Épinal - Amiens (Coupe de la Ligue, groupe B, 2e journée)

Des lendemains qui chantent ?

Gabriel Girard 1On espérait le meilleur des Spinaliens à Rouen. Eh bien ceux-ci ont fait encore mieux en réalisant l'énorme exploit de s'imposer à l'Ile-Lacroix (4-2) !

Une surprise qui n'en est pas vraiment une tant ces Spinaliens revus et corrigés partagent la même rage de vaincre. Et ont toutes les cartes en main pour aller loin. Cependant, qui aurait cru que la mayonnaise prendrait si vite dans cette équipe refaite du sol au plafond durant l'intersaison ?

Répondant parfaitement aux attentes en terme d'engagement, d'efficacité et de combativité, les nouveaux arrivants n'ont donc pas tardé à s'adapter à leur nouvel environnement. Et s'il en est un qui crève tout particulièrement l'écran, c'est bien Gabriel Girard, un gardien d'avenir qui se conjugue au présent.

Assurément l'un des hommes en forme du moment chez les Dauphins, aussi bien partis en championnat qu'en Coupe de la Ligue après le succès ramené de l'Illberg mardi dernier (3-1). Un derby victorieux aiguisant forcément les appétits dans une compétition ne leur ayant jamais vraiment réussi (peut-être aussi parce qu'ils ne l'ont jamais vraiment joué à fond...).

Les "boys" de Santino Pellegrino ont le vent en poupe et partent donc favoris contre Amiens. Pourtant, en d'autres temps, affronter les Gothiques, c'était faire face à l'un des grands favoris du championnat. Une vérité plus d'actualité, même s'il convient de se méfier de la jeune troupe d'Heikki Leime, battue samedi à Villard (3-4) et toujours co-leader de la poule B. Mais pour combien de temps encore ?

Santala les cueille à froid...

Les vainqueurs de Rouen, encore tout auréolés de leur retentissant succès, sont donc très attendus pour leurs débuts officiels à Poissompré. Mais ce sont bien les Picards, venus dans l'idée de jouer les trouble-fête (rôle qui sera de toute façon le leur cette saison), qui entrent le mieux dans la partie. L'ex-Rouennais Jimi Santala, à mi-distance, décochant un lancer filant sous la mitaine d'un Gabriel Girard vraisemblablement masqué (0-1 à 00'52").

Danik BouchardVoilà l'ICE cueillie à froid. Elle qui avait pris la bonne habitude de toujours ouvrir le score, doit maintenant tirer de l'arrière... et aller de l'avant ! Plus facile à dire qu'à faire, surtout que les Amiénois, bien en place, défendent chèrement leur acquis malgré la différence de gabarits et l'intensité d'un Maxime Ouimet, qui n'a pas son pareil pour "muscler" le jeu et asséner de solides mises en échec...

Étonnement poussifs, comme empêtrés dans un faux-rythme, les hockeyeurs spinaliens peinent à prendre la mesure de leur adversaire. Manquant cruellement de vitesse et de liant dans ces premiers instants, ils ont donc peu d'occasions à se mettre sous la dent. Reste ce break de Cacciotti, qui profite d'un écran pour s'offrir un duel singulier... bien paré du bouclier (09'16") !

La première infraction spinalienne, sifflée à l'encontre de Rémi Colotti (11'49"), confirme le mode d'emploi du powerplay amiénois. Un jeu de puissance essentiellement articulé autour de l'axe Gascon-Bergin, avec tous les palets convergeant au centre, vers l'imposant ailier canadien. À savoir Kevin Bergin, le seul à véritablement tenter sa chance durant ce temps faible bien géré par des Dauphins fidèles à leur (nouvelle) réputation de "tueurs" de pénalités !

Faute d'y arriver collectivement, les hommes de Pellegrino s'en remettent à leurs meilleures individualités. On pense forcément à Danick Bouchard, tout près d'égaliser suite à un petit exploit de Sébastien Gauthier. Ce dernier orientant son contrôle de manière à renverser sur Bouchard, qui venait de le servir. Mais Santanen, solide au poste, répond encore présent (14'26").

Coriaces au possible, les Gothiques ne manquent pas une occasion de contrer à l'image d'un Julien Corriveau très remuant. Mais sanctionné d'un retenir (17'37") offrant deux minutes de supériorité numérique aux Vosgiens, qui feront chou blanc. Et pourront par la suite remercier leur "ange gardien" Gabriel Girard de faire aussi bonne garde dans sa cage. Le probable futur international français sort l'un de ces arrêts dont il a le secret sur ce deux-contre-un mené par Gascon et conclu par l'intenable Corriveau (20'34") !

Une intervention d'autant plus décisive qu'Épinal, plus entreprenant, pDavid Bastieneine à concrétiser une domination allant crescendo. Le déclic n'est pourtant pas loin, surtout que cette défense amiénoise (où brille tout particulièrement Aziz Baazzi et son aîné Vincent Bachet) commence à montrer certains signes de faiblesse.

Il faudra une accumulation de pénalités libérant les espaces, à quatre-contre-trois, pour voir ce déboulé rageur de Danick Bouchard côté gauche suivi d'un centre aux petits oignons à destination d'un Steven Cacciotti plongeant au second poteau (1-1 à 29'06"). Et dire qu'auparavant, Girard s'était fendu d'un superbe arrêt-réflexe (28e) devant Bastien, complétement oublié dans l'enclave (28e)...

C'est donc peu dire que "Gaby" a toute la panoplie du grand gardien. Une mitaine ferme, d'excellents fondamentaux et même, parfois, le soutien de ses poteaux. Comme sur ce frappé court d'un Corriveau visant la lucarne opposée... mais trouvant le montant gauche du Franco-canadien (29'48") !

Julien Corriveau venait alors de quitter le banc d'infamie... pour mieux y retourner (30'01"), toujours flanqué de son "grand ami" Gašper Sušanj ! Le Slovène allant jusqu'à s'expliquer avec ce Québécois résolument teigneux au détour d'un rebond âprement disputé (pour un début d'altercation expédiant également Gervais et Claireaux au cachot)...

La victoire est en eux !

Une simple péripétie... avant le tournant du match ! Avec Anthony Rapenne (remplaçant le décevant Élie Raibon sur le troisième trio) auteur d'une belle accélération parachevée, de près, par Yoann Chauvière. L'ancien de Montpellier joue les "héros" en coupant, au premier poteau, la passe en retrait de son cadet, qui semblait pourtant parti pour contourner la cage (2-1 à 32'17").

La riposte amiénoise ne se fait bien sûr pas attendre mais Martin Gascon, échappé côté droit, voit sa tentative finir bien au chaud, dans la mitaine d'un Gabriel Girard fermant à double tour son angle gauche (35'34"). Toujours prêt à se projeter rapidement vers l'avant, Gascon n'aura donc pas connu la réussite devant ce Girard décidément très inspiré et sans qui l'ICE ne s'en serait peut-être pas si bien tirée ce soir... 

Hormis les prouesses du gardien, l'autre satisfaction de la soirée restera le carton plein des trios spinaliens, tous présents sur la feuille de pointage après ce rebond gagnant de Benjamin Casavant. Un but à l'arrachée, consécutif à un tir de Ján Plch repoussé par Juho Santanen (3-1 à 46'29").

Cette réalisation du massif ailier canadien, spécialisé dans les buts de "raccroc", repousse un peu plus l'éventualité d'un retour amiénois. Les offensives picardes ne font que mettre en valeur Gabriel Girard, véritable assurance tous risques avec sa mitaine, très sûre. En face, celle de Santanen ne l'est pas moins et le cerbère finlandais essuie les tirs sans coup férir (notamment devant Leroy à bout portant, 56e) pour garder les siens dans le coup. Jusqu'au bout. Et ainsi préserver la flamme de l'espoir, totalement ravivée après ce centre de Martin Gascon décalant parfaitement Grégory Béron au second poteau. L'Amiénois laissant Girard se coucher pour mieux nettoyer le haut du filet (3-2 à 58'57").

Mais il était dit qu'Amiens ne briserait pas, ce soir, la dynamique victorieuse de ses hôtes. Des Dauphins s'étant fait quelques frayeurs inutiles sur la fin, mais qui tenteront bel et bien la passe de quatre samedi, face à Chamonix....

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin) :

Santino Pellegrino (entraîneur d'Épinal) : "Ce n'était pas notre meilleur match mais on a quand même trouvé le moyen de gagner même si cela a pris un peu de temps. On a peut-être pris ce match un peu à la légère. Nous n'étions pas prêts dans nos têtes. J'ai vu aussi quelques erreurs que nous n'avions pas faites depuis longtemps. On a failli leur donner l'égalisation en fin de match par notre faute et c'est inacceptable."

Épinal - Amiens 3-2 (0-1, 2-0, 1-1)
Mardi 18 septembre 2012 à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 456 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Jérémy Métais et David Courgeon.
Pénalités : Épinal 10' (2', 6', 2') ; Amiens 12' (2', 8', 2').
Tirs : Épinal 30 (7, 10, 13) ; Amiens 23 (7, 4, 12).

Évolution du score :
0-1 à 00'52" : Santala assisté de Roussel et Claireaux
1-1 à 29'06" : Cacciotti assisté de Bouchard et Leroy (sup. num.)
2-1 à 32'17" : Chauvière assisté de Rapenne et Offret
3-1 à 46'29" : Casavant assisté de Plch et Gauthier
3-2 à 58'57" : Béron assisté de Gascon et Bergin


Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Maxime Ouimet - Fabien Leroy (C) ; Gašper Sušanj - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Rémi Colotti.

Attaquants : Steven Cacciotti - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Yoann Chauvière - Yannick Offret - Élie Raibon [puis Rapenne] ; Kévin Benchabane - [alternance de centres] - Anthony Rapenne.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Romain Mauffrey, Kévin Pernot. Absent : Jan Hagelberg (épaule).

Amiens

Gardien : Juho Santanen (sorti de sa cage à 59'41").

Défenseurs : Aziz Baazzi - Vincent Bachet (C); Thomas Roussel - Jimi Santala ; Nicolas Leclerc -  Alexis Besson.

Attaquants : Julien Corriveau - Martin Gascon (A) - Luka Bašič ; Valentin Claireaux - David Bastien - Grégory Béron ; Marius Serer - Aïna Rambelo - Kevin Bergin (A).

Remplaçants : Léo Bertein (G), Maurin Bouvet, Romain Carpentier. Absent : Romain Bault (entorse de la cheville).