Épinal - Chamonix (Ligue Magnus, 2e journée)

Et àjan Plch la fin, c'est Épinal qui gagne !

C'est en leader que "Cham" était venu défier les Dauphins l'an passé, se voyant détrôné à l'issue d'un match spectaculaire et brillamment remporté par les locataires de Poissompré (6-3). Un succès aux allures de sommet dans la saison des Dauphins, qui avaient sorti le grand jeu pour mettre au pas l'équipe surprise du championnat. Un statut qui pourrait bientôt leur coller aux patins, surtout s'ils poursuivent sur leur lancée (puisqu'ils restent, pré-saison comprise, sur six victoires d'affilée)...

Mais pour ne pas faire retomber le soufflé, il leur faut s'imposer contre un adversaire ayant su conserver une certaine stabilité malgré la perte, cet été, de deux éléments-clés de ses succès. Comprenez Florian Hardy et Brent Patry, fers de lance passés d'un CHC toujours privé du vétéran Laurent Gras (blessé) et du très talentueux Francis Charland, dont le premier des trois matchs de suspension fut purgé mardi (face à Dijon).

Le potentiel offensif des Chamois s'en retrouve donc diminué ... mais il reste tout de même quelques atout dans les manches de Stéphane Gros, qui n'a sûrement pas manqué de concocter un plan sans "accrocs". Le genre de stratégie pensée pour faire déjouer n'importe quelle équipe un peu trop "joueuse" !

Ce savoir-faire tactique n'a pourtant pas permis au plus titré des clubs français de rentabiliser son premier déplacement en championnat, à l'Illberg (3-4), chez des Scorpions fermement décidés à laver l'affront spinalien subi quatre jours plus tôt en Coupe de Ligue (1-3). Une compétition qui réussit étonnement bien aux Vosgiens, tombeurs d'Amiens mardi (3-2) pendant que les Masson, Lauzon et autres Latulippe se montraient incapables de forcer le verrou dijonnais (0-3). Qu'allait-il en être, ce soir, face à Gabriel Girard ?

LaTerrier Matthias patinoire de Poissompré résonne encore de l'hommage rendu aux deux Guillaume(s) les plus célèbres du hockey spinalien (Chassard et Papelier) qu'Ares s'en va déborder côté gauche pour tester l'ultime rempart des Dauphins (00'32"). Clément Fouquerel doit lui aussi rapidement intervenir, devant un Michal Petrák oublié de tous... sauf de Ján Plch (01'19") !

Le premier arrêt d'une longue série, pense-t-on, surtout que l'ancien portier caennais voit ses nouveaux coéquipiers enchaîner subitement les pénalités. Trois en moins d'une minute, dont une attribuée à Matthias Terrier (monté presser un Gabriel Girard avancé et sanctionné d'une charge incorrecte, 05'02").

Mais si le jeu en désavantage numérique est l'un des points fortsdes Dauphins, le powerplay est encore loin de donner satisfaction. Pour preuve ces longs instants de double supériorité "gaspillés" par les hommes de Santino Pellegrino, tout près d'ouvrir le score, pourtant, sur un but inexplicablement refusé à Michal Petrák. Le Tchèque, à l'affût du rebond, s'y reprenant à deux fois pour loger la rondelle en hauteur, dans un trou de souris, à la suite d'un tir en coin de Benjamin Casavant (07'32") !

Une "injustice" vite réparée sur une entrée en zone de Ján Plch suivie d'un tir repoussé par Clément Fouquerel au-devant de Benjamin Casavant. L'opportuniste ailier canadien prend le rebond pour marquer du revers (1-0 à 08'53"). L'ICE manque même de doubler la mise sur une accélération de Yannick Offret, qui pousse jusqu'à contourner la cage pour désorienter le gardien et centrer dans la foulée. Une passe coupée du patin par Riku Silvennoinen, qui écarte ainsi le danger (09'45")...

Relativement peu dangereux jusque-là, les Chamois finissent par bénéficier d'une première supériorité (12'30"), où Girard s'illustre en stoppant très proprement le tir à bout portant d'Hascoët (14'29"). Puis d'une deuxième, peu après (14'53"). Mais là encore, les Alpins n'en profitent pas (l'ICE n'a pas le meilleur box-play du championnat par hasard)... et finissent par se faire piéger sur un palet de contre bien négocié par Sébastien Gauthier. Le Québécois file côtLauzon Carlé droit pour adresser un centre parfait à Petrák, tout frais sorti du banc d'infamie et qui ne manque pas d'ajuster la lucarne opposée (2-0 à 17'03"). Masson et Silvennoinen, venus au repli, ne parviennent pas à couper ce caviar millimétré...

Touchés, mais pas encore coulés, les joueurs du CHC vont réagir de la meilleure des façons. Même s'il s'agit avant tout d'un véritable exploit individuel de Carl Lauzon, parti de son camp remonter le puck aux avant-postes. Le Canadien croise ensuite avec Patxi Biscard pour mieux servir Jay Latulippe au second poteau. L'Américain venu du championnat néerlandais réceptionnant sa passe - un genou à terre - en ouvrant bien son revers, histoire d'expédier la rondelle dans le haut du filet (2-1 à 17'49"). Une magnifique réalisation, tant dans sa conception que dans sa finition !

Une histoire de poteaux...

Place, maintenant, à un véritable festival d'occasions ratées. Tour à tour Plch, Casavant et Gervais, dans la même action, ratent l'estocade au retour des vestiaires (21e) tandis qu'une mauvaise appréciation de Colotti, sur un palet de dégagement flippé, manquera de profiter à Aimonetto (24'40"). Mais Girard, vigilant, joue les pompiers de service.

Puis c'est Jay Latulippe, toujours du revers, qui s'en ira buter sur l'homme masqué (25'16"). Avant qu'une rampe de lancement nommée Ouimet ne mette sur orbite la fusée Bouchard, pour une nouvelle chaude alerte devant la cage de Fouquerel (26'17") ! Le cerbère chamoniard voit ensuite sa transversale repousser l'essai de Petrák, qui s'était échappé... et fait se lever Poissompré (26'50") !

Une enceinte bien remplie qui sera le théâtre de l'expulsion de Fabien Veydarier (26'30"), assortie d'une pénalité majeure atténuée par les deux minutes distribuées à Bouchard (26'30"). L'ICE ne fera rien des trois minutes de supériorité restantes. Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué... mais plutôt la finition qui a fait défaut aux locaux !

Et faute d'avoir su enfoncer le clou, les hommes de Santino Pellegrino restent à la merci des contres adverses. Il s'en d'ailleurs faut de peu (en fait d'un poteau) pour qu'Omar Pacha, à bout portant, ne bonifie l'offrande du remuant Matthias Terrier (33e). Un Pacha doté d'un tir des poignets précis et puissant, mais décidément peu en réussite devant Girard, qui brandit sa plus belle mitaine pour frustrer son compatriote, pourtant idéalement servi par Lauzon (35'32").

Dans le dur, les Dauphins passent pourtant tout près d'accroître leur avance sur un slap rageur de Fabien Leroy, qui expédie son projectile... sur l'arête de la cage (36'28") ! Un poteau de plus dans ce match âprement disputé qui met à rude épreuve les nerfs de Santino PellegrFouquerel Clément 1ino. Ses troupes, ayant plus d'une fois frisé la correctionnelle durant cet acte médian, s'en remettant trop souvent à l'excellent Gabriel Girard, qui n'aura donc pas manqué d'occupation.

L'ancien junior shawiniganais sortant même de "supers" arrêts, rattrapant notamment l'erreur de Peter Slovák (coupable d'un palet égaré dans sa zone) en se dressant devant Terrier, une nouvelle fois bien servi par ce diable de Lauzon (38e).

Girard livre encore tout un match devant son filet, confirmant tout le bien fondé de son arrivée. Le coup de cœur de Santino Pellegrino s'avère être un coup de maître tant ce jeune Franco-canadien enchaîne les performances de choix en faisant preuve d'une belle régularité (contrairement à ses prédécesseurs, qui étaient capables du meilleur comme du pire). Car ce soir encore, "Gaby" aura su se dresser en muraille infranchissable quand il le fallait. 

Au retour des vestiaires, Chamonix s'active toujours autant pour égaliser. Les Chamois sont pourtant malmenés physiquement et régulièrement chahutés par les Maxime Ouimet et autres Fabien Leroy, aussi solides dans les duels que souverains contre la balustrade et dans les coins. Mais ils compensent par leur vitesse d'exécution et une certaine faculté à se projeter rapidement vers l'avant, à l'image d'un Clément Masson pas verni de voir sa tentative heurter l'un des montants (52'08") !

Tout aussi vif, Danick Bouchard (57e) passe lui à un poteau (!) d'un troisième but libérateur, qui sera finalement inscrit par Ján Plch. Le vétéran slovaque tirant à réception d'une passe en retrait de Michal Petrák, décochant un lancer rasant. Et c'est fois, c'est poteau rentrant (3-1 à 57'10") !

Épinal a vaincu le signe indien et retrouve, brusquement, toute son efficacité. Danick Bouchard en remet une couche en s'infiltrant dans la défense pour glisser, du revers, la rondelle entre les jambières (4-1 à 57'39"). Le CHC n'y est plus et se laisse submerger, une dernière fois sur une montée d'un Petrák s'appuyant sur Gervais pour prendre Fouquerel à contre-pied (5-1 à 58'14").

Ces buts, que les Dauphins ont mis si longtemps à marquer, son enfin arrivés, embellissant un succès acquis de haute lutte. Une victoire au forceps contre un adversaire valeureux, en mal de réussite actuellement et qui ne vaut assurément pas son classement. Contrairement aux hommes de Santino Pellegrino, désormais leaders, qui poursuivent leur sans-faute et restent invaincus, tant en championnat qu'en Coupe de la Ligue...

Jamais les hockeyeurs spinaliens n'avaient pris un si bon départ dans toute leur histoie. Surtout depuis leur retour parmi l'élite du hockey français (en 2003). Autant dire que la semaine à venir (celle des deux "derbies", à Strasbourg puis à Dijon) pourrait permettre aux partenaires de Stéphane Gervais d'étendre leur étonnante série d'invincibilité ! Oui, l'outsider spinalien, avec son assise défensive (jamais plus de deux buts encaissés par match) et sa diversité offensive (encore quatre buteurs différents ce soir), n'a pas fini de faire parler de lui...

Réactions d'après-match (dans Vosges-Matin

Santino Pellegrino (entraîneur d'Épinal) : "À 2-1, on a su gérer la partie mais c'était un drôle de match. Le but que l'on a encaissé nous a fait mal. C'est une grosse erreur de notre part où on ne prend pas nos hommes à deux minutes de la fin d'un tiers. C'est inacceptable."

Stéphane Gros (entraîneur de Chamonix) : "Sur ce que l'on a montré, on aurait pu gagner. Épinal n'a pas touché le palet pendant un bon moment et leur gardien a encore été très bon. L'absence de deux attaquants importants nous a pénalisés. On a lâché sur la fin et ce n'est pas normal."

Épinal - Chamonix 5-1 (2-1, 0-0, 3-0).
Samedi 22 septembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 200 spectateurs.
Arbitres : Bruno Colléoni assisté de David Courgeon et Thomas Caillot.
Pénalités : Épinal 8' (4', 4', 0') ; Chamonix 33' (6', 2'+5'+20', 0').
Tirs : Épinal 35 (11, 13, 11) ; Chamonix 29 (11, 11, 7).

Évolution du score :
1-0 à 08'53" : Casavant assisté de Plch
2-0 à 17'03" : Petrák assisté de Gauthier et Girard
2-1 à 17'49" : Latulippe assisté de Lauzon et Biscard
3-1 à 57'10" : Plch assisté de Petrák et Casavant
4-1 à 57'39" : Bouchard assisté de Gauthier et Ouimet
5-1 à 58'14" : Petrák assisté de Gervais et Casavant

Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Maxime Ouimet - Fabien Leroy (C) ; Gašper Sušanj - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Rémi Colotti.

Attaquants : Steven Cacciotti - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Yoann Chauvière [puis Élie Raibon à 40'00"] - Yannick Offret [puis Chauvière à 40'00"] - Anthony Rapenne.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Kévin Benchabane, Romain Mauffrey, Kevin Pernot. Absent : Jan Hagelberg (reprise).

Chamonix

Gardien : Clément Fouquerel.

Défenseurs : Fabien Veydarier - Arthur Cocar ; Omar Pacha - Andreas Nilsson ; Riku Silvennoinen - Damien Torfou.

Attaquants : Arnaud Hascoët - Clément Masson (A) - Matthias Terrier ; Patxi Biscard - Jay Latulippe - Carl Lauzon ; Jérémy Ares - Richard Aimonetto (A) - Alexandre Audibert (C).

Remplaçants : Tom Charton (G), Clément Colombin. Absents : Francis Charland (suspendu), Laurent Gras (entorse du genou).