Bilan NHL 2011/12 (I) : équipes classées de 24 à 30

Alors que la situation est toujours au statu quo en NHL et qu'un accord entre la ligue et le syndicat des joueurs ne semble pas se profiler, il est encore temps de se pencher sur le précédent exercice avec un bilan de la saison 2011/12. On démarre par le bas du classement, où l'on retrouve quelques habitués (Columbus, Edmonton ou les Islanders de New York) mais aussi quelques (mauvaises) surprises comme Montréal après sa saison cataclysmique.

 

Minnesota Wild (24e)Logo Minnesota petit
Classement conférence ouest : 12e (81 points)
Attaque : 30e de la ligue, 2,02 buts marqués par match
Défense : 13e de la ligue, 2,65 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Dany Heatley (AG) : 24 buts, 53 points
                            Kyle Brodziak (C) : 22 buts, 44 points
                            Mikko Koivu (C) : 12 buts, 44 points
                            Devin Setoguchi (AD) : 19 buts, 36 points
                            Matt Cullen (C) : 14 buts, 35 points
En 2010/11 : 86 points, 12e de la conférence, 21e de la ligue

MIN koivu 12Saison compliquée du côté de l’état du hockey. Après un départ en trombe grâce à des pourcentages d’arrêts insoutenables des gardiens qui les a vus atteindre la première place de la conférence en décembre (20 victoires en 30 matchs), le Wild semblait en mesure d’atteindre enfin les playoffs, pour la première fois en 4 ans. Mais l’équipe a ensuite explosé en vol sur la deuxième partie de saison (15 victoires sur les 52 derniers matchs). Si les blessures ayant décimé le top-6 sont à l’origine de la descente au classement, il faut remarquer que l’équipe affichait déjà des chiffres médiocres en terme de possession et qu'elle a terminé la saison avec de loin la plus mauvaise attaque de la ligue. En fait, il faut remonter à la toute jeune équipe d’expansion de Columbus en 2001/02 pour trouver un plus mauvais ratio offensif avec 2 buts par match en moyenne.

Dans les buts, les gardiens ont été plutôt probants même s’ils n’ont évidemment pas réussi à maintenir leurs statistiques du début de saison. Niklas Bäckström termine ainsi avec son meilleur pourcentage d’arrêts depuis 2008/09 (91,9%) et s’il a moins joué (46 matchs) que lors de ses précédentes saisons avec le Wild, c’est qu’il a subi plusieurs blessures. Celles-ci auraient pu offrir à Josh Harding, l’éternel remplaçant, l’opportunité de se positionner comme un potentiel gardien numéro 1 (comme il était en fin de contrat à la fin de cette saison) mais cela n’a pas été le cas, bien qu’il termine avec des statistiques correctes (91,7%), notamment à cause de problèmes de constance et de résistance à la pression. Les blessures de Bäckström et également de Harding ont en tout cas été profitables à Matt Hackett, 22 ans, le principal espoir de Minnesota parmi les portiers. Outre une saison chargée avec les Aeros de Houston en AHL (44 matchs) avec lesquels il avait remporté le titre en 2011, Hackett a été appelé pour 12 matchs avec le Wild. S’il commence par deux matchs probants en décembre (dont un blanchissage sur la glace de San José pour son premier match NHL), il n’est ensuite sollicité que comme remplaçant et quand enfin il intervient comme titulaire, en mars, ses prestations sont compliquées. Il devrait encore s’aguerrir un peu plus avec les Aeros avant de prétendre au poste de titulaire.

En défense, Marek Zidlicky était sans doute le meilleur arrière if pour sa quatrième saison avec le Wild, mais rien ne s’est vraiment passé comme prévu pour le vétéran tchèque de 35 ans. Rapidement brouillé avec Yeo et ayant visiblement des problèmes avec le reste du vestiaire, il a évoqué ces problèmes à la presse, ce qui lui a valu d’être mis en réserve. Sans surprise, quelques jours plus tard, il a été transféré au New Jersey, où il a connu une meilleure partie de saison. Autre habitué de longue date de la ligne bleue du Minnesota, Nick Schultz a lui été transféré vers Edmonton contre le plus offensif Tom Gilbert. Mais l’arrière a eu des difficultés à s’adapter à sa nouvelle équipe et il n’a pas convaincu tous les fans, même s’il s’est constamment amélioré. À ses côtés, Clayton Stoner a été solide dans le domaine défensif même s’il a manqué une trentaine de matchs à cause des blessures.

Sur la deuxième paire, le jeune Marco Scandella, 22 ans, a fait le grand saut vers la NHL. S’il a bien démarré la saison en faisant preuve du potentiel espéré, il a ensuite plutôt déçu. En janvier, il a même été envoyé en AHL pour retrouver des sensations et il n’est revenu dans le Minnesota qu’en février. Cela n’a pas été vraiment concluant car il termine la saison avec un différentiel de -22. Malgré cette saison difficile, Scandella reste quand même l’un des meilleurs prospects défensifs de la franchise (avec Jonas Brodin). À ses côtés, Nate Prosser a rapidement montré ses limites après avoir été prolongé pour trois ans.

En attaque, le capitaine Mikko Koivu, du fait de son habituel travail défensif et de son leadership offensif, a été le baromètre de son équipe, performante lorsqu’il était présent, mais nettement plus en difficulté quand il s’est blessé en deuxième partie de saison (8 victoires en 27 matchs en son absence). Arrivés de San José pour jouer aux côtés du capitaine sur la première ligne, Dany Heatley et Devin Setoguchi ont peiné pour convaincre. À 31 ans, Heatley ne semble plus être le sniper redouté qui sévissait naguère à Ottawa. Moins entouré de talent offensif qu’à San José, Heatley termine avec le plus mauvais total de buts et de points de sa carrière. S’il a commencé à développer son jeu défensif avec succès avec le Wild, il n’en reste pas moins qu’il n’a pas réussi à prendre les choses en main en l’absence de Koivu, surtout quand on émarge à 7 millions de dollars par an. Setoguchi a également eu une saison difficile, qui a commencé par un accident de voiture durant l’été. Les fans attendaient sans doute qu’il atteigne la barre des 30 buts avec le Minnesota (ce qu’il avait fait avec San José en 2008/09) mais Setoguchi est resté sur la lancée de ses deux dernières saisons en Californie avec 19 buts pour 36 points en 69 matchs. Inconstant et parfois éloigné de la glace à cause des blessures, il a néanmoins connu une fin de saison encourageante (10 points en 19 matchs en mars/avril).

Au centre du deuxième trio, Matt Cullen a rapidement montré ses limites. Le vétéran de 35 ans, habitué à la troisième ligne des clubs pour lesquels il a joué, n’a pas été aidé par l’absence des autres attaquants du top-6. Habitué malheureux des blessures (et notamment des commotions cérébrales), Pierre-Marc Bouchard n’a disputé que 37 matchs cette saison pour 22 points marqués et il a été victime d’une nouvelle commotion (dont les effets se sont faits ressentir jusqu’à la fin de la saison) au moment où il commençait à développer une bonne alchimie avec Cullen. Guillaume Latendresse a également vu sa saison écourtée par une commotion cérébrale et il n’a disputé que 16 matchs. Dommage pour le Québécois car, s’il s’était présenté il y a deux ans visiblement en surpoids, il était lors du camp d’entraînement de cette année dans une forme impressionnante. Cette forme a conduit le power forward à être promu sur la première ligne avec Koivu et Heatley, mais la commotion cérébrale puis ses effets secondaires lui ont fait manquer une grande partie de la saison. La bonne surprise en attaque est venue de Kyle Brodziak. Le centre de la troisième ligne, parfois appelé à remplacer des centres de top-6 en cas de blessures, signe la meilleure saison de sa carrière avec 22 buts pour 44 points.

 

Anaheim Ducks (25e)Logo Anaheim petit
Classement conférence ouest : 13e (80 points)
Attaque : 23e de la ligue, 2,45 buts marqués par match
Défense : 19e de la ligue, 2,73 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Teemu Selänne (AD) : 26 buts, 66 points
                            Corey Perry (AD) : 37 buts, 60 points
                            Bobby Ryan (AD) : 31 buts, 57 points
                            Ryan Getzlaf (C) : 11 buts, 57 points
                            Saku Koivu (C) : 11 buts, 38 points
En 2010/11 : 99 points, 4e de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par les Predators de Nashville 4 matchs à 2

ANA selanne 12Anaheim a débuté la saison avec la tournée européenne : une victoire, une défaite. C’est à peu près le seul élément notable d’une triste saison pour l’ancien vainqueur de la coupe Stanley en 2007… tout juste pourra-t-on s’extasier devant la longévité et la gentillesse de Teemu Selänne, meilleur marqueur de l’équipe à 42 ans ! Car c’est bien là que le bât blesse. Qu’un joueur connaisse une saison difficile, c’est normal. Mais quand tous les leaders passent au travers… Le gardien Jonas Hiller, le défenseur Lubomir Visnovsky, le capitaine Ryan Getzlaf ont tous connu une année noire. Corey Perry ou Bobby Ryan ont un peu produit, mais ont surtout fini les actions, l’attaque peinant à véritablement construire. Même après l’arrivée de Bruce Boudreau sur le banc après le limogeage de Randy Carlisle, l’équipe n’a pas réussi à inverser la tendance, s’enfonçant dans un jeu médiocre et indiscipliné.

Perry et Getzlaf arrivant en fin de contrat en 2013, il va falloir aux Ducks trouver des arguments pour les garder… et la profondeur de banc discutable des Californiens ne va pas trop aider. Car hormis les « anciens » Selänne et Koivu, le trio Getzlaf-Perry-Ryan n’a aucun relais. Andrew Cogliano, Nick Bonino, Matt Beleskey n’ont pas produit autant qu’espéré, le jeune Devante Smith-Pelly a fait ce qu’il a pu en tant que rookie, alors que Jason Blake et Niklas Hagman ont paru hors du coup. Le chantier parait immense en attaque.

Quant à la défense… La saison médiocre de Lubomir Visnovsky a suffi au staff pour l’envoyer aux Islanders lors de la draft, confiant les lignes arrières à François Beauchemin, Toni Lydman et aux jeunes Luca Sbisa et Cam Fowler. Cela paraît bien peu pour protéger Jonas Hiller. La saison est donc à oublier, mais pas sûr qu’elle ne soit qu’un accident de parcours…

 

Toronto Maple Leafs (26e)Logo Toronto petit
Classement conférence est : 13e (80 points)
Attaque : 10e de la ligue, 2,77 buts marqués par match
Défense : 29e de la ligue, 3,16 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Phil Kessel (AD) : 37 buts, 82 points
                            Joffrey Lupul (AG) : 25 buts, 67 points
                            Mikhail Grabovski (C) : 23 buts, 51 points
                            Tyler Bozak (C) : 18 buts, 47 points
                            Dion Phaneuf (D) : 12 buts, 44 points
En 2010/11 : 85 points, 10e de la conférence, 22e de la ligue

TOR kessel 12Les Leafs sont abonnés aux saisons sans lendemain depuis le dernier lockout, les fans ont encore connus une saison de misère dans la ville de l’Ontario avec une treizième place de la conférence Est. La franchise la plus rentable de la ligue, où billets et hot dog valent une petite fortune, ne parvient pas à être performante sur la glace. Si la saison avait pourtant bien commencé avec une place dans le top 8 à la mi-saison, la dégringolade s’est amorcée après les fêtes de fin d’année. Enchaînant les défaites parfois très lourdes devant leur public, Toronto termine cette saison avec seulement 35 victoires et avec la deuxième pire défense de la ligue avec une moyenne de 3,16 buts encaissés par match.

La principale raison de cette échec vient principalement des gardiens. Jamais le coach n’aura trouvé le parfait numéro 1 entre deux gardiens qui enchaînent les soirées portes ouvertes. En effet, ni Jonas Gustavsson, qui déçoit depuis son arrivée en Amérique du nord, ni James Reimer ne sont parvenus à tenir deux bonq matchs de suite. La défense n’en est pas en reste avec des arrières au ratio très négatif et à l’apport offensif quasi inexistant (sauf pour Dion Phaneuf), cette arrière-garde n’a pas aidé des gardiens déjà bien pâles avec notamment un Mike Komisarek qui n’est plus que l’ombre de lui-même.

En attaque on retiendra l’excellente saison de Phil Kessel avec ses 82 points en autant de parties, l’ailier américain se révèle enfin au grand jour avec de très belles performances, surtout en début de saison. Il a pu compter aussi sur l’excellent apport de l’ailier Joffrey Lupul qui sort enfin de ses années creuses à Anaheim : l’Américain s’est offert une des meilleures saison de sa carrière avec 67 points. On notera aussi les relatives bonnes saison de Mikhail Grabovski et de Tyler Bozak. Cependant après il n’y a plus grand-chose à l’image d’un Tim Conolly et d’un Mattew Lombardi aux abonnés absents.

Cette équipe a quand même la dixième attaque de la ligue mais sa défense est hors du coup, le changement de staff avec l’arrivée de Randy Carlyle qui a remplacé Ron Wilson en mars dernier va peut-être réveiller une franchise totalement endormie depuis bientôt 10 ans.

 

New York Islanders (27e)Logo NewYorkIslanders petit
Classement conférence est : 14e (79 points)
Attaque : 28e de la ligue, 2,39 buts marqués par match
Défense : 17e de la ligue, 3,06 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : John Tavares (C) : 31 buts, 81 points
                            Matt Moulson (AG) : 36 buts, 69 points
                            P.A. Parenteau (AD) : 18 buts, 67 points
                            Frans Nielsen (C) : 17 buts, 47 points
                            Mark Streit (D) : 7 buts, 47 points
En 2010/11 : 73 points, 14e de la conférence, 27e de la ligue

NYI tavares 12Dure saison pour les fans des Islanders. La franchise est engluée dans le vieillissant Nassau Coliseum, ne parvenant pas à trouver le moindre accord pour une nouvelle arène. Sportivement, la saison est encore à oublier : après une fin de saison 2010-2011 tonitruante, l’espoir d’un retour vers les playoffs ne paraissait pas une utopie. Malheureusement, la saison était pliée dès novembre, avec 4 victoires en 13 matchs dont 4 défaites par blanchissage.

Tout est à construire : dans les cages, la situation n’est toujours pas clarifiée. Rick DiPietro et son contrat longue durée n’a quasiment pas joué. Alvaro Montoya, séduisant en fin de saison dernière, a fait à peu près aussi bien mais a été gêné par les blessures, de même que Kevin Poulin, Anders Nilsson et Evgeny Nabokov, le vétéran russe acceptant finalement de jouer pour les Islanders et s’octroyant la part du lion (fiche de 19-18-3).

Sans solution claire dans les buts, la défense a fait ce qu’elle a pu, finissant 17e grâce au retour de blessure de Mark Streit, solide, et les prestations encourageantes de Travis Hamonic ou Andrew MacDonald. C’est donc l’attaque qui a disparu de la circulation. Oubliés les 30 buts l’an passé de Michael Grabner, l’Autrichien étant bien moins en réussite cette saison. Seule la première ligne a tourné : John Tavares a encore progressé dans tous les secteurs du jeu, s’offrant 81 pts. Ses compères, le très discipliné Matt Moulson (36 buts et seulement 6 minutes de pénalité) et Pierre-Alexandre Parenteau ont eu aussi confirmé, mais le Québécois a décidé de partir au Colorado cet été. Enfin, le Danois Frans Nielsen s’est imposé comme un excellent centre défensif.

Derrière ces hommes, trop peu. Kyle Okposo a un peu progressé en signant un record personnel à 24 buts et pourrait profiter du départ de Parenteau. Le jeune Suisse Nino Niederreiter a été lancé bien trop tôt dans le grand bain, avec un maigre but en 55 matchs. Josh Bailey enfin n’a été efficace qu’en fin de saison, une fois repositionné sur l’aile, avec 17 pts sur les 19 derniers matchs. Ce qui a coûté cher aux Islanders, c’est bien le manque de profondeur à tous les postes, car l’équipe s’est finalement classée en milieu de tableau pour le différentiel de tirs. Sans être surclassée, présente physiquement – Matt Martin a terminé en tête avec 374 mises en échec, loin des 289 du 2e, Dustin Brown – la franchise a manqué de régularité et de contribution des 3e et 4e lignes.

Le départ de Parenteau ouvre des postes en tout cas. Brad Boyes débarque, la défense a été renforcée par Lubomir Visnovsky et de nombreux jeunes vont postuler : Calvin De Haan, Aaron Ness, Matt Donovan en défense ainsi que Griffin Reinhart, leur premier choix de juin, alors qu’en attaque Ryan Strome est proche de l’équipe première, de même que Casey Cizikas ou David Ullstrom. Il y a de l’avenir dans cette équipe, mais dans une division aussi relevée que l’Atlantique, les chances de voir les Islanders retrouver les playoffs paraissent assez réduites.

 

Montréal Canadiens (28e)Logo Montral petit
Classement conférence est : 15e (78 points)
Attaque : 19e de la ligue, 2,52 buts marqués par match
Défense : 11e de la ligue, 2,61 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Max Pacioretty (AG) : 33 buts, 65 points
                            Erik Cole (AG) : 35 buts, 61 points
                            David Desharnais (C) : 16 buts, 60 points
                            Tomas Plekanec (C) : 17 buts, 52 points
                            P.K. Subban (D) : 7 buts, 36 points
En 2010/11 : 96 points, 6e de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par les Bruins de Boston 4 matchs à 3

MTL price 12Autre franchise historique à connaître une saison de misère, le Tricolore termine au dernier rang de la conférence Est dans une saison chaotique en tout point, tant sur le plan sportif que managérial. À la fin de la saison, le manager général de Montréal a été congédié par le propriétaire Geoff Molson. À l’image du passage de Bob Gainey à ce même poste, Pierre Gauthier aura pris des décisions très discutables dans la constitution de l’équipe en transférant des joueurs qui ne jouent plus malgré leur gros contrat (Scott Gomez pour ne pas le citer). L’exemple le plus parfait fut le changement de coach intervenu en cours de saison. Si le début du Canadien fut loin d’être excellent avec déjà un énorme retard sur les premiers, Jacques Martin commençait à reprendre le contrôle de son navire et le remettre à l’eau ; sauf que Pierre Gauthier décida de se séparer de son entraîneur et de le remplacer par l’assistant de Martin qui fut coach de Hamilton (AHL) par le passée. Le coix de Randy Cunneyworth fut très critiqué dans l’ensemble du Québec, non du fait de ses compétences, mais du fait qu’il soit unilingue anglophone, ce qui est difficile à digérer pour les défenseurs de la francophonie au sein de la belle province qui se sentent de moins en moins pris en considération au Canada. Cette affaire a pris une tournure politique, ce qui n'a pas arrangé l’image du Canadien de Montréal, en plus de ses mauvais résultats sur la glace. D’autant plus que Cunneyworth n'a pas réussi à relever une équipe déjà au quatrième sous-sol.

Les gardiens sont plus ou moins épargnés par ce fiasco grâce aux bonnes prestations de Carey Price qui a réalisé de grosses sorties, permettant aux siens d’obtenir quelques victoires. Il en est de même pour le Slovaque Peter Budaj qui tient parfaitement son rôle de back-up. La défense s’est elle aussi montrée dans de bonnes dispositions en terminant huitième de la ligue, avec plusieurs joueurs qui ont connu globalement une bonne saison, à l’image de Josh Gorges qui après une grosse blessures semble revenu à son meilleur niveau et par ailleurs l’avènement des jeunes comme Raphael Diaz et du Russe Alexeï Emelin qui a un impact physique assez imposant. Pour ce qui est de P.K. Subban, la saison fut bonne sur la glace, mais ce qui a posé problème, c’est son comportement, vis-à-vis du respect des consignes et de son rapport avec ses coaches comme on a plus le voir en plein match face à Pittsburgh où il a tenu tête aux remarques de l’un des assistants pendant de longues minutes sous le regard des caméras de télévision ; Subban est actuellement en renégociation de contrat avec le staff, les tractations semblent être compliquées entre les deux parties, en effet le joueur semble demander un peu trop.

L’autre feuilleton de l’année à Montréal fut la date de retour au jeu d'Andrei Markov, lui qui avait resigné un contrat au cours de l’été 2011 n’est revenu au jeu que durant les toutes dernières rencontres, sa date de retour à la compétition fut un jeu de poker menteur entre Gauthier et la presse qui n'a pas omis de critiquer une nouvelle fois la communication du manager général. Par ailleurs, la défense a connu pas mal de chamboulements avec les échanges de Spacek et Hall Gill et l’arrivée de Tomas Kaberle.

L’attaque a cependant connu bon nombre de difficultés, notamment avec un mauvais power-play (le troisième plus mauvais de la ligue) et des cadres qui n’ont pas été au meilleur de leur forme. Si l’attaque à elle aussi été chamboulé par de nombreux échanges effectué par Gauthier avec les départs d’Andrei Kostitsyn qui a rejoint son frère à Nashville et de Mike Cammalleri parti en retour de René Bourque qui a franchement déçu, malgré un impact physique indéniable. L’attaque a aussi connu des blessures dont celle du capitaine Brian Gionta qui n’a pu jouer que 31 rencontres.

Mais bon nombre de joueurs et n’ont pas tenu leur rang. Tomas Plekanec est dans le viseur avec un pointage très en deça, on a senti le joueur moins impliqué surtout dans ses replis défensifs, son ratio peut en justifier avec un -15. L’autre qui déçoit, même s’il fut blessé une bonne partie de la saison, est Scott Gomez, l’un des joueurs les mieux payés de la franchise est totalement hors du coup. Bien loin de son niveau de jeu à New Jersey, le centre originaire de l’Alaska est devenu un poids dont les dirigeant ont du mal à se défaire. Il y a eu aussi heureusement du positif chez les avant cette saison avec la ligne Pacioretty-Desharnais-Cole qui a brillé cette saison en formant le premier trio de l’équipe, mais loin des gros trios de la ligue. Les autres satisfactions nous viennent de Lars Eller qui semble enfin s’habituer au jeu nord-américain, de Mathieu Darche et du jeune Louis Leblanc qui pourrait être un des cadres de l’équipe dans les années à venir.

Le Canadien devra donc relever la tête au plus vite. Si des choix ont été opérés par les propriétaires avec les arrivées de Marc Bergevin au poste de manager général et de Michel Therrien au poste d’entraîneur, les quelques ajustements dans l’équipe avec les arrivées de Colby Amstrong, Brandon Prust et Francis Bouillon qui viennent ajouter du poids ne semblent pas constituer une équipe capable d’aller en play-offs.

 

Edmonton Oilers (29e)Logo Edmonton petit
Classement conférence ouest : 14e (74 points)
Attaque : 20e de la ligue, 2,52 buts marqués par match
Défense : 23e de la ligue, 2,83 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Jordan Eberle (AD) : 34 buts, 76 points
                            Taylor Hall (AG) : 27 buts, 53 points
                            Ryan Nugent-Hopkins (C) : 18 buts, 52 points
                            Sam Gagner (C) : 18 buts, 47 points
                            Ryan Smyth (AG) : 19 buts, 46 points
En 2010/11 : 62 points, 15e de la conférence, 30e de la ligue

EDM hall 12Ironie du sort : même si Edmonton n’a pas fini dernier de la ligue, la franchise de l’Alberta a tout de même pu obtenir le premier choix de draft grâce à leur succès à la loterie. Ce n’est pas vraiment une situation inconnue pour les Oilers puisqu’ils ont déjà drafté en première position ces deux dernières années, obtenant Taylor Hall en 2010 et Ryan Nugent-Hopkins en 2011. La saison avait pourtant bien commencé avec un début de saison solide mais un peu en trompe l’œil du fait de performances insoutenables sur le long terme du gardien Nikolai Khabibulin. Ainsi, début novembre, Edmonton pointait à la deuxième place de la conférence avec 9 victoires en 14 matchs. Mais le retour de bâton est rapide du fait de résultats calamiteux pour la fin du mois de novembre puis en décembre (6 victoires en 23 matchs). Au début janvier, les Oilers ont ainsi retrouvé les tréfonds, qu’ils ne quitteront plus.

Dans les buts, Devan Dubnyk avait abordé la saison comme le titulaire du poste mais il a rapidement été supplanté par le vétéran Nikolai Khabibulin. En effet, le Russe s’est montré à la hauteur de son faramineux salaire en étant le meilleur gardien de la ligue en début de saison (96,4% d’arrêts en 9 matchs). Mais la roue a rapidement tourné et, à partir de janvier, Khabibulin a montré un visage que les fans d’Edmonton ne connaissent que trop bien avec 17 défaites en 18 matchs et un pourcentage d’arrêts anémique de 88,1%. Du fait de cette chute brutale, Tom Renney choisit alors de remettre Dubnyk comme titulaire. Un choix payant puisque le Canadien a été plutôt solide en fin de saison (93,3% d’arrêts en mars-avril).

Au niveau de la défense, les fans espéraient beaucoup du rétablissement de Ryan Whitney dans une ligne bleue manquant d’arguments offensifs. Whitney s’était gravement blessé à la cheville en décembre 2010 et devait revenir initialement à la fin 2011. Mais, lors d’un camp d’entraînement en septembre, il souffrait à nouveau de sa cheville. Pour autant, Renney choisit de le faire jouer dès la mi-octobre en l’utilisant le plus parmi les arrières. Mais Whitney se blesse rapidement au genou et est écarté un mois. À son retour, il commet beaucoup d’erreurs (principalement en décembre lors d’un match face à San José) et il semble toujours blessé (cela s’est ressenti principalement à son patinage) mais, comme Renney n’a pas beaucoup de solutions de rechange, Whitney continue d’être envoyé en première ligne. Au fil de la saison, néanmoins, il a semblé mieux s’adapter pour jouer avec la douleur sur le plan défensif et retrouver une facilité à amorcer le jeu de transition vers l’avant. Whitney a profité de l’arrivée en cours de saison de Nick Schultz en provenance du Minnesota. Echangé à la deadline contre Tom Gilbert, considéré alors par certains fans comme le meilleur défenseur des Oilers, Schultz a d’abord évolué sur la gauche de la troisième paire défensive avant de passer rapidement à la droite de Whitney. Sa présence défensive et sa constance lui ont permis d’aider son fragile coéquipier.

Ladislav Smid est sans doute la révélation défensive de l’équipe cette saison. Arrivé d’Anaheim il y a 6 ans lors du transfert de Chris Pronger vers la Californie, Smid a d’abord eu des difficultés à s’imposer (malgré son potentiel qui lui avait permis d’être drafté en 9e position en 2004). Puis il a réussi à devenir un arrière fiable de troisième ligne avant, cette saison, d’être utilisé dans le top-4 défensif, d’abord avec Tom Gilbert puis avec Jeff Petry, mais également pour tuer plus souvent les pénalités. Smid est le prototype de l’arrière défensif (il termine premier de son équipe pour les mises en échec et les tirs contrés) mais il s’est également illustré par la qualité de sa relance offensive, ce qui fait que, même si sa paire était souvent opposée aux meilleures lignes adverses, elle a toujours tenu le choc. À ses côtés, Jeff Petry a également été une bonne surprise, lui qui a commencé la saison par faire des allers-retours entre Edmonton et leur réserve d’AHL à Oklahoma City. S’il est plutôt physique (deuxième de l’équipe pour les mises en échec derrière Smid), ses atouts principaux sont la discipline, avec peu de pénalités sifflées, mais surtout son patinage rapide et sa bonne capacité de passe (sa vitesse permettant de compenser au besoin les pertes de palet). De plus, le fait qu’il tire de la droite devrait lui offrir à l’avenir une bonne place sur le jeu de puissance des Oilers.

En attaque, les jeunes espoirs ont justifié les attentes des fans en démontrant une partie de leur potentiel. À seulement 20 ans, Taylor Hall termine avec 53 points pour sa deuxième saison pro, un total très satisfaisant pour un joueur qui s’est battu une partie de la saison contre des blessures à la tête, aux épaules ainsi qu’une commotion cérébrale. Il s’est notamment montré à son avantage dans la possession du palet, ce qui lui a permis de se procurer des occasions. Par ailleurs, si Hall a principalement été employé dans la zone offensive, il n’a pas été particulièrement protégé des meilleures lignes adverses, ce qui rend sa performance notable. Idem pour l’autre premier choix récent de draft de l’équipe, Ryan Nugent-Hopkins. Du fait de son physique assez fluet, RNH n’était pas forcément attendu pour jouer cette saison avec les pros mais dès la pré-saison (6 points en 5 matchs) puis un début de saison probant (rookie du mois en octobre et en novembre), il a montré qu’il avait toute sa place avec les Oilers. Au tiers de la saison, il avait une moyenne d’un point par match qui lui permettait de figurer parmi les 10 meilleurs de la ligue. Néanmoins, en décembre, Nugent-Hopkins commence à ralentir puis il finit par se blesser tout seul en retombant mal sur la bande (un comble pour un joueur qui n’avait jamais manqué de match sur blessure de toute sa carrière). À son retour, à la fin février, il a continué à empiler les points mais il a terminé deuxième derrière Gabriel Landeskog dans le palmarès des rookies. Si RNH a parfois peiné dans le replacement défensif et qu’il n’est pas encore au niveau pour les mises au jeu, il a impressionné par son patinage dans les petits espaces, ce qui a rendu la couverture sur lui compliquée pour les défenseurs adverses. Il a également été un des principaux artisans du bon jeu de puissance (troisième de la ligue) des Oilers avec 23 de ses points en supériorité numérique.

Jordan Eberle a été un de ceux qui ont profité des bonnes passes de RNH en supériorité numérique. L’aîné (21 ans) des grands espoirs du club a connu une excellente saison puisqu’il termine avec 76 points, largement au-dessus de son total de 43 points lors de sa première saison pro. Si Eberle a incontestablement profité d’être régulièrement aux côtés de Ryan Nugent-Hopkins sur une ligne relativement protégée (quoique de moins en moins au cours de la saison), il doit principalement son succès offensif à une nette augmentation de son taux de tir (18,9% contre 11,4%) qui sera sans doute difficile à réitérer. Magnus Pääjärvi a lui connu le phénomène inverse puisque sa production de buts a été minorée par un pourcentage de tirs anémique (2,5% !). Avec seulement 8 points en 41 matchs, le Suédois de 21 ans a fini par être envoyé en AHL à Oklahoma City où il n’a pas non plus brillé, même si ses 10 points en 12 matchs en playoffs sont corrects. Malgré tout, Pääjärvi a réussi une bonne saison sur le plan défensif, grâce notamment à sa vitesse et à sa discipline, et pourrait à l’avenir être intégré avec succès dans une ligne à vocation purement défensive.

À presque 23 ans, Sam Gagner est lui quasiment un vétéran dans l’effectif des Oilers (5 saisons sous les couleurs de la franchise de l’Alberta). Drafté en 2007, les fans des Oilers mettent parfois en doute sa capacité à atteindre le potentiel que l’on attend d’un sixième choix de draft et ce n’est pas cette saison de hauts et de bas qui fournira beaucoup de réponses. Ses 47 points ne sont pas extraordinaires mais il est parvenu à rentrer dans le livre des records. En effet, le 2 février face à Chicago, il a réussi à inscrire 4 buts et 4 assistances lors des deux dernières périodes. Deux jours plus tard, il marque 2 buts et une assistance dans la première période de la rencontre face à Detroit. Ce qui fait donc 6 buts pour 11 points en une heure de jeu ! Une performance qui lui permet de dépasser Wayne Gretzky et Darryl Sittler dans le palmarès de la ligue mais qui n’est pas vraiment représentative de sa saison. Il s’est blessé à la cheville lors de la pré-saison et a connu une fin de saison également difficile (principalement après la blessure de Taylor Hall). Ces hauts et bas expliquent sans doute pourquoi Gagner n’a resigné que pour un an avec les Oilers, le temps que Tambellini juge du développement du jeune joueur et voit s’il rentre dans les plans de l’équipe sur le long terme.

 

Columbus Blue Jackets (30e)Logo Columbus petit
Classement conférence ouest : 15e (65 points)
Attaque : 26e de la ligue, 2,42 buts marqués par match
Défense : 28e de la ligue, 3,13 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Rick Nash (AD) : 30 buts, 59 points
                            Vaclav Prospal (AG) : 16 buts, 55 points
                            Derick Brassard (C) : 14 buts, 41 points
                            R.J. Umberger (AG) : 20 buts, 40 points
                            Jack Johnson (D) : 12 buts, 38 points
En 2010/11 : 81 points, 13e de la conférence, 24e de la ligue

CLB nash 12Nouvelle saison dans le fond du classement pour les Blue Jackets, et celle-ci est sans doute plus dure à digérer que les précédentes. Déjà, malgré les années de médiocrité de la franchise, c’est la première fois de sa courte histoire que l’équipe termine dernière de la ligue. Mais c’est aussi une déception car les attentes des fans étaient importantes. Ainsi, à l’été 2011, quand le manager général Scott Howson a fait signer le défenseur James Wisniewski et transféré le centre Jeff Carter de Philadelphie, l’effectif de Columbus semblait en mesure d’atteindre les playoffs, comme en 2009. Mais la douche froide fut rapide : Wisniewski a été suspendu pour 8 matchs de saison régulière dès la pré-saison pour une charge à la tête sur Cal Clutterbuck, et Jeff Carter se casse rapidement la jambe. Les Blue Jackets commencent alors par une terrible série de 13 défaites en 15 matchs, la plus mauvaise série de la ligue pour commencer une saison depuis 19 ans.

La situation ne s’améliore guère par la suite et la rumeur veut qu’Howson congédie l’entraîneur Scott Arniel pour faire revenir Ken Hitchcock, qui était alors toujours dans l’organisation des Jackets. Finalement, St. Louis embauchera Hitchcock, avec la permission des Jackets et avec le succès que l’on sait. À Columbus, le changement d’entraîneur aura lui lieu en janvier et c’est Todd Richards qui a assuré l’intérim (il sera confirmé dans ses fonctions à la fin de l’année). Puis, en février, c’est Jeff Carter, jamais vraiment remis de son arrivée dans l’Ohio, qui est envoyé à Los Angeles contre le défenseur Jack Johnson. L’équipe est alors dernière de la ligue et elle restera à cette position jusqu’à la fin de la saison.

Dans les buts, la franchise semble avoir fait le tour de la question concernant Steve Mason. La carrière du meilleur rookie de la saison 2008/09 a ensuite complètement déraillé : Mason semble s’être rapidement endormi sur ses lauriers et le management de l’équipe ne lui a pas rendu service en lui évitant d’aller s’aguerrir en AHL (ce que demandait apparemment Ken Hitchcock, alors coach des Blue Jackets). La pauvreté de l’escouade défensive ne lui a pas non plus toujours simplifié la tâche, mais Mason semble maintenant en bout de course à Columbus avec un pourcentage d’arrêts de 89,4% cette année, un des plus mauvais de la ligue. Mais il sera toujours dans l’effectif car il lui reste encore un an de contrat avec un salaire de 3,2 millions qui empêche toute transaction. Dans son rôle de remplaçant, Curtis Sanford a été une bonne surprise et il a sans doute empêché les Blue Jackets de battre des records de médiocrité. Le vétéran de 32 ans qui a passé la majeure partie de sa carrière en AHL termine avec le meilleur pourcentage d’arrêts de sa carrière NHL (91,1%), malgré une saison émaillée par les blessures.

Si Howson a connu une saison plutôt difficile, il a tout de même réussi à améliorer le top-4 défensif historiquement mauvais des BJ, avec pour preuve une improbable mais efficace paire numéro 1 Fedor Tyutin – Nikita Nikitin. Ainsi, cette paire russe formée en cours de saison (quand Nikitin est arrivé en provenance de St. Louis en échange de l’offensif arrière Kris Russell) a été une bonne surprise car elle a affronté avec succès les meilleures lignes adverses. Aux côtés du solide Tyutin, Nikitin a ainsi pu faire valoir sa présence physique et son puissant slap (7 buts pour 32 points en 54 matchs avec les Blue Jackets).

La deuxième paire défensive s’est également formée au cours de la saison et elle a un profil nettement plus offensif. James Wisniewski a apporté ce que l’on attendait de lui : un profil très offensif (27 points en 48 matchs) mais aussi une tendance à prendre des mauvaises pénalités et des suspensions. Le fougueux défenseur a également dû compter avec des blessures (cheville cassée, aine puis commotion cérébrale) qui ont limité son impact. Arrivé à six semaines de la fin de la saison en échange de Jeff Carter, Jack Johnson a apporté une mentalité positive à une équipe qui en manquait terriblement. Il a été de plus assez solide défensivement tout en avalant les minutes de jeu (27 en moyenne) et en étant efficace offensivement (14 points en 21 matchs). Malgré ce début probant, la mauvaise réputation gagnée à Los Angeles de défenseur dramatiquement statique et ne sachant pas lire le jeu suit encore Johnson, et la saison prochaine sera cruciale pour lui.

En attaque, Rick Nash a donc joué sa dernière saison sous les couleurs de la franchise de l’Ohio, dont il était le visage depuis presque dix ans. Il part en détenant tous les records offensifs d’une équipe dont l’existence est à peine plus longue que sa carrière. Il a terminé à nouveau meilleur buteur (pour la huitième saison consécutive) et meilleur pointeur (pour la cinquième saison consécutive). Pour autant, le total des points de Nash n’a cessé de baisser depuis 2009 et il n’a pas semblé autant en mesure de porter l’équipe sur ses épaules. En témoigne le fait qu’il termine la saison avec seulement 2 buts victorieux, son plus faible total depuis sa saison de rookie en 2002/03. Pour autant, il faut noter que le démarrage de la saga de son transfert n’a pas affecté son rendement car il a terminé la saison avec 26 points sur les 32 derniers matchs. L’arrivée de Jeff Carter était censée enfin offrir un centre all-star à Nash mais les deux hommes n’ont pas vraiment réussi à trouver d’alchimie (les absences pour blessure de Carter n’ont pas aidé). Quand Carter est finalement parti à Los Angeles, c’est Mark Letestu qui s’est retrouvé aux côtés de Nash. Transféré en cours de saison de Pittsburgh, il n’a pas vocation à jouer sur la première ligne mais ses 24 points en 51 matchs ont été les bienvenus.

Pour compléter cette ligne, on retrouve le vétéran Vaclav Prospal, qui a signé une bonne saison. Ainsi, il n’aurait sans doute pas été signé par les Jackets si Kristian Huselius ne s’était pas gravement blessé en juillet 2011, mais le Tchèque de 37 ans a montré qu’il avait encore le niveau de top-6 avec ses 39 assistances (meilleur total de l’équipe et meilleur total personnel depuis 2007). On sait depuis l’époque où il jouait à Tampa Bay que le Tchèque est un joueur de tempérament, qui n’hésite pas à s’exprimer publiquement sur son équipe. Ce n’est donc pas une surprise s’il s’est publiquement plaint de l’attitude de « loser » de la franchise, un coup de canon bienvenu de la part d’un joueur aussi rigoureux avec ses coéquipiers qu’avec lui-même.

Sur la deuxième ligne, Cam Atkinson a été l’une des rares satisfactions de cette saison calamiteuse. Sa taille d’1m70 ne le destinait pas à jouer en NHL avec les gros gabarits et n’a pas incité le management des Jackets à faire rapidement appel à l’ailier droit de 22 ans. Mais après avoir inscrit cette saison 29 buts avec Springfield, l’équipe d’AHL, il a été appelé en fin de saison pour un résultat probant (14 points en 27 matchs). Derick Brassard a lui profité de l’éviction d’Arniel pour revenir dans le top-6. Malgré son indéniable talent avec le palet, Brassard n’avait pas réussi à convaincre ses entraîneurs du fait d’un manque de motivation. La confiance que lui a porté Todd Richards a pour l’instant été récompensée, Brassard inscrivant 29 points dans la seconde moitié de saison (contre 12 points sur la première moitié, passée principalement dans le bottom-6). R.J. Umberger a quant lui terminé la saison en baisse (40 points au lieu de 57), mais il reste un des principaux vétérans de l’équipe et il pourrait être le prochain capitaine en remplacement de Nash.