Mulhouse - Épinal (Coupe de la Ligue, groupe B, 1re journée)

sallander davidIl est revenu, le temps du derby...

Le hors d'œuvre (la pré-saison) n'est pas encore totalement digéré que la Coupe de la Ligue reprend ses droits. Bientôt rayée du calendrier (au profit d'un allongement du championnat régulier), cette compétition "mal aimée" souffre d'un intérêt sportif très relatif. Surtout pour les deux sortants de la poule B (celle d'Épinal, Mulhouse, Amiens et Strasbourg), encore et toujours condamnés à se coltiner Angers ou Rouen au tour suivant...

Dans sa phase d'écrémage, la Coupe de la Ligue fait la part belle aux "derbys". Et c'est justement par l'une de ces confrontations spinalo-mulhousiennes (toujours très prisées des supporters) que s'ouvre cette septième et avant-dernière édition.

Une affiche alléchante malgré son petit goût de déjà-vu : les deux équipes s'étant déjà croisées deux fois en pré-saison. Avec un partage des gains... et un ascendant psychologique certain pour les Dauphins, qui sont progressivement montés en régime et restent sur une belle victoire à Poissompré devant La Chaux-de-Fonds (6-2). Les hommes de Christer Eriksson ont eux bouclé leur longue préparation par un cinglant revers vendredi à Porrentruy (0-6 contre Ajoie)...

Ce match amical dans le Jura suisse était peut-être celui de trop pour le promu alsacien, qui va bientôt compter dans ses rangs un nouvel attaquant. En fait un revenant ; le centre Stefan Lachapelle, qui était reparti dans son Ontario natal après le sacre des Scorpions... et a récemment manifesté son envie de retrouver son deuxième club français (après Deuil-Garges) ! Une volonté exaucée par le départ de son compatriote Jeff Martens, victime d'une préparation tronquée par les blessures.

Touché à l'épaule samedi face au HCC, Jan Hagelberg est lui le seul absent chez des Dauphins décidés à jouer sur plusieurs tableaux cette saison. Et qui entendent donc jouer le coup à fond, ce soir, contre un adversaire qu'ils connaissent bien... et qu'ils retrouveront très bientôt sur leur chemin !

Les Alsaciens étrennent quant à eux leur nouveau chandail - rouge, comme l'an passé - dans une patinoire de l'Illberg moins garnie qu'à l'accoutumée, où les Ultras donnent toujours de la voix pour encourager leurs protégés. Des Scorpions vite pénalisés (obstruction de Kristoffersson après seulement sept secondes de jeu !) et rapidement poussés dans leurs derniers retranchements par leurs assiégeants, qui vont monopoliser le palet pendant deux minutes et ainsi forcer Hurajt à s'employer.

Un tiers, deux visages

Mulhouse se sort sans dommage de cette périlleuse situation. Mais ce n'est que partie remise pour les Dauphins, qui arrivent à leurs fins sur une entrée en zone rondement menée par Ján Plch, initiateur d'une combinaison bien relayée, à sa gauche, par Michal Petrák vers Benjamin Casavant. Le massif ailier canadien, légèrement excentré, tire des poignets et voit son lancer flirter avec la base du montant gauche. Poursuivant l'action derrière la cage, il sert ensuite Plch au premier poteau. Un véritable caviar :  Radovan Hurajt n'ayant pu se replacer, c'est sans grande difficulté que le vétéran slovaque enfile le premier but de la soirée (0-1 à 04'34").

Les représentants de la Cité des Images ont pris le match par le bon bout et poursuivent sur leur lancée, ne laissant que les miettes à leurs hôtes. Des Scorpions ayant un temps de retard sur toutes leurs actions et lésés par un jeu collectif approximatif. Les passes n'arrivent pas, ce qui facilite la tâche de Spinaliens bien en place et plus entreprenants, comme portés par l'incessante activité de leurs deux premiers trios. Et plus particulièrement celui d'un Danick Bouchard très en vue, comme toujours. Le Québécois faisant plus d'une fois apprécier sa technicité, libérant notamment Fabien Leroy pour un shoot repoussé par Radovan Hurajt. Sébastien Gauthier est présent au rebond mais ne peut conclure du revers (10e).

Offfret YannickL'ex-Gapençais, plus passeur que buteur, est aussi un gros travailleur participant activement à un effort collectif ayant longtemps bridé les velléités offensives mulhousiennes. Du moins jusqu'à cette incursion d'un Kristoffersson mystifiant la défense en décochant un tir rasant filant entre les jambières de Girard inexplicablement resté sans réaction (1-1 à 10'16").

Surpris par le tir soudain du Suédois, Gabriel Girard se ressaisit aussitôt devant Kim Sunna (11'46"). Mais ce but marqué contre le cours du jeu a le don de totalement relancer les Scorpions.

Plus mordants et se  trouvant plus facilement (ça aide pour les contre-attaques), ils équilibrent les débats malgré l'énergie déployée par ce diable de Bouchard, encore au-dessus du lot ce soir. Une forte individualité ratant étonnement la rondelle (et une cage grande ouverte) sur un rebond consécutif à un essai de Fabien Leroy (15e) !

Pas plus en réussite, Damien Raux rate, pour sa part, un face-à-face avec Gabriel Girard (16'03"), qui pare de l'épaule l'essai de l'international français (bien servi par Jacob Alner) et remet ça peu après. Sallander récupérant le puck dans son camp et s'échappant sur le flanc gauche pour mieux servir Löfberg à l'opposé. Mais là encore, Girard répond présent (17'55").

Les alertes s'enchaînent dangereusement devant la cage des visiteurs, bien moins fringants qu'en début de partie et plus d'une fois pris de vitesse dans les derniers instants du premiers tiers-temps. Une période "sans" pour l'ICE, qui n'aura dû son salut qu'aux interventions salvatrices de son gardien, qui endosse pourtant la culpabilité du premier but mulhousien.

Comme bien souvent à l'Illberg, de petits problèmes de glace (un trou récalcitrant devant le banc des pénalités et plusieurs flaques d'eau derrière la cage) retardent le coup d'envoi de l'acte médian, qui débute avec dix bonnes minutes de retard. Et s'ouvre sur une nouvelle démonstration de la complémentarité de ce trio Cacciotti-Gauthier-Bouchard sublimé par le talent et la vista du dernier nommé.

Même enfermé ligne de fond, l'ancien Villardien trouve le moyen de parfaitement servir Gauthier, qui se retrouve seul dans l'enclave... mais voit la botte d'Hurajt intervenir en sa défaveur (20'34") ! Un gardien par la suite malchanceux de repousser le tir de Fabien Leroy... sur le patin de Steven Cacciotti, pour une partie de "flipper" favorable au "renard" italo-canadien (1-2 à 24'30"). Quelle coûte cher cette pénalité (assortie d'une méconduite) de David Sallander !

Mécontents de la tournure que prennent les événements, les Ultras se lâchent un peu sur leurs "amis" spinaliens, venus en petit comité dans les gradins. Une poignée de ressortissants vosgiens n'hésitant pas à les chambrer, par tribune interposée, pendant que la tension monte d'un cran sur le glaçon. Marcus Kristoffersson et Stéphane Gervais manquant même d'en venir aux mains (25'35") !

Des Dauphins "tueurs" de pénalités !

C'est qu'ils ont du répondant ces Dauphins, bien armés pour le défi physique. Mais bientôt rattrapés par les pénalités : Petrák raccrochant au passage Hurajt, sorti derrière sa cage (31'09"), avant qu'Offret ne soit à son tour incarcéré (31'15"). Une double peine générant une double infériorité numérique plutôt bien gérée par les Spinaliens, qui vont faire corps devant leur gardien (par ailleurs très inspiré) en bloquant plus d'un lancer et en coupant de nombreuses lignes de passe pour écarter le danger. Passeraient-ils maîtres dans l'art de tuer les pénalités ?

Pareil abattage défensif et une telle rage de vaincre ne sont assurément pas pour déplaire à Santino Pellegrino, qui à de toute évidence réussi son recrutement et son pari en cernant bien les besoins d'une équipe dépourvue, l'an passé, d'éléments aussi "guerriers". Entre un Sušanj plus complet qu'il n'y paraît (on est loin d'un Armando Scarlato !) et un Ouimet taille-patron, les satisfactions sont légion... surtout que les "anciens" se sont mis au diapason !

À l'évidence, les Alsaciens tombent sur un os... mais ils n'entendent pas reGirard Gabriel échauffementnoncer aussi facilement et tentent de se faire toujours pressants devant Girard, qui voit Chipaux rater une cage ouverte à bout portant (37e). Une occasion grandeur nature qui aurait très bien pu terminer au fond des filets...

Toujours en quête d'un troisième but libérateur, les Vosgiens souffrent de plus belle au retour des vestiaires... et passent à un poteau de l'égalisation ! Christofer Löfberg, un peu surpris de se retrouver si bien placé devant le gardien, écrasant son lancer (41e).

Puis c'est Maxime Ouimet qui gagne un "aller simple" sur le banc des pénalités (42'50"), pour une méconduite préjudiciable à ses coéquipiers privés, pour dix minutes, de leur nouveau leader défensif. Une absence poussant les Leroy, Slovák, Sušanj et consorts à se démultiplier pour repousser d'incessants assauts. Comme cette montée de Tarik Chipaux, qui va s'appuyer sur Lukáš Pék pour s'en aller défier un Gabriel Girard devenu proprement infranchissable (41'55") !

On dit souvent qu'il n'y pas de bonne équipe sans un bon gardien. Une vérité confirmée par un Gabriel Girard solide au poste, qui assure et rassure en frustrant notamment Jure Kralj d'une belle mitaine à bout portant (48'20"). Des arrêts importants ayant fait pencher la balance en faveur de ses couleurs, qui sortiront encore indemnes d'une petite minute passée à trois contre cinq grâce à l'implication de chacun. Une défense de tous les instants aura eu raison de ces valeureux Mulhousiens, qui auront contesté jusqu'au bout ce court mais précieux succès, avec la ténacité qu'on leur connaît.

Les Scorpions doivent finalement s'avouer vaincus après ce troisième but, œuvre d'un Ján Plch expédiant la rondelle par-dessus la mitaine de Radovan Hurajt (1-3 à 55'58"). Une réalisation qui doit beaucoup au travail réalisé derrière la cage par Benjamin Casavant. Cette fois, c'est plié...

Une victoire qui en appelle d'autres

Si les Mulhousiens regretteront d'avoir autant péché dans la finition, le clan spinalien appréciera cette victoire à sa juste valeur. Et la savourera, comme toutes celles ramenées de l'Illberg. Une enceinte longtemps maudite pour les Dauphins, qui y ont plus perdu que gagné dans le passé... et ne partiront pas battus d'avance, samedi, sur les terres de l'ogre rouennais !

Tout n'est pas à jeter pour les Scorpions, qui n'ont pas démérité mais auront surtout manqué de jus et d'efficacité. Habitué aux victoires, le public de l'Illberg va sûrement voir ses Scorpions perdre un peu plus souvent cette saison. Mais rien ne dit que les coéquipiers de l'excellent Marcus Kristoffersson (l'un des fers de lance de l'attaque haut-rhinoise) ne battront pas Chamonix samedi. Ils en ont les moyens. Et l'envie...

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin et L'Alsace) :

Santino Pellegrino (entraineur d'Épinal) : "J'avais un bon pressentiment en venant ici. On a fait un match solide même si on peut être surpris par certaines décisions arbitrales. On le sait et il faut rester discipliné. On se bat et on bloque beaucoup de tirs, ça me plaît. Avec ça on peut gagner des matchs et on aura plus de chances d'en gagner d'autres. Girard a bien réagi mais je n'avais pas de doutes car c'est un combattant."

Christer Eriksson (entraîneur de Mulhouse) : "On a été lent dans les jambes et dans les têtes. On a été crispés et on n'a jamais vraiment réussi à nous libérer. Il y a eu trop de déchets et les belles actions ont été trop sporadiques. On a manqué de fraîcheur et d'explosivité et on n'a pas été assez agressifs. Plch s'est baladé avec le palet. Nous, on s'est trop penchés sur des actions individuelles. Il n'y a pas eu de fighting spirit collectif. Épinal est une équipe prenable et c'est un match à oublier." 

Mulhouse - Épinal 1-3 (1-1, 0-1, 0-1)
Mardi 11 septembre 2012 à la patinoire de l'Illberg. 827 spectateurs.
Arbitres : Jérémy Rauline assisté de Sébastien Geoffroy et Guillaume Florentin.
Pénalités : Mulhouse 24' (4', 16', 4') ; Épinal 26' (2', 8', 16').
Tirs : Mulhouse 29 (7, 11, 11) ; Épinal 36 (14, 10, 12).

Évolution du score :
0-1 à 04'34" : Plch assisté de Casavant et Petrák
1-1 à 10'16" : Kristoffersson assisté de Černý
1-2 à 24'30" : Cacciotti assisté de Leroy et Ouimet (sup. num.)
1-3 à 55'58" : Plch assisté de Casavant et Petrák


Mulhouse

Gardien : Radovan Hurajt.

Défenseurs : Aleš Černý - David Sallander ; Francis Ballet (C) - Per Braxenholm ; Dušan Brincko - Maximilien Tromeur.

Attaquants : Marcus Kristoffersson (A) - Jure Kralj - Christofer Löfberg ; Jacob Alner - Damien Raux (A) - Kim Sunna ; Lukáš Pék - Tarik Chipaux - Lucas Bini ; Michaël Marchand.

Remplaçants : Mickaël Müller (G), Yann Marez, William Kern, Benoît Salvin. Absent : Stefan Lachapelle (en attente de qualification).

Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Maxime Ouimet - Fabien Leroy (C) ; Gašper Sušanj - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Rémi Colotti.

Attaquants : Steven Cacciotti - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Kévin Benchabane - Yannick Offret - Élie Raibon ; Anthony Rapenne - Yoann Chauvière - [Raibon].

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Romain Mauffrey, Kevin Pernot. Absent : Jan Hagelberg (luxation de l'épaule).