Dunkerque - Lyon (Division 1, 9e journée)

Des Lions renversants

milleriouxmartinEncore privé d’Arnaud Magallon, suspendu, et du revenant Erik Caladi, non qualifié, Lyon se présente amoindri sur la glace de Dunkerque, où les Corsaires, au complet, essaient de se donner un peu plus d’air dans un classement tronqué par le surplus de rencontres disputées par la troupe de Miikka Rousu.

Celle-ci prend le meilleur départ, à la suite d’une première faute de Jules Breton, qui expédie violemment Mathieu Bécuwe contre la balustrade. Le jeu de puissance dunkerquois se met en place efficacement et le danger, d’origine finlandaise, se précise. Le précieux Laine fait chauffer la mitaine de Richard, solide lorsque Susi contourne sa cage mais secouru par sa défense pour empêcher Miettinen de marquer dans le but ouvert par un missile de Raattama. Cette pénalité, tuée également par le gros travail d’Alexander Olsson, est suivie d’une nouvelle intervention du trio arbitral venu de l’autre côté de la frontière. Ce début de rencontre heurté, à l’image des échanges aigre-doux entre Gillet et Miettinen, fait une victime, François Rozenthal devant quitter l’enceinte touché à la main.

Un autre François, Moretti, intègre un temps le premier trio en lieu et place de son capitaine. Peu avare d’efforts, il subit à son tour une faute, un accrocher de Figon derrière le but d’un Richard peu à l’aise sur un lancer précédent de Maurice Rozenthal. La deuxième supériorité est la bonne, Jussi Laine parvenant cette fois à tromper le gardien des Lions, gêné par la présence d’Yli-Junnila aux abords de l’enclave (1-0 à 06'58").

Jusque-là uniquement létaux par Medeiros, sur un gros travail de sape de ses équipiers Olsson et Kristin, les visiteurs sortent de leur torpeur par l’entremise de cette deuxième ligne assez tenace. Martel doit ainsi s’interposer une deuxième fois devant son compatriote, les locaux rencontrant alors des difficultés dans la conservation du palet. Le jeu s’équilibre et tend même de plus en plus à être dominé par les équipiers de Ryan Corry, qui essaie de profiter d’un écran pour égaliser de la bleue. En contre-attaque, Dunkerque se montre cependant dangereux, sur une longue passe de Raattama vers Miettinen, pour un face à face remporté par une intervention du gant de Richard, et une percée de Susi, qui profite de la confusion née d’une nouvelle explication Miettinen-Gillet pour s’emparer de la rondelle et servir Thomas, défait à son tour.

Ce deuxième filet, entrevu par les Corsaires avant le premier coup de sirène, viendra d’un exploit de Maurice Rozenthal, dont l’accélération à gauche suivie d’un lancer précis laisse pantois aussi bien la défense que le dernier rempart lyonnais (2-0 à 20'20"). Symbole des difficultés des Rhodaniens, leur premier jeu de puissance voit Miroslav Kristin arrêter son action sans raison apparente et abandonner la rondelle sous les yeux d’un Folcke qui n’en demandait pas tant pour dégager son camp. Les Corsaires tergiversent moins et, sur le retour à cinq, harcèlent leurs visiteurs. Étouffés par le deuxième bloc, les Lyonnais voient impuissants Clément Thomas rediriger le disque dans la cage sur un rebond consécutif à un gros tir de Gyesbreghs (3-0 à 26'43").

jussi laineLe temps-mort sollicité par le banc des Lions est assez bénéfique car Marc-André Martel est assez sollicité par la suite. Toujours aussi percutant, Alexander Olsson provoque la faute de Juhamatti Yli-Junnila contre la bande. Si les blancs tremblent encore sur un break de Miettinen, consécutif à une perte de palet de Julien Lebey, ils retrouvent des couleurs lorsque Miroslav Kristin bénéficie enfin d’une occasion de lancer, vers un portier bien en place. Et toujours efficace sur les deux lancers de Corry.

Une faute de Dubois sur l’ancien Bordelais, couplée à une échauffourée entre Gyesbreghs et To-Landry aux abords du but, traduite par une sanction pour le Belge, permet aux Lyonnais de se retrouver en double supériorité (30'58"). Les lancers lointains de Gillet et Styf étant bien captés par le gardien nordiste, et Vikhael To-Landry manquant d’efficacité par deux fois devant le but, Dunkerque s’en sort sans trop d’embûches et peut aborder la suite avec confiance.

Les équipiers d’Eric Medeiros reprennent le jeu à l’assaut de la zone offensive face à des Nordistes de plus en plus défensifs. Le jeu se déroule en majorité dans le camp corsaire, bien gardé par un Martel très employé. Le gant de ce dernier capte ainsi un tir puissant et dévié de Millerioux, lui-même imité par Styf. Peu après une perte de palet critique de Tomety qui aurait pu être exploitée par Figon, le défenseur suédois obtient une nouvelle chance, qu’il ne laisse pas passer, son essai puissant et précis se logeant sous la barre (3-1 à 50'30"). Remis en selle, les Lions accentuent la pression. Martel écarte encore, de la botte, la salve de Julien Lebey, mais le danger revient vite à la faveur d’une faute d’Ekkue Tomety, convertie en vingt secondes par un tir surpuissant et sans contrôle d’Oliver Styf, décalé par Kristin (3-2 à 56'24").

La partie totalement relancée alors que les « chambrages » adressés par le public aux représentants de la ville lumière se sont tus, le retour lyonnais pourrait cependant s’avérer vain, car Atte Susi, sur une rare percée venue des Maritimes, provoque la faute du costaud Ryan Corry avec trois minutes à faire. Dunkerque n’en profite cependant pas, car sur un « 2 contre 1 », Maurice Roznethal, servi par Yli-Junnila, rate le cadre. Lyon peut donc encore espérer un improbable retour, Julien Lebey employant une nouvelle fois la botte de Martel, peu secouru par une défense de plus en plus dépassée.

Alors que Guillaume Richard est sorti de sa cage, c’est au tour de Grégory Dubois de subir les foudres du corps arbitral, suite à une obstruction. Martin Millerioux met alors le feu vers une cage prise d’assaut, sans succès car le palet est gelé… pour l’instant. Son partenaire Styf, déjà auteur de deux buts dans une position similaire aux abords de la ligne bleue, opte cette fois pour la passe vers Julien Lebey, posté sur la droite du but et efficace au meilleur moment (3-3 à 59'43").

olssonalexanderLe seul (et fidèle) partisan lyonnais peut enfin exulter devant des travées médusées et réduites au silence. L’enthousiasme redescend dès l’entame de la prolongation, Miroslav Kristin n’ayant d’autre choix que d’obstruer le passage de Maurice Rozenthal, parti en contre-attaque (60’31"). Las, les Corsaires multiplient les passes, notamment entre Susi et Raattama et lorsque le premier reçoit la crosse d’Olsson dans le visage, le trio arbitral ne bronche pas. Au contraire d’un faire-trébucher de Tomety, qui inverse les forces en présence. Lyon en profite, grâce une fois de plus à Oliver Styf, omniprésent. La nouvelle passe du défenseur suédois prend une nouvelle fois à revers une défense amoindrie pour ouvrir le chemin du but à Miroslav Kristin, dont la reprise instantanée offre un second point aux siens, mal embarqués mais emplis de ressources dans l’adversité.

Dunkerque a raté le coche au troisième tiers-temps, reculant de plus en plus et perdant plusieurs palets de relance. Alors que le réalisme offensif s’éloignait, ses travers disciplinaires le privent d’un point qui aurait été bien précieux avant les quatre prochaines rencontres loin de ses bases.

Commentaires d'après-match

Éric Medeiros (entraîneur-joueur de Lyon) : "Nous avons eu du mal à entrer dans cette rencontre où Dunkerque a mis beaucoup de pression pour se remettre des dernières défaites. Le premier tiers se joue à peu de choses, nous avons passé beaucoup de temps en zone offensive, sans être efficaces. Au troisième tiers-temps l’équipe a fait preuve de plus de caractère, tout en continuant à mettre beaucoup de palets vers la cage. Lors de la deuxième pause, j’ai haussé le ton, n’hésitant pas à remettre en cause certains joueurs pour faire passer le message. Il convenait pour chacun de gagner ses duels. Depuis le début de saison, l’équipe rencontre des difficultés lorsqu’elle est menée, et cette victoire permet de démontrer sa force de caractère. Le match-référence demeure toutefois la victoire face à Anglet."

 

Dunkerque – Lyon 3-4 a.p. (1-0, 2-0, 0-3, 0-1)
Samedi 10 novembre 2012 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 1 050 spectateurs.
Arbitrage de Jam Horemans assisté de Maarten Van Den Acker et Chris Van Grinsven.
Pénalités : Dunkerque 22' (4’, 12’, 4’, 2’), Lyon 18' (8', 6', 2’, 2’).
Tirs : Dunkerque 45 (17, 14, 12, 2), Lyon 52 (11, 17, 18, 6).

Évolution du score :
1-0 à 06'58" : Yli-Junnila assisté de Laine et Dubois (sup. num.)
2-0 à 20'20" : M. Rozenthal assisté de Yli-Junnila
3-0 à 26'43" : Thomas assisté de Gyesbreghs et Susi
3-1 à 50'30" : Styf assisté de Medeiros et Olsson
3-2 à 56'24" : Styf assisté de Olsson et Kristin (sup. num.)
3-3 à 59'43" : Lebey assisté de Styf et Millerioux (sup. num.)
3-4 à 65'24" : Kristin assisté de Millerioux et Stif (sup. num.)


Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Grégory Dubois (A) - Jussi Laine ; Ekue Tomety - Jari Raattama ; Vadim Gyesbreghs - Ghislain Folcke.

Attaquants : François Rozenthal (C, puis Maxime Brachet au premier tiers-temps) – Juhamatti Yli-Junnila - Maurice Rozenthal (A) ; Atte Susi - Jami Miettinen - Clément Thomas ; Maxime Brachet (puis Valentin Dumélié) - Mathieu Becuwe - Benjamin N'Guyen ; Loïc Destoop,  François Moretti.

Remplaçants : Julien Peyre (G),  Antoine Houque. Absent : Antoine Vanwormhoudt (genou).

Lyon

Gardien : Guillaume Richard (sorti de 59'14" à 59'43").

Défenseurs : Ryan Corry - Aymeric Gillet (A) ; Oliver Styf - Martin Millerioux (C) ; Jules Breton.

Attaquants : Vikael To-Landry - Julien Lebey - Christer Johansson ; Alexander Olsson (A) - Éric Medeiros - Miroslav Kristin ; Damien Croux - Frédéric Figon - Anthony Kodyjasz.

Remplaçants : Quentin Wargnier (G), Mathieu Touveron, Vincent Touveron. Absents : Arnaud Magallon (suspendu), Erik Caladi (non qualifié).