Bilan NHL 2011/12 (IV) : équipes classées de 1 à 8

Quatrième et dernier épisode de notre rétrospective de la saison NHL 2011/12 avec cette fois les équipes du dernier carré. On retrouve bien évidemment le champion Los Angeles et son dauphin New Jersey, mais également la surprenante équipe de Phoenix, parvenue de manière inattendue en finale de conférence ouest.

 

Los Angeles Kings (1er)Logo Los Angeles2 petit
Classement conférence ouest : 8e (95 points)
Parcours en playoffs : remportent la coupe Stanley face aux Devils du New Jersey 4 matchs à 2.
Attaque : 29e de la ligue, 2,29 buts marqués par match
Défense : 2e de la ligue, 2,07 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Anze Kopitar (C) : 25 buts, 76 points
                            Justin Williams (AD) : 22 buts, 59 points
                            Dustin Brown (AD/AG) : 22 buts, 54 points
                            Mike Richards (C) : 18 buts, 44 points
                            Drew Doughty (D) : 10 buts, 36 points
En 2010/11 : 98 points, 7e de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par les Sharks de San José 4 matchs à 2.

LAK kopitar 12Lorsque l’on remporte la coupe Stanley, difficile de trouver à redire à une saison... Le bilan des Los Angeles Kings est donc nécessairement très positif, mais a pourtant été long à se décanter. Dès le camp d’entraînement, un conflit oppose le défenseur vedette Drew Doughty à son staff au sujet de son futur contrat. L’entente se fait tardivement et l’arrière manque une partie de la préparation. Tout au long de la première moitié de la saison, l’équipe joue en dessous de sa valeur : la défense se montre solide autour de Doughty, Jack Johnson, Willie Mitchell ou Rob Scuderi avec de l’expérience et de la mobilité. Jonathan Quick se montre impérial dans les cages et les Kings naviguent pourtant entre la 7e et la 10e place, la faute à une attaque anémique.

Si Anze Kopitar trouve la cible régulièrement, on ne peut qu’être déçu de l’apport de Mike Richards, Justin Williams et surtout Dustin Penner, transparent : le comble est atteint lorsque l’ancien Duck se blesse au dos en voulant piocher un “donut” cuisiné par sa femme, une anecdote rocambolesque reprise en boucle sur les réseaux sociaux !

Le staff décide de frapper un gros coup sur le marché des transferts en recrutant à la date limite Jeff Carter : le grand pivot de Columbus n’avait pas envie de quitter Philadelphie et traine sa misère dans l’Ohio. Associé à son ancien compère Mike Richards, ils retrouvent des couleurs tous les deux. En retour, les Kings cèdent Jack Johnson, dont l’esprit d’équipe est irréprochable mais la sécurité défensive un peu moins. Il permet ainsi de lancer Slava Voynov, un défenseur mobile et offensive qui patientait depuis plusieurs saisons en réserve. Voynov, ainsi que la progression d’Alec Martinez, apportent un plus indéniable à l’équipe. De loin la meilleure équipe de la deuxième partie de saison, elle finit par accrocher la 8e place de la conférence.

Les playoffs se déroulent alors comme dans un rêve : après avoir étrillé le vainqueur de la saison régulière Vancouver (3-1), les Kings balaient les Blues (3-0) et se défont avec aisance des Coyotes (3-1) pour mener ensuite 3-0 face aux Devils en finale ! Un parcours incroyable, porté par la solidité de Quick dans les buts, l’apport de Doughty à la relance, et des attaquants retrouvés : Kopitar, Carter, Richards, mais aussi Penner, métamorphosé, et une quatrième ligne nouvellement formée autour de Dwight King, Jordan Nolan et Colin Fraser. L’équipe est imprenable en prolongations, et, malgré deux victoires de suite des Devils, exploite parfaitement ses chances en supériorité au match 6 pour tuer la finale et soulever la coupe Stanley.

 

New Jersey Devils (2e)Logo NewJersey petit
Classement conférence est : 6e (102 points)
Parcours en playoffs : éliminés en finale de coupe Stanley par les Kings de Los Angeles 4 matchs à 2.
Attaque : 15e de la ligue, 2,63 buts marqués par match
Défense : 9e de la ligue, 2,5 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Ilya Kovalchuk (AG) : 37 buts, 83 points
                            Patrik Elias (C) : 26 buts, 78 points
                            Zach Parise (AG) : 31 buts, 69 points
                            Adam Henrique (C) : 16 buts, 51 points
                            David Clarkson (AD) : 30 buts, 46 points
En 2010/11 : 81 points, 11e de la conférence, 23e de la ligue.

NJD kovalchuk 12Après avoir terminé hors des playoffs en 2010-2011, New Jersey voulait rebondir et montrer que le sursaut enregistré sous Jacques Lemaire était plus proche du réel niveau de l’équipe. Pour ce faire, le nouvel entraîneur, Pete DeBoer, a su instaurer son système de jeu basé sur un échec-avant agressif et un pressing intense. Le petit temps de rodage initial n’a pas duré trop longtemps et l’équipe s’est fondue dans la tactique avec brio, finissant la saison en feu. Les Devils ont aussi su compenser les blessures : Travis Zajac, absent en début de saison, fut remplacé par le jeune Jacob Josefson en ouverture… lequel se blessait à son tour peu après. C’est donc Adam Henrique qui a explosé cette année. Double vainqueur de la coupe Memorial avec Windsor et meilleur marqueur de la réserve d’AHL, Henrique s’est installé entre Zach Parise et Ilya Kovalchuk sur la première ligne pour terminer 3e au trophée Calder et surtout se montrer décisif en playoffs. Menés 3 victoires à 2 par Florida, New Jersey remportait le 6e sur un but de Zajac en prolongation, puis le 7e grâce à un doublé d’Henrique dont le but gagnant en prolongation.

La machine était en route : déjouant les pronostics, la troupe de DeBoer sortait Philadelphie assez facilement en 5 manches, puis les Rangers en 6, sur un nouveau but en prolongation d’Henrique. Les Devils n’auront pas réussi à renverser la vapeur en finale : menés 3 victoires à 0, ils remportaient le 4e et 5e match avant d’échouer au 6e, achevés par une pénalité majeure contre Steve Bernier qui leur coûtait trois buts.

L’offensive fut à nouveau menée par Zach Parise et surtout Ilya Kovalchuk : l’attaquant au plus gros temps de jeu de toute la ligue terminait meilleur marqueur et buteur. Parise apportait une caution défensive, travaillant sans relâche dans les bandes. Le duo a également apporté une grosse contribution aux séances de fusillade, gagnant de nombreux points pour l’équipe. Le vétéran Patrik Elias sortait une nouvelle fois une superbe saison, prenant le record de points et de buts de la franchise et participant au meilleur jeu en infériorité de l’histoire de la NHL avec plus de 89% de pénalités tuées, avant de baisser de pied en playoffs.

Le banc a bien fonctionné : Petr Sykora, invité au camp d’entraînement, y décrochait un contrat et dépassait les 20 buts. David Clarkson retrouvait son ancien coach à Kitchener en junior et s’imposait en power-forward, avec 30 buts, un nouveau record personnel. La différence fut pourtant la 4e ligne : gros point faible de l’équipe toute la saison avec l’inutile duo de bagarreurs Cam Janssen - Eric Boulton, elle s’est ajustée peu à peu avec Ryan Carter, pris au ballotage, Steve Bernier, invité du camp et intégré en janvier, et Stephen Gionta, capitaine de l’équipe AHL intégré au dernier match de la saison. Le trio s’est tout de suite trouvé et réalisait d’excellents playoffs, se montrant souvent décisif.

Défensivement, la surprise de l’année fut Bryce Salvador. Le vétéran n’avait pas joué de la saison précédente suite à une commotion mais rebondissait en jouant les 82 matchs avec une solidité incroyable, avant de terminer meilleur marqueur chez les défenseurs de l’équipe en playoffs. Il a mené une défense de « no-name », des joueurs peu connus mais dont l’entente s’est révélée efficace. Andy Greene, sans spectacle, assurait le travail, de même que Mark Fayne, révélé sous Lemaire l’année précédente et qui confirmait son sérieux. L’absence d’Henrik Tallinder sur blessure après janvier n’a pas déstabilisé l’équipe, puisque Marek Zidlicky débarquait du Minnesota à la deadline pour aider le jeu de puissance.

Anton Volchenkov, Peter Harrold et Adam Larsson avaient eux aussi le niveau. Harrold, sorti d’AHL, constituait une bonne surprise, alors que Larsson, 18 ans, débutait en fanfare avec un gros temps de jeu avant de s’éteindre petit à petit au cours de la saison, perdant sa place en fin d’année. Dans les cages, le duo Brodeur (40 ans) - Hedberg (39 ans), le plus âgé de la ligue, a bien fonctionné, le Suédois assurant un intérim de très bonne facture et permettant à Brodeur d’arriver assez frais en phase finale. Au final, une saison réussie pour la franchise malgré de grosses difficultés financières. Le très bon état d’esprit de l’équipe a motivé les agents libres pour resigner, sauf Ponikarovsky, arrivé de Caroline en cours de saison, et surtout le capitaine Parise, qui rejoignait sa région natale du Minnesota. Il sera difficile de compenser ce départ.

 

New York Rangers (3e)Logo NewYorkRangers petit
Classement conférence est : 1er (109 points)
Parcours en playoffs : éliminés en finale de conférence par les Devils du New Jersey 4 matchs à 2.
Attaque : 11e de la ligue, 2,71 buts marqués par match
Défense : 3e de la ligue, 2,22 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Marian Gaborik (AD) : 41 buts, 76 points
                            Brad Richards (C) : 25 buts, 66 points
                            Ryan Callahan (AD) : 29 buts, 54 points
                            Derek Stepan (C) : 17 buts, 51 points
                            Michael Del Zotto (D) : 10 buts, 41 points
En 2010/11 : 93 points, 8e de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par les Capitals de Washington 4 matchs à 1.

NYR callahan 12Lorsque l’on lutte pour le trophée du Président toute la saison, la saison ne peut être que réussie… 109 pts, c’est le meilleur total de la franchise depuis le titre de 1994. Pourtant, l’élimination par le voisin du New Jersey en finale de conférence laissera sans doute un goût amer aux fans des Rangers, comme un écho à leur propre succès face aux Devils en 1994... La saison n’a pas été mauvaise, loin de là. Les hommes de John Tortorella se sont appuyés toute l’année sur ce qu’ils savaient faire le mieux : défendre. Un système de jeu basé sur un gros sacrifice des lignes arrières et de tous les attaquants pour contrer les tirs, forcer le jeu à l’extérieur et faciliter le travail d’Henrik Lundqvist. Le portier suédois fut encore l’arme fatale de son camp, remportant le trophée Vezina de meilleur gardien.

Devant lui, la défense a un peu manqué de profondeur : Marc Staal manquait une partie de l’année sur commotion, mais ses compères brillaient. Dan Girardi participait au All-Star Game, Michael Del Zotto rebondissait après une saison difficile pour signer 41 pts, Ryan McDonagh s’imposait comme un futur grand. Michael Sauer séduisait en l’absence de Staal, mais une commotion en décembre terminait sa saison, forçant l’équipe à tester Anton Strålman avec un certain bonheur : l’ancien Blue Jacket avait disputé le camp de préparation des Devils sans contrat et signait en agent libre en cours d’année. Ce quatuor Girardi-Staal-McDonagh-Del Zotto tenait le choc en playoffs mais a fini par manquer de carburant, l’équipe jouant trop sur le fil du rasoir.

Car l’attaque n’a pas du tout été à la hauteur cette année. Si Marian Gaborik tenait son rang avec 41 buts, Brad Richards, recruté à prix d’or, décevait quelque peu, avec son pire ratio de points par match depuis 2002 (0,80). Tous les autres attaquants ont montré leurs limites : Ryan Callahan, nouveau capitaine, contribuait avec d’autres facettes de jeu par son abnégation, mais Derek Stepan disparaissait en playoffs après une saison régulière correcte. L’absence de Brandon Dubinsky une partie de l’année pesait, d’autant que le natif de l’Alaska n’avait pas trop brillé. Le débutant Carl Hagelin séduisait par sa vitesse avant de s’éteindre en playoffs, tout comme Artem Anisimov, très inconstant. Les joueurs de complément, tels que Brandon Prust, Mike Rupp ou Bryan Boyle, ont très bien fait leur travail dans un rôle plus limité. Finalement, le seul attaquant à s’être montré décisif en phase finale fut Chris Kreider : tout juste auréolé d’un titre universitaire, il intégrait le groupe en playoffs et se révélait un atout maître par sa vitesse et son audace. Mais globalement, c’était bien trop peu offensivement pour aider une défense très solide mais épuisée. Le staff l’a bien compris et a sauté sur l’occasion : le capitaine de Columbus Rick Nash débarquait au cours de l’été, contre Anisimov et Dubinsky notamment.

 

Phoenix Coyotes (4e)Logo Phoenix petit
Classement conférence ouest : 3e (97 points)
Parcours en playoffs : éliminés en finale de conférence par les Kings de Los Angeles 4 matchs à 1.
Attaque : 18e de la ligue, 2,56 buts marqués par match
Défense : 5e de la ligue, 2,37 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Ray Whitney (AG) : 24 buts, 77 points
                            Radim Vrbata (AD) : 35 buts, 62 points
                            Shane Doan (AD) : 22 buts, 50 points
                            Keith Yandle (D) : 11 buts, 43 points
                            Lauri Korpikoski (AG) : 17 buts, 37 points
En 2010/11 : 99 points, 6e de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par les Red Wings de Detroit 4 matchs à 0.

PHX smith 12Le départ d’Ilya Bryzgalov allait-il tuer les chances des Coyotes ? Et bien non ! Phoenix a réussi une improbable saison, transformant Mike Smith en All-Star. L’ancien back-up de Dallas n’avait pas brillé à Tampa Bay mais a sorti une saison stratosphérique à Phoenix, menant la défense à la 5e place de la ligue.

La saison portait assez peu d’attentes : prise dans les méandres de négociations pour un rachat, la franchise n’avait pas vraiment convaincu grand monde de venir et l’effectif ressemblait plutôt à une collection de joueurs revanchards. Mais la mayonnaise a bien pris. Ray Whitney a mené l’équipe à 40 ans, jusqu’à passer la barre des 1000 pts en carrière. Il a reçu de l’aide d’un peu tout le monde : Radim Vrbata, Shane Doan, Lauri Korpikoski, Martin Hanzal et le nouvel arrivant Antoine Vermette ont tous su trouver leur rythme ou se relayer pour produire.

La défense a encore été le point fort de l’équipe, le système de Dave Tippett étant bâti pour. Keith Yandle a confirmé son nouveau statut de prétendant au trophée Norris et a reçu de l’aide de vétérans come Rostislav Klesla ou Derek Morris, de revanchards comme Adrian Aucoin et Michal Rozsival, et d’un jeune talent émergent, Oliver Ekman-Larsson, auteur de 32 pts et 13 buts. David Schlemo a lui aussi surpris en bien. Plusieurs jeunes talents sont proches de l’équipe première dans ce secteur, comme Chris Summers ou Michael Stone, qui se sont bien fondus dans le groupe en cas de blessures.

Au final, Phoenix surprend son monde et atteint la finale de conférence, percutant un mur : Jonathan Quick et les Kings de Los Angeles étaient bien trop forts. Cela reste néanmoins la meilleure saison de la franchise depuis son arrivée en Arizona.

 

St. Louis Blues (5e)Logo StLouis petit
Classement conférence ouest : 2e (109 points)
Parcours en playoffs : éliminés en demi finale de conférence par les Kings de Los Angeles 4 matchs à 0.
Attaque : 21e de la ligue, 2,51 buts marqués par match
Défense : 1er de la ligue, 1,89 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : David Backes (C) : 24 buts, 54 points
                            T.J. Oshie (AD) : 19 buts, 54 points
                            Alex Pietrangelo (D) : 12 buts, 51 points
                            Kevin Shattenkirk (D) : 9 buts, 43 points
                            David Perron (AG) : 21 buts, 42 points
En 2010/11 : 87 points, 11e de la conférence, 20e de la ligue

STL backes 12St. Louis a été avec Phoenix l’invité surprise de cette saison car personne ne prédisait aux Blues, absents des playoffs depuis 2009, de finir aussi haut au classement. Le début de saison poussif n’a pas attiré l’attention sur la franchise du Missouri. Néanmoins, dès l’arrivée de l'entraîneur Ken Hitchcock en remplacement de David Payne, la machine de guerre en sommeil depuis le début de la saison se révèle enfin. En effet, les Blues étaient déjà une équipe dominatrice (en termes de possession) avant le limogeage de Payne mais elle ne parvenait pas à remporter ses matchs. L’arrivée de Hitchcock est le détonateur du renouveau de l’équipe car il enchaîne 7 victoires pour ses 10 premiers matchs. La remontée au classement est fulgurante car St. Louis termine aux avant-postes de la conférence (et remporte la division centrale pour la première fois depuis 2000). Lors des playoffs, les Blues se débarrassent rapidement de San José pour leur première série victorieuse depuis 2002 mais ils affrontent ensuite Los Angeles. Le style des deux équipes est très proche (défensif mais dominateur pour la possession) mais les armes offensives des Kings finissent par faire la différence.

Dans les buts, personne n’attendait une aussi bonne performance du duo Jaroslav Halak – Brian Elliott et ce sont sans doute eux qui ont le plus profité de l’arrivée d’Hitchcock. La doublette a ainsi remporté le trophée Jennings qui récompense le duo de gardiens ayant encaissé le moins de but dans la saison. On peut vraiment parler de doublette car les deux joueurs se sont partagés la tâche : Halak a démarré 46 rencontres contre 36 pour Elliott. Si Halak a eu pour sa première saison avec les Blues un pourcentage d’arrêts inférieur à celui de sa carrière à Montréal (91%), il a terminé cette saison avec 92,6% (sixième de la ligue). Quant à Elliott, il a tout simplement obtenu le meilleur pourcentage d’arrêts de la ligue (94%). Une revanche pour celui qui avait connu un début de carrière difficile à Ottawa, où il avait été lancé dans le grand bain trop précipitamment, puis dans le Colorado où il n’avait pas vraiment eu l’opportunité de s’imposer. Signé par St. Louis à l’été 2011, il a travaillé d’arrache-pied durant l’été pour se perfectionner et, dès le camp d’entraînement en septembre, il a montré qu’il était prêt à concurrencer Halak. S’il n’a pas encore forcément l’étoffe d’un titulaire indiscutable (malgré sa sélection au All-Star game), les playoffs ayant révélé ses limites actuelles suite à la blessure d’Halak, les Blues se sont assurés qu’il resterait dans l’équipe pour deux saisons supplémentaires avec un salaire discount de 1,8 million de dollars par an.

En défense, Alex Pietrangelo a confirmé sa bonne saison rookie en évitant le « sophomore slump » (alias la fameuse difficile deuxième saison pour les jeunes joueurs). Il termine comme défenseur numéro 1 de son équipe avec un impact offensif conséquent. Pietrangelo a ainsi mené avec succès le powerplay tout en affrontant les meilleures lignes adverses. Il a le plus souvent été associé à Carlo Colaiacovo qui, comme souvent dans sa carrière, a manqué sur blessure 18 matchs. Si ses performances offensives ont un peu déçu (19 points), il a apporté une dimension physique à la paire et il a été plutôt solide. Sur la deuxième paire, le physique Barret Jackman a été associé à l’offensif Kevin Shattenkirk.

En attaque, David Backes et T.J. Oshie ont été les deux fers de lance de Ken Hitchcock car ils ont été le plus souvent opposés aux meilleures lignes adverses. Leur succès dans la possession de palet face à ces lignes est d’ailleurs un des facteurs principaux de la réussite de l’équipe dans ce domaine. Le travail du nouveau capitaine Backes, tant sur le forecheck que pour contrer les tirs adverses, a été remarqué et il a terminé deuxième aux votes du trophée Selke récompensant le meilleur attaquant défensif de la ligue, derrière Patrice Bergeron mais devant Pavel Datsyuk (ce qui n’est pas rien). Pour une fois épargné par les blessures, Oshie a également abattu un travail défensif important tout en étant productif, même si les fans espéraient mieux de ce joueur très doué offensivement. Il a principalement déçu lors des playoffs avec aucun but et seulement 3 assistances en 9 matchs. La paire a été le plus souvent associée à David Perron, auteur d’un brillant retour en cours de saison après une grave commotion cérébrale (blessé en novembre 2010, il n’a retrouvé la glace qu’en décembre 2011) puisqu’il a inscrit 42 points en 57 matchs.

Patrick Berglund a commencé la saison sur la troisième ligne mais il a rapidement été promu sur le deuxième trio grâce à son style de jeu physique qui correspond bien au style prôné par Hitchcock. Berglund a ainsi été un des principaux joueurs de l’escouade pour tuer les pénalités, qui a été efficace (septième de la ligue dans le domaine), le Suédois marquant même deux de ses buts en infériorité numérique. Il a également été un des meilleurs Blues pendant les playoffs avec 3 buts et 4 assistances. La promotion de Berglund a été rendue nécessaire par la blessure d’Andy McDonald. Éloigné des patinoires entre octobre et février à cause d’une commotion cérébrale, le centre vétéran est revenu à son meilleur niveau avec 22 points en 25 matchs, en apportant de la vitesse au deuxième trio à un moment où le top-6 de St. Louis était au creux de la vague. Il a été particulièrement décisif lors des playoffs face à San José avec 4 buts et 4 assistances en 5 matchs. Alexander Steen a lui aussi manqué une bonne partie de la saison à cause d’une commotion cérébrale, ce qui a été un coup d’arrêt important pour celui qui avait fait un bon début de saison sur la première ligne avec Backes et Oshie. Néanmoins, tout comme McDonald, il est revenu au bon moment et termine avec un bilan statistique honorable (15 buts pour 28 points en 43 matchs).

 

Nashville Predators (6e)Logo Nashville petit
Classement conférence ouest : 4e (104 points)
Parcours en playoffs : éliminés en demi finale de conférence par les Coyotes de Phoenix 4 matchs à 1.
Attaque : 8e de la ligue, 2,83 buts marqués par match
Défense : 10e de la ligue, 2,5 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Martin Erat (AD) : 19 buts, 58 points
                            David Legwand (C) : 19 buts, 53 points
                            Mike Fisher (C) : 24 buts, 51 points
                            Shea Weber (D) : 19 buts, 49 points
                            Ryan Suter (D) : 19 buts, 46 points
En 2010/11 : 99 points, 5e de la conférence, éliminés en demi finale de conférence par les Canucks de Vancouver 4 matchs à 2.

NSH suter 12La saison 2011/12 s’annonçait cruciale dans le Tennessee. En effet, les trois principaux cadres de l’équipe, le gardien Pekka Rinne et les défenseurs Ryan Suter et Shea Weber arrivaient à la fin de leur contrat. Leur re-signature était donc l’objectif principal du manager général David Poile. Le meilleur moyen de parvenir à retenir ses stars étant de montrer que l’équipe est ambitieuse, cela explique que Poile ait été l’un des plus actifs à la deadline pour renforcer son effectif, avec les arrivées d’Andrei Kostitsyn, Paul Gaustad, Hal Gill et de la superstar de la KHL, Alexander Radulov. La réussite de Poile a été mitigée : sur le plan sportif, Nashville est parvenu à éliminer Detroit pour remporter la première série de la courte histoire de la franchise. Néanmoins, la défaite au tour suivant contre de surprenants Coyotes a été dure à avaler pour les fans et l’affaire du couvre-feu rompu par Radulov et l’aîné des Kostitsyn n’a pas facilité les choses. Sur le plan de l’effectif, Poile a rapidement réussi à re-signer Pekka Rinne mais c'est plus compliqué pour les défenseurs. Suter part comme agent libre au Minnesota et Weber ne reste que parce que les Predators se sont alignés sur l’offre élevée de Philadelphie.

La prolongation du contrat de Pekka Rinne pendant la saison a beaucoup fait parler dans la ligue. Son salaire va ainsi passer l’année prochaine de 3,4 millions de dollars à 7 millions et il sera alors le gardien le mieux payé de la ligue. S’il y a débat pour savoir si Rinne est le meilleur gardien de la ligue (et s’il vaut 7 millions par an), il est incontestable que les chiffres parlent pour lui, avec le plus grand nombre de matchs joués (73) et de victoires 43) et le septième pourcentage d’arrêts (92,3%). Durant les playoffs, il a continué à être dominant avec 92,9%. Dans son rôle de remplaçant, Anders Lindbäck a fait les frais de l’omniprésence de Rinne dans les buts et a donc peu joué, même s’il termine avec un pourcentage d’arrêts correct de 91,2%.

En défense, l’entraîneur Barry Trotz a sans surprise fait confiance au duo Shea Weber – Ryan Suter pour leur dernière saison ensemble. Les deux hommes ont ainsi affronté les meilleures lignes adverses et ils sont parvenus à dominer leurs adversaires dans la possession du palet, ce qui n’est pas une mince réussite dans une équipe assez peu en réussite dans ce domaine. Leur impact offensif a donc aussi été important, les deux joueurs terminant près de la barre des 50 points. Cette performance a été remarquée : Weber termine deuxième dans les votes pour le titre de meilleur défenseur de l’année (même s’il était sans doute plus complet défensivement que le vainqueur du trophée, Erik Karlsson) et Suter huitième. Les deux hommes ont joué quasiment tout le temps ensemble depuis leur arrivée commune dans la ligue en 2005 et semblent inséparables (au point que les fans de Nashville les surnommaient Batman et Robin !) mais leur partenariat en club est maintenant terminé. Sur la deuxième paire, Kevin Klein a connu une saison plutôt contrastée où il a été parfois inconstant mais il s’est maintenant imposé comme une pièce essentielle en infériorité numérique et pour contrer les tirs adverses. Francis Bouillon a été le plus souvent à ses côtés pour apporter son expérience et son physique.

En attaque, Trotz a reconduit sa première ligne de l’année précédente : Sergei Kostitsyn – Mike Fisher – Martin Erat. Le meilleur joueur du trio a été sans conteste Erat, confirmant qu’il est sans doute un des joueurs les plus mésestimés de la ligue. Fisher s'est repris après un début de saison inconstant, toutefois son pourcentage de 48,3% aux mises en jeu est un peu insuffisant pour un centre de premier trio. L’an passé, Sergei Kostitsyn avait réussi à atteindre la barre des 20 buts avec un pourcentage de tirs insoutenable (24,7%). De manière prévisible, le Biélorusse n’a inscrit cette saison que 17 buts mais toujours avec un pourcentage de tirs supérieur à la moyenne (17,5%, proche de son taux moyen en carrière NHL), ce qui montre qu’il est sans doute un des meilleurs atouts offensifs de son équipe mais également qu’il ne tire pas assez au but.

Si le premier trio a été constant quasiment toute la saison, la deuxième ligne a connu de nombreux changements, du fait des arrivées. David Legwand a été un des joueurs régulièrement utilisés sur ce trio. S’il a démarré la saison en fanfare avec 8 points en 4 matchs, le centre de 32 ans a ensuite retrouvé sa solidité défensive habituelle. À ses côtés en début de saison, Patric Hörnqvist a terminé comme meilleur buteur de son équipe avec 27 réalisations grâce à sa ténacité pour récupérer le palet dans les zones difficiles. Pour autant, son inconstance a parfois désespéré les fans des Preds.

Aux côtés de Legwand en fin de saison après leur arrivée, Andrei Kostitsyn et Alexander Radulov ont laissé une impression mitigée. Leur bilan dans le Tennessee est indéniablement noirci par l’épisode de la rupture du couvre-feu imposé par Trotz lors des playoffs et qui a conduit l’équipe à les suspendre pour deux matchs cruciaux lors de la série face à Phoenix. Mais le bilan est meilleur pour les deux joueurs européens : en saison régulière, l’aîné des Kostitsyn a inscrit 12 points en 19 matchs avec Nashville tandis Radulov termine avec 7 points en 9 matchs. Ironiquement, malgré sa mauvaise réputation, Radulov est le meilleur marqueur de son équipe pour les playoffs avec 6 points en 8 matchs.

 

Philadelphia Flyers (7e)Logo Philadelphia petit
Classement conférence est : 5e (103 points)
Parcours en playoffs : éliminés en demi finale de conférence par les Devils du New Jersey 4 matchs à 1.
Attaque : 2e de la ligue, 3,17 buts marqués par match
Défense : 20e de la ligue, 2,74 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Claude Giroux (C) : 28 buts, 93 points
                            Scott Hartnell (AG) : 37 buts, 67 points
                            Jaromir Jagr (AD) : 19 buts, 54 points
                            Wayne Simmonds (AD) : 28 buts, 49 points
                            Jakub Voracek (AD) : 18 buts, 49 points
En 2010/11 : 106 points, 2e de la conférence, éliminés en demi finale de conférence par les Bruins de Boston 4 matchs à 0.

PHI giroux 12Paul Holmgren avait sorti l’artillerie lourde à l’intersaison en signant Ilya Bryzgalov à un contrat record, et en se débarrassant de Mike Richards et Jeff Carter… Ironie de l’histoire, les deux hommes furent des artisans majeurs du titre des Kings ! Holmgren confiait ainsi l’équipe à Chris Pronger et Claude Giroux, avec un certain succès. Si le premier voyait sa saison terminée après seulement 13 matchs sur commotion, le second éclaboussait la ligue de son talent. Génial passeur, il a fortement contribué à une attaque prolifique. Scott Hartnell imposait son jeu physique et parfois limite avec 37 buts, et la variété offensive était assez incroyable : le rookie Matt Read signait 24 buts, Wayne Simmonds 24, Max Talbot 19, de même que le revenant Jaromir Jagr, le jeune Jakub Voracek 18, Daniel Brière 16, et les rookies Sean Couturier (18 ans) 13 buts, et Braydon Schenn (21 ans) 12 buts. Cette profusion d’attaquants et une domination nette en jeu de puissance était particulièrement en vue en playoffs où les Flyers ont écœuré les Penguins de Pittsburgh avec plus de 40% de réussite en supériorité !

Beaucoup ont alors vu les Flyers trop beaux. Car tout ce brio offensif masquait mal la faiblesse criante de la défense. Orpheline de Pronger, elle n’a jamais pu se montrer décisive, la faute à un Ilya Bryzgalov un peu dilettante (90,9% d’arrêts seulement). Le Russe au contrat hors de prix a peu convaincu en début de saison, sans être menacé par le jeune Sergei Bobrovsky, pas trop dans le coup non plus. Bryzgalov s’est réveillé une fois le « show » du match en plein air contre les Rangers passé. Son attitude très médiatique pour l’émission de télé-réalité liée à ce match a été mis en cause pour ses résultats en dents de scie, mais il n’a pas trop mal fini la saison, avant de couler complètement face aux Devils, à l’image d’une gaffe incroyable lors du match 4 : auteur de 39 arrêts dans le match, il offre pourtant littéralement le but gagnant en dégageant sur David Clarkson.

Le Russe n’est pas seul en cause dans ce naufrage défensif. L’absence de Pronger a pesé, c’est sûr, mais il restait encore de très bons joueurs : Kimmo Timonen a participé au All-Star Game et des joueurs comme Andrej Meszaros, Braydon Coburn ou Matt Carle ont un niveau habituel plus que respectable. Mais la mayonnaise n’a jamais trop pris et les blessures ont forcé l’équipe à jouer sur une profondeur de banc discutable : Erik Gustafsson, Andreas Lilja, Marc-André Bourdon ou Brandon Manning ont fait ce qu’ils ont pu avant d’être remplacés par des échanges plus ou moins concluants tels que Nicklas Grossman ou Pavel Kubina. L’absence de Meszaros pour 19 matchs en fin de saison et les 10 premiers des playoffs s’est révélée insurmontable. Malgré tout, l’équipe s’appuie désormais sur de jeunes talents et les Flyers devraient rester de sérieux prétendants à l’avenir, si la défense s’améliore un peu.

 

Washington Capitals (8e)Logo Washington petit
Classement conférence est : 7e (92 points)
Parcours en playoffs : éliminés en demi finale de conférence par les Rangers de New York 4 matchs à 3.
Attaque : 14e de la ligue, 2,66 buts marqués par match
Défense : 21e de la ligue, 2,76 buts encaissés par match
Meilleurs pointeurs : Aleksandr Ovechkin (AG) : 38 buts, 65 points
                            Aleksandr Semin (AG/AD) : 21 buts, 54 points
                            Marcus Johansson (C) : 14 buts, 46 points
                            Dennis Wideman (D) : 11 buts, 46 points
                            Nicklas Bäckström (C) : 14 buts, 44 points
En 2010/11 : 107 points, 1er de la conférence, éliminés en demi finale de conférence par le Lightning de Tampa Bay 4 matchs à 0.

WAS semin 12Le Tsar Aleksandr Ovechkin aura connu sa plus mauvaise campagne en termes de points. Même s’il reste le meilleur marqueur de son équipe, Ovechkin marque de moins en moins chaque année. L’une des raisons principales, à en croire beaucoup d’observateurs, fut l’environnement pour le moins compliqué au sein de la capitale fédérale ; il y eu tout d’abord la période Bruce Boudreau qui fut catastrophique au nombre de victoires, de plus les relations entre le coach canadien et la superstar russe semblaient pour le moins compliqué. Boudreau débarqué suite aux piètres résultats, le staff décide d’enrôler un ancien de la maison, Dale Hunter, pour conduire les Caps vers les play-offs, ce changement d’entraîneur n’a pourtant pas amélioré les statistiques de « Ovi » puisque le système très défensif mis en place par Hunter n’a pas vraiment favorisé le capitaine de Washington.

Pourtant, c’est grâce à ce jeu défensif que les Capitals ont pu parvenir aux séries éliminatoires. En terminant à la septième place, place qui s’est jouée dans les dernières journées d’avril en concurrence directe avec Ottawa, Washington a réussi à sauver les meubles d’extrême justesse, les séries seront finalement plus que correctez avec un tour de passé en battant le champion en titre Boston au terme d’une série très relevée et très serrée puisque tous les matchs se sont finis avec un but d’écart.

Durant ces play-offs, Hunter a pu compter sur le jeune gardien Braden Holtby (en raison des blessures de Vokoun et de Neuvirth qui n’ont guère brillé cette saison) qui fut remarquable durant toutes les séries. Fort de ses performances, le jeune portier canadien pourrait bien partir en tant que numéro 1 la saison prochaine. Reste que tout n’est pas rose à Washington où l’attaque fut pour le moins désastreuse, le but de Joe Ward en est la preuve puisque les attaquants des premiers blocs n’ont pas fait ce qu’on attend d’eux, à savoir marquer des buts. Si Nicklas Bäckström fut blessé une bonne partie de la saison, des joueurs comme Aleksandr Semin ont encore une fois déçu. Pour le Russe, l’aventure avec Washington s’arrête là au terme d’un « je t’aime moi non plus » qui aura duré pas mal d’années entre le joueur et la franchise de la capitale fédérale.