Épinal - Briançon (Ligue Magnus, 4e journée)

Fin de souimet max 1érie pour les Dauphins

Ambiance des grands soirs à Poissompré pour ce qui aurait dû être le retour de Toby Lafrance sur les terres de ses premiers exploits français. Un "come-back" de tous les diables que l'heureux papa d'un petit garçon (depuis la veille) n'a pu effectuer. Et tant pis pour les retrouvailles avec ses ex-coéquipiers, qui n'en finissent plus de gagner... et restent sur neuf victoires d'affilée (pré-saison comprise) !

Ne s'avouant décidément jamais vaincus, les hommes de Santino Pellegrino en ont encore épaté plus d'un, mardi, en revenant triomphants du Coliséum d'Amiens (5-3). Trois jours après s'être difficilement défaits des Ducs dijonnais (9-7) à Trimolet, au terme d'un mémorable derby. Un duel épique, riche en buts et en rebondissements, sur une petite glace piégeuse à souhait... pour un succès valorisant confirmant qu'Épinal joue bel et bien dans la cour des grands !

L'appétit venant en mangeant, les Dauphins n'entendent pas s'arrêter en si bon chemin. Mais si l'ICE, meilleure attaque du championnat, a remporté ses sept premiers matchs officiels, Briançon n'en a perdu qu'un seul et reste sur cinq succès consécutifs... tout en n'ayant jamais encaissé plus de deux buts par match depuis le début de la saison !

Une "défense de fer" personnifiée par la solidité d'un Ronan Quemener retrouvé devant le filet. Comme si l'air pur des Hautes-Alpes avait requinqué l'ex-Rouennais, qui avait véritablement explosé à Gap avant d'échouer à Grenoble l'an passé.

Bien que prolongée mardi à Pôle Sud (2-1), cette série tire forcément vers sa fin. Tout comme celle des hockeyeurs spinaliens face à leurs homologues haut-alpins, qu'ils n'ont plus battu à cette époque de l'année depuis le 18 octobre 2003...

Soit quelques jours avant l'arrivée d'un certain Luciano Basile, qui doit également se passer des services de Teemu Linkomaa et Jakob Milovanovič, mais enregistre le retour bienvenu de Loïc Lampérier. Ce dernier a la lourde responsabilité de remplacer Toby Lafrance, qui donne pleine mesure à ses qualités de finisseur aux côtés de Mitja Šivic et Marc-André Bernier (au point de rester sur deux triplés en trois matchs)...

Difficile mise en route...

Mais l'absence du centre québécois ne semble pas affecter ses habituels compagnons de trio. Et notamment Šivic, bénéficiaire d'un excellent travail préparatoire de Lampérier. L'ex-Rouennais, pas plus inquiété que ça par Leroy, déborde côté gauche, travaille en fond de zone et passe en retrait vers Marc-André Bernier. Lequel renvoie aussitôt sur Mitja Šivic, qui se démarque dans le slot pour déjouer Gabriel Girard du revers, au second poteau (0-1 à 00'18"). Une action qui en dit long sur le degré de passivité d'une défense aux abonnés absents...

C'est quemener ronanl'entame rêvée pour ces Briançonnais diminués, sur le papier, mais renforcés par cette rapide ouverture du score. Des visiteurs qui se battent comme de beaux diables et participent activement à l'effort collectif, s'appuyant sur un système défensif éprouvé pour faire déjouer des Spinaliens étonnement empruntés. Mais bien décidés à recoller. Au plus vite, pour ne pas laisser le piège se refermer.

Des efforts désordonnés, pour un seul "vrai" lancer de Cacciotti, bien capté de la mitaine par Quemener (05'45"). Un portier bien secondé par sa garde rapprochée, suffisamment alerte et soudée pour résister à deux infériorités successives (05'56" et 08'26").

Bien regroupés derrière, les Diables rouges sont en phase avec leur philosophie, naturellement défensive, et freinent leurs vélléités, se laissant dominer pour mieux contre-attaquer. Une tactique restrictive et peu spectaculaire... mais terriblement efficace !

Surtout que la réussite est ce soir au rendez-vous. Luciano Basile voyant ses hommes doubler la mise sur une ouverture d'Olli Jokinen (pas le NHLer, son homonyme...), qui renverse côté gauche sur Boštjan Goličič. L'international slovène met les gaz et s'excentre pour tenter sa chance, dans un angle totalement impossible... et voit son tir bas croisé filer sous la mitaine d'un Girard désabusé (0-2 à 13'33") ! On croit rêver...

Un malheur n'arrivant jamais seul, l'ICE se voit aussitôt sanctionnée (14'45"). Mais "l'armée rouge" fait chou blanc à sa première supériorité. C'est toujours ça de gagné pour les locataires de Poissompré qui laissent, pour l'instant, une impression très mitigée.

... avant la "déroute" !

La situation est grave... mais pas encore désespérée ! Surtout qu'Épinal peut compter sur son homme en forme du moment. Un Petrák enfilant les buts comme des perles ces derniers temps... et qui trouve le poteau, au retour des vestiaires (20'27") ! Là-dessus, Quemener était battu. Mais l'ancienne doublure de Sopko (à Rouen) se ressaisit promptement, au plus fort de plusieurs temps faibles générés par deux pénalités (Szélig à 19'34" et Trabichet à 20'43").

petrak MSouvent intraitable, à l'image de ses tauliers Szélig, Wysopal et Trabichet, l'arrière-garde briançonnaise fait corps devant son gardien. Et quand la défense va, tout va, c'est bien connu. Un adage qui ne manque pas de se vérifier sur ce "une-deux"  Bernier-Lampérier conclu, à bout portant, par le premier nommé. Et entre les bottes du gardien, s'il vous plaît (0-3 à 26'38") !

Estimant que la "plaisanterie" avait assez duré, Michal Petrák prend les choses en main et remonte la glace pour décocher un tir rasant filant entre les bottes de Ronan Quemener (3-1 à 27'41").

"Monsieur un but par match" a encore frappé. Cela suffira t-il à remettre le train spinalien sur de bons rails ? Pas si sûr, surtout qu'un coup de gueule malvenu (27'41") offre un nouvel avantage numérique à cette "bande à Basile" décidément bien difficile à manœuvrer. Mais toujours incapable de venir à bout de ce box-play passé maître dans l'art de tuer les pénalités.

Tout ceci nous amène au tournant du match : ce but refusé à Gašper Sušanj, pour une cage déplacée (sur le replacement de Quemener au premier poteau). Le massif défenseur slovène, qui avait pris le rebond d'un slap non cadré de Stéphane Gervais, nettoyant proprement la lucarne de Ronan Quemener (31'31"). Une joie de courte durée, douchée par la décision de référés expédiant ensuite Goličič (31'31") et Korenko (31'55") au cachot, pour une quasi-double supériorité que les Vosgiens ne sauront exploiter.

Cette finition, qui a tant fait défaut aux Dauphins, sourit ce soir aux Briançonnais, qui en remettent un couche sur une action initiée par Mathieu Frécon et relayée par Bostjan Goličič, qui laisse toutefois échapper le palet. Mais ce puck n'est pas perdu pour tout le monde et Dave Labrecque, à l'affût au second poteau, punit une défense réduite à l'état végétatif (1-4 à 37'02"). Une action fatale à Peter Slovák, qui regagnera son banc clopin-clopant, visiblement touché au genou...

Pris de vitesse par Loïc Lampérier, Fabien Leroy n'a d'autre choix que d'accrocher l'ex-Rouennais, qui s'en allait défier qui vous savez (37'53"). Pas de tir de pénalité appelé, mais une supériorité rentabilisée par Labrecque qui, d'un maître-tir pris deplabrecqueuis le rond d'engagement, se fait un plaisir d'expédier la rondelle sous la barre (1-5 à 38'29"). Parfaitement servi par Goličič, le Canadien (qui a longtemps côtoyé Girard à Shawinigan, dans le junior majeur québécois) s'offre ainsi le doublé... et sonne le glas des espoirs spinaliens !

Un cinglant retour sur terre

L'ICE prend une leçon d'efficacité et vit-là un soir "sans", comme elle n'en avait encore jamais connu depuis le début de la saison. Autant dire que la cause est entendue au second entracte, même si, avec ces Dauphins, on n'est jamais sûr de rien !

Mais ce soir, point d'exploit. Pas de folle remontée. Juste une défaite alourdie par un sixième but inscrit par Marc-André Bernier (1-6 à 44'01"). Le grand ailier québécois punit un énième rebond concédé par Gabriel Girard, à l'initiative d'un Loïc Lampérier s'étant parfaitement acquitté de sa mission : remplacer Toby Lafrance, dont l'absence n'a finalement pas porté préjudice aux Diables rouges. Même si beaucoup ressasseront ce but refusé à Sušanj, qui aurait pu tout changer...

Le mal étant fait, le nombreux public de Poissompré doit se contenter d'un épilogue sans suspense, sans rythme. Mais pas sans intérêt, surtout que Danick Bouchard réduit l'écart de fort belle manière, en prenant de vitesse ses vis-à-vis pour s'offrir un duel singulier qu'il parvient à mener à bien. L'ailier canadien, aussi vif et nerveux que talentueux, déboule à la gauche du gardien, sur son revers, pour marquer de près, côté mitaine (2-6 à 48'54").

Les Dauphins reprennent du poil de la bête et se font alors plus pressant devant un Quemener appliqué et suffisamment roublard pour déplacer sa cage dans les moments chauds. Ce qui fait forcément monter la température... et tomber casques et gants, sur une belle empoignade mêlant Hagelberg et Chakiachvili (52'01"). Tandis que Danick Bouchard et le rugueux Viktor Szélig, qui se livrent un duel sans merci, se rendent coups pour coups... sans s'attirer les foudres qu'un quatuor arbitrsusanj gaspral qui n'aura, ce soir, pas fait l'unanimité !

De quoi pimenter une fin de partie marquée par le baroud d'honneur des hockeyeurs spinaliens, qui ne s'étaient plus inclinés, dans leur fief de Poissompré, depuis le 21 janvier dernier (face à Neuilly-sur-Marne).

À croire que le manager de l'AS Nancy-Lorraine, exceptionnellement présent dans les travées (et venu accompagné de la mascotte des "Chardons", au fond du trou en Ligue 1 et encore humiliés la veille à Saint-Étienne) a emmené avec lui les "ondes négatives" émanant du stade Marcel-Picot...

Toute série ayant une fin, cette première défaite devait bien finir par arriver. C'en est donc terminé de la dynamique victorieuse des Dauphins, enterrée par de très solides briançonnais qui auront su profiter des faiblesses d'un Gabriel Girard que l'on a connu plus inspiré (avec six buts encaissés en seulement vingt-deux lancers !).

L'inefficacité maladive du powerplay n'a rien arrangé, avec de longues séquences d'occupation en zone offensive ne débouchant sur rien de concret. Le problème n'est donc pas un manque d'envie, mais plutôt d'efficacité. Décidément le maître mot de la soirée !

Cette défaite fait un peu désordre, mais il vaut mieux en relativiser la portée. Surtout qu'Épinal a l'occasion de vite rebondir, dès mardi, face au voisin mulhousien. Histoire de ne pas laisser le doute s'installer...

Réactions d'après-match (dans Vosges-Matin) :

Santino Pellegrino (entraîneur d'Épinal) : "On a joué un hockey de rattrapage et on a été obligé de prendre des risques. Ce n'était pas la fin du monde d'avoir vite pris un but. Cette défaite n'est pas une question d'envie car on n'a pas lâché, mais on a mal travaillé. On doit aussi mieux contrôler nos émotions. C'est un match difficile car on ne mérite pas de perdre sur un tel score."

 

Épinal - Briançon 2-6 (0-2, 1-3, 1-1)
Samedi 6 octobre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1320 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli et Benjamin Gremion assistés d'Anne-Sophie Boniface et Thomas Caillot.
Pénalités : Épinal 16' (4', 4', 8') ; Briançon 34' (8', 8', 18').
Tirs : Épinal 33 (11, 14, 8) ; Briançon 22 (7, 6, 9).

Évolution du score :
0-1 à 00'18" : Šivic assisté de Bernier et Lampérier
0-2 à 13'33" : Goličič assisté de Jokinen et Trabichet
0-3 à 26'38" : Bernier assisté de Lampérier
1-3 à 27'41" : Petrák assisté de Sušanj et Gervais
1-4 à 37'02" : Labrecque assisté de Goličič et Frécon
1-5 à 38'29" : Labrecque assisté de Goličič (sup. num.)
1-6 à 44'01" : Bernier assisté de Lampérier et Šivic
2-6 à 48'54" : Bouchard assisté de Cacciotti et Gauthier


Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Maxime Ouimet - Fabien Leroy (C) ; Gašpr Sušanj - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Jan Hagelberg.

Attaquants : Steven Cacciotti - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Yoann Chauvière - Yannick Offret [puis Jan Hagelberg ou Kevin Benchabane]- Anthony Rapenne.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Élie Raibon, Rémi Colotti, Kevin Pernot, n°90.

Briançon

Gardien : Ronan Quemener.

Défenseurs : Viktor Szélig (A) - Brett Wysopal ; Florian Chakiachvili - Teddy Trabichet (A) ; Pierre Crinon - Michal Korenko.

Attaquants : Mitja Šivic - Loïc Lampérier - Marc-André Bernier (C) ; Boštjan Goličič - David Labrecque - Olli Jokinen ; Peter Bourgaut - Sébastien Rohat - Mathieu Frécon ; Cédric Di Dio Balsamo, Thybaud Rouillard.

Remplaçant : Aurélien Bertrand (G). Absents : Toby Lafrance (raisons familiales), Jakob Milovanovič (reprise), Teemu Linkomaa (malade).