Grande étude sur les blessures dans le hockey sur glace

Le médecin des équipes nationales allemandes, le Docteur Andreas Gröger, a publié avec trois confrères une "étude prospective sur les cas de blessures des équipes nationales de hockey sur glace allemandes sur plus de 1000 matches internationaux".

Pour cela, il a recensé toutes les blessures survenues entre 1986 et 2006 en équipe nationale d'Allemagne, aussi bien chez les seniors (383 rencontres) que chez les juniors (623 rencontres de U16 à U20). Le critère de définition de la blessure est que le joueur n'était pas en état de continuer le match, ou de jouer le match suivant. Par conséquent, tout hockeyeur qui se rélève et tient sa place n'est pas comptabilisé, ce qui élimine la plupart des blessures superficielles.

Au total, sur les 1006 matchs étudiés, 277 blessures sont survenues, soit en moyenne 0,28 blessure par match. Un panel qui permet une étude plus précise des causes et conséquences.

EtudeZone

Une attention particulière est logiquement portée sur les blessures à la tête, qui représentent 20% du total (tête au sens large : nez, machoîre...). Sur ce point, l'étude ne note pas d'évolution dans le temps sur la période étudiée. Il est vrai que le champ d'étude s'arrête en 2006 et ne recouvre donc pas le débat sur les commotions cérébrales qui est particulièrement sensible depuis deux ou trois ans. Entre 1986 et 2006, la seule évolution constatée par les auteurs est un déplacement des blessures aux jambes ou aux pieds vers les blessures aux bras ou aux mains.

En ce qui concerne les blessures à la tête, les médecins indiquent qu'elles sont plus fréquentes chez les adultes que chez les mineurs et pointent ainsi l'interêt de la visière complète.

Les cas de blessure recensés concernent à 57% les attaquants, à 37% les défenseurs et à 6% les gardiens. Comme il y a sur la glace en règle générale trois avants pour deux arrières, cela signifie que les joueurs de champ ont en fait des probabilités similaires de se blesser quel que soit leur poste. En revanche, les gardiens ont une position trois fois plus sûre que leurs collègues.

EtudeCause

Concernant les causes des blessures, les contacts entre joueurs sont sans surprise les causes les plus fréquentes. Les chercheurs ne font pas la différence dans ce domaine entre des mises en échec, des collisions involontaires, voire des bagarres. Cette dernière distinction est sans doute peu pertinente s'agissant de matches internationaux, elle le serait beaucoup plus dans le hockey nord-américain.

L'étude note que les blessures sans intervention extérieure ont doublé dans la décennie 1996-2006 par rapport à la décennie 1986-1996. Dans cet intervalle, pourtant, le hockey allemand s'est professionnalisé et les joueurs se sont plus entraînés. Est-ce à dire en fait qu'en repoussant les limites du corps et l'intensité, on augmente le risque d'une rupture ?

La conclusion des auteurs est que "beaucoup de blessures résultent de charges pas correctement reçues ou pas correctement délivrées." Ils plaident donc pour une formation des jeunes joueurs aux bons gestes pour éviter les blessures. Ils pointent du doigt à ce sujet les entraîneurs canadiens en junior, dont 22 sur 34 se sont refusés à participer à des vidéos de prévention "parce qu'ils craignaient que leurs joueurs deviennent alors moins agressifs et qu'ils ne jouent plus aussi efficacement en équipe."

Il serait certainement intéressant que cette étude soit prise en exemple et répétée dans tous les pays pour améliorer la prévention des risques dans le hockey.