Bilan de la KHL (III) : équipes classées de 1 à 8

Dynamo Moscou (1er) : le lutin chanteur

2012-06-Russie-KokarevPour la première fois, la Coupe Gagarine a été soulevée par une équipe de travailleurs. Il fallait cela pour qu'un club moscovite redevienne champion face aux puissances pétro-financières de province. L'entraîneur Oleg Znarok a pu compter sur un effectif équilibré et défensivement appliqué, comme au MVD il y a deux ans avant qu'il se fasse absorber dans le Dynamo. Le seul joueur sélectionné aux championnats du monde dans cette équipe a ainsi été Denis Kokarev, un attaquant défensif aligné face aux meilleures lignes adverses pour les neutraliser. Cependant, le club moscovite n'a placé aucun joueur dans les cinquante premiers marqueurs, et ne semblait pas avoir de première ligne.

Le Dynamo dispose tout de même d'un budget suffisant pour se renforcer, et l'a utilisé pour recruter Mikhaïl Anisin. L'attaquant de poche s'est révélé au Vityaz et s'est fait encore plus connaître en chantant "O sole mio" lors du All-Star Game de KHL ! Mikhaïl s'est souvenu avoir écouté Pavarotti à La Scala quand son père - le célèbre international Vyacheslav Anisin - finissait sa carrière à Milan. Avec sa petite taille improbable de 1m64, Anisin a fait valoir ses feintes intelligentes et rapides au milieu des armoires à glace. Le Dynamo a ainsi complété une ligne forte, avec le centre défensif Konstantin Gorovikov et l'agressif Leo Komarov, qui se nourrit de l'antipathie que lui vouent le public et les joueurs adverses. Le lutin Mikhaïl Anisin, avec 14 buts en play-offs, a battu le record de Morozov de 2006 !

Le manque de gabarit n'a pas handicapé le Dynamo. En l'absence d'Igor Shchadilov blessé, aucun arrière ne dépassait 185 cm. Insuffisant pour être champion ? La preuve que non ! La mobilité était plus importante cette année. Fin janvier, les Moscovites avaient quatre défenseurs à l'infirmerie, Dominik Granak, Filip Novak, Janne Jalasvaara et Shchadilov. Mais Znarok a appris des erreurs de l'an passé, et n'a pas forcé les retours de blessure. Les trois défenseurs étrangers ont pris le temps de se rétablir à temps pour les play-offs, où ils ont joué un rôle important.

La touche décisive a été apportée par deux joueurs qui avaient déjà été champions l'an dernier à Ufa, mais qui avaient besoin de changer d'air. Aleksandr Eremenko n'avait presque pas joué, et le choix de remplacer un gardien étranger éprouvé (Garnett) par ce vétéran a été discuté. Mais Eremenko a travaillé techniquement et prouvé qu'il était loin d'être fini. Au tournant de l'année, sa place de titulaire semblait menacée par Aleksei Volkov, mais il n'en est arrivé que plus frais en play-offs. Eremenko y a remporté le trophée de MVP. L'autre transfuge du Salavat, c'est Jakub Klepis, arrivé à l'automne parce qu'il voulait plus jouer en supériorité numérique. Au Dynamo aussi, la concurrence est rude, et le Tchèque a parfois figuré en quatrième ligne. Mais le néo-moustachu était là au bon moment pour marquer le but décisif du titre.

 

 

Avangard Omsk (2e) : pas de hockey l'été pour les dopés

En novembre, le financeur de Chelsea et de l'Avangard, Roman Abramovich, a fait une visite à Omsk pour rencontrer le gouverneur. Au menu de leur conversation figurait le destin du club local. Les deux principaux bailleurs de fonds partageaient un constat similaire : leur argent était mal dépensé. Le manager général Anatoli Bardin, qui a pourtant le cuir dur et a survécu à nombre de crises et de scandales, a cette fois dû prendre la porte. Et l'on a re-créé un poste de président, confié à un ministre du gouvernement régional, Aleksandr Sterlyagov, afin de mieux tenir les finances.

2012-06-Russie-PopovL'Avangard connaissait en effet des difficultés inhabituelles de trésorerie, y compris pour payer - ô paradoxe - la "taxe de luxe" auquel le condamnait sa masse salariale au-dessus du plafond. Ce haut budget ne semblait pas employé à si bon escient, et l'on critiquait le salaire de star donné à Aleksandr Frolov, pour un joueur de troisième ligne qui travaille dans les coins. Quant à l'autre recrue offensive majeure, Denis Platonov, l'ancien buteur de Magnitogorsk a été mis dehors en décembre avec un seul but au compteur !

Le prochain à se faire débarquer, c'est l'entraîneur tchèque Rastislav Cada. La défense poisseuse, sa marque de fabrique tactique, produisait peu de résultats et commençait à lasser le public. Omsk a donc rappelé Raimo Summanen, que Bardin avait empêché de venir au dernier match de play-offs neuf mois plus tôt. Le Finlandais voulait sa revanche en préparant parfaitement son équipe pour les séries.

D'entrée, il apposait son empreinte en modifiant toutes les lignes. Il n'a d'ailleurs jamais cessé de changer et d'expérimenter, par exemple en intronisant l'habituel ailier Aleksandr Popov au centre. On s'est un temps inquiété d'un passage à vide de Roman Cervenka, privé d'un entraîneur compatriote et peut-être boudeur. Mais il en fallait plus pour démotiver l'attaquant tchèque, converti à la religion orthodoxe en se faisant baptiser dans les eaux du fleuve Irtysh (il aura décidément copié son modèle Jagr sur tous les plans). Il restait le meneur offensif de l'Avangard, jusqu'à devenir le meilleur marqueur des play-offs.

Comme l'an passé avec Riha, la Russie s'est donc prise de passion pour un coach plein d'émotions qui fonctionne à l'adrénaline : Summanen également a mené son équipe très loin, mais s'est avoué vaincu. Le Finlandais, amer, a qualifié d'infirmes ses joueurs qui n'ont pas su conclure une finale qu'ils ont menée 3 victoires à 1.

Aleksandr Perezhogin et Aleksandr Popov, qui ont échangé leur habituel partenaire Kuryanov pour Cervenka (avant de devenir champions du monde aux côtés de Malkin), ont pourtant excellé. Perezhogin, le joueur le plus régulier, avec son tir instinctif du poignet, a inscrit les trois buts décisifs de son équipe en finale ! Mais pour être champion, il en aurait fallu quatre ! Les autres lignes, en effet, n'étaient pas au même niveau.

L'autre souci est venu d'Anton Belov. Ce défenseur avait déjà fait scandale en demi-finale pour un coup de patin arrêté à temps, qui n'a touché "que" le maillot du prodige adverse Kuznetsov. Belov, qui voyait dans l'impact physique la clé de la supériorité de l'Avangard, a été le symbole de la victoire contre le Traktor par son but vainqueur en prolongation. Mais en finale, Belov a été contrôlé positif à la méthylhexanamine. Il a ainsi illustré les limites de la politique anti-dopage de la KHL. Le nombre de contrôles (856 en KHL, VHL et MHL, six fois plus que l'an passé), dont les autres ligues feraient bien de s'inspirer, n'est pas en cause. C'est plus la confidentialité des sanctions qui fait débat. Le cas Belov a été révélé à la presse par l'adversaire, le Dynamo, dans une sorte de guerre psychologique. Et surtout, le verdict rendu début juillet est ridicule : Belov a été suspendu trois mois... du 21 avril au 21 juillet ! Pauvre hockeyeur qui n'a pas pu jouer au hockey pendant... les vacances !

 

Traktor Chelyabinsk (3e) : l'étoile Kuznetsov et le recordman du monde Ryazantsev

2012-06-Russie-PanovLorsqu'un club décide d'investir fort, il est rare qu'il en récolte les fruits immédiatement. Le Traktor Chelyabinsk y est parvenu, en terminant premier de la saison régulière, et en ne se ratant pas en play-offs... où il n'avait plus passé un tour depuis dix-huit ans ! Entre-temps, le Traktor avait passé du temps en deuxième division. Mais voilà ce club légendaire revenu parmi les grands du hockey russe.

Ce retour au sommet doit beaucoup à Valeri Belousov. L'entraîneur légendaire dans l'Oural n'est pas seulement rentré au pays, il a aussi convaincu quelques anciens poulains du Traktor d'en faire autant. Sa priorité s'appelait Konstantin Panov, en qui il avait toujours cru. Il en a fait le moteur de l'équipe, et à 31 ans, le méconnu Panov a fait sa meilleure saison pour son retour dans son club formateur.

Mais la star, c'est évidemment Evgeni Kuznetsov. On ne compare même plus ce grand talent à ses contemporains, mais à ses illustres aînés : il a fait mieux que Malkin mais moins bien qu'Ovechkin au même âge. Blessé aux ligaments en fin de saison régulière, il s'est fait poser une protection en fibre de carbone autour du genou en Allemagne au début des play-offs pour revenir mener son équipe. Il y est parvenu jusqu'en demi-finale face à l'Avangard Omsk, qui a élaboré un plan anti-Kuznetsov : les Sibériens ont profité de la mobilité de leurs attaquants pour en attribuer un au marquage du junior et l'empêcher de prendre de la vitesse.

Le Traktor s'est donc incliné face à un Avangard qui imprimait un rythme fort à quatre lignes. Il n'avait pas la même profondeur de banc, surtout avec des blessés importants comme Vladimir Antipov et Raymond Giroux. Les espoirs reposaient beaucoup sur le gardien Michael Garnett, enfin un gardien de play-offs pour Chelyabinsk. Il a été longtemps excellent, mais a perdu son duel face à Karri Rämö (Omsk) en demi-finale.

Les play-offs ont également montré les limites d'Aleksandr Ryazantsev. Le défenseur avait battu le record du monde de Kulyash lors du All-Star Game. Vainqueur du concours de puissance de lancer, il a réclamé deux essais supplémentaires et a été "flashé" à la vitesse incroyable de 183,7 km/h ! Solide dans sa zone, gros pointeur, il a réussi une si bonne saison qu'il a été convoqué en équipe nationale pour la première fois depuis 2005. Ryazantsev a cependant déçu en play-offs, où il a commis trop de fautes inutiles. À l'heure du bilan, Belousov a donc cité Deron Quint comme son arrière le plus fiable et le plus stable, malgré ses statistiques (y compris +/-) plus faibles.

 

SKA Saint-Pétersbourg (4e) : des renforts étrangers pas décisifs

2012-06-Russie-TikhonovLe SKA est devenu aujourd'hui une des grandes équipes russes. Il est sorti de l'ombre du Zénith, le club de football de Saint-Pétersbourg, et s'est construit son public propre, plus familial. Il a dépassé cette saison les 10 000 spectateurs de moyenne. Mais il lui manque toujours la consécration.

Aleksandr Medvedev, le patron de la KHL, soutient toujours le SKA même s'il a quitté sa position officielle de président. Il avait promis de se faire une coupe à la Beatles si son club remportait la Coupe Gagarine... mais ce n'est pas encore cette année que l'on verra le haut ponte de Gazprom en Sergent Pepper. Saint-Pétersbourg s'est arrêté en demi-finale, ce qui est quand même son meilleur résultat depuis 1994.

Le rouleau compresseur paraissait pourtant lancé en play-offs, mais il s'est bloqué face au Dynamo Moscou, avec une défaite en quatre matches secs. Encore une fois, les doigts se sont pointés sur le gardien tchèque Jakub Stepanek, qui avait été décisif au tour précédent contre l'Atlant, mais qui a paru nerveux, peut-être perturbé par des rumeurs (démenties) de recrutement d'un nouveau titulaire. Le leader défensif Dmitri Kalinin, malade avant cette finale de conférence ouest, n'avait plus son niveau habituel. Le SKA a aussi pâti de son indiscipline, l'incorrigible Evgeni Artyhukin - souvent rappelé à l'ordre par son entraîneur Milos Riha - n'étant pas le seul en cause.

L'échec du SKA est surtout celui d'un des plus gros potentiels offensifs de la KHL. Une attaque si dense que Vladimir Tarasenko, recruté comme joker, n'a évolué qu'en quatrième ligne. Une position qui a fait débat, mais qui n'a pas perturbé le talentueux junior puisqu'il a été le meilleur marqueur de l'équipe en play-offs.

Cela montre surtout que les leaders ont failli. Qu'est-il advenu des quatre étrangers qui étaient aussi les quatre meilleurs compteurs ? Les Suédois Mattias Weinhandl et dans une moindre mesure Tony Mårtensson ont faibli Petr Prucha et Patrick Thoresen ont fait leur travail en infériorité, mais leur partenaire prévu de première ligne Maksim Afinogenov s'est blessé en octobre et n'est pas revenu aussi fort. Dans l'intervalle, Viktor Tikhonov junior a tout de même agréablement surpris en remplaçant efficacement Afinogenov. Riha a donc beaucoup modifié ses trios sans jamais trouver de ligne idéale.

Riha, qui dispose d'un des plus beaux effectifs de la KHL, n'a pu empêcher de se plaindre encore. Il a répété qu'il n'a pas choisi tous les joueurs et réclamé de travailler à long terme. Le coach tchèque a été exaucé puisqu'il a resigné pour deux ans.

 

Metallurg Magnitogorsk (5e) : meilleurs vieux de l'Oural

2012-06-Russie-TverdovskyAleksandr Barkov n'aura passé que deux mois dans l'environnement - pollué - de Magnitogorsk avant de retourner dans son pays d'adoption, la paisible Finlande. Il aura suffi de dix rencontres de championnat - et six défaites - pour qu'il soit licencié. Le bel ordre qu'il avait semblé installer en pré-saison n'a pas concrétisé, et il a renoncé de lui-même à ses lignes, sans résultat. Il s'est désolé du peu de patience des dirigeants qui l'ont licencié, en rappelant qu'il ne fallait pas espérer de miracles rapides après avoir changé 17 joueurs à l'intersaison.

Magnitka a alors appelé Fedor Kanareikin, l'homme du titre de 2007, qui avait été licencié quelques mois après pendant que l'équipe était troisième du classement. Quatre ans plus tard, il est revenu dans une situation autrement difficile. Le leader offensif Sergei Mozyakin traversait une crise de confiance, et le Metallurg était dixième de la conférence est à la trêve de novembre, même pas qualifié en play-offs...

Première réaction, l'arrivée d'un gardien finlandais Ari Ahonen, pour supplanter un Georgi Gelashvili parfois défaillant. Mais, en fait de sang neuf, Magnitogorsk a choisi de s'injecter du... sang vieux. Il a engagé Oleg Tverdovsky et Maksim Sushinsky, les deux ex-internationaux mis au placard par le Salavat Yulaev, un choix controversé auprès des supporters. Les résultats furent mitigés. Le défenseur Tverdovsky, qui se plaignait de n'avoir jamais eu la chance de jouer les premiers rôles en quatre ans et demi à Ufa, a subi le même sort dans l'Oural et a fini les play-offs en tribunes. En revanche, l'attaquant Sushinsky s'est réjoui de pouvoir délivrer des passes décisives à un pur buteur comme Mozyakin et s'est révélé tout son métier en play-offs.

Si le Metallurg Magnitogorsk a passé le premier tour après trois succès en prolongation, c'est uniquement par le métier de ses vétérans Sushinsky, Mozyakin et même Daniil Markov, le dernier joker recruté en janvier. Même Sergei Fedorov, à 42 ans, passait encore 19 minutes sur la glace. Mais cette formation vieillissante était à bout de souffle et ne pouvait plus rien faire contre Omsk, surtout que les meilleurs patineurs étaient blessés (Lisin au dos et Aaltonen au menton).

L'élimination en quart de finale restait peu glorieuse pour le troisième budget de KHL. Le sort de Kanareïkin était donc réglé avant même le dénouement de la série. Ce partisan des anciens a en effet maintenu sous cloche la jeune génération de Magnitogorsk, pourtant très prometteuse : les Zdunov ou Kosov auront-ils leur place l'an prochain ?

 

Ak Bars Kazan (6e) : l'entraîneur du XIXe siècle

2012-06-Russie-MedvedevL'arrivée de Vladimir Krikunov à la tête de l'Ak Bars Kazan ne pouvait pas se faire sans grincements. La première victime en a été Danis Zaripov. L'ailier gauche du super-trio depuis sept ans a été rétrogradé en quatrième ligne, voire carrément sur le banc, par un Krikunov insatisfait. L'agent du joueur, Yuri Nikolaïev, est alors monté au créneau : "Parfois il semble qu'à cause de certains entraîneurs vétérans, la Russie ne vit pas au XXIe siècle mais au XIXe." La phrase n'a pas plu à l'intéressé qui a dénoncé "l'agent provocateur" venu lui enlever son joueur. Après l'escalade verbale, la première ligne s'est reformée en pente douce.

Krikunov, lui, ne complimentait publiquement qu'un seul trio, Evgeni Bodrov - Dmitri Obukhov - Kirill Petrov. Les deux ailiers étaient même appelés en équipe de Russie. C'était avant qu'Obukhov se fasse de nouveau remarquer. Alors que son accusation pour viol était toujours en cours, le centre s'est fait arrêter en état d'ivresse et n'a rien trouvé de mieux que de fuir et de semer les policiers. Le problème est que sa voiture avait été facilement identifiée. La goutte de vodka a fait déborder le vase, et Ak Bars a fait savoir qu'Obukhov ne porterait plus les couleurs du club. L'enfant du pays a donc fini la saison ailleurs... avant d'être ré-embauché pour l'année prochaine !

La seule autre ligne valable étant décimée, Kazan a vite compris que, comme toujours, sa réussite passerait par son premier trio. Même si Krikunov est souvent critique envers ses joueurs étrangers, le centre finlandais Niko Kapanen ne méritait pas d'être pointé du doigt car il a joué un rôle toujours aussi précieux de lien entre les ailiers Morozov et Zaripov. Les trois hommes ont, de nouveau, largement mené leur équipe.

Kazan retrouvait donc son niveau, mais pas sa ferveur. Le taux de remplissage de la Tatneft Arena stagne à 56%, le plus faible en province. Habitués à des titres, les supporters se sont même montrés nostalgiques. Au premier match des play-offs, ils ont ovationné leur ex-entraîneur et actuel sélectionneur Zinetula Bilyaletdinov, présent en tribune, lorsqu'il est apparu sur l'écran géant. Krikunov n'a jamais suscité le même enthousiasme.

Ce premier tour a été passé, face au grand rival Ufa, et Ak Bars pouvait encore remercier sa première ligne décisive. Mais son capitaine Aleksei Morozov s'est déchiré les ligaments latéraux du genou, et en son absence, toute l'équipe s'est ensuite montrée impuissante. Krikunov a alors rappelé qu'il n'avait pas composé cette équipe et qu'une seule ligne de choc ne suffisait pas.

À ce moment, les dirigeants tatars prétendaient encore que Krikunov resterait aux commandes de l'équipe, puisqu'il avait signé pour trois ans. Mais une semaine plus tard, il était viré. Il se dit plusieurs joueurs importants ont fait savoir qu'ils ne rejoueraient plus pour "l'entraîneur du XIXe siècle".

 

Torpedo Nijni Novgorod (7e) : le nouvel équilibre de Kari Jalonen

2012-06-Russie-KlopovL'an passé, le Torpedo avait été mené par une triplette de scoreurs nord-américains. Il en avait perdu un, Charles Linglet, brillamment remplacé par le Suédois Martin Thörnberg, le nouveau meilleur marqueur de l'équipe. Les deux autres, Ryan Vesce et Matt Ellison, ont vu leur saison se terminer prématurément sur blessure (même si Vesce est finalement revenu pour les play-offs).

Du coup, Nijni Novgorod a dû chercher de nouveaux renforts : Robert Nilsson, dont la carrière prenait mauvaise tournure à Ufa et qui avait même été envoyé en équipe-ferme à Nijnekamsk, et Kim Hirschovits, dont l'entraîneur Kari Jalonen connaissait parfaitement les qualités pour l'avoir eu sous ses ordres au HIFK. Les jokers offensifs se fondaient bien dans le nouveau style du Torpedo, offensif et moderne, à la mode finlandaise.

La perte de sa première ligne n'a donc pas perturbé Nijni Novgorod, qui a au contraire signé son meilleur résultat depuis la chute de l'URSS. La clé de la réussite ? Une équipe beaucoup plus équilibrée, et puis bien sûr le gardien biélorusse Vitali Koval, très constant avec ses 93% d'arrêts. Le Torpedo a terminé premier de sa division Tarasov (décimée par la disparition du Lokomotiv Yaroslavl) et a ainsi bénéficié ainsi de l'avantage de la glace pour les deux premiers tours de play-offs.

Un avantage décisif face au Dinamo Riga : Jalonen a en effet parfaitement utilisé le droit au dernier changement pour museler la première ligne balte avec le trio de Vladimir Gorbunov lors du septième match décisif. Mais cela n'a pas suffi face au Dynamo Moscou, qui gardait un statut de favori. Il n'y a pas de déshonneur à s'incliner contre le futur champion.

 

Atlant Mytishchi (8e) : la fin de Kovalev et la résurrection de Zherdev

Bengt-Åke Gustafsson a été le premier entraîneur suédois à officier en KHL, mais cette expérience pionnière n'aura duré que deux mois. Il a été viré dès les premiers jours de novembre, en raison de l'inefficacité offensive de son équipe.

2012-06-Russie-MusatovMais un Suédois peut en cacher un autre. Janne Carlsson, coach champion de Suède en titre avec HV71, avait été d'abord approché par le Lokomotiv Yaroslavl : il avait perdu le poste (on lui avait préféré McCrimmon)... et donc gardé la vie. Il avait accepté de redevenir simple adjoint de Gustafsson, comme il l'était lors du triomphe olympique de 2006. Il est vite sorti de l'ombre : sitôt Gustafsson parti, Carlsson a marqué son arrivée en changeant toutes les lignes.

Ses débuts furent excellents avec 10 victoires de suite, dont les 9 premières dans le temps réglementaire. Une transformation due en bonne partie à la résurrection de Nikolaï Zherdev, que Carlsson a replacé en première ligne avec Patrik Zackrisson et Jonas Andersson. L'ailier russe, capable de grands numéros de patinage mais souvent trop individualiste, est revenu au premier plan et a gagné sa place en équipe nationale.

Le contrat de Carlsson a été vite prolongé, mais les résultats se sont ensuite tassés jusqu'à une série de six défaites fin janvier, record négatif dans l'histoire du club. Une mauvaise série coïncidant - et ce n'est pas un hasard - avec l'absence de l'international slovaque Branko Radivojevic, hospitalisé pour une inflammation du nerf facial.

L'effectif de Mytishchi montrait ses limites. Le défenseur offensif finlandais Janne Niskala se sentait seul à l'arrière, où tous les autres renforts étrangers (Fernholm, Petrasek puis Stehlik) ont échoué tour à tour à s'imposer. Quant au plus gros salaire de l'équipe, le vétéran Aleksei Kovalev, il n'a jamais réussi à revenir après son opération du genou. Carlsson l'a essayé au centre, où il n'avait plus évolué depuis sa victoire en Coupe Stanley 1994, mais peine perdue. Kovalev n'était efficace nulle part. Il n'a donc même pas participé aux play-offs, son entraîneur estimant qu'il était moins bon que tous les titulaires.

Dans ces play-offs, l'Atlant n'a cette fois rien pu faire au second tour face au SKA Saint-Pétersbourg. Seules les performances du gardien international russe Konstantin Barulin ont permis de décrocher deux victoires face à un adversaire largement dominateur.