Slovaquie – Allemagne (Deutschland Cup 2012)

RADIVOJEVIC Branko-120515-266Qui va remporter la Deutschland Cup 2012 ? Avant le coup d’envoi de la dernière rencontre, trois des quatre équipes sont encore en lice pour soulever deux heures plus tard le trophée bavarois ; si le Canada, fanny, est depuis la veille évincée de la course au titre, l’Allemagne, toujours invaincue, la Suisse et la Slovaquie, vainqueur sortant, peuvent toujours prétendre à la victoire finale. La confédération helvétique n’a cependant plus son destin en mains ; elle doit désormais espérer une victoire de la Slovaquie dans le temps réglementaire mais ce succès ne doit pas dépasser un but d’écart…

Le début de match est actif et essentiellement allemand. Les hommes de Pat Cortina, en jaune, pressent d’entrée la défense slovaque, incapable de sortir le palet de sa zone pendant plus de deux minutes. Aucune interruption de jeu n’intervient avant quatre minutes et les organismes sont déjà mis à rude épreuve. Pourtant, rien de bien méchant n’est à signaler pour l’un comme pour l’autre des gardiens : Marcel Hossa ne cadre pas sa frappe lointaine tandis que Philip Gogulla, sur une mise en jeu dans le cercle gauche, expérimente sans succès les réflexes de Jaroslav Janus, le portier de Bratislava conservé dans la cage slave après avoir rendu une copie convaincante la veille contre la feuille d’érable.

La première véritable alerte est slovaque. Après une entame à froid, les Bleus réagissent bien et Libor Hudáček, dans le slot, récupère un rebond et n’est pas loin de tromper Dimitrij Kotschnew (4'46). Les vice-champions du monde ont ensuite l’occasion de s’installer plus durablement dans le camp allemand lorsque Christoph Ullmann accroche Andrej Šťastný dans son coin droit (5'03). Le power-play qui suit est pourtant galvaudé et c’est même le capitaine allemand Michael Wolf, profitant d’un couloir central laissé libre par un changement de ligne slovaque hasardeux, qui a l’ouverture du score au bout de sa crosse… qu’il casse justement sur sa tentative ! La rondelle passe à côté alors que Janus, livré à lui-même, avait découvert son côté gauche (6'05).

Si Garret Festerling se montre menaçant – son backhand est repoussé in extremis par le gardien slovaque au poteau gauche – l’impulsion offensive allemande est de nouveau freinée par une infériorité numérique. Alors que Šťastný prend son élan en zone neutre, Martin Buchwieser lui coupe violemment la trajectoire en chargeant la tête ; la partie est déjà terminée pour le Munichois qui file au vestiaire, sanctionné pour ce geste d’une pénalité de match. Son équipe doit par ailleurs faire avec un joueur de moins pendant cinq minutes et ce peut-être alors, pense-t-on, un tournant du match.

Le capitaine de la Double-Croix, Branko Radivojevič (qui fête là sa centième sélection), combine bien avec Juraj Mikúš, esseulé à gauche et dont la frappe rebondit sur Kotschnew. Boris Valábik est à l’affût devant le portier de Hambourg et les Slovaques finissent par lever les bras. Mais difficile de se faire une idée devant la mêlée de joueurs postés devant la cage allemande. Le ralenti montre qu’effectivement le puck a passé la ligne. Il montre également que l’arbitre a sifflé avant. Après visionnage de la vidéo, l’ouverture du score est logiquement refusée (9'10).

Le jeu de puissance n’est guère plus convaincant que tous les autres développés par la Slovaquie dans le tournoi. Les ouailles de Vladimír Vůjtek ont beau vouloir bien faire, leurs passes sont téléphonées et les Jaunes lisent trop facilement leurs velléités. La Slovaquie est complètement désorganisée et même si Ivan Baranka décoche un slap précis en fin de supériorité, aucun de ses coéquipiers n’est placé judicieusement pour reprendre le rebond laissé par Kotschnew.

MIKUS Juraj-120515-280L’Allemagne vient de jouer presque sept minutes consécutives en infériorité mais elle n’en paraît pas moins en forme. Elle reprend la main et squatte de nouveau la zone offensive. L’attentisme et le manque de mouvement de la défense slovaque contraste avec la rapidité et la promptitude allemandes et l’on est en droit de se demander alors si la Slovaquie n’est pas en train de laisser volontairement les Allemands s’égosiller pour mieux les avoir ensuite.

S’ils contrôlent plutôt bien la déferlante locale jusqu’à la première pause, les Bleus prouvent dès l’entame de la deuxième période que cela n’a rien d’une stratégie. Les Allemands sont supérieurs dans tous les secteurs et monopolisent de fait le palet. En face, faute d’énergie, on semble déjà avoir déposé les armes et l’on s’en remet à Janus, qui tient quand même bien la baraque compte-tenu de la situation. Ni Marcus Kink, laissé libre de tout marquage à droite (25'35), ni Michael Wolf, parti en breakaway mais qui ne cadre pas sa frappe (27'14), ni même Festerling, qui déborde sur l’aile gauche sur l’action suivante, ne parviennent à concrétiser au score la flagrante domination des Jaunes.

La première pénalité slovaque (Kristián Kudroč, 28'05) continue de grignoter le peu de fraîcheur qui reste encore aux Bleus. Ils réussissent pourtant à tuer sans mal le power-play allemand et Martin Štajnoch, dans le cercle droit adverse, est tout près de tromper la vigilance de Kotschnew lorsque sa frappe flottante est déviée du bras par Marcel Haščák au second poteau. Mais à peine le temps de sortir la tête de l’eau que la Slovaquie doit de nouveau faire avec un de moins (Šťastný, 32'37). L’Allemagne martèle alors en attaque. La bombe de Nikolai Goc est détournée avec dextérité par Janus tandis que Michael Wolf, qui arrive plein pot sur la gauche, ne peut profiter de l’effet de vitesse puisqu’il casse encore son bâton. Alexander Barta, derrière les filets slovaques, sert Marcel Müller qui se trouve dans le slot mais qui n’ajuste pas sa reprise. Enfin, Janus doit s’y prendre à trois fois avant de se saisir du palet sur sa ligne sous la pression de Michael Wolf en fin de tiers-temps.

À la reprise, les Slovaques rivalisent quelques minutes avec les locaux. Haščák, de loin le plus actif des siens aujourd’hui, travaille bien la rondelle à droite avant de servir Hudáček dont la reprise instantanée est contenue par Kotschnew (41'43). L’allant offensif recouvré est pourtant brisé par le tour en prison de Peter Ölvecký (45'55). De nouveau, les Bleus sont contraints de se regrouper en défense et de contenir, tant bien que mal, les assauts des Allemands qui n’arrivent toujours pas à faire mouche malgré leur supériorité technique et physique. Mais leur patience va bientôt être récompensée.

Barta s’arrache pour récupérer une longue passe en profondeur adressée par Marcel Müller depuis sa zone. L’attaquant de Rogle effectue un tour de cage avant de passer au même Müller, qui a sprinté pour se placer dans l’axe et qui ouvre enfin le score. Le ralenti de l’action montre que c’est en fait Barta qui marque, son centre ayant tapé l’intérieur de la cuisse de Janus avant d’entrer dans la cage (0-1, 49'36). Déboussolés, les Slovaques se font avoir une seconde fois. De la même façon que Barta mais du côté opposé, Festerling donne un double avantage aux siens à dix minutes de la sirène (0-2, 50'27).

La Slovaquie et la Suisse viennent de voir s’envoler leurs espoirs de victoire finale et la rencontre est désormais dépouillée de son intérêt. On assiste quand même à quelques occasions de but. Ainsi, Michael Wolf, en infériorité (Goc, 51'38), s’échappe dans le dos des Slaves mais Janus s’interpose et évite l’humiliation. Dans la dernière demi-minute, Haščák est le dernier Slovaque à insister en attaque ; malgré toute sa détermination, l’ailier du HC Košice ne réussit pas à sauver l’honneur des siens et sa frappe à bout portant entre les deux cercles termine dans le plastron de Kotschnew, blanchi pour son unique match du tournoi. Invaincue et si brillante en 2011, la Slovaquie passe le témoin à son adversaire du jour, l’Allemagne, clairement supérieure au reste de la meute sur ces trois jours.

Désignés joueurs du match : Marcel Haščák (Slovaquie) et Dimitrij Kotschnew (Allemagne).

Classement final de la Deutschland Cup 2012
1. Allemagne, 9 points (+5)
2. Suisse, 6 points (+4)
3. Slovaquie, 3 points
4. Canada, 0 point (-9)

Commentaires d’après-match

Vladimír Vůjtek (entraîneur de la Slovaquie) : « La supériorité numérique de cinq minutes dans le premier tiers-temps a été importante pour le développement du match. Dommage que nous n’en ayons pas profité. D’un autre côté, il y avait 0-0 à la pause et on pensait que nous allions augmenter le tempo et réussir à jouer de belles combinaisons de jeu. Nous n’y sommes pas parvenus, les Allemands ont très bien défendu et ont su perturber notre système. Si je juge notre performance globale sur ce tournoi, c’est plutôt le négatif qui domine, nous devons tout analyser en détail et comprendre pourquoi certains joueurs n’ont pas répondu aux attentes. Beaucoup d’autres ont cependant été satisfaisants. »

Pat Cortina (entraîneur de l‘Allemagne) : « On a très bien joué en défense aujourd’hui. On a su attendre patiemment nos occasions et elles sont finalement venues. La victoire dans le tournoi nous encourage pour le travail à venir. La composition de l’équipe pour la qualification olympique de février commence à se dessiner. »

Branko Radivojevič (attaquant et capitaine de la Slovaquie) : « On doit reconnaître que les Allemands étaient aujourd’hui les meilleurs. Ils étaient partout avant nous, ils se sont créés plus d’occasions et ils méritent donc la victoire. On aurait pu offrir une performance plus convaincante mais ça ne nous a pas souri. On avait toujours une chance de gagner le tournoi mais les Allemands ont vraiment été au-dessus. On aurait dit que l’on jouait sans énergie. C’est dommage d’avoir perdu aujourd’hui, mon jubilé aurait pu être bien plus beau [ndlr : il fêtait sa 100e sélection en équipe nationale]. »

 

Slovaquie – Allemagne 0-2 (0-0, 0-0, 0-2)
Dimanche 11 novembre 2012 à 16h45 à l’Olympia Eisstadion de Munich. 5600 spectateurs.
Arbitrage de Bastian Haupt et Richard Schütz (ALL) assistés de Andreas Hofer et Pascal Kretschmer (ALL)
Pénalités : Slovaquie 10' (0', 6', 4') ; Allemagne 31' (2'+25', 2', 2')
Tirs : Slovaquie 19 (9, 5, 5) ; Allemagne 28 (10, 8, 10)

Evolution du score :
0-1 à 49'36'' : Barta assisté de Müller et M. Wolf
0-2 à 50'27'' : Festerling assisté de Schütz et Akdag

 

Slovaquie

Gardien : Jaroslav Janus.

Défenseurs : Boris Valábik (2', -1) – Michal Sersen (-1) ; Ivan Baranka (A, 2') – Martin Štajnoch ; Juraj Mikuš (-1) – Marek Ďaloga (-1) ; Kristián Kudroč (2') – Richard Stehlík.

Attaquants : Marcel Hossa (A) – Juraj Mikúš (-1) – Branko Radivojevič (C, -1) ; Libor Hudáček (-1) – Mário Bližňák (-1) – Marcel Haščák (-1) ; Peter Ölvecký (2') – Andrej Šťastný (2') – Michel Miklík ; Michal Chovan – Peter Galamboš (-1) – Marek Hovorka.

Remplaçant : Peter Hamerlík (G). En réserve : Tomáš Marcinko (A). Blessé : Radoslav Tybor (épaule).

Allemagne

Gardien : Dimitrij Kotschnew.

Défenseurs : Jens Baxmann (+1) – Frank Hördler (+1) ; Moritz Müller – Nikolai Goc (2') ; Florian Ondruschka – Benedikt Kohl ; Felix Petermann (+1) – Sinan Akdag (+1).

Attaquants : Marcel Müller (+1) – Alexander Barta (+1) – Thomas Greilinger ; Philip Gogulla – Christoph Ullmann (A, 2') – Michael Wolf (C, +1) ; Marcus Kink (A, +1) – Martin Buchwieser (5'+20') – Felix Schütz (+1) ; David Wolf – Garret Festerling (2', +1) – Jerome Flaake.

Remplaçant : Rob Zepp (G). En réserve : Dennis Endras (G), Kai Hospelt (A), Frank Mauer (A), Daniel Pietta (A).