Épinal - Strasbourg (Coupe de la Ligue, groupe B, 6e journée)

Matchkallstrom pour du beurre ? Remplaçants à l'honneur !

Réputés pour être disputés et accrochés (avec des scores très serrés), les derbies spinalo-strasbourgeois valent souvent le déplacement. Mais le dernier en date - pas plus tard que samedi à l'Iceberg - laissera un fort goût d'inachevé aux Dauphins, qui avaient le match en main et menaient 4-1... avant de perdre la tête (notamment sous l'effet des pénalités) !

Les doublés de Danick Bouchard et Fabien Leroy ayant été "gommés" par un triplé du canonnier Källström en supériorité, assorti d'un slalom d'Abrahamsson. Le même qui allait forcer la décision en prolongation, tout au bout du suspense. Mais qu'en aurait-il en été avec un Gabriel Girard en pleine possession de ses moyens ? La question mérite d'être posée tant le jeune gardien franco-canadien n'a plus été dans son assiette après avoir été chargé par Rollin Karlsson.

Deux "buteurs venus du froid" furent donc les bourreaux des Dauphins ce soir-là. Mais si le renversant succès alsacien (5-4) doit beaucoup à l'efficacité de ses renforts suédois, il reste en travers de la gorge des Vosgiens, qui n'auront pas seulement perdu un point dans le Bas-Rhin. Ils y ont également laissé des plumes, entre la blessure d'Anthony Rapenne et les déboires de Gabriel Girard, qui s'est même brièvement évanoui dans les vestiaires à l'issue de ce derby. La conséquence du choc subi plus tôt dans la partie...

Commotionné et contraint d'observer un repos complet, le jeune gardien franco-canadien voit donc ses doublures Mathieu Perrin et Nicolas Ravel lui succéder devant le filet, pour un match sans enjeu et, pour tout dire, sans grand intérêt. Si Strasbourg ne nourrit plus d'espoirs en Coupe de la Ligue, les hommes de Santino Pellegrino ont depuis longtemps pris leur "quart". Ils sont même assurés de finir premiers de la poule B)...

Rien à signaler (ou presque)...

Aussi n'est-il guère surprenant de voir Ján Plch, Steven Cacciotti et Sébastien Gauthier ménagés au profit d'une "bleusaille" emmenée par le "lutin" Alexis Mathieu (1,62 m pour 53 kg). Un attaquant de poche sorti du chapeau de Pellegrino, qui patine à tout va... et n'a pas peur de "foncer dans le tas" ! Mais s'il s'agit d'un baptême du feu pour Adrien Pernot, c'est un test grandeur nature pour les autres jeunes du cru, plus habitués à côtoyer les "grands" aux échauffements.

Bouchard Danick 3Les jeunes pousses du hockey spinalien ont donc toutes droit à une grosse part du gâteau à l'instar de Kevin Pernot, promu aux côtés de Michal Petrák et Benjamin Casavant. Ce dernier, décidé à retrouver le chemin des filets, sera d'ailleurs le premier à venir "titiller" Beck (00'58").

Avec une équipe rajeunie, expérimentale et un alignement très original, Épinal ne s'en tire pas trop mal et fait même jeu égal avec un ensemble strasbourgeois visiblement soucieux de s'économiser.

Daniel Bourdages, qui aligne donc Gilles Beck dans les cages (en vertu d'une alternance coupe-championnat prônée depuis déjà plusieurs années), voit en effet cet énième derby comme un bon galop d'essai avant d'aller défier Chamonix samedi. Des Chamois déjà bien mal en point(s) que l'Étoile noire, maintenant toute proche de sa configuration optimale (au point de ne plus compter qu'un seul blessé, l'ex-Spinalien Erwan Agostini), devra battre pour confirmer sa remontée.

À n'en pas douter, les Alsaciens seront autrement plus motivés samedi. C'est qu'ils ne forcent pas ce soir, à l'image d'un Cibuľa étonnement imprécis dans ses transmissions ou de Tarantino et Cayer, bien moins agressifs qu'à l'accoutumée. Sans envie, sans génie, ils ne manquent pourtant pas de solliciter Perrin, en supériorité. Mais le jeune gardien spinalien est sur tous les lancers, aidant ses coéquipiers, combatifs mais limités, qui auront tout tenté pour marquer. Danick Bouchard y allant même de quelques coups d'éclat mal récompensés. On pense notamment à cette récupération de Stéphane Gervais en zone neutre profitant à l'ex-Villardien, qui prend la défense à revers et résiste au retour de David Cayer. Mais son revers est trop enlevé (18'35").

Mais si l'Étoile noire ne brille pas ce soir, elle parvient tout de même à prendre l'ascendant durant l'acte médian. Donnant pas mal d'occupation à Mathieu Perrin, de plus en plus rassurant au fil des minutes. Le Belfortain d'origine finira toutefois par s'incliner devant Michal Česnek, venu le dribbler (0-1 à 27'16"). Un but sur lequel Mathieu Perrin n'a rien à se reprocher, lui qui confiera ensuite son filet à Nicolas Ravel (30'30"). Avec le sentiment du devoir accompli.

Nicolas Ravel, habitué aux joutes de la DivisRavel Nicolasion 3 (aux côtés des Ganz, Chassard, Papelier et autres Zitouni), intervient pour la première fois - et sans rebond - sur un lancer frappé du Tchèque František Bombic (33'54"). Un arrière expérimenté remplaçant Jesper Olsson (remercié le mois dernier)... et passant totalement inaperçu comparé à Rickard Rollin Karlsson, pris en grippe par une partie du public. "L'agresseur" impuni de Gabriel Girard va pourtant se signaler positivement, en débordant Leroy pour ensuite buter sur Ravel (36'16").

L'ICE manque plus d'une fois d'égaliser (notamment sur cette combinaison Chauvière-Offret, 34e) et cherche activement la faille, sans toutefois parvenir à ses fins. La faute à un bon Beck, qui parvient à garder sa cage inviolée en frustrant tout particulièrement Benjamin Casavant.

Le solide ailier québécois n'a plus marqué depuis presque un mois (le 22 septembre dernier face à Chamonix) et voit sa série négative se prolonger malgré son évidente envie de marquer. Gilles Beck repoussant également les slaps de Fabien Leroy (39e), Maxime Ouimet et Gašpr Sušanj en supériorité (44e) sans se faire surprendre par Kevin Pernot, qui avait profité d'un puck "volant" mal capté, du gant, par Kenny Källström (45'21").

Les pénalités rythment cette fin de partie dépassionnée, où Tarantino trouve la mitaine de Ravel en échappée (46'08") pour l'une rares actions notables de ce dernier quart d'heure.

Le deuxième but strasbourgeois, un rebond d'Édouard Dufournet consécutif à un essai de Michal Česnek (0-2 à 53'51"), scelle quant à lui l'issue de ce derby. Et malgré les efforts déployés par les locaux pour ne pas finir blanchis, Gilles Beck parvient à conserver jusqu'au bout son invincibilité. Résistant notamment à deux doubles avantages numériques générés par la sortie de Nicolas Ravel. Une interception de Rickard Rollin Karlsson, aux dépens de Michal Petrák, emmenant le Suédois vers une cage vidée de son occupant. Et qu'il ne manque pas d'ajuster (0-3 à 59'44")...

Cette défaite sera bien vite oubliée côté spinalien, où l'on se satisfera uniquement du temps de glace conséquent accordé aux jeunes et de la bonne tenue des deux gardiens réservistes. Nicolas Ravel et Mathieu Perrin ont répondu présent et aucun blessé supplémentaire n'est à déplorer à l'issue de ce match de "préparation". Et c'est bien là l'essentiel !

Épinal - Strasbourg 0-3 (0-0, 0-2, 0-1).
Mardi 16 octobre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 423 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Thomas Caillot et Nicolas Crégut.
Pénalités : Épinal 14' (4', 6', 4') ; Strasbourg 16' (2', 4', 10').
Tirs : Épinal 27 (7, 10, 10) ; Strasbourg 31 (12, 10, 9).

Évolution du score :
0-1 à 27'16" : Česnek assisté de Cayer
0-2 à 53'51" : Dufournet assisté de Česnek (sup. num.)
0-3 à 59'44" : Rollin Karlsson (cage vide)

Épinal

Gardien : Mathieu Perrin puis à 30'30" Nicolas Ravel (sorti de sa cage de 56'25" à 57'40" puis de 58'42" à 60'00").

Défenseurs : Peter Slovák - Jan Hagelberg ; Maxime Ouimet - Fabien Leroy (C) ; Gašpr Sušanj - Stéphane Gervais (A) ; Rémi Colotti ; Romain Mauffrey.

Attaquants : Yannick  Offret - Yoann Chauvière - Élie Raibon ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Kevin Pernot ; Kevin Benchabane - Maxime Martin - Danick Bouchard (A) ; Justin Chouleur - Alexis Mathieu - Adrien Pernot.

Absents : Gabriel Girard (commotion cérébrale), Anthony Rapenne (luxation de l'épaule), Ján Plch, Steven Cacciotti et Sébastien Gauthier (ménagés).

Strasbourg

Gardien : Gilles Beck.

Défenseurs : Michal Česnek - Jakub Suchánek ; Hugues Cruchandeau (A) - David Stříž ; Kenny Källström - František Bombic.

Attaquants : Lionel Tarantino - Édouard Dufournet (A) - David Cayer ; Pierre-Antoine Devin - Julien Correia - Pierre Bougé ; Rickard Rollin Karlsson - Ján Cibuľa (C) - Fredrik Abrahamsson ; Yannick Henry - Julien Burgert - Romain Schmitt.

Remplaçant : Vladimír Hiadlovský (G). Absents : Élie Marcos (ménagé), Erwan Agostini (entorse du genou).