Bilan NHL 2011/12 (II) : équipes classées de 17 à 23

Deuxième épisode de notre rétrospective de la saison NHL 2011/12 avec cette fois les équipes qui ont échoué aux portes des playoffs. On retrouve des gros budgets de la ligue en panne de résultats (Calgary ou Buffalo) mais également des équipes en reconstruction qui signent une saison encourageante (comme le Colorado).

 

Calgary Flames (17e)Logo Calgary petit
Classement conférence ouest : 9e (90 points)
Attaque : 24e de la ligue, 2,43 buts marqués par match
Défense : 14e de la ligue, 2,65 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Jarome Iginla (AD) : 32 buts, 67 points
                            Olli Jokinen (C) : 23 buts, 61 points
                            Alex Tanguay (AG) : 13 buts, 49 points
                            Curtis Glencross (AG) : 26 buts, 48 points
                            Michael Cammalleri (AG) : 20 buts, 41 points
En 2010/11 : 94 points, 10e de la conférence, 18e de la ligue

CAL iginla 12La situation est à Calgary assez curieuse car, si les Flames font partie de ses franchises pouvant se permettre d’avoir une masse salariale proche de la limite (5e masse salariale de la ligue cette saison), les résultats sont loin d’être à la hauteur. L’équipe a ainsi terminé pour la troisième saison consécutive hors des playoffs. Et ce n’est même pas une surprise car, malgré la présence de talents reconnus (comme le capitaine Jarome Iginla ou Miika Kiprusoff), l’effectif semblait insuffisant. En décembre 2010, le manager général Darryl Sutter avait été remercié et temporairement remplacé par son assistant Jay Feaster (auparavant manager général de Tampa Bay au début des années 2000) puis il a finalement été gardé comme manager. Sa première décision en tant que titulaire en juin 2011 a été de transférer le jeune Tim Erixon car il n’a pas réussi à le convaincre de signer avec Calgary. Il lui a fallu envoyer celui qui était le meilleur espoir défensif de la franchise à New York (aux Rangers, où son père a joué il y a une vingtaine d’années).

Un mauvais signal qui se confirme rapidement : dès octobre, les Flames s’installent dans le ventre mou de la conférence Ouest, qu’ils ne quitteront plus avec en point d’orgue une défaite 9-0 à Boston en janvier, ne parvenant à atteindre la huitième position (qualificative pour les playoffs) que brièvement à la fin février. Les blessures ont joué une part importante dans ces difficultés, au point que Feaster a du rappeler la première ligne de l’équipe réserve d’AHL au complet au début mars suite aux forfaits de Michael Cammalleri, Blake Comeau et Lance Bouma. Et quand Tim Jackman se blesse le match suivant, c’est le grand espoir de l’organisation, Sven Bärtschi, qui doit être rappelé de son club junior ! Le contrat de l’entraîneur Brent Sutter n’a pas été reconduit.

Dans les buts, un des objectifs était de parvenir à installer un remplaçant derrière Miika Kiprusoff pour réduire sa charge de travail. Cela n’a pas été un succès car le Finlandais a dû disputer 70 matchs, ce qui est considérable pour un portier de 36 ans. Heureusement pour les Flames, Kiprusoff a été très solide (92,8% d’arrêts) et a parfois permis à son équipe de remporter des matchs serrés. Pour autant, il a paru plutôt fatigué en fin de saison, au moment où la bagarre pour les playoffs faisait rage et les Flames ont connu une série de cinq défaites d’affilée.

S’il n’a pas pu être laissé en réserve, c’est principalement parce que son remplaçant désigné, Henrik Karlsson, a connu une très mauvaise saison. Le Suédois de 28 ans avait l’an passé été plutôt bon dans son rôle de doublure grâce à sa grande taille qui ne l’empêche pas d’être assez mobile. Mais, pour sa deuxième saison avec les Flames, rien ne s’est passé comme prévu. Il ne semble pas à son aise lors de ses cinq premiers matchs (tous perdus), ce qui incite Brent Sutter à se reposer principalement sur Kiprusoff. Puis Karlsson se blesse au genou droit en décembre. Quand il revient deux mois plus tard, il a été supplanté par Leland Irving et il ne sera plus titularisé que deux fois. Irving, 24 ans, est le principal espoir des Flames dans les buts (choix de premier tour de la draft 2006) et il a ainsi joué ses premiers matchs avec Calgary après 3 saisons passées en AHL avec le Heat d’Abbotsford. S’il a pu mettre en valeur sa bonne vision et ses déplacements latéraux rapides, il a également encaissé 5 buts en 24 minutes lors du match funeste face à Boston. Preuve que le jeune gardien doit encore faire ses preuves en AHL.

La défense a du compenser le départ à l’intersaison de Robyn Regehr, qui était un Flame de longue date et un des joueurs préférés des fans, ce qui n’a pas toujours été simple. Du fait des blessures et de la solidité parfois incertaine, Sutter a dû souvent modifier ses paires. Jay Bouwmeester est ainsi devenu le défenseur numéro 1 de l’équipe, une pression importante pour un joueur souvent dans le feu des critiques (du fait de son salaire important), surtout que, malgré son gabarit puissant, il n’a pas le même style de jeu physique que les ex-Flames Regehr ou Phaneuf. De plus, au grand dam de beaucoup de fans, il n’a jamais réussi à atteindre le potentiel offensif qu’on lui prêtait. Néanmoins, malgré les critiques, Bouwmeester fait face aux meilleures lignes adverses à chaque match et son travail défensif est considérable. Grâce à son excellent patinage, il peut également participer à l’attaque tout en assurant la couverture, même s’il le fait assez peu. Alors qu’il se trouvait sur la troisième paire de Buffalo, Chris Butler s’est retrouvé à son arrivée à Calgary sur la première ligne avec Bouwmeester. Ce n’est sans doute pas une position optimale pour lui mais il s’est révélé plutôt solide et bien positionné, tout en apportant une dimension physique à la paire. À 26 ans, il pourrait trouver sa place dans l’effectif de manière durable sur la deuxième paire avec Mark Giordano.

Giordano, qui semblait être devenu un des leaders de l’escouade défensive, a connu une année difficile, même s'il est resté le principal atout offensif de la ligne bleue des Flames. S’il avait semblé lors de ses trois premières saisons avec Calgary en progression constante, son début d’année a été cette fois compliqué avec 8 points en 33 matchs avant une blessure à un tendon. Giordano a semblé plus en forme à son retour de blessure avec 19 points lors des 38 derniers matchs, tout en étant plus solide défensivement. L’absence de Giordano a donné plus de responsabilités à Derek Smith mais, après un début de saison intéressant, lui aussi s’est blessé (entorse à la cheville) puis il a semblé moins impliqué lors de son retour au jeu. La bonne surprise en défense est venue de T.J. Brodie. À 22 ans, il n’avait pas signé un camp d’entraînement inoubliable, mais il a réussi à trouver sa place lors d’un rappel en cours de saison. Brodie a ainsi accumulé 14 points en 54 matchs, ce qui est notable pour un rookie ne jouant que très peu en jeu de puissance. Bien qu’il soit à l’aise pour manier le palet et qu’il ne rechigne pas à jouer physiquement, il a évidemment encore du pain sur la planche pour s’améliorer, par exemple pour lancer plus rapidement le jeu de transition vers l’avant.

En attaque, la saison a été difficile pour le capitaine Jarome Iginla. Certes, il termine comme souvent meilleur marqueur de son équipe, passant une nouvelle fois la barre des 30 buts. Il est de plus toujours aussi endurant (plus de 20 minutes de jeu par match à 35 ans) mais les blessures l’ont obligé à affronter les meilleures lignes offensives adverses et il n’a pas spécialement brillé dans le repli défensif. Olli Jokinen a également souffert de la confrontation face aux meilleures lignes adverses et il a souvent pris ses mises au jeu en zone défensive. Pour autant, le Finlandais a eu une saison offensive probante, notamment en jeu de puissance, et il dépasse la barre des 60 points pour la première fois depuis 2008/09. Comme souvent dans sa carrière, les blessures ont été importantes cette année pour Alex Tanguay et l’ont limité à 64 matchs. Cela ne l’a pas empêché d’amasser 49 points, preuve qu’il est toujours dangereux offensivement grâce à ses passes ajustées et un tir très précis.

Souvent aligné avec Jokinen, Curtis Glencross a également affronté les meilleurs joueurs adverses avec plus ou moins de succès (il a une certaine tendance à prendre des mauvaises pénalités aux mauvais moments). Il a réussi à marquer 26 buts grâce à un pourcentage de tir extraordinaire (23,6%, loin des 10% en moyenne). Michael Cammalleri a débuté la saison à Montréal mais il a été transféré dans l’Alberta en échange de René Bourque après des déclarations sur la mentalité des Habs dans la presse. Son retour chez les Flames, où il avait connu une excellente saison 2008/09, a d’abord été compliqué puisqu’il ne s’est illustré que sur le jeu de puissance. Mais il a ensuite trouvé ses marques, passant même avec un certain succès de la position d’ailier gauche à centre (au moment où une bonne partie des centres étaient blessés). Mikael Backlund a lui poursuivi son apprentissage de centre NHL avec plus de temps de jeu mais les blessures (à un doigt puis à une épaule) l’ont limité à 41 matchs. Le Suédois de 23 ans n’a pas eu la tâche facile car il était souvent opposé au top-6 adverse mais il n’a pas sombré. Pour autant, ses 11 points ne sont pas très encourageants (avec un 4,7% au tir) et Backlund ne va peut-être pas devenir le marqueur de première ligne que certains fans espèrent.

 

Dallas Stars (18e)Logo Dallas petit
Classement conférence ouest : 10e (89 points)
Attaque : 22e de la ligue, 2,49 buts marqués par match
Défense : 16e de la ligue, 2,66 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Loui Eriksson (AG) : 26 buts, 71 points
                            Jamie Benn (AG) : 26 buts, 63 points
                            Mike Ribeiro (C) : 18 buts, 63 points
                            Michael Ryder (AD) : 35 buts, 62 points
                            Steve Ott (AG) : 11 buts, 39 points
En 2010/11 : 95 points, 9e de la conférence, 17e de la ligue

DAL benn 12Dallas a manqué les playoffs pour la quatrième année de suite, mais n’a pas fini très loin : le différentiel de -11 seulement en buts montre que l’équipe a le niveau. L’effectif a su renouveler ses cadres, s’appuyant désormais sur Jamie Benn, Loui Eriksson, Alex Goligoski et Kari Lehtonen. De plus, la franchise a été rachetée et le nouveau propriétaire, Tom Gaglardi, paraît désireux d’améliorer l’équipe, sans faire de folies. Au bilan, les Stars ont reçu une contribution intéressante du vétéran Michael Ryder, qui a battu son record de carrière avec 35 buts, à 32 ans. En revanche, Steve Ott et Mike Ribeiro ont semblé un ton en dessous et ont été échangés au cours de l’été, respectivement à Buffalo et Washington.

La non-qualification des Texans s’explique malgré tout assez facilement : le manque de profondeur d’effectif. Avec un Brenden Morrow vieillissant, il n’y avait plus guère de contribution des 3e et 4e lignes, malgré les efforts étonnants d’Eric Nystrom que personne n’attendait à 16 buts – même s’il n’en a marqué aucun sur les 16 derniers matchs -, ou les progrès du jeune Tchèque Tomas Vincour ou du Suédois Tom Wandell. Défensivement utiles, ces joueurs n’ont pas pu apporter un plus offensif, l’attaque finissant dans les profondeurs du classement.

La défense, elle, n’a pas démérité, autour de Goligoski, Stéphane Robidas, Trevor Daley et Adam Pardy, avec un retour étonnant au premier plan de Sheldon Souray - après une saison où il a rongé son frein en AHL en raison d'un salaire trop important pour respecter le plafond salarial. Mieux, les jeunes Philip Larsen et Mark Fistric se sont installés dans l’équipe première. Malgré tout, Dallas manque de banc, manque de solutions offensives et cela restera comme le bilan de cette saison 2011-12.

 

Buffalo Sabres (19e)Logo Buffalo2 petit
Classement conférence est : 9e (89 points)
Attaque : 17e de la ligue, 2,57 buts marqués par match
Défense : 18e de la ligue, 2,72 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Jason Pominville (AD) : 30 buts, 73 points
                            Thomas Vanek (AG) : 26 buts, 61 points
                            Drew Stafford (AD) : 20 buts, 50 points
                            Derek Roy (C) : 17 buts, 44 points
                            Cody Hodgson (C) : 19 buts, 41 points
En 2010/11 : 96 points, 7e de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par les Flyers de Philadelphie 4 matchs à 3

BUF miller 12Les Sabres échouent d’un rien aux portes des séries éliminatoires en terminant neuvième de leur conférence et c’est une grosse déception pour les partisans qui semblent voir au fil du temps leur équipe perdre du poids dans la ligue, malgré l’effort des investisseurs qui veulent en faire une équipe phare de la NHL à coup de gros recrutement de joueur autonome. Avec pourtant une volonté d’améliorer l’équipe, force est de constater que les choses ne se sont pas passées comme prévu dans l’Etat de New-York. Avec un total de 39 victoires, les Sabres passent à 3 points des play-offs, mais leur saison fut bien trop irrégulière pour parvenir dans le top 8 à l’image de ses 10 derniers matchs (6 victoires, 3 défaites et 1 défaite en prolongation).

Du coté des gardiens, la saison de Ryan Miller a connu des hauts et des bas, bien que finissant avec de très bonne statistiques supérieures à la saison passée, le cerbère américain a connu une période creuse avec un commotion cérébrale subie lors d’un choc avec Milan Lucic, le tumultueux joueur de Boston, il aura fallu du temps pour que Miller retrouve sa forme et ses performance aient un impact important sur l’ensemble du jeu des Sabres. Mais Lindy Ruff pouvait faire confiance au suédois Jhonas Enroth, qui s’améliore de saison en saison avec de très belle sorties au cours de l’année. Bientôt, la concurrence sera rude au poste de gardien au sein de la franchise.

La défense a elle aussi subi de nombreuses blessures, notamment celle du jeune Tyler Myers, un des piliers des Sabres qui n’a pu jouer que 55 matchs, mais aussi celles de Christian Ehrhoff ou encore d'Andrej Sekera ; au final les Sabres de Buffalo terminent avec la dix-huitième défense de la ligue avec de cruelle déception chez les recrues comme par exemple Robyn Regehr.

En attaque les blessures n’ont pas non plus épargné les avants des Sabres comme Brad Boyes ou encore Jochen Hecht. Les moteurs de cette équipe sont comme toujours Thomas Vanek l’Autrichien, Jason Pominville et Drew Stafford. Si Pominville réalise une meilleure saison que la précédente, il n’en est pas de même pour Vanek et Stafford qui baissent légèrement par rapport à la saison 2010-2011. Quant à Derek Roy, après une année 2011 compliqué à cause d’une blessure, le Canadien n’a pas su revenir à son meilleur jeu puisqu’il ne totalise que 4 points, on est bien loin de son rendement habituel. Ville Leino reste sûrement la plus grosse déception du recrutement des Sabres aves seulement 25 points au compteur, le joueur finlandais a pour l’instant du mal à faire justifier son juteux contrat. Les Sabres doivent impérativement ajouter du poids à leur équipe afin de protéger leurs stars et de gagner des palets en échec avant, mais au vu du recrutement, les dirigeants semblent être sur le bon chemin.

 

Colorado Avalanche (20e)Logo Colorado petit
Classement conférence ouest : 11e (88 points)
Attaque : 25e de la ligue, 2,43 buts marqués par match
Défense : 15e de la ligue, 2,66 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Ryan O’Reilly (C) : 18 buts, 55 points
                            Paul Stastny (C) : 21 buts, 53 points
                            Gabriel Landeskog (AG) : 22 buts, 52 points
                            Steve Downie (AD) : 14 buts, 41 points
                            David Jones (AD) : 20 buts, 37 points
En 2010/11 : 68 points, 14e de la conférence, 29e de la ligue

COL landeskog 12L’Avalanche poursuit son effort de reconstruction entamé il y a quelques années avec une saison plutôt correcte. L’année démarre plutôt bien avec un mois d’octobre probant qui voit le Colorado pointer à la cinquième place de la conférence ouest. Mais le vent tourne vite et ils reviennent dans le rang en novembre pour rejoindre la douzième place de la conférence, position qu’ils ne quitteront plus. Si l’Avalanche est encore en phase de reconstruction avec la jeune garde constituée de Matt Duchene et Gabriel Landeskog, cela n’a pas empêché le manager général, Greg Sherman, de faire des transferts importants, comme celui très critiqué du gardien Semyon Varlamov en provenance de Washington à la draft 2011. Outre les problèmes récurrents de blessures du portier russe de 24 ans (principalement à l’aine), c’est surtout le fait que Sherman ait transféré deux choix de draft (un premier et un deuxième) pour l’avoir.

Semyon Varlamov a dû composer avec la pression d’être le nouveau gardien titulaire. Malgré son potentiel, ses débuts avec les Avs sont difficiles car le Russe ne parvient pas à être constant. Au bout de 3 mois, son remplaçant Jean-Sébastien Giguere a commencé à jouer de plus en plus de matchs. Le vétéran québécois de 35 ans a été parfaitement solide (91,9%) et il a surtout aidé Varlamov à s’adapter, les deux gardiens travaillant ensemble à l’entraînement et parlant beaucoup pendant les exercices. Ce travail de mentor a été très bénéfique au jeune Russe, qui a semblé en fin de saison beaucoup plus calme dans les but, avec un positionnement plus assuré. Grâce à cette aide, Varlamov a été nettement plus efficace en deuxième partie de saison, utilisant son explosivité et sa flexibilité pour réaliser des arrêts spectaculaires. S’il a réussi à démontrer son potentiel, le Russe devra néanmoins encore travailler sur les rebonds qu’il concède, son jeu à la crosse et son style de jeu, car ses blessures à l’aine fréquentes à Washington étaient sans doute à mettre au compte de sa tendance à s’accroupir très bas.

En défense, les fans attendaient beaucoup de la première saison complète d’Erik Johnson au Colorado, le premier choix de la draft 2006 ayant été transféré de St. Louis l’an passé. L’arrière de 23 ans n’était pas encore prêt à assumer le rôle de défenseur numéro 1 de l’équipe, même si Kyle Quincey a été transféré à Detroit au cours de la saison. Ainsi, son début de saison a été difficile, ne trouvant pas d’alchimie avec Jan Hejda, son nouveau coéquipier de ligne, et semblant en faire trop avec ou sans le palet. Blessé en novembre, Johnson semble bien plus à l’aise à son retour. Il se focalise alors principalement sur le travail défensif. Il a ainsi amélioré son jeu de transition vers l’attaque avec des passes plus simples et directes. Fruit de cette confiance finalement retrouvée, il a montré à la fin de saison qu’il avait toujours ses bonnes capacités de tir et pour manier le palet, tout en étant solide défensivement.

Arrivé comme agent libre pour permettre à Johnson de se consacrer plus au jeu offensif, Jan Hejda n’a donc pas formé une paire efficace avec le jeune défenseur, mais le Tchèque de 34 ans a signé une saison solide face aux meilleures lignes adverses avec Ryan O’Byrne. Leur présence physique a également grandement aidé l’Avalanche en infériorité numérique. Néanmoins, malgré sa solidité, la paire ne s’est pas vraiment mise en valeur dans le jeu de transition. Le physique a également été la principale caractéristique de Shane O’Brien, recruté pour la troisième ligne mais qui a plus joué que prévu. Sa puissance a néanmoins eu comme contrepartie une nette tendance aux pertes de palet et aux nombreuses pénalités.

En attaque, les tauliers n’ont pas eu l’impact espéré. À 26 ans, Paul Stastny devrait être au sommet de son talent. Mais ce n'est pas le cas, et s’il est toujours aussi habile aux mises au jeu, cette saison à 53 points est la plus mauvaise de sa carrière. Cette contre-performance s’explique en partie par un taux de tir très faible (7%) et au fait qu’il n’ait pas trouvé d’alchimie durable avec ses ailiers. Stastny a généralement toujours eu une bonne entente avec Milan Hejduk, mais le vétéran tchèque a lui aussi connu une mauvaise saison. Après la fin de carrière d’Adam Foote, Hejduk est devenu le nouveau capitaine, fort de son expérience de 13 saisons avec le chandail du Colorado. Contrairement à Stastny qui devrait être au top de ses capacités, Hejduk est à 36 ans sur la pente déclinante. De fait, il n’a pas atteint le plateau des 20 buts pour la seconde fois seulementen 13 saisons. Sa fin de saison a été compliquée avec 8 points dans les 30 derniers matchs. S’il a alors fait preuve d’une aptitude au travail défensif qu’on ne lui connaissait pas, il a finalement été rétrogradé sur la quatrième ligne. Reste à savoir si c’est le début de la fin pour Hejduk ou s’il parviendra à rebondir.

Au niveau de la relève, les fans espéraient beaucoup de Matt Duchene, qui avait terminé meilleur marqueur de son équipe en 2010/11. Mais le centre de 21 ans a connu une saison très compliquée avec un départ plutôt lent - comme souvent - puis de sérieuses blessures (genou puis cheville) qui l’ont obligé à à jouer 19 de ses 58 matchs blessé au genou. Du fait de ces circonstances défavorables, Duchene termine avec 28 points, de loin son plus mauvais total, mais, du fait de son talent, il devrait rebondir l’année prochaine.

La très bonne surprise est venue du duo Gabriel Landeskog – Ryan O’Reilly. La rencontre était assez improbable en début de saison entre l’ailier gauche suédois de 18 ans, tout juste drafté en deuxième position par l’Avalanche, et le centre de troisième ligne de 21 ans mais, dès le premier jour du camp d’entraînement de l’équipe, les deux joueurs ont été associé et ne se sont plus quitté de la saison grâce à leur bonne alchimie ensemble. Le duo a été si efficace qu’ils ont rapidement constitué la première ligne de l’équipe (avec Milan Hejduk puis, en fin de saison, avec Steve Downie). Landeskog, évalué lors de la draft 2011 comme le joueur le plus prêt pour la NHL, a également impressionné les fans avec son éthique de travail et ses talents dans la possession du palet : il termine meilleur buteur de son équipe et a tenté 270 tirs cadrés, loin devant le second, Stastny, avec 190 tirs. Sa très bonne saison a été récompensée par le trophée Calder qui récompense le meilleur rookie de la ligue. O’Reilly est également bien connu des fans pour son travail défensif mais personne n’attendait qu’il termine meilleur marqueur de l’équipe. Pour autant, il avait déjà montré des bonnes prédispositions offensives sur la deuxième ligne en fin de saison 2010/11. Néanmoins, il n’a pas perdu son sens défensif et, tout en affrontant les meilleures lignes adverses, il est parvenu à terminer parmi les meilleurs de la ligue dans le domaine des interceptions de palet. Même s’il est physiquement bien affûté, O’Reilly a baissé de régime en fin de saison, ce qui n’est pas une surprise du fait de son style de jeu énergique, mais cela reste une excellente saison pour lui.

 

Tampa Bay Lightning (21e)Logo TampaBay2 petit
Classement conférence est : 10e (84 points)
Attaque : 9e de la ligue, 2,83 buts marqués par match
Défense : 30e de la ligue, 3,39 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Steven Stamkos (C) : 60 buts, 97 points
                            Martin St. Louis (AD) : 25 buts, 74 points
                            Teddy Purcell (AD) : 24 buts, 65 points
                            Vincent Lecavalier (C) : 22 buts, 49 points
                            Ryan Malone (AG) : 20 buts, 48 points
En 2010/11 : 103 points, 5e de la conférence, éliminés en finale de conférence par les Bruins de Boston 4 matchs à 3

TBL stamkos 12Steve Yzerman a dû s’en mordre les doigts durant toute la saison en voyant Mike Smith, parti à l’intersaison, performer à Phœnix tandis que Dwayne Roloson était en difficulté. Ce fut d’ailleurs le gros point noir de l’exercice 2011-2012 des Bolts avec une saison désastreuse du portier de 43 ans. Roloson, après une saison remarquable, n’a pas renouvelé sa performance. Même s’il fallait s’en douter, cela a quand même coûté très cher à Tampa en terminant avec la plus mauvaise défense de toute la ligue avec 281 buts encaissés. Quant à Roloson, ses statistiques en disent long sur sa saison avec une moyenne de 3,66 et 88% d’arrêts en moyenne. Son back-up, Mathieu Garon, n’est pas en reste avec des stats un peu plus correctes, mais le pauvre ne pouvait faire guère plus. Car la défense n’est pas à épargner : trop portée sur l’offensive, l’arrière-garde a trop souvent oublié de défendre. Pourtant il y a de la profondeur avec des noms comme Hedman, Brewer et Bergeron même si Mattias Ohlund fut indisponible pendant toute la saison.

En attaque c’est beaucoup mieux, avec surtout la superstar Steven Stamkos qui devient le joueur majeur de cette ligue. En plus de totaliser 97 points, le jeune joueur de 22 ans a inscrit 60 buts, ce qui lui vaut de recevoir le trophée Maurice Richard récompensant le meilleur buteur de la saison régulière. Stamkos qui est en contrat jusqu’en 2016 est le « franchise player » de Tampa et fait penser de plus en plus à Sidney Crosby ; il ne lui reste plus qu’à franchir la barre des 100 points, ce qui est largement à sa portée. Derrière cette star, on retrouve encore le duo Martin Saint-Louis et Vincent Lecavalier. Même si ces deux ont perdu un peu de leur superbe, ils sont toujours aussi importants dans le rouage des Bolts, surtout pour Saint-Louis qui semble être le complément idéal pour Stamkos avec une belle campagne de 74 points. La grosse surprise nous vient de Teddy Purcell qui est sur les podium des pointeurs de Tampa avec 65 points, il confirme d’année en année son statut de pointeur et devrait sans nul doute continuer sur cette lancée. L’attaque est tout cas le point fort du Lightning, elle compte sur une grande profondeur de banc dans ce secteur avec des joueurs comme Ryan Malone et Steve Downie (parti au Colorado en cours de saison) mais l’apport de Stamkos a énormément compté.

Il a donc clairement manqué une défense digne de ce nom pour que Tampa décroche sa place en séries éliminatoires ; le poste de gardien est également un secteur où il faudra recruter pour remplacer le vieillissant Roloson encore sous contrat pour la saison 2012-2013, cela semble être chose faite puisque l’arrivée d’Anders Lindbäck en provenance de Nashville va certainement apporter un plus. L’attaque est très bonne avec Steven Stamkos au meilleur de sa forme qui est bien épaulé par des joueurs d’expérience. Si la défense évolue dans le bon sens, on pourrait revoir rapidement Tampa-Bay en play-offs rapidement.

 

Winnipeg Jets (22e)logo winnipeg petit
Classement conférence est : 11e (84 points)
Attaque : 12e de la ligue, 2,70 buts marqués par match
Défense : 26e de la ligue, 2,95 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Blake Wheeler (AD) : 17 buts, 64 points
                            Evander Kane (AG) : 30 buts, 57 points
                            Dustin Byfuglien (D) : 12 buts, 53 points
                            Andrew Ladd (AG) : 28 buts, 50 points
                            Kyle Wellwood (C) : 18 buts, 47 points
En 2010/11 (en tant que Thrashers d’Atlanta) : 80 points, 12e de la conférence, 25ème de la ligue

WPG ladd 12Pour leur grand retour en NHL, les Jets de Winnipeg ne sont pas parvenus à décrocher leur billet pour les play-offs, avec une 11e place dans la conférence Est. Ils sont bien loin de la huitième place, pourtant ils ont longtemps été dans la course mais la fin de saison fut fatale à cette équipe pour le moins vaillante. Elle fut emmenée durant toute cette saison par un public formidable, en effet, le public du MTS Center a parfaitement joué son rôle de septième homme, complet pour tous les matchs à domicile, l’aréna fut un véritable « chaudron » digne des patinoires européennes en terme d’ambiance et bien loin de la froideur et du sentiment de vide de certaines patinoires nord-américaines.

Si cette équipe n’avait pas de grands noms, plusieurs joueurs se seront démarqué, surtout en attaque avec l’avènement de Blake Wheeler qui fut le leader en compagnie du capitaine Andrew Ladd. Notons aussi la très belle performance de Evander Kane, le jeune Canadien a parfaitement répondu aux attentes placées en lui en terminant deuxième meilleur pointeur de cette équipe, ce qui lui a permis de signer un nouveau contrat jusqu’en 2018 pour un peu plus de 5 millions de dollars après des négociations ô combien difficiles entre les deux parties. Mentions spéciales à des joueurs de l’ombre qui ont eux aussi contribué à leur manière au rendement offensif comme Kyle Wellwood et Bryan Little, même si ce dernier a toujours du mal à s’imposer dans la grande ligue après son repêchage en douzième position par les défunts Thrashers d’Atlanta en 2006. Cependant, cette attaque a manqué de réalisme, il manque certainement un gros pointeur pour être plus efficace.

La défense fut elle aussi un peu en manque de joueurs. Si Dustin Byfuglien est le leader incontesté de l’arrière garde du Manitoba, il est le troisième compteur de son équipe avec 53 points mais avec un ratio de -8. L'Américain Zach Bogosian, qui n’était pas trop enclin à jouer dans le Manitoba en début de saison, a lui aussi effectué une saison moyenne. Seul Ron Hainsey tire son épingle du jeu, de même que le solide Suédois Tobias Enström avec pour ces deux joueurs des ratios positifs et des faibles temps de pénalité. Chez les gardiens, c’est par contre une grosse satisfaction pour les dirigeants avec la magnifique saison que vient de réaliser Ondrej Pavelec. Le jeune portier tchèque a sorti de très belles performances, gagnant des matchs à lui tout seul ; ses très bonnes statistiques n’en témoignent malheureusement pas avec un pourcentage d’arrêt supérieur à 90% et une moyenne légèrement supérieur à 2,9 car il n'a pas été trop aidé par sa défense. Pavelec devra confirmer dans les prochaines saisons, lui qui vient de renouveler son contrat pour un gros salaire (3,9 millions par saison). Quantà Chris Mason, il a joué un rôle de back-up cette saison avec des statistiques honorables, le vétéran continuera l’aventure à Nashville.

Les Jets ont donc encore du travail, notamment dans le recrutement pour que cette équipe puissent franchir un palier. S'il y a une grande force de caractère et un public qui pousse son équipe vers les sommets, le manque de profondeur de banc est un handicap sérieux pour voir plus loin et tenter d’accrocher le wagon des séries.

 

Carolina Hurricanes (23e)Logo Carolina petit
Classement conférence est : 12e (82 points)
Attaque : 16e de la ligue, 2,58 buts marqués par match
Défense : 25e de la ligue, 2,89 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Eric Staal (C) : 24 buts, 70 points
                            Jussi Jokinen (AG) : 12 buts, 46 points
                            Jeff Skinner (C) : 20 buts, 44 points
                            Jiri Tlusty (C) : 17 buts, 36 points
                           Tuomo Ruutu (C) : 18 buts, 34 points
En 2010/11 : 91 points, 9ème de la conférence, 19e de la ligue

CAR skinner 12Qu’elle est loin, la période où les Hurricanes de Caroline étaient champions et finaliste de conférence deux ans plus tard. Pourtant, cela ne remonte à pas si longtemps que cela, mais à les regarder et à voir leur position dans le classement de la conférence avec une douzième place, cela semble faire une éternité. Les Canes auront connu une saison très compliquée avec un changement d’entraîneur en cours de route et l’arrivée de Kirk Muller en provenance de Montréal. Belle promotion pour ce dernier qui a tout à fait sa place d’entraîneur-chef au sein de la NHL, mais il n’a cependant pas réussi à redresser la barre en dépit de sa bonne volonté, à cause d'un effectif très limité pour voir au-dessus dans le classement.

En attaque, seul Eric Staal, le joueur emblématique de la franchise, s’est montré efficace, finissant meilleur pointeur de son équipe avec 70 points, alors que Jussi Jokinen, le second pointeur de l’équipe n’est qu’à… 46 points. Ceci montre le grand fossé entre Staal et les autres pour la Caroline. Le jeune prodige Jeff Skinner a quant à lui déçu. Bien que blessé une partie de la saison, sa fiche est bien en deçà des espérances placées sur lui en début de saison, mais le garçon est encore jeune et son bon championnat du monde prouve qu’il a du talent et de la ressources. En résumé, l’attaque des Canes fut moyenne avec la seizième place en termes de buts marqués avec un faible power-play autour de 16%, le manque de profondeur notamment sur les deux premiers blocs en est l’une des causes.

La défense est elle aussi très à la peine, vingt-cinquième de la ligue. Elle manque elle aussi de profondeur, toujours avec Joni Pitkänen comme leader. Le gaillard finlandais fut très à la peine cette saison, sa place de défenseur numéro 1 fut largement contestée par d’autres comme Jamie Mac Bain et Jay Harrison, sans pour autant totalement convaincre. La saison de Jaroslav Spacek fut semée d’embûches, échangé en cours de saison par Montréal contre Tomas Kaberle, le joueur tchèque a connu une blessure l’éloignant des patinoires pendant plusieurs semaines. Cependant, quand il fut sur la glace, le vétéran fut très solide et a mis toute son expérience pour être efficace dans son rôle et sortir avec un ratio positif. Du côté des gardiens, Cam Ward a connu encore une saison honnête. Très important pour son équipe, le portier canadien a souvent été le dernier rempart en dépit d’une défense tenant la route. Bon point également pour Justin Peters qui a sorti plusieurs très bons matchs : actuellement troisième gardien, il pourrait bien à l’avenir devenir second en raison des piètres performances de Brian Boucher lors de ses rares départs devant le filet des Huricanes.

Saison une nouvelle fois à oublier pour Carolina en espérant des jours meilleurs. L’arrivée du frère d’Erik, Jordan Staal, et d'Alexander Semin vont faire du bien, même si rien ne semble bouger en défense alors que c’est le gros point faible de la franchise de Raleigh.