Mulhouse - Épinal (match de préparation)

Un classique... tout neuf !

Bouchard DanickUne poule n'y retrouverait pas ses petits ! Avec  douze départs pour autant d'arrivées, c'est une ICE métamorphosée qui fait sa rentrée. En terre mulhousienne, comme l'an passé... mais  contre un adversaire évoluant désormais parmi l'élite du hockey français ! Des Scorpions ayant grimpé tous les échelons pour retrouver la Ligue Magnus - sept ans après - avec une ambition raisonnée et une prudence budgétaire héritée des déboires financiers passés.

L'Illberg va donc à nouveau vibrer au rythme de l'élite, comme au bon vieux temps. Ce qui n'est assurément pas pour déplaire aux supporters spinaliens, d'autant plus ravis de revoir leur rivalité préférée ressusciter que leurs protégés ne nourrissent plus aucun complexe d'infériorité face aux Scorpions (véritables "bêtes noires" des Dauphins de 1998 à 2005) !

Sans les emblématiques Julien Aubry et Lilian Prunet (désormais retraités), mais avec déjà trois matchs dans les patins (là où les Vosgiens ont moins d'une semaine de glace en commun), le promu alsacien entend rattraper le temps perdu. Avec une équipe travailleuse au potentiel offensif amoindri par le désistement de Shawn Limpright, recrue majeure venue des ligues mineures, qui va forcément manquer à ses ex-futurs coéquipiers.

Un "assemblage" d'anciens Scorpions fraîchement rapatriés (Ballet, Brincko) et d'étrangers nouvellement débarqués (parmi lesquels Marcus Kristoffersson, un ailier solidement référencé). Sans oublier Damien Raux, l'international français, qui s'ajoute aux survivants du précédent contingent, toujours réunis sous les ordres d'un Christer Eriksson rentré déçu (mais pas abattu) d'un tout récent déplacement rémois ayant pris des allures de bérézina (1-5).

Plus qu'un match de reprise, c'est un premier test grandeur nature qui attend ces Dauphins revus et corrigés. Une bonne occasion de se familiariser avec ces nouveaux arrivants, qu'ils soient français (Raibon, Chauvière, Colotti) ou étrangers (Sušanj). Mais surtout Canadiens, avec pas moins de six natifs de la Belle Province. De Maxime Ouimet à Sébastien Gauthier en passant par Steven Cacciotti et Benjamin Casavant. Sans oublier Danick Bouchard et Gabriel Girard, un tout jeune gardien franco-canadien de 21 ans... qui a tout d'un grand !

Préféré à des portiers plus chevronnés, Girard est venu lancer sa carrière professionnelle dans le championnat français. À Épinal, avec la perspective d'un jour devenir international. Et l'intéressé, qui avait particulièrement brillé lors de la Coupe Memorial en mai dernier, se sait très attendu devant le filet. Mais si sa renommée n'est plus à faire au Québec, l'intéressé a encore tout à prouver dans nos contrées.

Point final d'un recrutement très alléchant sur le papier, Girard compte bien démontrer que sa bonne réputation n'est nullement usurpée. Il sort d'entrée quelques arrêts propres, sans rebonds (notamment sur ce tir voilé à mi-hauteur de Francis Ballet à 01'19''). Mais il faudra toutefois patienter neuf bonnes minutes pour le voir sortir sa première "grosse" parade, en deux temps et à bout portant devant un Kristofersson décidément très saignant !

échauffement épinalDans ce méli-mélo de maillots panachés et, pour certains, faussement numérotés (Élie Raibon et Steven Cacciotti se partageant le "27" autrefois dévolu à Erwan Agostini !), les hockeyeurs spinaliens sont difficilement reconnaissables pour un œil non averti. Surtout que Santino Pellegrino ouvre en grand son banc, tournant à quatre lignes (l'expérimental trio Benchabane-Rapenne-Mauffrey, bien trop limité, fera rapidement banquette par la suite).

Mais s'il en est un qui se fait rapidement remarquer, c'est bien Danick Bouchard, un ailier survitaminé petit, mais costaud qui en a dans les mains... et sous le patin !

Sans trop se mouiller, on peut d'ores et déjà affirmer que l'ex-Villardien sera la nouvelle "traction avant" des Dauphins. L'attraction, à l'arrière, étant plutôt ce Girard apparu décisif devant Kristoffersson. Mais bien moins verni par la suite, avec deux buts encaissés en moins d'une minute.

Le tournant d'un premiers tiers-temps engagé où le manque de condition et de cohésion des Spinaliens (qui, rappelons-le, ont repris très tardivement l'entraînement) s'est logiquement fait sentir. Même privés de Jeff Martens (leur nouvel ailier canadien), les grands gabarits mulhousiens, tout de noir vêtus, se trouvent mieux et se projetent plus facilement vers l'avant. Un allant certes freiné par les pénalités, mais retrouvé grâce à une défense de tous les instants, à trois contre cinq notamment (7e).

Avec deux premiers blocs inchangés en guise de powerplay, l'ICE va se procurer quelques occasions... sans parvenir à profiter de la situation, qui va brutalement s'inverser. Les visiteurs étant à leur tour dans le collimateur des référés, qui ne laissent pas passer ce coup de poing asséné par Michal Petrák à son compatriote Aleš Černý (12'14'') !

Difficile de savoir si l'indisponibilité temporaire du Tchèque (puni d'une méconduite de dix minutes en plus de sa sanction initiale) aura déréglé la machine spinalienne. Mais cet événement coïncide plus ou moins avec le début de la fin... pour les Dauphins ! Vaillants en désavantage numérique mais en difficulté quand le jeu tend à s'accélérer. Comme sur ce débordement côté gauche d'un Jacob Alner trouvant Damien Raux, dans l'axe. L'ex-Angevin coupe bien le centre du Suédois... mais ne cadre pas ! L'action se poursuit et c'est finalement le longiligne Alner, bien servi par Sunna, qui s'en ira déjouer Girard de près (1-0 à 13'58''). Lucas Bini, dans la foulée, enfonce le clou d'un tir aussi précis que puissant, en entrée de zone. Un véritable missile filant sous la barre d'un Gabriel Girard resté pantois (2-0 à 14'48'') !

Les Dauphins prennent alors un gros coup sur le casque. Un passage à vide encore plus perceptible en deuxième période malgré ce tir flottant dégainé de la bleue par Fabien Leroy, en toute fin de premier tiers temps. Radovan Hurajt, masqué au départ du lancer, étant pris à contre-pied (2-1 à 19'26'').

Malgré ce but bienvenu, le mal-être spinalien va s'amplifier au retour des vestiaires avec plusieurs erreurs que leurs hôtes ne vont pas manquer d'exploiter. Marcus Kristofersson voit le chemin du but inexplicablement s'ouvrir devant lui et tente, avec une grande dextérité, de coucher Gabriel Girard pour mieux le lober (23'10'').

Sans réussite pour le Suédois, qui ne vient pas à bout du Franco-canadien. Contrairement à Christofer Löfberg, qui lancé en profondeur par Aleš Černý, se joue d'une défense arrêtée pour s'en aller remporter son duel singulier (3-1 à 23'53''). La défense lorraine est aux abois... et ce qui devait arriver arriva : Kim Sunna, pas plus inquiété que ça, ayant tout loisir de repiquer vers le gardien pour habilement placer son revers dans le haut du filet (4-1 à 24'09''). Temps-mort Épinal...

L'Illberg, assez bien remplie ce soir, en pince pour ses nouveaux Scorpions, résolument dominateurs. Mais pour les Vosgiens, ça sent plutôt le sapin. Le cinquième n'est d'ailleurs pas très loin, sur un contre initié par Kim Sunna... mais fort bien court-circuité par le repli d'un Steven Cacciotti se jetant devant Jacob Alner (29'20'') !

L'ex-capitaine nocéen ne faisant que retarder l'échéance. L'inévitable Kim Sunna parvenant à décaler Jacob Alner, bien placé au second poteau (5-1 à 30'45''). C'est allé vite. Trop vite pour un Girard encore et toujours livré à lui-même, mais paraissant également moins inspiré, il faut bien l'avouer, que l'autre "homme masqué". Un Radovan Hurajt semblant véritablement se dresser en muraille infranchissable devant le filet. Et même de près, devant Bouchard, Casavant et Gervais !

Gabriel Girard 1Le score, très lourd, reflète parfaitement la physionomie d'un acte médian ayant vu les Dauphins prendre le bouillon, desservis par de trop nombreuses approximations des deux côtés du glaçon. Les "boys" de Santino Pellegrino ne peuvent donc que mieux faire au retour des vestiaires.

Mais ça commence mal, très mal, avec ce contrôle raté de Sébastien Gauthier à la ligne bleue offensive (sur une passe en retrait assez appuyée de Danick Bouchard). Christofer Löfberg, qui n'en demandait pas tant, met alors les gaz, voyant un alléchant deux-contre-un se dessiner. Mais c'était sans compter sur le retour de Gauthier qui, en contrant la passe du Suédois, manque de prendre son propre gardien à contre-pied (40'27'') !

Un réveil spinalien trop tardif

Un avertissement sans frais pour le centre canadien, peu en vue ce soir, mais suffisamment présent pour ressortir proprement la rondelle dans l'enclave, sur un Bouchard se jouant assez finement de son défenseur pour décrocher la toile d'araignée (5-2 à 44'07''). Du revers, s'il vous plaît !

Les quelques Spinaliens présents dans les gradins retrouvent subitement de la voix, portés par les exploits de leur nouveau talent québécois. Un Bouchard buteur qui se mue en passeur pour Cacciotti, heureux bénéficiaire, au second poteau, de son formidable travail préparatoire (5-3 à 46'16'').

Ces deux buts consécutifs ont complétement relancé l'intérêt d'un derby que beaucoup, ici, croyaient déjà joué. Mais ce diable de Bouchard, on l'a vu, ne l'entendait pas de cette oreille !

Ragaillardis, les visiteurs reprennent des couleurs et repartent à l'assaut de cette cage si bien défendue. Un verrou qu'il faut forcer, mais Hurajt a fermé la porte. Et jeté la clé ! Tant pis pour les Spinaliens, qui finissent bien. Mais voient, impuissants, le chrono égrener les minutes. Puis décompter les secondes. La morale de cette histoire ? Rien ne sert de courir, il faut partir à point !

Les hommes de Christer Eriksson se sont rassurés en dominant leur voisin vosgien, avec d'excellentes individualités (notamment Jacob Alner et Kim Sunna, présents dans tous les bons coups) et un Hurajt des grands soirs. Redoutables contre-attaquants, ces Scorpions-là auraient encore pu gagner plus largement si le réveil spinalien n'avait pas sonné au début du troisième tiers-temps. Une fin de partie suffisamment consistante pour cette équipe en devenir, pour que l'on qualifie cette défaite d'encourageante.

Les bonnes dispositions d'un Gašper Sušanj appliqué et d'un Maxime Ouimet solide dans ses interventions et physique à bon escient (on le sent prêt à muscler son jeu quand le besoin s'en fait sentir) ont autant frappé que la complémentarité de l'indémodable duo Plch-Petrák. Une paire hors-pair complétée, ce soir, par un Benjamin Casavant en manque d'automatismes et de repères, comme la plupart de ses congénères. Des nouvelles recrues qui devraient être plus en vue demain (lundi) pour la venue d'Amnéville à Poissompré...

Mulhouse - Épinal 5-3 (2-1, 3-0, 0-2)
Dimanche 26 août à 19h45 à la patinoire de l'Illberg. 705 spectateurs.
Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté de David Courgeon et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Mulhouse 10' ; Épinal 18'.
Tirs : Mulhouse 37 (12, 17, 8) ; Épinal 33 (6, 9, 18).

Évolution du score :
1-0 à 13'58" : Alner assisté de Sunna et Raux
2-0 à 14'48" : Bini assisté de Pék
2-1 à 19'26" : Leroy assisté de Ouimet
3-1 à 23'53" : Löfberg assisté de Černý
4-1 à 24'09" : Sunna assisté d'Alner
5-1 à 30'45" : Alner assisté de Raux
5-2 à 44'07" : Bouchard assisté de Gauthier et Cacciotti
5-3 à 46'16" : Cacciotti assisté de Bouchard et Ouimet

Mulhouse

Gardien : Radovan Hurajt.

Défenseurs : Aleš Černý - David Sallander ; Francis Ballet (C) - Per Braxenholm ; Dušan Brincko - Maximilien Tromeur.

Attaquants : Marcus Kristoffersson - Christofer Löfberg (A) - Tarik Chipaux ; Jacob Alner - Damien Raux - Kim Sunna ;  Lukáš Pék - Jure Kralj - Lucas Bini.

Remplaçants : Mickaël Müller (G), Yann Marez, Michaël Marchand, William Kern, Romain Frey, Maxime Lutz. Absents : Jeff Martens (cuisse), Benoît Salvin.

Épinal

Gardien : Gabriel Girard (sorti de sa cage de 57'54'' à 60'00'').

Défenseurs : Maxime Ouimet - Fabien Leroy (C) ; Gašper Sušanj - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Jan Hagelberg ; Rémi Colotti ; Maxime Martin.

Attaquants : Steven Cacciotti - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Yannick Offret - Yoann Chauvière - Élie Raibon ; Kévin Benchabane - Anthony Rapenne - Romain Mauffrey.

Remplaçant : Nicolas Ravel (G).