Épinal - Amnéville (match de préparation)

antoine thomasD'un derby à l'autre

Battus la veille à Mulhouse (3-5), les Dauphins accueillent dans la foulée Amnéville - leur "sparring-partner" préféré - pour leur grande première à Poissompré.

Un derby a priori déséquilibré, même si une seule division sépare désormais les deux meilleurs clubs lorrains (avec la remontée des Galaxians en Division 1). Mais Amnéville a tout d'une proie facile, avec une équipe sans stars ni "tsars" (petit clin d'œil à l'époque russe du MAHC) non seulement privée de deux défenseurs (Ľubomír Dutkovič et le "revenant" Filip Vychodil, déjà absents samedi à Dunkerque), mais aussi de son capitaine Arnaud Disnard et de plusieurs de ses nombreux joueurs du cru (dont Adrien Maurer).

C'est dire si l'on ne donne pas cher de la peau des Mosellans, qui ne peuvent que surprendre tant les rapports de force leurs sont défavorables avec seulement deux gardiens et dix joueurs de champ (là où l'ICE peut s'appuyer sur l'intégralité de son contingent) ! Des Dauphins n'ayant pas fait très forte impression à l'Illberg, avec leurs très nombreuses nouvelles têtes et leurs quelques visages familiers, mais qui avaient plutôt bien terminé sous l'impulsion d'un Danick Bouchard très inspiré.

On souhaitait donc bien du courage à ces Galaxians fortement diminués, faiblement remaniés cet été et toujours articulés autour des mêmes leaders étrangers. Tous tchèques ou slovaques, comme bien souvent ces derniers temps dans la cité thermale où le manager Patrick Partouche et le coach Lubomir Pichonsky perpétuent, avec succès, ces filières slaves autrefois plébiscitées par l'état-major spinalien (qui ne jure actuellement plus que par les Canadiens). Un bon filon qui vit notamment débarquer les Jaromír Florián, Michael Šmálik, Štefan Klimek et autres Jakub Bradáč, un défenseur-buteur particulièrement d'attaque, l'an passé, en Division 2. Sans oublier Michal Stieranka, un jeune et massif (1,92 m pour 102 kg) gardien qui va veiller au grain durant une bonne partie de la soirée !

bouchard danick 2Aux frontières du réel

Oui, c'est un Stieranka de gala qui s'est dressé sur la route de Spinaliens rapidement privés de Rémi Colotti (sorti clopin-clopant après dix minutes de jeu) et véritablement incapables de passer la vitesse supérieure. Santino Pellegrino, qui donna un temps de glace très conséquent à ses troisième et quatrième trios en première période, aura donc vu ses troupes déjouer du début à la fin.

Peu habitués à de telles responsabilités, les Chauvière, Rapenne et Benchabane ont hélas vite démontré qu'il ne faudrait pas compter sur eux, ce soir, pour faire la différence. Un constat qui va également s'étendre au trio Casavant-Petrák-Plch, totalement improductif malgré cette grosse opportunité du premier nommé, qui va s'empaler sur Stieranka pour générer un rebond favorable à Stéphane Gervais. Mais voilà, dans le choc, le portier slovaque des Galaxians en a perdu son casque... et le but en cage vide du Franco-canadien se voit assez logiquement invalidé par les arbitres (05'34'') !

Malmenés par de vaillants Mosellans, qui leur donnent du fil à retordre en disputant tous les palets, les locaux font pâle figure. Imprécis et indisciplinés, ils doivent même trop souvent s'en remettre à leur meilleure individualité pour créer le danger.

Comprenez Danick Bouchard, encore au-dessus du lot ce soir... mais à qui la finition fait défaut avec un revers à bout portant non cadré (11e) et un tir frappé trop enlevé (14e). De très bonnes occasions, comme celle d'un Florián s'en allant faire passer une belle suée (13e) à un Girard ensuite sauvé par son montant sur l'un de ces maîtres-tirs dont Bradáč à le secret (15'29'') !

On croit rêver : les minutes défilent et les représentants de la Cité des Images sont toujours mis en échec, sur leur glace, par une formation quantitativement limitée et hiérarchiquement inférieure ! Rien de bien rassurant pour la suite des événements, surtout que Michal Stieranka, bien sur ses appuis, multiplie les arrêts. De loin comme de près. Du moins jusqu'à ce que Stéphane Gervais, bien décalé par Michal Petrák, ne fasse parler ses poignets pour enfiler la rondelle dans le haut du filet (1-0 à 15'08'')...

Lstieranka michala machine est lancée, crois-t-on, surtout qu'un palet dégagé par Sébastien Gauthier finit par profiter à Danick Bouchard, vif comme l'éclair... et donc bien plus rapide que l'arrière Michal Haluška (qui assurait la couverture) ! Mais toujours incapable de concrétiser devant ce Stieranka qui prend décidément beaucoup de place devant le filet (17'22'') ! Et se paye le luxe d'arrêter un tir de pénalité, exécuté par un Yannick Offret ayant tenté une feinte droite-gauche restée sans effet (17'54'') !

Pas de quoi pavoiser, côté spinalien, après ce premier-tiers très décevant qui n'annonce rien d'engageant. Une passe en retrait suivie d'une malencontreuse glissade de Peter Slovak... et voilà Štefan Klimek lancé vers un Gabriel Girard qu'il mystifie d'un magnifique revers en pleine lucarne (1-1 à 20'22'').

Sans automatismes, sans génie, voire sans envie (et sans un Stéphane Gervais mis hors-jeu par une lame cassée, mais de retour au troisième tiers), les hommes de Pellegrino balbutient leur hockey et butent toujours sur ce diable de Stieranka. Maxime Ouimet en un-contre-un (16'27'' et 28'35'') ou Ján Plch, en deux temps (33'55'') sont autant de témoins de cet état de grâce interrompu par une reprise à bout portant d'un Steven Cacciotti bien servi, à sa gauche, par Sébastien Gauthier (2-1 à 34'29''). Le même qui, dans la foulée, s'essayera d'un break-away enrayé par l'inévitable Stieranka (35'27'') !

Bouchard, toujours Bouchard...

Plus difficiles à manœuvrer que prévu, les protégés de Patrick Partouche (l'ancien gardien du temple spinalien au tout début des années 80) résistent et prouvent qu'ils existent, sur quelques contres ou en supériorité. Un domaine où excelle tout particulièrement l'imposant Jakub Bradáč, l'artificier slovaque des Galaxians. Mais son slap, contré au départ par Fabien Leroy, se transforme en véritable rcacciotti stevenampe de lancement pour Danick Bouchard. Un contre admirablement mené à bien par le Canadien, qui parvient à coucher le gardien pour mieux lever son revers par-dessus la jambière (3-1 à 39'14''). Quel talent !

Pour l'ICE, l'acte médian s'est donc mieux fini qu'il n'avait débuté. Mais l'Histoire, c'est bien connu, n'est qu'un éternel recommencement : un rebond gagnant du Tchèque Jaromír Florián (3-2 à 41'34'') ramenant les Galaxiens à portée de fusil de leur hôte vosgien.

Des Spinaliens toujours incapables d'élever leur niveau de jeu mais bénéficiant, en Danick Bouchard, d'une de ces individualités faisant la pluie et le beau temps. L'ailier québécois, qui avait pourtant suffisamment de champ pour tirer ou repiquer vers le gardien, préférant l'option passe en retrait vers un Sébastien Gauthier voyant son tir rasant filer au fond des filets (4-2 à 45'19'').

Danick Bouchard, en vrai chasseur de but, aura tenté d'y aller plus d'une fois en solo ce soir. Mais ce diable de Stieranka aura pris un malin plaisir à le frustrer. Le Slovaque ira toutefois rechercher un cinquième puck dans sa cage, expédié par un Cacciotti une nouvelle fois bien servi par Gauthier (5-2 à 53'35''). Déjà trois réalisations pour Steven Cacciotti sous ses nouvelles couleurs, signe que l'Italo-canadien s'est bien trouvé au côté de Danick Bouchard et Sébastien Gauthier. La seule ligne spinalienne actuellement en mesure de marquer...

Disons-le tout net, il n'y a rien de bon à retirer de ce derby côté spinalien. Tant collectivement qu'individuellement, à l'exception du trio Cacciotti-Gauthier-Bouchard sublimé par les qualités de ce dernier (auteur d'ailleurs d'un match à quatre points). Le public de Poissompré, déjà friand des accélérations et de la maîtrise technique de l'ancien Villardien, est en revanche plus réservé concernant Benjamin Casavant, qui ne pèse pas (encore ?) dans les débats (un comble pour une armoire à glace !). Les débuts laborieux de cet ancien choix de septième ronde (en 2009) des Washington Capitals rappellent étrangement ceux de son prédécesseur, un certain Maxime Boisclair...

Sans tirer de conclusions hâtives, on remarquera également que Gabriel Girard, fébrile par moments, n'est pas toujours très rassurant et qu'Élie Raibon, malgré ses mises en échec, n'a pas encore l'impact escompté. Mention aussi à Michal Petrák, qui aura fait plus d'un mauvais choix ce soir...

Espérons qu'Épinal n'aille pas à reculons dans sa préparation. Surtout qu'Amiens, premier adversaire des Dauphins au tournoi international de Colmar, se profile à l'horizon. Il est temps de mettre un peu d'huile dans les rouages avant ce week-end "marathon" fait de quatre matchs... en quatre jours !

Venus en comité réduit, les Galaxians d'Amnéville peuvent quant à eux regagner la cité thermale avec le sentiment du devoir accompli. Ils se sont fort bien défendus et ont, par moment, largement soutenu la comparaison avec un ensemble vosgien plus impressionnant sur le papier... qu'en vrai ! Antoine Thomas, le jeune capitaine mosellan, peut être fier de ses partenaires. Des remuants Štefan Klimek et Jaromír Florián aux solides Michael Šmálik et Jakub Kurka en passant par l'excellent Michal Stieranka (que l'on a longtemps cru imbattable) et les tout jeunes Sacha Maccioni et Florian Dars (loin d'être ridicules ce soir !), tous se sont démultipliés pendant soixante minutes pour limiter les dégâts. Rien que pour ça, chapeau bas messieurs les Amnévillois !

 

Épinal - Amnéville 5-2 (1-0, 2-1, 2-1)
Lundi 27 août 2012 à 20h00 à la patinoire de Poissompré. 507 spectateurs.
Arbitres : Stéphane Rousselin assisté de Sébastien Geoffroy et Christophe Moncozet.
Pénalités : Épinal 16' (4', 8', 4') ; Amnéville 18' (4', 2', 12').
Tirs : Épinal 39 (11, 15, 13) ; Amnéville 20 (4, 6, 10).

Évolution du score :
1-0 à 15'08" : Gervais assisté de Petrák et Plch (sup. num.)
1-1 à 20'22" : Klimek
2-1 à 34'29" : Cacciotti assisté de Gauthier et Bouchard (sup. num.)
3-1 à 39'14" : Bouchard assisté de Leroy (inf. num.)
3-2 à 41'34" : Florián assisté de Bradáč
4-2 à 45'19" : Gauthier assisté de Bouchard (sup. num.)
5-2 à 53'35" : Cacciotti assisté de Gauthier et Bouchard (sup. num.)


Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Maxime Ouimet - Fabien Leroy (C) ; Gašper Sušanj - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Jan Hagelberg ; Rémi Colotti ; Maxime Martin.
 
Attaquants : Steven Cacciotti - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Yannick Offret - Yoann Chauvière - Élie Raibon ; Kévin Benchabane - Anthony Rapenne - Romain Mauffrey.

Remplaçant : Mathieu Perrin (G).

Amnéville

Gardien : Michal Stieranka.

Défenseurs : Jakub Bradáč (A) ; Jakub Kurka ; Michal Haluška ; Jérémy Tisselin.

Attaquants : Štefan Klimek - Jaromír Florián - Michael Šmálik ; Sacha Maccioni - Antoine Thomas (C) - Florian Dars.

Remplaçant : Loïc Hilt (G). Absents : Filip Vychodil, Ľubomír Dutkovič (blessé), Arnaud Disnard, Adrien Maurer, Mathieu Munch, Julien Dupont.