Épinal - Gap (Ligue Magnus, 8e journée)

Pas d'attaque, bouchard danick4les Dauphins...

Battus d'un rien à Amiens (3-4 t.a.b.) samedi, les Spinaliens ont tant bien que mal résisté aux Ducs d'Angers mardi, en quarts de finale aller de la Coupe de la Ligue. Et s'ils ont limité les dégâts au Haras (2-4), il leur faut ce soir s'imposer à Poissompré face au mal-classé gapençais. Un "match piège" contre un adversaire en perte de vitesse. Du moins, le croit-on...

Confrontés à la récente démission de leur emblématique président (Georges Obninsky), les Rapaces restent en effet sur six revers de rang... et n'ont encore rentabilisé aucun de leurs déplacements ! Et s'ils se rapprochent de leur configuration optimale avec les retours bienvenus de Kai Syväsalmi et Jouni Virpiö, les Gapençais sont toujours privés des services de Mickaël Perez, élément moteur d'une attaque sans buteurs... et sans véritable leaders ! Même Rambousek est au point mort avec un seul petit but marqué en sept journées...

Ari Salo peine peut-être à optimiser le potentiel de ses troupes, mais l'entraîneur finlandais peut compter sur un gardien de premier plan (Mike Zacharias) et sur deux "gaillards"  particulièrement désireux de briller pour leur retour à Poissompré. Martin Charpentier, le régional de l'étape, et Niko Mäntylä, parti cet été dans la "Capitale douce" après trois saisons de bons et loyaux services chez les Dauphins.

Des couleurs désormais défendues par Sébastien Gauthier, venu de Gap pour revaloriser ses statistiques au côté des Leroy, Cacciotti, Bouchard et autres Ouimet. Très altruiste, le centre canadien n'a d'ailleurs mis que deux mois à récolter presque autant de points (22) qu'en une saison complète sous l'uniforme gapençais (25). Des qualités de distributeur indiscutablement bonifiées par les talents de finisseur du remuant Danick Bouchard. Un buteur, un vrai... qui a parfois un peu de mal à lâcher la rondelle !

Le coup d'envoi est donné dans une ambiance surchauffée. Une ferveur rappelant celles des grandes années avec, notamment, le bruyant retour d'un ancien "cannibale vert", qui a ressorti son vieux tambour et se "casse la voix", noyé dans un public très nombreux et tout acquis à la cause des Dauphins (hormis quelques supporters venus des Hautes-Alpes). Une belle assemblée qui ne demande qu'à s'enflammer...

L'ICE laisse passer sa chance...

Peu entreprenants, les Rapaces défendent plus qu'ils n'attaquent et tentent surtout de contenir les vélléités de locaux finissant par s'implanter en zone offensive sous l'impulsion de l'indémodable duo Plch-Petrák. Un travail presque payant sur cette temporisation du Tchèque derrière la cage, qui trouvera Raibon dans le slot pour un revers non cadré (01'48"). Puis c'est Ján Plch qui vient frapper à la porte (02'10") d'un Mike Zacharias rappelant sans cesse aux Dauphins qu'il n'est pas l'un des meilleurs gardiens du championnat pour rien !

zacharias GapSolide au poste, l'Américain fait le métier et intervient à point nommé devant Danick Bouchard, servi dans l'intervalle par Steven Cacciotti (08'03"). Tout près d'être surpris par un tir lointain de Petrák dévié par le dos de Tekel (09'35"), Zacharias remet ça devant ce même Bouchard, qui s'y était pourtant repris à deux fois (10e). Autant dire que sans le brio de leur portier, la carapace des Rapaces se serait depuis longtemps fissurée !

Laissant passer l'orage, les visiteurs desserrent l'étreinte et sortent progressivement de leur coquille, comme sur cette incursion de Colin Moore, bien servi par Circelli (14e). Un allant offensif renforcé par l'emprisonnement de Gašpr Sušanj (15'07") et récompensé, en toute fin de supériorité. Jérémie Paradis renversant côté gauche sur Jiří Rambousek, qui attend du soutien et passe en retrait vers Milan Tekel. Monté plein axe, le défenseur slovaque arrive lancé et ne se pose pas de question, tirant sur réception pour tromper la vigilance d'un Aleksis Ahlqvist pourtant pas masqué au départ de ce lointain lancer (0-1 à 16'54"). C'est le pire des scénarios pour l'ICE, qui a eu plus d'une occasion de marquer... mais se retrouve menée par un adversaire s'annonçant maintenant beaucoup plus difficile à manœuvrer !

... mais pas les Rapaces !

Une impression confirmée au retour des vestiaires, où la pénalité de Rémi Colotti (20'41") profite au jeu de puissance gapençais. Kai Syväsalmi dégaine, de la pointe, un tir levé mal maîtrisé par Ahlqvist. En découle un cafouillage souriant à Collin Circelli, opportuniste au premier poteau malgré la présence d'Ouimet (0-2 à 21'12"). Gap, en pleine réussite, vient là de tuer le match...

circelliDécidément, les matchs précédant les trêves internationales ne sourient pas aux Dauphins, tombés tête baissée dans le piège haut-alpin. Et plutôt que de leur "voler dans les plumes", les hommes de Santino Pellegrino s'empêtrent dans le faux rythme des visiteurs, qui n'ont maintenant plus qu'à serrer les rangs. Bien aidés il est vrai par l'état de désynchronisation avancée des Vosgiens, plus poussifs que jamais en supériorité malgré les "retouches" apportées par leur entraîneur italo-canadien.

Un Pellegrino forcé de remanier son alignement en l'absence de Fabien Leroy (dont le doigt, meurtri, est fracturé en quatre endroits). Le capitaine spinalien est pourtant en tenue ce soir (mais il fait banquette à l'instar d'Anthony Rapenne, lui aussi convalescent). Maxime Ouimet jouant pour sa part avec un poignet toujours endolori...

S'appuyant au besoin sur Zacharias, véritable assurance tous risques, les Rapaces ne perdent pas le fil de leur match. Niko Mäntylä, qui participe activement à l'effort collectif, est même très en verve face à ses anciens coéquipiers. Le retour de Kai Syväsalmi n'est pas étranger aux bonnes dispositions retrouvées des autres défenseurs gapençais, qui sont au diapason des deux Finlandais. Même si Alexandre Cornaire se rate sur une relance terminant dans la palette de Sébastien Gauthier. À mi-distance, le Québécois prend sa chance... mais sa crosse se brise au moment de tirer (36e). Quand rien ne va...

Le "lance-missiles" Milan Tekel, qui ne manque pas de faire parler la poudre, a lui la gâchette facile ce soir. Ses slaps, aussi précis que puissants, sont des modèles du genre mais Ahlqvist, vigilant, est toujours sur la trajectoire. Même s'il lâche quelques rebonds, comme celui concédé à Jérémie Paradis (36'49").

La chaude ambiance de Poissompré est depuis longtemps retombée. Comme un soufflé. Un seul petit but spinalien aurait pourtant suffi à raviver une flamme vacillante, définitivement éteinte par cette réalisation un brin chanceuse de Jiří Jelen. En fait une bévue d'Aleksis Ahlqvist, surpris par ce tir excentré consécutif à un bel enchaînement du Tchèque (0-3 à 39'35").

Tout était parti d'un puck mal dégagé par la défense vosgienne (sous la pression du troisième trio gapençais) et parfaitement exploité par Jelen, qui s'était appuyé sur André pour manoeuvrer du revers, à  hauteur du cercle d'engagement droit. Avant de soudainement repiquer à l'intérieur (prenant au passage Gervais à contre-pied) pour se remettre sur son bon côté et adresser un lancer filant dans un trou de souris, sous le bras gauche d'Ahlqvist...

Un "cadeau" de plus dans ce match allures de Noël avant l'heure pour les visiteurs, pas franchement impressionnants. Mais très appliqués et surtout beaucoup plus concernés que leurs hôtes, clairement à côté de leurs patins. Voire frustrés, à l'image d'un Danick Bouchard tellement nerveux et dispersé qu'il n'aura fait que "collectionner" les pénalités (6' ce soir) !

mantyla gapÉtonnement maladroit, Michal Petrák n'est que l'ombre de lui-même, comme s'il était retombé dans ses travers de la saison passée. Steven Cacciotti, très en retrait depuis quelques temps, est lui tout bonnement transparent. Et que dire de Benjamin Casavant, plus improductif que jamais, lui qui n'a plus marqué depuis le 22 septembre dernier...

En désespoir de cause, Santino Pellegrino tente donc de reformuler ses trios. Mais rien n'y fait. Aucune supériorité n'est exploitée et les Spinaliens, même lorsqu'ils sont maîtres du palet, n'arrivent à rien de concret. N'ayant plus à se découvrir, les joueurs des Hautes-Alpes profitent de ces actions "forcées" pour récupérer de nombreux palets. Et ainsi limiter le danger aux abords de cette cage si bien gardée...

Peu dangereux, hormis sur ce deux-contre-un mené par Hagelberg et Plch en infériorité (51e), les hommes de Pellegrino en prennent un quatrième, œuvre de Jouni Virpiö. L'ailier finlandais nettoyant la lucarne opposée depuis le rond d'engagement droit, bien décalé par un Collin Circelli posté en fond de zone (0-4 à 52'51"). Un quatrième puck dans les filets d'Ahlqvist, battu par l'un de ses anciens coéquipiers formé, comme lui, au JYP Jyväskylä....

Cette fois c'est plié. L'ICE va tomber, sans gloire (et dans sa patinoire de Poissompré, encore une fois pleine à craquer). Mais si la cause est entendue, il reste à tenir, jusqu'au bout, face aux assauts désordonnés de Spinaliens (enfin !) décidés à marquer. En double supériorité numérique (58'40"), puis en triple (58'52") avec la sortie d'Ahlqvist, ils tentent le tout pour le tout, histoire de sauver un semblant d'honneur.

Mais voilà, il y a toujours une crosse ou un patin, côté gapençais, pour contrer ou écarter le danger. Une bien belle abnégation récompensée d'un blanchissage amplement mérité pour Mike Zacharias et ses Rapaces, qui tiennent-là leur match référence. Embellie durable... ou éclaircie de courte durée ? Seul l'avenir nous le dira... mais il y a des raisons d'espérer !

Incapables d'exploiter leurs temps forts, insuffisamment combatifs et conquérants, les Dauphins, méconnaissables, ont énormément déçu leur public en tombant aussi facilement dans le piège gapençais. Leurs mines déconfites ne trompent pas : ils sont totalement passés au travers de leur match. Se sont-ils vus trop beaux ? Accusent-ils les contrecoups d'un calendrier très chargé ? Eux qui auraient pu s'installer dans le trio de tête en cas de succès ont joué très en deçà de leurs possibilités, perdant bêtement deux points contre un adversaire largement à leur portée. Dans un championnat aussi resserré, aucun relâchement n'est toléré...

Ce camouflet restera peut-être comme le dernier match disputé par Aleksis Ahlqvist à Poissompré. L'intérim du gardien finnois touche à sa fin, avec le retour programmé de Gabriel Girard. Le Franco-canadien effectuera d'ailleurs un essai samedi prochain (en amical, face aux juniors du Sparta de Prague). À lui maintenant de se montrer convaincant...

Réactions d'après-match (dans Vosges-Matin) : 

Santino Pellegrino (entraîneur d'Épinal) : "Tout m'a déçu dans ce match. On accorde quatre buts en un match à une équipe qui n'en avait pas marqué beaucoup jusque-là. On n'a rien montré, ni eu d'occasions. On n'a pas agi comme des professionnels et personne n'a voulu payer le prix."



Épinal - Gap 0-4 (0-1, 0-2, 0-1).
Samedi 3 novembre 2012 à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitres : Bruno Colléoni assisté de David Courgeon et Jérémy Metais.
Pénalités : Épinal 16' (2', 8', 6') ; Gap 14' (2', 6', 6').
Tirs : Épinal 31 (10, 7, 14) ; Gap 23 (11, 9, 3).

Évolution du score :
0-1 à 16'54" : Tekel assisté de Rambousek et Paradis (sup. num.)
0-2 à 21'12" : Circelli assisté de Syväsalmi (sup. num.)
0-3 à 39'35" : Jelen assisté d'André et Fribault
0-4 à 52'51" : Virpiö assisté de Circelli (sup. num.)


Épinal

Gardien : Aleksis Ahlqvist (sorti de sa cage à 58'40").

Défenseurs : Maxime Ouimet - Gašpr Sušanj ; Stéphane Gervais - Jan Hagelberg ; Peter Slovák - Rémi Colotti.

Attaquants : Steven Cacciotti [puis Casavant]- Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Élie Raibon [puis Cacciotti] - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Yannick Offret - Yoann Chauvière - Benjamin Casavant [puis Raibon].

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Fabien Leroy (C), Anthony Rapenne, Kevin Benchabane, Valentin Grandhaye, Romain Mauffrey. Absent : Gabriel Girard (commotion).

Gap

Gardien : Mike Zacharias.

Défenseurs : Kai Syväsalmi - Niko Mäntylä ; Matúš Luciak - Alexandre Cornaire (C) ; Martin Charpentier - Milan Tekel (A).

Attaquants : Colin Moore - Collin Circelli - Jouni Virpiö ; Jérémie Paradis (A) - Jiří Rambousek - Norbert Abramov ; Bertrand Fribault - Jiří Jelen - Mathieu André.

Remplaçant : Julian Barrier-Heyligen (G), Jérémy Baridon, Thibaut Farina, Charly Cirgues. Absents : Mickaël Perez (blessé), Yoann Lacheny.