Mondial de roller hockey 2012.

Pour ces championnats du monde 2012 de roller-hockey, le comité international sous l'égide de la fédération internationale de roller sport (FIRS) a choisi la Colombie et la ville de Bucaramanga pour organiser ce Mondial qui réunira encore cette année les championnats sénior homme et femme ainsi que les juniors en un même lieu, la première semaine étant consacré aux championnats féminin et junior tandis que la deuxième semaine laisse place uniquement à la compétions masculine.

On notera que le choix de la fédération en ce qui concerne le pays hôte contraint bon nombre de nations à ne pas participer à ces championnats du monde du fait des frais importants que le voyage occasionne. Aucune équipe asiatique n'est présente et certains pays n'envoient qu'une équipe (ce qui est le cas pour l'Allemagne et l'Espagne), cependant de nombreuses nations sud-américaines sont présentes (souhait du comité et de son président français Gilbert Portier afin de développer ce sport dans ce continent). On observe aussi la présence de la Lettonie, pays de hockey sur glace qui fait son apparition pour la première fois. L'année prochaine d'autres nations devraient intégrer les championnats du monde, la Russie, la Suède et la Pologne sont de possibles nouveaux entrants.

Bien qu'elle soit aussi touchée par la crise et par des frais importants pour s'engager, la France envoie bien ses trois équipes en Colombie (masculine, féminine et junior). Cependant des coupes budgétaires ont été mis en place, les juniors et féminines se déplacent avec deux lignes et demie, de plus les postes d'entraîneur-adjoint sont supprimés, Olivier Dimet (futur entraîneur du club d'Anglet en hockey sur glace) et Julien Pousset ne font plus partie du staff France et cette décisions a essuyé pas mal de critique dans le petit monde du roller hockey français.

Même si la Colombie n'est pas une nation de hockey, l'organisation semble être à la hauteur de l'évènement, les organisateurs ont opté pour une magnifique salle de 6000 places avec un terrain aux dimensions plus petites que d'habitude puisqu'il est de 49x26 (60x30 par le passé) mais bien plus adapté à ce sport et beaucoup plus intéressant pour le public et les joueurs, contrairement aux patinoires qui offrent de plus grands espaces et surtout le temps aux équipes d'effectuer des sorties de zone, ce qui est souvent un peu soporifique pour les spectateurs.

C'est donc dans cette belle et chaude ambiance que ce Mondial peut débuter avec les féminines et les juniors. On notera que le public a répondu présent lors de cette première semaine puisque les tribunes étaient souvent bien garnies, du moins pour les matchs décisifs.

Déception chez les filles....

L'équipe de France féminine était dans le groupe de l'Argentine, du Brésil et du Canada (grand favori pour le titre avec les Américaines), après avoir disposé facilement de l'Argentine (6-3) et du Brésil (9-0), les Françaises ont malheureusement perdu dans le match pour la première place face au Canada sur un score sans appel de 4 à 0. Bien que terminant seconde, la troupe du coach Eric Péraudin sera opposée à un adversaire à sa portée en quart de finale, à savoir le Mexique qui a fini troisième de l'autre groupe (devant les USA et l'Espagne). Les filles vont malheureusement se faire prendre au piège dans ce match et perdre 2 buts à 1, l'objectif de médaille s'envole et l'équipe de France doit désormais se recentrer vers l'objectif de finir cinquième, chose qu'elles vont réussir non sans mal après une victoire douloureuse face au Brésil (3-2) puis dans l'ultime match face à l'Argentine (5-1).

C'est clairement une déception pour les filles avec cette cinquième place, alors que l'objectif initial était de faire au moins aussi bien que l'an passée à savoir une médaille de bronze. Bien que diminuée sur le plan numérique, l'équipe de France expérimentée était prête avec de très bons résultats aux test physiques, mais la loi du terrain fut tout autre dans ce Mondial où les Canadiennes raflent un nouveau titre face aux rivales américaines tandis que les Espagnoles empochent la médaille de bronze.

...et chez les juniors

Cette équipe fut légèrement modifiée en cours d'année à cause de l'abaissement de l'âge maximal pour participer aux Mondiaux juniors (de 1992 à 1993) par la fédération internationale. Bon nombre de joueurs pourtant talentueux n'iront pas en Colombie, on pense notamment à Hiroshi Daveau, le portier des Hawks d'Angers. Malgré ce bouleversement, cette équipe a fière allure avec notamment les Rémois Hugo Garcia dans les cages et Louis Tran ainsi que le joueur de Villeneuve-la-Garenne Adrien Sebag, et les matchs amicaux contre la Suisse ont permis de montrer le bon potentiel de cette équipe pour aller chercher une médaille.

Ce Mondial commence de la meilleure des manières, en phase de poule ils vont tout d'abord pulvériser les Australiens 13-2 et après s'être fait peur en première mi-temps les juniors vont battre les Mexicains 5-2. Le dernier match de poule face aux USA sera également synonyme de victoire en gagnant ce match avec la manière 5 à 1, ce qui permet aux jeunes joueurs de Bernard Séguy de finir en tête et d'avoir un quart de finale relativement facile face au Brésil. Les Français gèreront sans problèmes ce match en l'emportant 3-1 et se retrouvent dans une demi-finale à haut risque face au pays hôte la Colombie. Face à cette équipe très rapide et avec une salle acquise à sa cause les bleus vont craquer en seconde mi-temps et être défaits sur un score sévère de 6-2. Ils retrouvent les USA dans le match pour la troisième place. Dans ce match très serré et aux multiples rebondissements, les jeunes bleus perdent en prolongation (7-6) pour finir quatrièmes. Bien que les juniors perdent une place par rapport à l'année précédente, cette équipe dispose d'un certain talent et de nombreux joueurs feront parler d'eux dans les années à venir. On notera que ce sont les Tchèques qui remportent ce Mondial junior face à la Colombie en finale.

Les seniors passent à travers :

Place aux seniors hommes pour la seconde semaine de la compétition dans une formule qui n'a pas évolué : les poules A et B forment la division haute et les C et D forment la division inférieure (les trois premiers des poules A et B accèdent aux quarts ainsi que les premiers de la poule C et D qui joueront par ailleurs en division haute l'année suivante). Comme toujours les Etats-Unis, le Canada et la République Tchèque font office de favoris de même que l'Italie qui fort de sa très belle seconde place l'année passée chez elle peut réitérer cette performance cette année. En outre la Lettonie (avec de nombreux joueurs de glace de haut niveau évoluant dans le championnat letton et en VHL) et la Colombie peuvent jouer les trouble-fête.

Dans ce Mondial, l'objectif de l'équipe de France dans une poule très relevée (Canada, Tchéquie et Australie) est de se qualifier pour les World Games (antichambre des Jeux olympiques) et pourquoi pas atteindre le dernier carré. Cette année l'équipe a subi quelques remaniement bien que la plupart des cadres sont encore présent, on retrouve ainsi comme nouvelles têtes : Antoine Rage (Caen), Benjamin Tijou ancien joueur des Dogs de Cholet et évoluant actuellement à Angers, ainsi que Thomas Auvray et Kévin Beziau qui après leur excellente saison aux Spiders de Rouen qui leur ont permis de retrouver l'Elite découvrent l'équipe de France.

Les principaux cadres de ce groupe sont le gardien Hugo Rebuffet (Grenoble) élu meilleur gardien cette saison, les arrières Jean-François Ladonne (Anglet) et Julien Thomas qui sont des tauliers en EDF de même que l'avant Renaud Crignier (Amiens) mais la grosse force de frappe devrait venir du duo angloy Karl Gabillet - Baptiste Boitard (bien que séparé en début de Mondial), c'est en effet le meilleur duo de la ligue Elite qui vient juste de signer à Rethel pour la saison prochaine.

Ce Mondial débute pour les bleus face aux redoutables Canadiens fraîchement champions du monde IIHF (l'autre fédération qui organise un mondial de roller) avec d'excellents joueurs tel Fréderic Corbeil (Villeneuve), Thomas Woods (ex-Caen) et Max Grassi. Dans un match très intense les bleus ne profiteront pas des multiples supériorités tandis que leurs adversaires vont pleinement en profiter, en inscrivant trois buts en trois powerplays (5-2). Les français ont clairement manqué de réalisme face à la cage.

Le second match est également très relevé face à la République Tchèque, championne du monde en titre avec l'un des meilleurs gardiens au monde, Roman Handl, ainsi que de très bons joueurs de champ comme Lukas Cik et Patrik Sebek, deux joueurs évoluant à Rouen. Comme la veille la France a du mal à tirer et à marquer bien qu'étant à égalité à la mi-temps (2-2), elle craque encore en infériorité et perdre 4 à 2. Le dernier match sera une formalité face à l'Australie puisque les bleus vont s'imposer 17-0 même si durant les dernières minutes l'Australie évoluait sans gardien suite à un malaise de ce dernier. Ne disposant pas de gardien remplaçant, les wallabies décident de jouer avec un cinquième joueur de champ et continuaient d'attaquer ; voyant leurs adversaires joueur à fond, les bleus décidèrent de faire la même chose marquant ainsi de nombreux buts en cage vide leur permettant ainsi de terminer troisièmes de leur groupe et de s'assurer leur qualification pour les quarts de finale face à l'Italie et les World Games.

Les bleus sont donc opposé à leurs tendres rivaux : les Italiens, dans un match nettement dominé par l'équipe de France bénéficiant de nombreuses occasions en première mi-temps mais sans grand danger pour Stefano Antinori, l'ancien gardien des dragons de Rouen, une première mi-temps qui s'achève par une lourde sanction de cinq minutes sur Dennis Somadossi suite à un cout porté au visage de Yohan Jalinier à la toute dernière seconde de jeu avant la pause. Les bleus ne vont pas profiter de ces cinq minutes de supériorité avec beaucoup d'imprécision dans leurs passes et dans le choix des tirs, ils ouvriront cependant le score quelques minutes plus tard via Baptiste Boitard mais les Italiens vont marquer deux buts coup sur coup dont le second qui sera inscrit sur une double supériorité. Les bleus vont tout tenter pour égaliser mais le portier des Azzurri sera remarquable en cette fin de match et les bleus sont éliminés de la course à la médaille. Frustrant tant la domination fut très nette pour les bleus puisque ils ont tiré trente fois à la cage contre seulement neuf fois pour leurs adversaires.

Les bleus jouent désormais pour la cinquième place, ils vont gagner tout d'abord contre la Colombie 3-2 mais vont perdre de nouveau pour leur dernier match face aux suisses 5 à 4 dans un match où les bleus menaient deux buts à zéro en début de match, terminant ainsi par une défaite avec une décevante sixième place. En finale ce sont les USA qui repartent avec le titre face au Canada, les Américains disposait cette année d'une bien belle équipe avec le gardien Mike Urbano, le redoutable arrière Skyler Hoar et les deux pépites Itan Chavira et Joshua Laricchia à l'avant, notons par ailleurs le beau parcours de la Lettonie avec une septième place pour son premier championnat du monde, nulle doute qu'elle deviendra une grande nation de ce sport à l'avenir.

L'équipe de France termine donc sixième et perd un rang par rapport à l'année dernière. Bien que l'objectif minimal ait été atteint, ce Mondial est clairement raté pour les bleus, avec un cruel manque d'efficacité devant la cage, cette équipe n'a qu'au final deux petites victoires contre des nations inférieures. On attendait plus de cette équipe pourtant talentueuse sur le papier où tous les joueurs sont des cadres dans leurs clubs et évoluant dans l'un des meilleurs et des plus structurés championnats au monde ; il faudra clairement faire mieux en 2013 à Anaheim, pour un nouveau Mondial qui se tiendra en partie à la Honda Arena, et à Cali pour les World Games.