Épinal - Mulhouse (match de préparation)

De la revanche dans l'air !

Ouimet MaximeÀ moins d'une semaine d'attendues retrouvailles en Coupe de la Ligue, Dauphins et Scorpions se jaugent une dernière fois à Poissompré.

Un match "retour" placé sous le signe de la revanche pour des Spinaliens dominés à l'Illberg dix jours auparavant (3-5). Les hommes de Santino Pellegrino s'étaient alors inclinés contre un adversaire mieux préparé, devenu ensuite finaliste du tournoi de Colmar... après s'être défait de l'Étoile noire (4-2) !

Pas contre l'idée de rafler un troisième derby d'affilée, Christer Eriksson sait qu'il peut compter sur ses "buteurs venus du froid". Tous Suédois, de Jacob Alner à Kim Sunna en passant par Marcus Kristoffersson et Christofer Löfberg, qui valent quinze des vingt-cinq buts marqués par les Scorpions en préparation.

Une forte proportion n'égalant toutefois pas celle des nouveaux Canadiens d'Épinal (les Cacciotti, Casavant, Bouchard, Gauthier et autres Ouimet), qui assurent une part encore plus active au pointage (soit les trois quarts de la production spinalienne dans cette pré-saison) !

Les dangers sont donc ciblés pour Radovan Hurajt et pour ce Gabriel Girard qui monte en puissance au fil des matchs. Un gardien franco-canadien ménagé dimanche matin, comme bon nombre de ses coéquipiers, pour affronter l'EHC Freiburg en match de classement. Des Wölfe difficiles vainqueurs, à Colmar, d'une ICE "hybride" (mi-Magnus, mi-D3) qui retrouve, ce soir, une configuration beaucoup plus habituelle (seul Yannick Offret fait défaut aux Dauphins).

Petit gabarit noyé au milieu des "grands formats" (les Braxenholm, Brincko, Kristoffersson, Sallander, Kralj, Pék, Alner et autres Löfberg frisent ou dépassent le 1,90 m...), Tarik Chipaux, l'ancien Spinalien, se produit pour la première dans la nouvelle patinoire de Poissompré. Devant un public clairsemé... et sans les inconditionnels Ultras (suffisamment rare pour être signalé) !

Chipaux TarikMarcus Kristoffersson, "réservé" dimanche pour la finale perdue face au Sary-Arka Karaganda, est lui bel et bien présent ce soir. Et s'il n'a pas récupéré son "C" (toujours confié à Francis Ballet), le grand suédois retrouve sa place en première ligne, au côté de Christofer Löfberg et d'un Jure Kralj sonné, d'entrée, dans un contact avec Steven Cacciotti (00'16").

Un choc valant deux minutes de pénalité à l'Italo-canadien... et une sortie temporaire pour le Slovène (le temps de récupérer) ! Cette première supériorité, inexploitée par des Scorpions peu inspirés offensivement, donne le ton d'une entame marquée par les accélérations d'un Danick Bouchard sur-motivé. Dans tous les bons coups ce soir... et presque sur tous les buts, nous le verrons plus tard !

Hurajt retarde l'échéance

Si Girard anticipe parfaitement en coupant le centre-tir de Ballet à destination de Sunna (02'32"), Hurajt a lui fort à faire pour contrer les vélléités du remuant canadien. Un Bouchard a surveiller comme le lait sur le feu et qui tentera plus d'une fois d'y aller en solo, fort de sa vivacité et de sa technicité. C'est qu'il n'a pas son pareil pour accélérer le jeu et faire la différence individuellement, toujours bien soutenu par Steven Cacciotti et Maxime Ouimet, le nouveau patron d'une défense spinalienne très présente physiquement dans ces premiers instants.

Très peu dangereux (car beaucoup trop peu entreprenants), les Haut-Rhinois n'ont eux pas grand-chose à se mettre sous la dent. Tellement peu, même, qu'ils se font contrer, sur leur deuxième supériorité (11'48"). Kévin Benchabane, lancé côté droit, temporisant pour éviter l'interception d'Aleš Černý et trouver Jan Hagelberg au second poteau. L'occasion est belle mais le Finlandais, servi trop près du gardien, ne peut correctement finaliser (13'30").

Ce diable de Bouchard, fermement décidé à marquer, n'a lui pas plus de réussite. Il se dépense sans compter et ne manque pas d'audace (parvenant même à s'immiscer entre deux défenseurs pour "attaquer" le filet) pour toujours aller de l'avant, "droit au but". Mais en pure perte... car cette cage alsacienne s'avère fort bien gardée !

Peu rythmé et pauvre en occasions, ce match n'offre pas grandes occasions de s'enthousiasmer. Restent la hargne de Bouchard et les parades de Girard, décisif devant Löfberg, qui semblait pourtant s'être ouvert le chemin du but (23'14").

Solide et réactif, le jeune Franco-Canadien n'aura rien eu à envier, ce soir, à son aîné. Un Radovan Hurajt resté longtemps infaillible, mais qui finira par craquer sous les assauts répétés de Spinaliens tout près d'ouvrir le score sur une déviation de Casavant (29'11"). Mais le but est refusé, pour une crosse haute...

Et c'est finalement Steven Cacciotti, sur un rebond favorable, qui en viendra à bout. L'ex-capitaine nocéen, comme souvent très bien placé, débloquant une situation figée (1-0 à 34'35"). Une joie de courte durée : Damien Raux, dans la foulée, trouvant la lucarne d'un tir flottant pris sans aucune conviction (1-1 à 35'08"). Un but "gag" que personne n'avait vu venir. Ni l'intéressé... ni Girard, surpris par cette étrange trajectoire !

Il n'en faut pas plus pour que ce derby s'emballe.Girard Gabriel La mitaine d'Hurajt ne tremble pas devant Casavant, à bout portant (36'06") et Girard s'interpose brillamment sur ce deux-contre-un mené par Kralj et conclu par Löfberg (37e). Le récent lauréat de la prestigieuse Coupe Memorial (avec les Cataractes de Shawinigan) récidive, peu après, d'un poke-check salvateur devant Lukáš Pék, qui avait proprement "enrhumé" Jan Hagelberg (38e) !

Cacciotti - Bouchard : l'arme fatale d'Épinal ?

Entre deux équipes assez proches l'une de l'autre, ce sont les petits détails qui font la différence. Les Scorpions, revenus au jeu sans Kristoffersson (que l'on sait gêné par ses adducteurs), s'appuient sur un groupe très homogène. Mais ils n'ont, de toute évidence, aucun "tigre" dans leur moteur. Contrairement aux Dauphins, qui disposent en Danick Bouchard d'un véritable dynamiteur !

Toujours aussi agressif dans les duels, l'ex-Villardien ne l'est pas moins sur le porteur du palet. Demandez à Francis Ballet, pressé, harcelé, puis "dépouillé" par ce Canadien qui ne lâche jamais rien (45'41"). Une action finalement infructueuse, mais qui en dit long sur la ténacité de cet ailier petit, mais costaud. Et surtout très talentueux.

Oui, ce "phénomène" est un sacré numéro, complémentaire, de surcroît, d'un Steven Cacciotti omniprésent et insolent d'efficacité depuis son arrivée. L'Italo-canadien déborde côté droit, trouvant le relais d'un Fabien Leroy renversant aussitôt au second poteau, vers un Danick Bouchard arrivant lancé à pleine vitesse. Ce dernier parvient à contrôler pour redresser la course du palet et centre, à l'opposé, vers un Cacciotti profitant, non sans mal, d'une cage ouverte à tous vents (2-1 à 49'24"). Passeur sur ce coup, Bouchard devient ensuite buteur après avoir récupéré le puck dans l'arrondi - à la barbe de Yann Marez - et repiqué vers le gardien pour marquer dans un trou de souris (3-1 à 52'27").

Les Dauphins ont pris le large grâce à leurs Canadiens... mais pas pour longtemps ! Jure Kralj, en contre, débordant côté gauche pour trouver Christofer Löfberg, à l'opposé, qui score d'un tir croisé (3-2 à 53'25"). Mais il était dit qu'Épinal arracherait ce derby. Michal Petrák, bien servi par Stéphane Gervais, pivote rapidement pour se remettre face au but et tire en force... sur la barre (56e) !

Puis Bouchard, encore lui, met toutes ses forces dans un slap en hauteur filant tout droit sur le masque d'Hurajt (57'56"). Le Slovaque reste groggy quelques instants mais se relève... pour aller chercher une quatrième rondelle au fond des filets (4-2 à 59'26"). Un énième rebond gagnant de l'inévitable Cacciotti, décidément très en verve ces temps-ci.

Un but donnant plus d'ampleur à une victoire spinalienne amplement méritée, mais qui doit beaucoup au rendement des nouveaux renforts québécois. Gabriel Girard s'est conjugué au presque parfait devant le filet tandis que Steven Cacciotti s'est fendu d'un triplé du plus bel effet. Danick Bouchard, insaisissable, infatigable, a lui encore fait très forte impression. Confirmant qu'il formait bien, avec Cacciotti, une paire "hors-pair". Assurément le duo gagnant d'Épinal ce soir !

Spinaliens et Mulhousiens se retrouveront mardi (pour de "vrai" cette fois-ci !) et vont maintenant passer à l'heure suisse. Les hommes de Christer Eriksson iront parfaire leur mise en condition ce vendredi dans le Jura (à Porrentruy), sur les terres du HC Ajoie. Un trajet effectué par les Dauphins l'an passé, le lendemain d'un déplacement corsé à La Chaux-de-Fonds. Un HCC qu'ils vont retrouver samedi, à Poissompré. La venue d'une formation de LNB aussi réputée, c'est un événement à ne pas manquer !

 

Épinal - Mulhouse 4-2 (0-0, 1-1, 3-1)
Mercredi 5 septembre à 19h30 à la patinoire de Poissompré. 212 spectateurs.
Arbitres : Philippe Forget assisté de Laurent Rouèche et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Épinal 4' ; Mulhouse 6'.
Tirs : Épinal 44 (13, 16, 15) ; Mulhouse 20 (7, 5, 8).

Évolution du score : 
1-0 à 34'35" : Cacciotti assisté de Ouimet (sup. num.)
1-1 à 35'08" : Raux
2-1 à 49'24" : Cacciotti assisté de Bouchard et Leroy
3-1 à 52'27" : Bouchard assisté de Ouimet
3-2 à 53'25" : Löfberg assisté de Kralj et Marchand
4-2 à 59'26" : Cacciotti


Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Maxime Ouimet - Fabien Leroy (C) ; Gašper Sušanj - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Jan Hagelberg ; Rémi Colotti.

Attaquants : Steven Cacciotti - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Kévin Benchabane - Yoann Chauvière - Élie Raibon.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Anthony Rapenne, Romain Mauffrey, Maxime Martin. Absent : Yannick Offret (douleurs costales).

Mulhouse

Gardien : Radovan Hurajt.

Défenseurs : Aleš Černý  - David Sallander ; Francis Ballet (C) - Per Braxenholm ; Dušan Brincko - Maximilien Tromeur ; Yann  Marez.

Attaquants : Marcus Kristoffersson (A, puis Michaël Marchand] - Jure Kralj - Christofer Löfberg ; Jacob Alner - Damien Raux (A) - Kim Sunna ;  Lukáš Pék - Tarik Chipaux - Lucas Bini.

Remplaçants : Mickaël Müller (G), William Kern, Romain Frey. Absents : Jeff Martens, Benoît Salvin.