Autriche - Allemagne (match du centenaire)

LATUSA Manuel-110430-114En général, quand on est invité à l'anniversaire de son petit frère, il est de bon ton de ne pas lui voler la vedette. Surtout quand le petit frère en question vit dans votre ombre et vous jalouse un peu. Il faut croire que l'Allemagne a négligé cette règle de bonne conduite.

Ce match placé de manière inhabituelle dans le calendrier est destiné à fêter le centenaire de la fédération autrichienne de hockey sur glace. Clou du gala, la présentation de "l'équipe du siècle" de l'Autriche, dont les membres reçoivent pendant la pause des prix des mains représentants de fédérations étrangères. Le gardien Reinhard Divis est ainsi récompensé par à un illustre ancien occupant de son poste, Vladislav Tretiak, tandis que le président de la FFHG Luc Tardif est convié à cette belle compagnie et remet son prix au défenseur Martin Ulrich. Mais en fait d'équipe du siècle (Divis / Hohenberger-Ulrich / Brandner-Kalt-Vanek), tous ses membres ont fait carrière dans les vingt dernières années ! Le jury d'experts ? Le grand ancien Sepp Puschnig a reçu pour sa part un prix distinct, celui de "joueur autrichien du siècle".

Mais même en Autriche, on a moins parlé de ce vote que du capharnaüm autour de l'équipe d'Allemagne. À quelques jours du match, et à cinq mois d'un tournoi de qualification olympique capital (où elle rencontrera l'Autriche, ce qui n'était pas prévu lors de l'organisation de ce match !), les Allemands étaient toujours sans sélectionneur ! Dans le cadre de l'accord entre la DEL et la fédération, les deux organisations avaient pourtant formé un "groupe de compétences" chargé de désigner le futur entraîneur. Sa lenteur a fait jaser... Il faut dire que, quand on veut à la fois que le candidat ne soit pas cher et qu'il ne cumule pas une fonction en club, le choix devient une quadrature du cercle...

Après la piste Dan Ratushny (l'entraîneur canadien de Straubing), c'est seulement le week-end dernier que la rumeur a désigné Pat Cortina, l'entraîneur de Munich, qui a déjà dirigé des équipes nationales pendant dix ans. Bingo ! Il a signé pour trois saisons comme entraîneur et directeur sportif, et quittera son travail en club dans un an. Il a été nommé... la veille du match. In extremis ! Non, en fait, trop tard. Cortina n'est même pas présent à Vienne. Les habituels adjoints Ernst Höfner et Klaus Merk coachent à deux.

HORDLER Frank-110511-316L'effectif est évidemment assez conformiste, la seule vraie nouvelle tête est David Wolf, qui ouvre d'ailleurs le score d'un tir du poignet. Mais le jeu défensif de l'Allemagne est parfois vacillant (étonnant après une telle "préparation", non ?) et Gregor Baumgartner égalise avant la première pause.

Les deux équipes changent de gardien à la mi-match. Jochen Reimer remplace alors Rob Zepp dans la cage allemande, et manque de chance, son équipe se retrouve aussitôt en infériorité numérique à cause d'un coup de coude de Marcus Kink. Un des joueurs autrichiens les plus dangereux, Manuel Latusa, en profite pour marquer, imité trente secondes plus tard par Markus Schlacher.

L'Allemagne est menée de deux buts et continue d'accumuler les pénalités en début de troisième période. Mais alors qu'elle joue à un homme de moins, Martin Buchwieser s'empare du palet, échappe aux griffes de la défense et se joue du gardien au premier poteau. Buchwieser est aussi impliqué sur l'égalisation avec une passe en retrait pour Patrick Hager. Le renversement de situation est total pour les Allemands puisque Frank Hördler marque le but vainqueur d'un slap de la ligne bleue en supériorité numérique (Johannes Reichel en prison pour retenir).

Martin Buchwieser sera élu meilleur joueur allemand du match, mais ne sera plus là pour recevoir sa récompense. Et pour cause : il a été expulsé à 56'43" pour une charge dangereuse, crosse en main, dirigée à la nuque de Kirisits. Les Autrichiens ont donc fini la partie à 6 contre 4, mais sans pouvoir égaliser.

On en conclut que l'Allemagne n'avait pas besoin d'entraîneur : elle bat l'Autriche quand même ! Mais nul doute que ses supporters ne lui pardonneront pas de telles frayeurs quand viendra l'heure de la qualification olympique.

Commentaires d'après-match

Emmanuel Viveiros (entraîneur de l'Autriche) : "Pendant 40 minutes, nous avons très bien joué et appliqué notre plan. Malheureusement nos deux buts d'avance ne nous ont pas conduit à la sécurité, nous n'avons plus fait confiance à notre système. Malgré la défaite, nous avons pu voir que nous tenions à ce niveau. C'est important pour la suite, quand nous jouerons deux autres fois contre l'Allemagne [en qualifaction olympique puis au Mondial]. Défensivement, en tout cas, nousdevrons être meilleurs. À ce niveau la moindre erreur se paye."

 

Autriche - Allemagne 3-4 (1-1, 2-0, 0-3)
Mardi 18 septembre 2012 au Eissportzentrum Kagran de Vienne. 2950 spectateurs.
Arbitrage de Wolfgang Fussi (AUT) assisté de Michael Hofstätter et Martin Smeibidlo (AUT).
Pénalités : Autriche 10' (4', 2', 4'), Allemagne 37' (2', 2', 8'+5'+20')
Tirs : Autriche 30 (12, 5+5, 8), Allemagne 29 (11, 2+9, 7).

Évolution du score :
0-1 à 09'16" : D. Wolf assisté de Kink et Flaake
1-1 à 19'38" : Baumgartner assisté de T. Raffl et Trattnig
2-1 à 31'31" : Latusa assisté de Baumgartner (sup. num.)
3-1 à 32'02" : Schlacher
3-2 à 45'16" : Buchwieser assisté de Weiss (inf. num.)
3-3 à 49'25" : Hager assisté de Buchwieser et N. Goc
3-4 à 53'30" : Hördler assisté de Mo. Müller et Rankel (sup. num.)


Autriche

Gardien : Fabien Weinhandl puis à 30'09" René Swette [sorti de sa cage à 58'44"].

Défenseurs : Matthias Trattnig (-1, 4') - Daniel Welser ; Johannes Kirisits - Johannes Reichel (2') ; Martin Schumnig (+1) - Mario Altmann ; Dominique Heinrich (-2).

Attaquants : Manuel Latusa (-1) - Thomas Koch - Gregor Baumgartner ; Stefan Geier (-1, 2') - Raphael Herburger (-1, 2') - Manuel Geier (-1) ; Martin Mairitsch (+1) - Daniel Oberkofler - Martin Grabher-Meier (-1) ; Mario Fischer - Michael Schiechl - Thomas Raffl (+1) ; Markus Schlacher.

Allemagne

Gardien : Rob Zepp puis à 30'09" Jochen Reimer.

Défenseurs : Denis Reul - Nicolai Goc ; Moritz Müller - Frank Hördler ; Felix Petermann (+1) - Benedikt Schopper (+1) ; Tim Schüle - Sinan Akdag.

Attaquants : Michael Wolf (-1, 2') - Kai Hospelt (2') - André Rankel (-1, 2') ; Frank Mauer (-1) - Daniel Pietta (-1) - Patrick Reimer (-1, 2') ; Jerome Flaake (+1) - Marcus Kink (+1, 4') - David Wolf (+1) ; Patrick Hager (+1) - Alexander Weiss (+1) - Martin Buchwieser (+2, 5'+20').