Bilan NHL 2011/12 (III) : équipes classées de 9 à 16

Troisième épisode de notre retrospective de la saison NHL 2011/12 avec cette fois les équipes éliminées au premier tour des playoffs. On retrouve le champion 2011, Boston, et son finaliste malheureux, Vancouver mais également des équipes surprises comme la Floride (qui retrouvait les playoffs pour la première fois depuis 2000) ou Ottawa.

 

Vancouver Canucks (9e)Logo Vancouver petit
Classement conférence ouest : 1er (111 points)
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Kings de Los Angeles 4 matchs à 1.
Attaque : 5e de la ligue, 2,94 buts marqués par match
Défense : 4e de la ligue, 2,33 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Henrik Sedin (C) : 14 buts, 81 points
                            Daniel Sedin (AG) : 30 buts, 67 points
                            Alexandre Burrows (AG/AD) : 28 buts, 52 points
                            Ryan Kesler (C) : 22 buts, 49 points
                            Alexander Edler (D) : 11 buts, 49 points
En 2010/11 : 117 points, 1er de la conférence, éliminés en finale de coupe Stanley par les Bruins de Boston 4 matchs à 3.

VAN dsedin 12Si la défaite face à Boston au septième match de la finale 2011 a été difficile à avaler pour les fans, l’élimination surprise des Canucks face à Los Angeles cette année n’a pas été plus simple. Certes, rétrospectivement, Vancouver a perdu comme en 2011 face au futur vainqueur, ce qui relativise l’ampleur de l’échec, d’autant que la saison régulière a été une nouvelle fois probante. Néanmoins, l’équipe de la Colombie Britannique traîne une mauvaise réputation de losers en playoffs et ce n’est pas cette saison qui va la contredire.

Dans les buts, Roberto Luongo semble avoir atteint le point de non-retour avec les Canucks. Le vétéran de 33 ans est loin d’avoir eu une mauvaise saison (91,9% d’arrêts en saison régulière, 12e de la ligue) mais les playoffs ont été plus difficiles. Si Luongo n’a pas grand-chose à se reprocher lors de la première défaite face à Los Angeles, le second match où il encaisse 4 buts sur 26 tirs lui sera fatal. Alain Vigneault se tourne alors vers Cory Schneider alors que beaucoup de fans imputent la contre-performance des Canucks à Luongo (personne n’imaginait alors que les Kings finiraient par remporter la coupe Stanley). Après deux saisons à faire ses classes comme remplaçant, Schneider semble prêt pour assumer la charge de titulaire. En effet, le portier de 26 ans a disputé cette saison 33 rencontres avec un pourcentage d’arrêts convaincant de 93,7%.

En défense, le départ de Christian Ehrhoff a été compensé en partie au niveau offensif par Kevin Bieksa, dont le total de points (44) a doublé. Néanmoins, Bieksa continue à faire débat, car l’arrière de 31 ans a été inconstant dans sa solidité défensive, notamment lors du début de saison. Il a été épaulé par l’efficace Dan Hamhuis, très solide toute la saison, bien qu’il ait eu l’infortune d’être à l’origine de la perte de palet sur le but de Jarret Stoll qui a éliminé Vancouver en playoffs.

Sur la deuxième paire, Alexander Edler s’est affirmé comme le principal appui offensif de l’arrière avec ses 49 points (septième de la ligue parmi les défenseurs), notamment en menant la première unité de supériorité numérique. Pour autant, s’il a été impeccable en saison régulière, ses playoffs ont été moins probants. À ses côtés, le vétéran Sami Salo a réussi à éviter les blessures. À 37 ans, la vitesse n’est pas son point fort mais il fait toujours preuve d’assurance dans son placement, ce qui lui permet d’être rarement pris en défaut. De plus, son tir, un des plus puissants de la ligue, a encore fait des dégâts (9 buts).

En attaque, Vigneault a utilisé sa première ligne principalement lors des mises en jeu dans la zone défensive adverse, ce qui a permis aux jumeaux Sedin et à Burrows d’être productifs offensivement. Henrik Sedin termine la saison à près d’un point par match, principalement grâce à ses assistances (67, premier de la ligue) tandis que son frère Daniel Sedin a atteint la barre des 30 buts pour la quatrième fois de sa carrière. Les jumeaux ont cependant connu une longue période sans marquer de buts et cela s’est ressenti dans l’efficacité du jeu en supériorité numérique. Blessé suite à un coup de coude de Duncan Keith, Daniel a manqué la fin de la saison régulière et le début des playoffs. Son retour a eu une influence positive (notamment sur le jeu de puissance), mais n’a pas suffi pour éviter l’élimination. Si les Sedin ont vu leur total de points baisser, leur compagnon de ligne Alexandre Burrows a lui maintenu sa production avec ses 52 points (48 la saison précédente), ce qui est peut-être un peu juste pour un joueur de première ligne malgré son bon jeu défensif et sa capacité d’agitation.

Sur la deuxième ligne, Ryan Kesler est revenu sur terre après sa formidable saison 2010/11. S’il était attendu qu’il n’atteigne pas à nouveau la barre des 40 buts, ses 22 réalisations constituent une baisse importante. Cela s’explique en partie par son opération d'une déchirure à la hanche en août 2011. Il n’a pas commencé la saison à 100%. De plus, Kesler a eu plus de travail défensif car Vigneault et Gillis ont souhaité protéger le jeune Cody Hodgson (afin de le transférer plus tard au cours de la saison). Enfin, le grand nombre d’ailiers qui se sont succédés pour jouer avec Kesler n’a pas aidé au développement d’une bonne alchimie. Ses principaux coéquipiers cette saison ont été Higgins et Booth. Chris Higgins a montré qu’il était polyvalent en étant présent sur le retour défensif (avec seulement 16 minutes de pénalité malgré son style de jeu physique) tout en étant offensivement dangereux (43 points). De son côté, David Booth est arrivé en cours de saison en provenance de la Floride et, grâce à sa vitesse et à sa capacité à aller droit au but, il inscrit à son arrivée 12 points en 19 matchs. Mais, au début décembre, il se blesse au genou sur une charge illégale de Kevin Porter. Absent un mois, il revient fort avec 10 points en 12 matchs mais sa fin de saison est plus poussive, du fait notamment d’une absence d’alchimie avec Kesler : il termine avec 7 points sur les 25 derniers matchs puis une seule assistance en 5 matchs lors de la série de playoffs face aux Kings.

 

Pittsburgh Penguins (10e)Logo Pittsburgh petit
Classement conférence est : 4e (108 points)
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Flyers de Philadelphie 4 matchs à 1.
Attaque : 1er de la ligue, 3,33 buts marqués par match
Défense : 17e de la ligue, 2,66 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Evgeni Malkin (C) : 50 buts, 109 points
                            James Neal (AG) : 40 buts, 81 points
                            Chris Kunitz (AG) : 26 buts, 61 points
                            Pascal Dupuis (AD) : 25 buts, 59 points
                            Jordan Staal (C) : 25 buts, 50 points
En 2010/11 : 106 points, 4e de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par le Lightning de Tampa Bay 4 matchs à 3.

PIT malkin 12L’année de Pittsburgh pourrait se résumer à deux hommes : Sidney Crosby et Evgeni Malkin. Le Russe a tout écrasé cette année, terminant 2e buteur (50 buts) et meilleur marqueur, enlevant aussi les deux trophées de meilleur joueur de la saison (celui délivré par la ligue et celui du NHLPA, le syndicat des joueurs). Crosby, pour sa part, fut le leitmotiv médiatique de l’année, tout le monde attendant son retour au jeu. Le phénomène canadien revenait en fin de saison, disputant 22 matchs pour 37 pts, témoignage de son importance dans l’équipe. Pour l’essentiel de l’année donc, c’est Malkin qui a porté presque seul le fardeau offensif, bien aidé par James Neal, l’ancien ds Stars de Dallas signant 40 buts.

La profondeur était plutôt bien présente avec un excellent Jordan Staal, un surprenant Pascal Dupuis et un efficace Chris Kunitz. Matt Cooke signait 19 buts en nettoyant son jeu de l’habituelle indiscipline, alors que des garçons comme Tyler Kennedy ou le vétéran Steve Sullivan contribuaient plutôt bien au collectif. Au final, tout simplement la meilleure attaque de la ligue.

Le premier tour des playoffs face aux Flyers semblait favorable aux Penguins, qui avaient fini la saison en feu avec le retour de Crosby. Mais dans ce choc entre deux attaques sans défense, celle des Penguins a coulé : Marc-André Fleury fut un fantôme dans les cages après une saison régulière honorable, et la défense complètement dépassée. Après avoir gaspillé une avance de trois buts au premier match, la défense encaissait huit buts lors des deux suivants. Le réveil offensif – dix buts passés aux Flyers au match 4 puis une victoire au 5e – ne suffisait pas, la défense coulant encore au 6e match, 5-1. L’indiscipline chronique coûtait la série, les Penguins se montrant incapables de garder leurs nerfs face aux provocations adverses. Pourtant, sur le papier, la défense avait fière allure. Kris Letang se posait en potentiel vainqueur du trophée Norris dans le futur, bien aidé par des joueurs dignes d’un top-4 NHL tels que les mobiles Zbynek Michalek et Paul Martin, le rugueux Brooks Orpik ou Matt Niskanen, alors que le méconnu Deryk Engelland s’imposait bien en défenseur d’appoint. Il faudra pourtant bien plus d’implication défensive de la part de toute l’équipe pour espérer remonter au sommet.

L’intersaison s’est révélée assez mouvementée : Pittsburgh a signé Tomas Vokoun, pour apporter une caution derrière l’énigmatique Fleury. Puis, c’est Jordan Staal qui a rejeté un contrat de 10 ans, finissant par être échangé à Carolina pour y rejoindre son frère. Pittsburgh a aussi éliminait Michalek de l’équation et semble vouloir reconstruire sa défense autour du plus beau groupe de jeunes arrières de toute la ligue : Simon Després, Joe Morrow, Scott Harrington, Brian Strait et les arrivants Brian Dumoulin, Derrick Pouliot et Olli Määttä. L’attaque confiée à Malkin et Crosby, c’est bien la défense qu’il fallait construire désormais.

 

Boston Bruins (11e)Logo Boston petit
Classement conférence est : 2e (102 points)
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Capitals de Washington 4 matchs à 3.
Attaque : 3e de la ligue, 3,17 buts marqués par match
Défense : 6e de la ligue, 2,43 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Tyler Seguin (C/AD) : 29 buts, 67 points
                            Patrice Bergeron (C) : 22 buts, 64 points
                            David Krejci (C) : 23 buts, 62 points
                            Milan Lucic (AG) : 26 buts, 61 points
                            Brad Marchand (AG) : 28 buts, 55 points
En 2010/11 : 103 points, 3e de la conférence, remportent la coupe Stanley face aux Canucks de Vancouver 4 matchs à 3.

BOS chara 12Boston n’aura pas réussi à créer l’exploit en remportant pour une deuxième fois d’affilée une coupe Stanley. Le champion a échoué dès le premier tour des séries éliminatoires face à une redoutable équipe des Washington Capitals dans une série épique où tous les matchs se sont terminés avec un but d’écart. Pourtant les Bruins ont réalisé une excellente saison régulière avec une deuxième place au classement de la conférence Est avec 49 victoires, malgré une série de défaites dès l’entame du championnat régulier. Le temps de digérer le titre de la saison passée, et la troupe de Claude Julien s’est mis en ordre de bataille pour redevenir l’équipe qu’elle était, à savoir redoutable et terriblement efficace.

Le moteur des Bruins cette saison nous vient de l’attaque qui est la troisième de la ligue avec une moyenne de 3,17 buts inscrits par match. Elle doit énormément au jeune prodige Tyler Seguin qui, pour sa deuxième saison en NHL, termine meilleur compteur de son équipe avec 67 points. Le centre d’à peine 21 ans s’est rapidement adapté à la grande ligue pour devenir l’une des stars de la NHL. Derrière, on retrouve toujours les gros canons des Bruins, à commencer par Patrice Bergeron toujours aussi efficace dans son jeu, il est le meilleur passeur de son équipe avec 40 mentions d’aide en saison régulière. Les deux ailiers très différents dans leur style de jeu ne sont pas en reste, en effet Milan Lucic au jeu très (trop) robuste est toujours aussi productif, tout comme David Krejci qui termine avec une campagne de 62 points.

On notera que, malgré un juteux contrat signé cet été, Brad Marchand a un peu déçu, on attendait en effet un peu plus du petit ailier qui a fait tant de bien à cette équipe lors du sacre, même si sa fiche de pointage est honorable. Malgré une saison réduite à cause d’une commotion cérébrale, Nathan Horton fut présent et efficace quand il était sur la glace avec 32 points en 46 rencontres, à l’inverse de Benoît Pouliot. Le joueur en provenance de Montréal n’a pas livré la marchandise avec ses 32 points en 74 rencontre et devra rebondir rapidement la saison prochaine à Tampa Bay.

La défense n’en est pas moins en reste puisque c’est la sixième défense de la ligue, toujours emmenée par son imposant capitaine Zdeno Chara avec encore une fois un gros temps de jeu et un impressionnant apport offensif sans pour autant oublier l’aspect défensif. Les autres satisfactions en défense sont Johnny Boychuk et Joe Corvo, le premier est le défenseur le plus complet de l’équipe après Chara tandis que le second s’est offert une bonne saison avec 25 points.

Du côté des gardiens, ce fut un peu plus inégal où Tim Thomas s’est avéré moins bon que la saison du titre, le gardien vétéran a toutefois décidé de prendre une année sabbatique pour la saison prochaine afin de consacrer plus de temps à ses proches, c’est donc Tuukka Rask qui aura la lourde tâche de prendre le poste de gardien numéro 1, mais le portier finlandais en a largement les épaules, lui qui sort de très belles prestations depuis tant d’années et qui tient enfin ce rôle. Nul doute que les Bruins de Boston seront encore redoutables la saison prochaine.

 

Detroit Red Wings (12e)Logo Detroit petit
Classement conférence ouest : 5e (102 points)
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Predators de Nashville 4 matchs à 1.
Attaque : 7e de la ligue, 2,92 buts marqués par match
Défense : 7e de la ligue, 2,44 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Henrik Zetterberg (C/AG) : 22 buts, 69 points
                            Pavel Datsyuk (C) : 19 buts, 67 points
                            Valtteri Filppula (C) : 23 buts, 66 points
                            Johan Franzen (AD) : 29 buts, 56 points
                            Jiri Hudler (C) : 25 buts, 50 points
En 2010/11 : 104 points, 3e de la conférence, éliminés en demi finale de conférence par les Sharks de San José 4 matchs à 3.

DET lidstrom 12Les années passent et on scrute toujours en vain les signes de ralentissement d’une franchise qui campe au sommet de la ligue depuis plus de 15 ans. Detroit a ainsi une nouvelle fois figuré parmi les meilleures équipes de la ligue grâce à sa forte possession de palet (deuxième de la ligue dans ce domaine derrière St. Louis). Pour autant, les signes du changement d’époque se font sentir. Déjà, Detroit a terminé troisième de la division centrale, derrière St. Louis et Nashville et c’est la première fois depuis 20 ans que les Wings ne finissent pas premiers ou deuxièmes. Ensuite, leur défaite en 5 matchs face à Nashville est leur sortie de compétition la plus rapide depuis 2006. Enfin, les départs en fin de saison de Nicklas Lidström (à la retraite) et de Brad Stuart (à San José) ont amoindri l’escouade défensive des Wings et, fait rare, leur manager Ken Holland n’a pas réussi à convaincre le principal agent libre du marché (Ryan Suter) pour les remplacer, au grand dam de beaucoup de fans.

Dans les buts, Jimmy Howard a connu une bonne saison régulière avec un pourcentage d’arrêts bien meilleur que l’an passé (92% contre 90,8%), ce qui lui a valu d’être sélectionné pour le All-Star Game. La fin de saison a été plus compliquée, néanmoins, à cause d’une blessure à l’aine en mars. En playoffs, il n’a pas vraiment brillé avec un pourcentage d’arrêts de 88,8%. Dans le rôle du remplaçant, Ty Conklin a été rapidement supplanté par Joey McDonald, qui a été solide pendant l’absence d’Howard même s’il a été en délicatesse avec son dos douloureux.

En défense, Nicklas Lidström sort par la grande porte : à 41 ans, c’est encore et toujours vers lui que l’entraîneur Mike Babcock s’est tourné pour contenir les meilleurs attaquants adverses, avec toujours le même succès. À ses côtés, Ian White avait la lourde tâche de remplacer Brian Rafalski. Il s’en est plutôt bien tiré avec 32 points même s’il a un peu baissé le pied en fin de saison. La deuxième paire défensive, composée des physiques Niklas Kronwall et Brad Stuart, a été un peu à la peine, ce qui a poussé Holland à faire venir Kyle Quincey du Colorado, pour un résultat mitigé (bonne présence physique en défense et sur le powerplay mais forte tendance à prendre des mauvaises pénalités).

En attaque, Henrik Zetterberg a commencé assez mal la saison (le plus mauvais début de sa carrière selon l’intéressé) avec 7 points sur les 18 premières rencontres. Le centre suédois de 31 ans a ensuite retrouvé ses marques habituelles avec 62 points sur les 64 derniers matchs, ce qui lui a permis de finir meilleur marqueur de l’équipe. À ses côtés, Jiri Hudler a bien rebondi après une saison 2010/11 en deçà des attentes, tout comme Valtteri Filppula, dont les 66 points ont effacé le record personnel (40 en 2008/09).

À 34 ans, Pavel Datsyuk est toujours une des valeurs sûres de la ligue, tant sur le plan offensif (67 points en 70 matchs) que défensif. Son absence pour cause d’une opération pour un problème au genou à la fin février a été préjudiciable pour l’équipe, surtout qu’il n’a pas semblé complètement remis pour les playoffs. À ses côtés, Johan Franzen a terminé meilleur buteur de l’équipe, mais il a subi des critiques à cause de son manque d’implication et de sa tendance à disparaître pendant de longues périodes du tableau de marque (comme lors de la série face à Nashville où il termine avec 1 but et aucune assistance). Le vétéran Todd Bertuzzi a lui signé une saison probante qui a conduit Holland à le prolonger pour deux ans, malgré une blessure en fin de saison. À 37 ans, il termine avec 38 points en 71 matchs.

 

Chicago Blackhawks (13e)Logo Chicago petit
Classement conférence ouest : 6e (101 points)
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Coyotes de Phoenix 4 matchs à 2.
Attaque : 6e de la ligue, 2,94 buts marqués par match
Défense : 22e de la ligue, 2,82 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Marian Hossa (AD) : 29 buts, 77 points
                            Patrick Sharp (AG) : 33 buts, 69 points
                            Patrick Kane (C/AD) : 23 buts, 66 points
                            Jonathan Toews (C) : 29 buts, 57 points
                            Viktor Stålberg (AD) : 22 buts, 43 points
En 2010/11 : 97 points, 8e de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par les Canucks de Vancouver 4 matchs à 3.

CHI toews 12Malgré son armada offensive, le champion 2010 a été éliminé comme l’an passé au premier tour des playoffs. Mais, si en 2011 les Blackhawks avaient échoué face au futur finaliste (Vancouver), ils ont cette fois été sortis par la surprenante équipe de Phoenix, moins talentueuse mais mieux organisée. Les Coyotes ont ainsi réussi avec leur défense de fer à contrecarrer l’attaque de Chicago. Le plan du manager général Stan Bowman de renforcer le noyau principal des champions 2010 avec des vétérans de bottom-6 offensif (Jamal Mayers et Andrew Brunette) ou Steve Montador en défense n’a pas porté ses fruits, et les critiques des fans ont fusé à l’encontre de joueurs importants pour l’avenir de la franchise comme Corey Crawford ou Patrick Kane.

Le gardien Corey Crawford a connu une seconde saison difficile. Après avoir fait preuve d’un style plutôt prudent à ses débuts, il s'est montré plus agressif mais ce changement n’a pas forcément porté et Crawford s’est souvent retrouvé pris en défaut par un attaquant passant derrière le filet ou une passe décisive qu’il n’avait pas anticipée. Finalement, sa technique a évolué vers la fin de la saison, ce qui lui a permis de bien finir, même s’il termine la saison avec un pourcentage d’arrêts de 90,3%. Dans le rôle du remplaçant, Ray Emery a plutôt bien tenu son rôle quand Crawford paraissait dépassé. Toutefois, sa difficulté à se déplacer latéralement ainsi qu’à enchaîner plusieurs rencontres d’affilée semblent le cantonner désormais au rôle de remplaçant.

En défense, la paire Duncan Keith – Brent Seabrook a été solide face aux meilleures lignes adverses. Seabrook s’est affirmé comme un des meilleurs défenseurs de la ligue, par son physique et son tir puissant mais également sa une bonne capacité de passe et un positionnement sûr. Il termine avec le meilleur total de buts (9) et de points (34) de sa carrière. Après une saison 2010/11 un peu décevante, Keith a été plus solide et il dépasse les 40 points pour la quatrième saison consécutive. Mais tout n’a pas été simple pour le meilleur défenseur de la ligue en 2009/10. Keith n’a pas semblé à l’aise dans le jeu de puissance, qu’il menait et qui n’a pas brillé, du fait de ses passes parfois approximatives. Il a également parfois fait preuve de trop de caractère, comme lors de son coup de coude à Daniel Sedin qui lui a valu une suspension de 5 matchs.

Avec le transfert de Brian Campbell, la deuxième paire défensive a été plus expérimentale, et elle a été le plus souvent formée par Niklas Hjalmarsson et Nick Leddy. Après deux saisons prometteuses, Hjalmarsson avait été nettement moins solide en 2010/11. Cette saison, il a été assez à l’aise défensivement quand il s’est retrouvé avec Seabrook ou Johnny Oduya (arrivé à la deadline de Winnipeg), mais son manque de présence physique peut lui porter préjudice (comme lors de la prolongation du troisième match face à Phoenix où sa réticence à mettre en échec Mikkel Bødker a permis à ailier danois de s’ouvrir la voie du but de Chicago) et, quand il était associé à Leddy, il n’a pas forcément réussi à couvrir les arrières du jeune défenseur. À seulement 20 ans et une soixantaine de matchs universitaires, Nick Leddy ne s’attendait sans doute pas à être lancé dans le grand bain aussi rapidement. Mais, avec le transfert de Campbell et l’offre de contrat refusée par Chris Campoli, Bowman n’a pas eu le choix. Leddy a souffert physiquement face aux puissants attaquants adverses mais le bilan est bien meilleur au niveau offensif avec ses 37 points. Les rares fois où il s’est retrouvé à mener le powerplay, son patinage habile a été efficace pour déstabiliser les penalty killers adverses et trouver un bon angle de tir.

En attaque, Jonathan Toews était en passe de réussir la meilleure saison statistique de sa carrière avant qu’une commotion cérébrale ne l’écarte de la glace à la fin février. Il a notamment été à son meilleur niveau lors du mois de décembre où le « Captain Serious » a porté l’équipe sur ses épaules avec 12 buts en 16 matchs, ce qui permis aux Blackhawks de connaître une série de 9 victoires en 10 matchs. Revenu de blessure juste à temps pour les playoffs, il a tenté d’être à nouveau le moteur de son équipe mais ses 4 points en 6 matchs n’ont pas suffi face à Phoenix. L’absence de Toews a été compensée par le replacement de Patrick Kane de l’aile droite au centre de la première ligne et il a plutôt bien tenu le coup avec 17 points en 22 matchs, ce qui est assez impressionnant dans la mesure où c’était la première fois qu’il évoluait à ce poste au niveau NHL (même s’il a peiné sur les mises au jeu).

Kane a néanmoins fait l’objet de beaucoup de critiques de la part de fans cette saison. Cela vient en partie de son comportement en dehors de la glace et de son goût pour la fête. Sur la glace, son bilan reste tout à fait honorable (rares sont les joueurs actuels qui ont démarré leur carrière avec 5 saisons d’affilée à plus de 20 buts et 40 assistances). Par contre, Kane étant généralement le détonateur du powerplay de Chicago, et la faiblesse de celui-ci ne plaide pas en sa faveur, du fait de sa tendance à parfois trop rechercher la passe et ne pas assez tenter le tir. De plus, sa prestation en playoffs a été jugée décevante par certains fans malgré 4 assistances. C’est Viktor Stålberg qui complétait le plus souvent ce trio, avec sa vitesse qui a fait de lui un des meilleurs forecheckers de l’effectif. Ses 22 buts pour 43 points constituent le meilleur total de sa carrière (alors qu’il a été baladé sur les quatre lignes de l’effectif et qu’il n’a quasiment pas joué en avantage numérique), malgré les approximations techniques et l’effort parfois inconstant.

Sur la deuxième ligne, Marian Hossa a enfin montré aux fans des Hawks son vrai visage d’attaquant dominateur. Pas épargné par les blessures lors de ses deux premières saisons, il termine cette fois avec 77 points (douzième meilleur total de la ligue). Il a rendu ses partenaires de ligne meilleurs, à l’image de Patrick Kane qu’il a accompagné dans sa reconversion au poste de centre. Malheureusement, la saison se termine mal pour Hossa car, lors de la série face aux Coyotes, une dangereuse charge à la tête de Raffi Torres lui provoque une commotion cérébrale (avec à la clé une suspension de 25 matchs pour Torres). Andrew Brunette fait partie de ceux qui ont profité de la présence de Hossa, principalement dans le domaine du forecheck car la vitesse n’est clairement pas son point fort. Spécialiste du jeu près de l’enclave du gardien, le vétéran de 38 ans est parvenu à se mettre en évidence en début de saison dans ce domaine avec le powerplay. Son manque de vitesse limitant sa capacité à se replier défensivement, Quenneville l’a envoyé pendant une bonne partie de la saison sur le quatrième trio, où il évidemment n’a pas pu approcher le but adverse. Utilisé cette année principalement sur l’aile, Patrick Sharp a connu une saison très probante (sauf pendant les playoffs), tant sur le plan défensif qu’offensif, où il développe avec le temps une capacité de meneur de jeu.

 

San José Sharks (14e)Logo SanJose petit

Classement conférence ouest : 7e (96 points)
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Blues de St. Louis 4 matchs à 1.
Attaque : 13e de la ligue, 2,67 buts marqués par match
Défense : 8e de la ligue, 2,5 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Joe Thornton (C) : 18 buts, 77 points
                            Logan Couture (C) : 31 buts, 65 points
                            Patrick Marleau (AG) : 30 buts, 64 points
                            Joe Pavelski (C/AD) : 31 buts, 61 points
                            Dan Boyle (D) : 9 buts, 48 points
En 2010/11 : 105 points, 2e de la conférence, éliminés en finale de conférence par les Canucks de Vancouver 4 matchs à 1.

SJS thornton 12San José s’est encore qualifié en playoffs, une habitude. Pourtant la saison a été bien plus mauvaise que les années précédentes. Le départ de Dany Heatley et Devin Setoguchi n’a pas vraiment été compensé, Martin Havlat ayant passé la plupart de la saison à l’infirmerie. Les armes offensives sont là : Thornton, Marleau apportent l’expérience, Pavelski et Couture la jeunesse. Les qualités de Dan Boyle ne sont plus à prouver non plus.

Mais la profondeur d’effectif n’a pas vraiment convaincu. Ryan Clowe ou Michal Handzus ont un peu déçu et les 3e et 4e lignes ont été remplies de joueurs de niveau variable, entre les arrivants d’AHL comme Tommy Wingels, Benn Ferriero, Andrew Desjardins, ou arrivants d’un transfert come TJ Galiardi. Échanger Jamie McGinn n’était sans doute pas une si bonne idée : l’ancien Ottawa 67’s a explosé avec Colorado après la deadline et a sûrement manqué à San José lors de sa piteuse élimination au premier tour des playoffs face à St Louis.

La défense avait pourtant reçu un apport de taille avec Brent Burns, qui a plutôt bien fini la saison. Marc-Edouard Vlasic, Jason Demers et Justin Braun constituent aussi l’avenir de l’équipe. Du côté des défenseurs purs, Douglas Murray a rendu sa copie habituelle, mais les Sharks espéraient sans doute plus de l’expérimenté Colin White : l’ancien Devil n’a joué que 54 matchs cette saison et a plutôt déçu.

La clé de l’échec de San José se trouve plus probablement dans les cages, Antti Niemi n’ayant pas trop été décisif malgré des statistiques tout à fait solides. Son jeune remplaçant Thomas Greiss a montré quelques promesses, permettant à l’équipe de se séparer d’Antero Niittymäki. Mais… il semble manquer quelque chose aux Sharks, un élément qu’ils cherchent depuis dix ans sans réussite. Il serait temps de le trouver, et vite, car les cadres commencent à prendre de l’âge et l’effectif apparait comme à la croisée des chemins.

 

Florida Panthers (15e)Logo Florida petit
Classement conférence est : 3e (94 points)
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Devils du New Jersey 4 matchs à 3.
Attaque : 27e de la ligue, 2,4 buts marqués par match
Défense : 12e de la ligue, 2,63 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Tomas Fleischmann (AG) : 27 buts, 61 points
                            Stephen Weiss (C) : 20 buts, 57 points
                            Kris Versteeg (AD) : 23 buts, 54 points
                            Brian Campbell (D) : 4 buts, 53 points
                            Jason Garrison (D) : 16 buts, 33 points
En 2010/11 : 72 points, 15e de la conférence, 28e de la ligue

FLA weiss 12Cela faisait bien longtemps, dix longues années pour être exact, que les Florida Panthers n’avaient pas goûté aux joies des play-offs. Après des années à être enfouie dans les bas-fonds de la conférence Est sans la moindre perspective d’ascension, la franchise basée à Sunrise s’est enfin réveillé , offrant un titre de division et un premier tour face aux Devils du New Jersey qui malheureusement pour les Panthers sera fatal avec une élimination lors des prolongations du septième match avec un but d’Adam Henrique ; on a vu au cours de cette série un intérêt des fans pour le hockey avec, une fois n’est pas coutume à Sunrise, un Bank Atlantic Center plein à craquer et une foule en délire pour ces playoffs.

Si Florida a su gagner de l’intérêt auprès du public mais aussi réussir sportivement, c’est grâce en partie à l’excellent recrutement fait par Dale Tallon, le manager général des Panthers, ce qui a permis à l’équipe de nettement se renforcer dans tous les compartiments du jeu pour enfin accéder au championnat printanier. D’ailleurs, le meilleur compteur de cette équipe en saison régulière n’est autre qu’une recrue en la personne de Tomas Fleischman. Le Tchèque de 28 ans qui traînait sur le deuxième bloc des Capitals a définitivement pris son envol cette saison (après un passage fructueux à Colorado en fin de saison dernière) avec 61 points. Le joueur originaire de Koprivnice formait un excellent duo avec le capitaine de l’équipe Stephen Weiss. Le Canadien fut le leader de cette franchise, très impliqué à chaque fois qu’il montait sur la glace, ce joueur a par ailleurs livré d’excellent playoffs. En attaque on pouvait compter sur d’autres bonnes recrues comme Kris Versteeg et Tomas Kopecky qui furent de bons pointeurs réguliers ; seule déception dans ce cru 2011-2012, Sean Bergenheim, le solide Finlandais qui après des play-offs 2011 dantesque avec Tampa Bay n’a pas scoré aussi souvent qu’on aurait pu le penser. Mais le gaillard fut souvent cantonné à des taches plus défensives.

Bonne nouvelle pour la défense puisque on a enfin retrouvé Brian Campbell au meilleur de sa forme, fraîchement débarqué lui aussi à l’intersaison en provenance de Chicago après deux saisons plus ou moins compliqué. L’arrière canadien a énormément contribué à l’offensive cette année avec 51 points à son compteur, mais a peut-être un peu trop oublier de défendre avec un ratio de -9, cependant il a semblé à son aise dans cette équipe avec un rôle d’assistant capitaine qui lui a permis de retrouver des responsabilités qu’il ne connaissait plus à Chicago. C’est par contre un fait, la défense des Panthers ne fut pas au mieux durant cette saison, surtout d’un point de vue individuel avec un grand nombre de joueurs au ratio négatif, c’est le cas pour Ed Jovanovski et Mike Weaver ou le jeune Erik Gudbranson avec un ratio de -19.

Chez les gardiens, José Théodore a enfin connu une saison qu’on qualifiera de correcte après avoir connu pas mal de franchises au cours des dernières années, la Floride semble la bonne puisque le Québécois a effectué une saison honorable. Il a pu compter sur l’appui de Scott Clemmensen, le vétéran a parfaitement joué le rôle de back-up tout comme Jacob Markström qui pourrait jouer beaucoup plus à l’avenir.

 

Ottawa Senators (16e)Logo Ottawa petit
Classement conférence est : 8e (92 points)
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Rangers de New York 4 matchs à 3.
Attaque : 4e de la ligue, 2,96 buts marqués par match
Défense : 24e de la ligue, 2,88 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Jason Spezza (C) : 34 buts, 84 points
                            Erik Karlsson (D) : 19 buts, 78 points
                            Milan Michalek (AG) : 35 buts, 60 points
                            Daniel Alfredsson (AD) : 27 buts, 59 points
                            Nick Foligno (AG) : 15 buts, 47 points
En 2010/11 : 74 points, 13e de la conférence, 26e de la ligue

OTT karlsson 12En début d’exercice, peu de personnes (nous compris) avaient parié que les Senators de Ottawa puissent parvenir à atteindre les séries après une saison très difficile. Mais les Sens ont du cœur et ont su déjoué les pronostics en accrochant la huitième place et en titillant les Rangers de New-York lors des quarts et en allant jusqu’au septième match de la série. La saison fut d’une régularité impressionnante : bien que lâchant quelques places sur la fin, Ottawa fut toujours dans le top 8.

Cette équipe est toujours emmenée par son capitaine Daniel Alfredsson qui réalise l’une de ses meilleures saisons, même si le leader en terme de scoring est Jason Spezza qui sort de deux saison compliquées. Le joueur canadien s’est enfin réveillé pour inscrire 84 points. D’autres attaquants sont sortis d’une saison chaotique comme Milan Michalek qui a montré malgré une blessure l’étendue de son talent.

La grosse révélation vient de la défense avec Erik Karlsson qui termine meilleure défenseur de la ligue (trophée Norris), ce jeune Suédois est une véritable pépite en défense tant sur le plan offensif avec 78 points et défensif avec un ratio de +16.

Du coté des gardiens, Craig Anderson est un peu le point faible de cette équipe. Même s’il sort de grosse prestations en play-offs, le gardien américain n’a pas été aussi déterminant en saison régulière ce qui explique le fait que Ottawa n’est que vingt-quatrième défense de toute la ligue. Les Senators repartent donc pour une nouvelle saison avec les mêmes ambitions où on retrouvera Stéphane Da Costa qui a resigné pour une saison supplémentaire avec un contrat à deux volets. Le Français espère enfin garder sa place en NHL, lui qui fut réassigné dans le club école au cours de sa première saison à Ottawa ; on attendait peut-être trop du centre français qui a déçu sur les mises en jeu, son gros point faible, et par un physique un peu trop léger, mais Da Costa a une nouvelle chance de convaincre ses coachs pour enfin faire une saison complète dans la grande ligue.