Les trophées NHL pour la saison 2011/12

En prélude de la draft, la NHL a décerné ses trophées annuels avec comme toujours une cérémonie soporifique et, en guise de tête d’affiche, le groupe de rock canadien Nickelback. Néanmoins, entre plusieurs sketchs variablement drôles par des personalités-aimant-le-hockey devant un public amorphe, il y a eu la remise des principaux trophées de la ligue. Retour sur les principaux vainqueurs de ces trophées.


Evgeni Malkin remporte le trophée Hart (meilleur joueur de la ligue de l’année), le trophée Art Ross (meilleur marqueur de la saison régulière) et le trophée Ted Lindsay (meilleur joueur de l’année selon l’association des joueurs de NHL).

Le colosse russe de Pittsburgh est sans surprise le grand gagnant de cette remise des trophées, devançant par exemple largement aux votes du trophée Hart Steven Stamkos. Ce n’est pas une surprise car Malkin a réussi à mener un effectif des Penguins longtemps privé de Sidney Crosby jusqu’au sommet du classement de la conférence Est. Ses 50 buts (dont certains spectaculaires) pour 109 points ont ainsi compensé l’absence pendant quasiment toute la saison d’un des meilleurs joueurs du monde.C’est la troisième fois dans sa carrière que Malkin franchit la barre des 100 points, il avait également fini meilleur marqueur de la ligue en 2008/09, l’année du sacre de Pittsburgh, où il avait également remporté dans la foulée le trophée de MVP des playoffs, le trophée Conn Smythe. Il a ensuite été moins en vue ces deux précédentes saisons à cause de plusieurs blessures qui l’ont tenu éloigné de la glace. Par ailleurs, c’est la première fois de sa carrière qu’il atteint la barre des 50 buts.



Steven Stamkos remporte le trophée Maurice « Rocket » Richard (meilleur buteur de la saison régulière).

S’il n’a pas obtenu le titre de meilleur joueur de la ligue, le jeune centre de Tampa Bay de 22 ans remporte son deuxième titre de meilleur buteur de la ligue en quatre saisons en NHL. Alors qu’il avait remporté son premier titre à égalité avec Sidney Crosby en 2010 (51 buts), il a cette fois nettement devancé la concurrence avec ses 60 réalisations (Malkin avec 50 buts est son premier poursuivant). Une belle réussite pour le joueur du Lightning, drafté en première position il y a 4 ans avec un potentiel de superstar qu’il a rapidement atteint.



Henrik Lundqvist remporte le trophée Vezina (meilleur gardien de la ligue).

La concurrence était rude pour ce titre car Lundqvist était opposé à de sérieux concurrents : Jonathan Quick, tout juste auréolé de sa coupe Stanley avec les Kings et de son trophée de meilleur joueur des playoffs et le solide Pekka Rinne de Nashville. Finalement, les managers généraux (les seuls qui votent pour ce trophée) ont choisi de récompenser le portier des Rangers après plusieurs solides pour New York. Il signe d’ailleurs cette année les meilleures statistiques de sa carrière (1,97 buts encaissés en moyenne par match, 93% d’arrêts de moyenne).



Gabriel Landeskog reporte le trophée Calder (meilleur rookie de l’année).

Drafté l’an passé en deuxième position l’an dernier, l’ailier suédois de 18 ans était considéré par beaucoup de dépisteurs comme le joueur de la draft le plus apte physiquement pour la ligue nationale et il n’a pas déçu. Son bilan comptable de 22 buts pour 52 points en 82 matchs a été un ballon d’oxygène bienvenu pour son équipe, le Colorado. Ainsi, alors que les leaders offensifs de l’Avalanche (Peter Stastny, Matt Duchesne, Milan Hejduk) ont connu une saison difficile, Landeskog a développé une bonne alchimie avec Ryan O’Reilly pour terminer meilleur buteur de son équipe. Mais la concurrence était rude pour ce trophée : Ryan Nugent-Hopkins, premier choix de la draft 2011, aurait vraisemblablement été le rookie de l’année s’il n’avait pas eu sa saison émaillée par les blessures car ses 52 points en 62 matchs pour Edmonton sont impressionnants. Adam Henrique, 22 ans, a été lui grandement mis à contribution par le New Jersey pour pallier avec succès l’absence de leur premier centre, Travis Zajac, longtemps blessé. Il s’est également mis en valeur lors des playoffs en étant décisif pour les Devils (3 buts victorieux lors de la campagne du New Jersey jusqu’à la finale de la coupe Stanley). Matt Read de Philadelphie, 26 ans, arrive lui en quatrième position des votes grâce à ses 24 buts (meilleur buteur parmi les rookies). Plutôt inattendu pour un joueur qui n’avait pas été drafté mais qui a réussi à se faire une place dans l’effectif des Flyers.



Erik Karlsson remporte le trophée Norris (meilleur défenseur de l’année)

Sans doute le trophée le plus controversé de cette cérémonie. Certes, à 22 ans, Karlsson a signé avec Ottawa une saison impressionnante avec ses 19 buts pour 78 points et il paraît lancé pour une belle carrière dans la ligue. Pour autant, le jeune suédois a parfois été critiqué pour ses lacunes sur le plan purement défensif, ce qui est un peu gênant quand on est élu meilleur défenseur de l’année ! Au niveau du vote, il ne devance que de quelques voix Shea Weber, bien que le capitaine des Predators semble plus complet que Karlsson. Weber avait déjà été proche de l’emporter l’année dernière mais c’était l’inévitable Nicklas Lidstrom qui l’avait devancé pour remporter ce qui était le septième trophée Norris de sa carrière. Mais, à seulement 26 ans, Shea Weber aura sûrement l’occasion d’être sacré dans les prochaines années.



Patrice Bergeron remporte le trophée Selke (meilleur attaquant défensif de l’année)

La tâche d’attaquant défensif est loin d’être le plus visible des rôles, malgré son importance, et ce trophée permet de mettre en valeur ces travailleurs de l’ombre. Pour autant, depuis le lockout de 2005, les vainqueurs ont été peu nombreux, Rod Brind’Amour remportant le trophée deux années de suite puis une suprématie de Pavel Datsyuk pendant 3 ans. Néanmoins, Ryan Kesler avait remporté le trophée l’an passé et c’est Patrice Bergeron de Boston qui lui succède. Une consécration attendue pour un des piliers des Bruins lors de leur titre de 2011 après une saison probante (64 points inscrits, un différentiel de +36, leader des mises en jeu gagnées de la ligue).



Max Pacioretty remporte le trophée Bill Masterton (joueur symbolisant les qualités de persévérance, de sportivité et de dévouement au hockey).

Parmi les trophées non liés à la performance sportive, le Bill Masterton est le plus symbolique car il récompense le plus souvent un joueur revenu à la compétition après une grave blessure. Cette année, sans grande surprise, c’est l’ailier de Montréal, Max Pacioretty qui remporte ce trophée. Il avait été éloigné de la compétition l’an passé après une grave blessure le 8 mars 2011 sur une charge de Zdeno Chara l’envoyant contre l’extrémité du plexiglas, ce qui lui avait occasionné une commotion cérébrale et la fracture d’une de ses vertèbres cervicales. Si on a pu craindre un moment que sa carrière était compromise, l’ailier américain s’est heureusement remis pour le début de la saison 2011/12 où il a été un des leaders offensifs de Canadiens moribonds avec ses 33 buts pour 65 points, terminant d’ailleurs la saison comme meilleur marqueur de son équipe.