Mulhouse - Épinal (Coupe de France, 1/16 de finale)

iilberg vue densembleLes matchs se suivent...

Décidément, c'est l'année du scorpion chez les Dauphins, qui n'en finissent plus de rencontrer leur plus proche voisin !

On s'en lasserait presque de ces derbies rendus répétitifs par ces tirages au sort "géographiques" condamnant l'ICE à systématiquement se coltiner Mulhouse ou Strasbourg au premier tour depuis huit ans maintenant...

Cette fois donc, la route menant à Bercy passe par l'Illberg pour ces Spinaliens obnubilés par l'idée d'y retourner, cinq ans après leur finale perdue contre Angers (1-4). Et pour tout dire, ce serait vraiment "ballot" de se faire sortir d'entrée. Surtout que l'adversaire paraît largement à leur portée : les Scorpions restant sur neuf revers d'affilée toutes compétitions confondues (le dernier samedi contre Briançon).

Une situation difficile pour Christer Eriksson, qui a dernièrement retouché ses blocs dans l'espoir de relancer ce groupe combatif, mais bien trop limité. Offensivement surtout, où trop de responsabilités pèsent sur les épaules du toujours exemplaire Marcus Kristoffersson...

Ne sachant plus conjuguer le verbe gagner, les Scorpions ne sont donc plus ce qu'ils étaient il y a quelques années. Pire encore, le "souffre douleur" (Épinal) d'hier semble être devenu la "bête-noire" d'aujourd'hui : l'ICE, qui remporté les trois dernières confrontations (1,2,3), endosse désormais l'habit du favori dans ce derby qui n'a pas attiré la grande foule ce soir. Mais aura beaucoup fait parler de lui sur les forums...

La rivalité sportive n'est en revanche plus aussi prononcée qu'à la "grande époque", lorsque les deux clubs luttaient dans les hautes sphères de la Nationale 1. De 1998 à 2001, l'Illberg était même une destination "maudite" pour les Spinaliens, qui n'ont maintenant pluplch Jans peur de rien avec leur nouveau gardien !

Un "joker", en fait, dont l'arrive, nécessitée par l'indisponibilité prolongée de Gabriel Girard, fut couronnée de succès samedi. Mais s'il a posé les jalons d'un intérim réussi, Aleksis Ahlqvist se doit de confirmer. Et répond présent, d'entrée, devant Jacob Alner, qui était parvenu à déborder Maxime Ouimet (2e).

Assommés d'entrée...

Le Finlandais est encore bien parti pour faire le métier, mais le danger s'éloigne vite de sa cage pour se rapprocher de celle gardée par Mickaël Müller. Un jeune gardien qui ne va pas manquer d'occupation, repoussant de la botte l'essai de Gervais avant de voir son défenseur dégager, in extremis, un rebond brûlant (3e).

Deux grosses occasions en supériorité numérique pour les Vosgiens, qui déflorent le score peu après, sur une bonne temporisation de Sébastien Gauthier. L'ex-Gapençais trouve Steven Cacciotti, démarqué, qui prend sa chance depuis le rond d'engagement. Et expédie la rondelle sous la barre (0-1 à 04'08").

Pas le temps de souffler que Michal Petrák, dans la foulée, s'en va derrière la cage "gratter" un palet ensuite servi, au premier poteau (et sur un plateau) à Ján Plch (0-2 à 04'24"). Comme à l'entraînement...

Paradoxalement, cette entrée en matière réussie semble faire plus de mal que de bien aux Spinaliens, qui font pourtant valoir leur supériorité physique (demandez à Ballet, secoué comme un prunier derrière sa cage) mais deviennent subitement plus perméables aux accélérations mulhousiennes, essentiellement impulsées par un Stefan Lachapelle débordant de vivacité. Le plus remuant des attaquants alsaciens se démène aux avant-postes et parvient même à relancer ses coéquipiers en déviant subtilement, du revers, le slap d'Aleš Černý (1-2 à 08'32"). Le Tchèque ayant décoché son lancer sitôt la mise au jeu remportée, en zone offensive, par... Lachapelle !

Les hommes de Christer Eriksson, requinqués, paraissent plus difficiles à manœuvrer qu'en début de partie et se procurent les meilleures occasions. Lachapelle, intenable, s'échappe côté gauche et centre vers Christofer Löfberg, dont la reprise termine dans la  "niche" d'Aleksis Ahlqvist (12'53"). Même issue pour Tarik Chipaux, servi lui par Marcus Kristoffersson (13'37"). Des tirs trop peu dangereux pour un gardien de cette trempe...

Les locaux s'activent mais sont en panne d'efficacité (comme trop souvent ces derniers temps). Et voient l'ICE tripler la mise sur une récupération d'Offret, en fond de zone (au dépend de Ballet), qui se transforme en susanj gaspr 1passe décisive pour un Hagelberg faisant trembler les filets, à bout portant (1-3 à 15'27").

Réduite à un enchaînement de pénalités spinaliennes, la fin de cette première période se résume à une succession de temps faibles plutôt bien gérés par les Dauphins, qui virent en tête au premier entracte. Et finiront, sur leur lancée, par tuer une double infériorité, bien secondés il est vrai par un Ahlqvist solide au poste. Et toujours aussi avare de rebonds, notamment sur cette infiltration de Brincko (16'33").

Le vétéran slovaque des Scorpions a trouvé porte close, sur ce coup, mais aura sa revanche au retour des vestiaires, en héritant du puck au premier poteau pour mieux décaler Damien Raux à l'opposée. Le Finlandais, pris de vitesse (comme sa défense) laissant un angle très ouvert à l'international français (2-3 à 22'44").

Toujours aussi engagés, ces débats musclés laissent Kristoffersson sur le carreau. L'ailier suédois, durement percuté par Fabien Leroy, va même regagner son banc en rampant (24'55")... pour ne rejouer qu'au troisième tiers-temps ! Le capitaine spinalien, sanctionné pour une béquille au genou, laissant ses coéquipiers à affronter un powerplay peu inspiré.

Tellement d'ailleurs qu'un palet de dégagement va profiter à Ján Plch, que l'on sait friand de ce genre de situations. On ne compte plus ses buts inscrits en désavantage numérique, mais les spectateurs présents se rappelleront longtemps de son entrée en zone suivie d'un tir rasant filant entre les bottes de Müller (2-4 à 25'32)...

L'ICE peut à nouveau voir venir, elle qui apparaît un bon cran au-dessus de ses hôtes. Dans le collimateur des référés (qui n'hésitent pas à sanctionner leur implication physique), les Spinaliens doivent pourtant s'employer dans un registre essentiellement défensif.

Bien en place, ils freinent le déploiement d'Alsaciens s'en remettant trop souvent à Stefan Lachapelle. Un danger bien ciblé par Peter Slovák, qui l'empêche de s'engouffrer dans la brèche en lui barrant la route, avec autorité. Le Canadien, secoué, ne fait pas le poids et se retrouve à terre, incitant les arbitres à durement réprimer (2+10) la rudesse du Slovaque (31'08").

Ne faisant que se casser les dents sur un bloc défensif hermétique, les Scorpions n'abdiquent pas. Mais rien n'ébranle la solidité d'un ensemble spinalien bien articulé devant son gardien, Aleksis Ahlqvist, qui dégage une grosse impression de sérénité. Le Finlandais a tout d'une assurance tous risques... et ferme la porte au nez de Löfberg, qui bien servi dans l'intervalle par Sunna, s'amenait à lui (36'28") !

Devant toujours pallier l'absence de Radovan Hurajt, sur le flanc en raison d'adducteurs récalcitrants, Mickaël Müller n'a pas autant de facilités. Lmüllere costume de portier titulaire est peut-être un peu trop grand pour lui mais l'Alsacien fait de son mieux, sortant notamment un bel arrêt de la mitaine, en étant couché, sur un essai de Sébastien Gauthier (38e).

Mais le plus dur est à venir avec ce tir complètement excentré (et sans danger) de Stéphane Gervais, qu'il laisse malencontreusement échapper. Müller semblait avoir pourtant bouché son angle gauche (2-5 à 38'56"). Un vrai but "casquette" !

Il suffit d'un ou deux excités...

Ce petit "trou de souris" aura de grosses conséquences. Quelques supporters spinaliens, aux anges, entonnant un refrain qui mettra le feu aux poudres dans les gradins ("Mulhouse, un gardien !").

Vu comme une provocation, ce slogan va exacerber les susceptibilités. Notamment celles d'un spectateur profondément irrité, qui viendra lui-même "s'expliquer" avec les intéressés. Cela manque même de dégénérer, malgré l'intervention rapide d'une sécurité renforcée qui parviendra, non sans mal, à calmer les esprits. Les tentatives d'intimidation des Ultras, qui n'ont évidemment pas manqué de s'inviter, échauffent passablement les débats. Bonjour l'ambiance...

Passé ce coup de chaud, le hockey reprend ses droits. Sans Maxime Ouimet, touché au poignet... mais avec une sixième rondelle envoyée au fond des filets. Steven Cacciotti, en embuscade, terminant le travail initié par Danick Bouchard et Sébastien Gauthier (2-6 à 40'08"). L'Italo-canadien tue définitivement tout suspens restant à ce derby haché par les pénalités, côté spinalien. Ce dont n'ont pas su profiter les Scorpions ce soir, incapables de marquer à l'image de ce tir sur le poteau de Lukáš Pék en supériorité (44e).

Ne laissant aucune chance à un Mickaël Müller livré à lui-même, Stéphane Gervais passe la dernière couche, d'un tir croisé à bout portant (2-7 à 45'59"). Entérinant la qualification nette et sans bavures d'une ICE gérant ensuite son acquis en s'appuyant sur un Ahlqvist concentré jusqu'au bout.

Comment un tel gardien (qui compte plus de 80 apparitions en Elitserien et en SM-liiga) a t-il pu se retrouver à débuter la saison en troisième division finlandaise ? On connaît la qualité du vivier là-bas, mais la question mérite d'être posée tant ce pigiste fait l'unanimité. Certains regrettent même son départ prochain : l'intérim prenantn fin dans une petite quinzaine de jours, au grand retour de Gabriel Girard...

On ne donnait pas cher de la peau des Scorpions avant ce match et cette impression s'est vérifiée. Et encore, les pénalités ont limité l'emprise d'Épinal dans cette partie. L'apprentissage du haut niveau se poursuit pour Mulhouse, qui n'a donc fait que passer dans cette Coupe de France. Aussi vite entrés, aussi vite sortis, les hommes de Christer Eriksson n'avaient de toute façon pas les moyens de jouer sur deux tableaux. Ils devront même franchement batailler pour assurer leur maintien. Dans cette optique, un peu de sang neuf serait le bienvenu pour le technicien suédois, qui n'a aucune marge de manœuvre cette saison et manque cruellement de finisseurs dignes de ce nom...

Cette nouvelle victoire spinalienne en terre mulhousienne aura confirmé la nette suprématie des Vosgiens dans ce derby, qui se rejouera dans un mois. À Poissompré, cette fois, et dans le cadre du championnat. Rendez-vous est pris, en tout cas...

Réactions d'après-match (dans L'Alsace) :

Christer Eriksson (entraîneur de Mulhouse) : "J'ai l'impression que l'on n'a pas les moyens d'être à la hauteur dans la difficulté. On court après le score et à force, le ballon se vide de l'oxygène. Je trouve qu'Alner, Lachapelle, Černý et Sallander, quatre gars qui étaient avec nous en D1 l'an dernier, ont fait un bon match. Mais cela ne suffit pas. On arrive à s'accrocher et à rebondir mais c'est de suite gâché par un palet perdu bêtement ou une grosse erreur. Et on n'est vraiment pas assez bons dans la finition. Parfois, j'ai l'impression que l'on tire simplement pour tirer ou que l'on se complique trop la tâche. Et en hockey, le plus difficile, c'est justement de jouer simplement."

Mulhouse - Épinal 2-7 (1-3, 1-2, 0-2)
Mardi 23 octobre à 19h30 à la patinoire de l'Illberg. 620 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de David Courgeon et Laurent Rouèche.
Pénalités : Mulhouse 6' (6', 0', 0') ; Épinal 38' (18', 16', 4').
Tirs : Mulhouse 29 (10, 9, 10) ; Épinal 27 (7, 11, 9).

Évolution du score :
0-1 à 04'08" : Cacciotti assisté de Bouchard et Gauthier
0-2 à 04'24" : Plch assisté de Petrák
1-2 à 08'32" : Lachapelle assisté de Černý (inf. num.)
1-3 à 15'27" : Hagelberg assisté d'Offret
2-3 à 22'44" : Raux assisté de Brincko
2-4 à 25'32" : Plch assisté de Hagelberg et Petrák (inf. num.)
2-5 à 38'56" : Gervais assisté de Sušanj
2-6 à 40'08" : Cacciotti assisté de Bouchard et Gauthier
2-7 à 45'59" : Gervais assisté de Plch et Sušanj

Mulhouse

Gardien : Mickaël Müller.

Défenseurs : Dušan Brincko - Per Braxenholm ; Aleš Černý - David Sallander ; Yann Marez - Francis Ballet (C).

Attaquants : Marcus Kristoffersson (A) - Damien Raux (A) - Tarik Chipaux ; Jacob Alner - Stefan Lachapelle - Lukáš Pék ; Kim Sunna - Christofer Löfberg - Jure Kralj.

Remplaçants : Benoît Havel (G), Lucas Bini, Maximilien Tromeur, Michaël Marchand, Romain Frey, Benoît Salvin. Absent : Radovan Hurajt (adducteurs).

Épinal

Gardien : Aleksis Ahlqvist.

Défenseurs : ; Maxime Ouimet - Fabien Leroy (C) ; Gašpr Sušanj - Stéphane Gervais ; Peter Slovák (ou Rémi Colotti) - Jan Hagelberg.

Attaquants : Steven Cacciotti - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Yannick Offret - Yoann Chauvière - Élie Raibon.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Kevin Benchabane, Justin Chouleur, Romain Mauffrey, Kévin Pernot. Absents : Gabriel Girard (commotion), Anthony Rapenne (luxation de l'épaule).