Épinal - Mulhouse (Coupe de la Ligue, groupe B, 5e journée)

Une simplecacciotti steven 1 formalité ?

Grosse ambiance (et beaucoup d'invités) à la patinoire de Poissompré, pleine à craquer, où les Dauphins ont à cœur de se racheter après leur défaite concédée samedi face aux Diables rouges de Briançon (2-6).

Après avoir longtemps surfé sur la vague du succès, les joueurs de la Cité des Images entendent prouver leur capacité de réaction face aux Scorpions. Des Alsaciens considérablement amoindris par la suspension de Stefan Lachapelle et l'absence de leurs deux défenseurs d'expérience, Dušan Brincko et Aleš Černý (tous deux alités).

Sans parler de l'indisponibilité prolongée d'un Radovan Hurajt sorti sur blessure à Rouen (dix jours auparavant) et reposant toujours ses adducteurs récalcitrants au profit de Mickaël Müller, son jeune suppléant. Et pour ne rien arranger, "Mìlhüsa" traverse une mauvaise passe matérialisée par cinq revers d'affilée (la dernière samedi face au leader grenoblois)...

S'ils n'ont plus grand-chose à espérer de cette Coupe de la Ligue, les hommes de Christer Eriksson savent qu'une victoire renflouerait un capital confiance égratigné par trois semaines d'insuccès. Mais voilà, les Spinaliens entendent s'approprier ce derby, ne serait-ce que pour empocher ces deux points supplémentaires qui leur assurerait la suprématie de la poule B. Et l'avantage de la glace au tour suivant, contre Angers ou Rouen...

Il n'y a pas si longtemps, les Scorpions venaient en "ogre" à Poissompré et se faisaient une spécialité de corriger les Dauphins. Les plus anciens n'ont pas oublié, mais ce complexe d'infériorité qui n'a plus lieu d'être aujourd'hui : l'ICE n'ayant jamais disposé d'un potentiel aussi élevé. Un éventail de possibilités d'ailleurs largement entrevu le mois dernier. Et Mickaël Müller, qui poursuit son intérim devant le filet, va vite comprendre qu'Épinal n'a pas la meilleure attaque du championnat pour rien. Premier pressing du trio canadien... et première alerte de Bouchard !

Les locaux, déterminés à laver l'affront briançonnais, n'ont donc pas tardé à lâcher les chevaux. C'est qu'ils en ont sous le capot les boys de Pellegrino, qui tournent à quatre lignes. Un signe extérieur de richesse intérieure, surtout que les "seconds couteaux" ne sont pas les moins tranchants à l'image d'un Anthony Rapenne décomplexé. Et tout près d'assister Benjamin Casavant, bien servi par le CHIPAUX Tarik-111203-027jeune spinalien avant d'enrhumer son vis-à-vis pour tenter sa chance à bout portant (03'45").

Müller pare sa tentative du bouclier et récidive, peu après, au grand soulagement de ses coéquipiers. Des Scorpions moins entreprenants que leurs hôtes, mais qui ont du répondant et auront, dans ces premiers instants, tenté de se projeter rapidement vers l'avant. Sollicitant occasionnellement un Girard très vigilant, en bons contre-attaquants...

Mais ne vous y trompez pas, ce sont bien les Spinaliens qui mènent la danse et ouvrent le score très logiquement à la suite d'un bon travail de Sébastien Gauthier en fond de zone pour libérer Danick Bouchard dans le slot. Qui vise juste, entre les bottes (1-0 à 05'37") !

C'est déjà le début de la fin pour les Alsaciens, qui ne vont dès lors plus parvenir à soutenir la comparaison. Malgré tous leurs grands gabarits, les Scorpions ne font pas le poids et le fossé va se creuser au fil des minutes. Au gré des occasions, comme sur ce palet de récupération destiné à Kristoffersson, mais récupéré par un Sušanj alertant aussitôt Petrák. Lequel se remet dans le sens du jeu et ouvre, à sa droite, sur Casavant qui en fait de même vers Plch. Le vétéran slovaque, toujours en première intention, renversant ensuite sur son compère tchèque, qui se retrouve lancé seul face au gardien. Mais le "serial buteur" trouve Müller sur son chemin (06'37") !

C'est dire si la rondelle circule vite et bien côté spinalien grâce à la complémentarité des deux premiers blocs. Une fluidité qui fait bien des misères à une arrière-garde diminuée (même si le centre Jure Kralj est là pour "dépanner").

Et si Mickaël Müller retarde encore l'échéance en jouant de la botte devant Ján Plch (8e), le jeune gardien alsacien ne pourra rien sur le shoot limpide de Gašpr Sušanj, parfaitement décalé par l'inévitable Ján Plch (2-0 à 10'58"). Et dire que ce talent à l'épreuve du temps, qui fait toujours les beaux jours d'Épinal (après avoir fait le bonheur de tant de clubs d'Extraliga) aurait été mulhousien sans le dépôt de bilan des Scorpions à l'été 2005...

Passé ce deuxième but, cela tourne à la démonstration et il n'y a même, par moments, qu'une seule petrak michal 1équipe sur la glace. Mangés dans les duels et surclassés, tant collectivement qu'individuellement, les visiteurs ne voient plus le jour.

La domination spinalienne vire même à l'attaque/défense. Et pas seulement à la faveur de supériorités numériques, même si Jure Kralj, en retenant Ján Plch (13'24"), facilitait le travail de ses hôtes. Qui n'en feront rien, malgré plusieurs actions bien construites mettant Müller à contribution.

S'il en est un qui frise le plein emploi, en ces temps économiquement difficiles, c'est bien l'habituelle doublure de Radovan Hurajt, qui parvient nénamoins à tenir le score. Mais les Spinaliens, bien partis pour ne faire qu'une bouchée des Mulhousiens, ne sont pas encore rassasiés...

L'incarcération de Kristoffersson (20'19") ramène rapidement le loup dans la bergerie. Sur jeu placé, Gašpr Sušanj cherche et trouve la déviation de Michal Petrák, qui passe de peu à côté (22e). Müller était pris à contre-pied.

Le 3-0 n'était pas loin. Le 3-1 non plus sur ce contre de Löfberg, bien servi par Kristoffersson (24'08"). Mais Gabriel Girard fait bonne garde, se montrant avare de rebonds le plus souvent, tout en étant fort bien secondé par sa garde rapprochée. Une défense sur laquelle règne Maxime Ouimet, avec cet "œil du tigre" qui le caractérise et cette solidité qu'on lui connaît.

N'oublions pas Stéphane Gervais, qui se couche bien devant Damien Raux pour "court-circuiter" un deux-contre-un (26'29"). Autant d'avertissement sans frais pour les Spinaliens, qui tardent à tripler la mise mais arriveront à leurs fins sur un tour de cage réussi de Yoann Chauvière (3-0 à 27'06"). Un tir de contournement filant entre les jambières de l'infortuné Mickaël Müller, ensuite surpris par un centre-tir de Sébastien Gauthier (4-0 à 29'37"). Quelques secondes, seulement, après s'être bien détendu pour capter, de la mitaine, le slap rasant de Fabien Leroy...

Damien Raux, qui a vu cette action depuis le banc des pénalités, fut l'un des Scorpions les plus en vue ce soir avec Marcus Kristoffersson, cheville ouvrière et bras armé d'un collectif combatif, mais limité. Et l'international français, à l'affût d'un long dégagement contre la bande, voit un alléchant deux-contre-un se dessiner. Mais cette fois-ci, c'est Rémi Colotti qui interfère dans sa passe (destinée à Christofer Löfberg). Gabriel Girard, dans le continuité, se chargeant d'écarter définitivement le danger (32e).

Pour toi, public !

DBouchard Danick1éroulant un jeu léché, les Vosgiens régalent leur public dans une ambiance de corrida (chauffée par la présence d'une sympathique fanfare étudiante) et mettent à profit l'obstruction de Löfberg (37'33") pour à nouveau faire parler la poudre. Pas sur ce one-timer de Cacciotti, qui touche, du bois (37'51"). Ni même sur cette reprise à bout portant de Petrák, repoussée on ne sait trop comment (39'02"). Mais plutôt sur ce caviar du centre tchèque, d'ouest en est, à destination d'un Ján Plch esseulé au second poteau (5-0 à 39'10").

C'est allé vite. Trop vite, encore une fois, pour les Haut-Rhinois, qui regagnent têtes basses les vestiaires sous les yeux de leur seul et unique supporter, noyé dans la masse mais aisément reconnaissable à son écharpe et son maillot !

À n'en pas douter, les Ultras seront là, le 24 novembre prochain (dans le cadre du championnat), ce qui donnera une toute autre allure à ce derby apparu, ce soir, trop déséquilibré.

Aussi le blanchissage, pour Gabriel Girard, n'aurait pas été volé. Seulement voilà, l'invincibilité du Franco-canadien vole en éclats sur une percée de Damien Raux, qui remet dans son dos sur Marcus Kristoffersson, dont le slap, repoussé, est repris par l'international français. Un tir filant par-dessus l'épaule de Girard (5-1 à 42'23"). Dommage pour l'ancien junior shawiniganais, qui devra encore attendre avant de célébrer son premier jeu blanc français !

Cette relative déception est toutefois vite surmontée par l'efficacité retrouvée du powerplay, articulé autour d'un trio Petrák-Plch-Gervais revendiquant l'entière responsabilité du sixième but spinalien. Le Slovaque étalant sa vision du jeu en trouvant Stéphane Gervais dans l'enclave, qui fait à son tour trembler les filets (6-1 à 44'23").

Un "café-crème"... et l'addition !

Toujours brillant dans l'ombre de ses ailiers (Bouchard et Cacciotti), Sébastien Gauthier a eu plus d'une occasion d'en mettre au fond mais ses tentatives, trop lointaines, n'inquiètent pas outre mesure Mickaël Müller.

Un gardien qui en aura eu plein les bottes... et plein la hotte, même s'il n'aura pas démérité en sortant plusieurs arrêts bien sentis tout au long de la partie. L'ex-junior rouennais sera même à la parade devant Bouchard, formidable manieur de rondelle s'il en est, qui avait pris le meilleur sur Tromeur en usant d'un joli "café-crème" (55'33"). Une feinte du plus bel effet, qui en dit long sur sa rapidité d'exécution...

Danick Bouchard, en véritable showman, aura donc assuré le spectacle, jusqu'au bout. Mais devra se contenter d'une seule réalisation. La première d'une soirée très difficile pour les Scorpions, proie trop facile pour des Dauphins aussi appliqués, qui poursuivent ainsi leur sans-faute en Coupe de la Ligue. Une compétition permettant la tenue de double-confrontations. N'accueilleront-ils pas Strasbourg mardi prochain, dans la foulée d'un déplacement à l'Iceberg, sur les terres d'une Étoile noire n'y ayant toujours pas gagné cette saison ?

Mulhouse, de son côté, devra gagner le match à ne pas perdre (samedi face à Morzine-Avoriaz) pour enrayer sa chute dans les profondeurs du classement. En espérant qu'aucun problème technique, qu'aucun trou dans la glace, ne vienne perturber le bon déroulement de la soirée. Comme c'est trop souvent le cas à l'Illberg cette année...

 

Épinal - Mulhouse 6-1 (2-0, 3-0, 1-1)
Mardi 9 octobre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Yann Furet et David Courgeon.
Pénalités : Épinal 6' (4', 0', 2') ; Mulhouse 14' (4', 6', 4').
Tirs : Épinal 35 (13, 12, 10) ; Mulhouse 27 (10,9, 8).

Évolution du score :
1-0 à 05'37" : Bouchard assisté de Cacciotti et Gauthier
2-0 à 10'58" : Sušanj assisté de Petrák et Plch
3-0 à 27'06" : Chauvière assisté de Raibon et Cacciotti
4-0 à 29'37" : Gauthier assisté de Leroy et Bouchard  (sup. num.)
5-0 à 39'10" : Plch assisté de Petrák et Casavant (sup. num.)
5-1 à 42'23" : Raux assisté de Kristoffersson et Sallander
6-1 à 44'23" : Gervais assisté de Plch et Petrák (sup. num.)

Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Maxime Ouimet - Fabien Leroy (C) ; Gašpr Sušanj - Stéphane Gervais ; Rémi Colotti - Jan Hagelberg.

Attaquants : Steven Cacciotti - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Anthony Rapenne - Yoann Chauvière - Élie Raibon ; Kevin Benchabane - Yannick Offret - Kevin Pernot.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Justin Chouleur. Absent : Peter Slovák (blessé).

Mulhouse

Gardien : Mickaël Müller.

Défenseurs : Jure Kralj - David Sallander ; Francis Ballet (C) - Per Braxenholm ; Maximilien Tromeur - Yann Marez.

Attaquants : Marcus Kristoffersson (A) - Damien Raux (A) - Christofer Löfberg ; Jacob Alner - Lukáš Pék - Kim Sunna ;  Michaël Marchand - Tarik Chipaux - Lucas Bini.

Remplaçants : Benoît Havel (G), William Kern, Romain Frey, Benoît Salvin. Absents : Radovan Hurajt (adducteurs), Aleš Černý (malade), Dušan Brincko (malade), Stefan Lachapelle (suspendu).