Dunkerque - Neuilly-sur-Marne (Division 1, 5e journée)

Dunkerque en plein doute

susiatteLargement battus par Anglet, les Dunkerquois ont l'occasion de réagir dès cette semaine en recevant les Bisons de Neuilly-sur-Marne. Ces derniers, auteurs d'un retour mitigé dans la division, ont engrangé un semblant de confiance par le biais de la Coupe de la Ligue, compétition dans laquelle ils ont poussé les Magnusiens de Caen jusqu'en prolongation après les avoir menés de quatre buts.

Dans quel état seront les Franciliens après la rencontre de mercredi ? Le premier élément de réponse ne tarde pas à venir, car l'entame nordiste est aussi difficile que sept jours plus tôt. Si Maréchal avait marqué après vingt-trois secondes, cette fois Maurice Rozenthal est puni pour accrocher après vingt-huit. Les Bisons démarrent toutefois moins fort que l'Hormadi et cafouillent leur jeu à la bleue, seul un raid de Tomasek créant un semblant d'alerte. Pinc accroché à son tour (01'42"), le danger se précise et Loïc Sadoun passe près de l'ouverture du score dans un angle réduit.

Las, les Franciliens voient leurs adversaires revenir au complet... et trouver une efficacité qui les fuyait ces derniers temps. Sur la première occasion locale, François Rozenthal, du coin gauche, contourne Sergejs Louskins pour s'ouvrir le chemin d'un but atteint d'un lancer ras glace (1-0 à 05'26"). Certes, un jeu à trois de la première ligne nocéenne conclu par un lancer solide de Stanislav Lascek rétablit rapidement l'équilibre (1-1 à 06'13"), puis une obstruction de Grégory Dubois met fin à une séquence d'avantage numérique d'à peine treize secondes. Mais les hommes de Miikka Rousu sont dans un meilleur jour et dominent par moments leur adversaire.

Privée de Jozef Wagenhoffer, la défense des Bisons souffre devant les jumeaux Rozenthal : Maurice enrhume Jonathan Lafrance derrière la cage pour servir son frère, qui bute sur un Kevin Beech toujours solide de la mitaine face à Brachet. Il faut même un sauvetage in extremis de Loïc Sadoun devant le capitaine dunkerquois, auteur d'une feinte « quasi décisive » face au portier nord-américain, pour préserver l'égalité avant le retour au vestiaire.

Lafrance pris de vitesse par Loïc Destoop au fond de la zone (21'45") et Tomasek débordé par Susi (23'59"), Dunkerque bénéficie de deux jeux de puissance consécutifs à la reprise. Quatre minutes plutôt tranquilles pour Kevin Beech, à peine inquiété par des lancers timides, sa défense faisant le reste pour contrecarrer les plans locaux. Ainsi, le lancer de Vadim Gyesbreghs ne peut atteindre la cage. Le Belge se montre par ailleurs impeccable pour mettre fin à une accélération d'Eliezer Sherbatov.

CUZIN Arthur-120908-062Tendus, les débats sont en effet jusqu'alors marqués par plusieurs gestes défensifs de qualité, au détriment des envolées offensives. Ainsi, Grégory Dubois rattrape une relance manquée par un plongeon devant Sadoun. Jari Raattama en fait de même suite à une longue passe du Letton Leskins, mais le palet repoussé par la botte de Martel revient sur Stanislav Lascek (1-2 à 28'51").

Contraint d'attendre plus de sept minutes pour lancer, et porté par une première ligne de grande qualité, Neuilly-sur-Marne prend désormais le jeu à son compte. Les Corsaires se mettent peu à peu à déjouer, comme secoués par ce but. Acculés dans leur zone par le trio Lascek-Tomasek-Sherbatov, les roses patinent en vain derrière le caoutchouc, frappé en force à mi-hauteur par Maxime Dubuc (1-3 à 32'31").

Seul un échange entre les frères Rozenthal amenant le danger vers la cage d'un Kevin Beech peu employé depuis plusieurs minutes, l'optimisme n'est guère de mise dans des tribunes qui se replongent soudainement dans le doute. Toutefois, Loïc Sadoun, sanctionné pour avoir retenu un défenseur en zone offensive, est rejoint en geôle par Arthur Cuzin et c'est au tour des Maritimes de se retrouver en double supériorité. A ce jeu, peu après un solide arrêt de la mitaine de Beech face à Destoop, Jussi Laine feinte le lancer à la bleue, ouvrant la cage à Jami Miettinen, décalé à droite (2-3 à 36'33").

Dans la foulée, François Rozenthal a l'occasion du 3-3, mais c'est bien avec un déficit d'un but, et sans Vadim Gyesbreghs, dont les remontrances sont peu au goût de Monsieur Le Berre, que s'initie l'ultime acte. Si Michal Pinc fait passer un frisson dans le camp nordiste, sur un palet rôdant dangereusement devant le but, les Bisons subissent les débats et concèdent même trois dégagements interdits de suite. Vinatier réprimandé pour dureté, une nouvelle infériorité numérique est à effacer. Sans trop de soucis car Miettinen manque deux passes de suite, la seconde terminant dans le maillot de Jonathan Lafrance, prié de se soumettre à une fouille de la part du corps arbitral...

Les inspirations d'Atte Susi peu suivies, les Corsaires s'en remettent encore à leurs cadres pour secouer Beech, toujours impeccable sur un tir de Dubois et résistant aux assauts des Rozenthal. Maurice, parti en infériorité défier le Canadien en contournant la cage, et François, esseulé et prenant le temps de soigner son lancer, sont tour à tour déjoués, tout comme Maxime Brachet en sortie de prison. Un manque d'efficacité rédhibitoire pour les locaux, pour qui une erreur de transmission à la bleue sera fatale. Parti en contre, Martin Tomasek sert son compère Stanislav Lascek, auteur d'un triplé au nez et à la barbe de Tomety (2-4 à 50'08").

SLUPSKI Marc-120908-060À nouveau mené de deux buts, Dunkerque dispose encore de cartouches. Mais Atte Susi est plus à l'aise dans le rôle du passeur et manque son contrôle dans une position favorable. Atteint au visage par la palette de Cuzin, sur un geste pourtant involontaire, le petit Finlandais transite par le vestiaire et se trouve bien malgré lui à l'origine d'une nouvelle supériorité numérique (52'39"). C'est au tour de Lafrance de sauver un palet chaud devant Miettinen, mais ses équipiers font l'erreur de revenir à cinq à l'issue de la première des deux pénalités infligées à Cuzin. Ce surnombre venant s'ajouter à un cinglage préalable de Michal Pinc, Miikka Rousu choisit le moment pour prendre un temps mort (54'57").

Les protestations de Franck Spinozzi vaines, c'est au trio Dubuc – Kecka – Vinatier qu'advient la charge de résister. Le défenseur québécois écarte à la façon d'un joueur de base-ball un palet rapidement de retour dans l'enclave. Toutefois, Maurice, dos à une cage grande ouverte, ne peut se retourner, puis Miettinen manque le cadre. La sortie prématurée de Martel sera mise à profit par Slupski pour le but du soulagement (2-5 à 58'54").

D'un lancer haut sur engagement, Hugo Vinatier clôt la marque dans les derniers instants (3-6 à 59'33"), but comparable à celui de Maxime Brachet quelques instants plus tôt (3-5 à 59'16"). Le filet de l'ancien Rouennais n'était alors qu'anecdotique, l'ambiance autour de la rencontre ayant perdu de son intensité. La nouvelle déconvenue d'une formation dont les filets ont tremblé à dix-neuf reprises en trois matchs place les hommes de Miikka Rousu, dont les nouveaux changements de ligne furent sans résultat, dans le doute avant un déplacement à Amnéville.

Comme ils l'avaient annoncé avant la rencontre, les Bisons de Neuilly-sur-Marne lancent véritablement leur saison à compter de ce déplacement. La relégation et la préparation digérées, nul doute que d'autres charges sont à venir, notamment par une première ligne de feu.

Commentaires d'après-match

Frank Spinozzi (entraîneur de Neuilly-sur-Marne) : "Jusqu'à ce soir, on avait des chances de marquer, sans concrétiser. J'ai opéré des changements sur les blocs à l'issue du premier tiers et engueulé les joueurs. Au sujet de l'indiscipline, on travaille pour être agressif tout en contrôlant le bâton. Le surnombre en fin de rencontre s'explique par le fait que dans le système nord-américain les 2'+2' sont transformées en quatre minutes et affichés comme tels. J'avais pourtant passé du temps à demander confirmation auprès de l'arbitre... Notre ancien gardien n'était pas prêt pour jouer à ce niveau. Le club a des attentes, espère demeurer parmi les vingt meilleurs en France avec un budget limité. Si un étranger est juste au-dessus du niveau d'un Français, il faut s'interroger sur la nécessité de le conserver. Kevin nous donne une dimension différente, on l'a vu ce soir. Je ne regrette pas d'avoir participé à la Coupe de la Ligue : nous avons fait ce pour quoi cette compétition doit servir, c'est-à-dire donner du temps de jeu aux jeunes Français. En championnat, je souhaite gagner le titre. Après une préparation difficile, le temps va nous permettre de trouver du rythme."

 

Dunkerque – Neuilly-sur-Marne 3-6 (1-1, 1-2, 1-3)
Samedi 13 octobre 2012 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 870 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Le Berre assisté de Jérémy Metais et Maxime Durand.
Pénalités : Dunkerque 28' (6', 2x10', 2'), Neuilly-sur-Marne 22' (2', 8', 12').
Tirs : Dunkerque 32 (12, 9, 11), Neuilly-sur-Marne 22 (7, 7, 8).

Évolution du score :
1-0 à 05'26" : F. Rozenthal assisté de M. Rozenthal et Laine
1-1 à 06'13" : Lascek assisté de Sherbatov et Tomasek
1-2 à 28'51" : Lascek assisté de Sherbatov et Tomasek
1-3 à 32'31" : Dubuc assisté de Sherbatov et Lascek
2-3 à 36'33" : Miettinen assisté de Laine et M. Rozenthal (double sup. num.)
2-4 à 50'08" : Lascek assisté de Tomasek
2-5 à 58'54" : Slupski assisté de Vinatier et Cuzin, cage vide
3-5 à 59'16" : Brachet assisté de Destoop
3-6 à 59'33" : Vinatier

Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel (sorti de 58'24" à 58'54").

Défenseurs : Grégory Dubois (A) - Jussi Laine ; Jari Raattama - Ghislain Folcke ; Ekue Tomety - Vadim Gyesbreghs.

Attaquants : François Rozenthal (C) - Jami Miettinen - Maurice Rozenthal (A) ; Mathieu Becuwe - Benjamin N'Guyen - Clément Thomas ; Atte Susi - Loïc Destoop - Maxime Brachet.

Remplaçants : Julien Peyre (G), François Moretti, Valentin Dumélié, Tony Allouchery. Absents : Antoine Vanwormhoudt (genou), Antoine Houque.

Neuilly-sur-Marne

Gardien : Kevin Beech.

Défenseurs : Thomas Eischen - Maxime Dubuc (A) ; Jonathan Lafrance - Sergejs Louskins ;
Arthur Cuzin - Clément Rey ; Jérémy Fritsch (à 20'00").

Attaquants : Stanislav Lascek - Martin Tomasek - Eliezer Sherbatov ; Marc Slupski - Hugo Vinatier - Miroslav Kecka (A) puis Clément Rey à 20'00" ; Michal Pinc - Daniel Volráb - Loïc Sadoun (C) ; Leyland Plaire – [Miroslav Kecka] - Kévin Guimbard (à 28'51").

Remplaçant : Rémi Husson (G). Absent : Jozef Wagenhoffer (claquage à la cuisse).