick.

Défenseurs : Rob Scuderi - Drew Doughty ; Willie Mitchell - Slava Voynov ; Matt Greene (A) - Alec Martinez.

Attaquants : Dustin Brown (C) - Anze Kopitar (A) - Justin Williams ; Dustin Penner - Mike Richards - Jeff Carter ; Dwight King - Jarret Stoll - Trevor Lewis ; Simon Gagné - Colin Fraser - Jordan Nolan.

Remplaçant : Jonathan Bernier (G).

En réserve : Brad Richardson (A), Scott Parse (A, hanche), Andrei Loktionov (A), Kyle Clifford (A), Kevin Westgarth (A), Tyler Toffoli (A), Richard Clune (A), Linden Vey (A), Justin Azevedo (A), Andy Andreoff (A), Marc-André Cliche (A), Davis Drewiske (D), Jake Muzzin (D), Thomas Hickey (D), Patrick Mullen (D), Andrew Campbell (D), Martin Jones (G).