Épinal - Angers (Coupe de la Ligue, 1/4 de finale retour)

fortier éricÀ l'impossible nul n'est tenu

Deux buts à remonter, c'est peu et beaucoup à la fois. Et le faire aux dépends des Ducs d'Angers, qui n'ont jamais perdu par plus d'un but d'écart cette saison, ce serait tout un exploit ! Les Dauphins, qui avaient limité les dégâts à l'aller (2-4), se savent en ballotage défavorable. Mais qu'importe la taille de l'obstacle : seule compte la volonté de le franchir...

Plus facile à dire qu'à faire, surtout que Stéphane Gervais et Maxime Ouimet doivent encore panser leurs plaies (ils souffrent respectivement de la cheville et du poignet). L'incertitude planait même sur la participation de Fabien Leroy, capitaine d'une ICE se devant de relever ce défi. Le premier d'une longue série ce mois-ci puisque les hommes de Santino Pellegrino retrouveront ceux de Jay Varady ce vendredi (en championnat) avant de se déplacer à Caen (dimanche) pour ensuite accueillir Dijon mercredi prochain, en Coupe de France. Trois jours avant ce fameux derby face aux Scorpions...

C'est donc la semaine de tous les dangers pour Épinal, qui va enchaîner les matchs et jouer son avenir immédiat dans les Coupes nationales. Assurément un tournant dans la saison des Dauphins, qui nourrissent l'ambition d'aller aussi loin que possible dans ces compétitions. Sans leur "pigiste" Aleksis Ahlqvist (devenu mulhousien ce week-end), mais avec un Gabriel Girard totalement rétabli de cette commotion contractée le mois dernier !

Le jeune gardien franco-canadien a même repris du service, samedi, lors d'un match d'entrainement face aux protégés de Jan Reindl (les juniors tchèques du Slavoj Velké Popovice et non ceux du Sparta Prague, comme on nous l'a fait croire !)...

girard gabriel 2Une bonne mise en bouche avant le plat de résistance : cette double confrontation avec Angers. Plus que jamais l'équipe la plus "nord-américanisée" du championnat avec la toute récente arrivée de l'Italo-canadien Marcello Ranallo, un jeune ailier vif et rapide venu gonfler les rangs d'une formation aussi solide derrière que devant. Une armada affichant désormais complet (ou presque) avec le retour de son meilleur défenseur, Jeff May. Juho Jokinen, longtemps blessé, s'est quant à lui seulement échauffé à l'instar de Florian Hardy, également absent à l'aller (en raison d'une entorse au genou).

Les filets sont donc encore gardés par son suppléant. Alexis Neau, qui s'en était plutôt bien tiré le 31 octobre dernier mais laisse, d'entrée, un gros rebond sur un slap de Sušanj, que Cacciotti tente d'exploiter. En vain, le jeune gardien angevin s'étant promptement replacé à son poteau gauche (02'20").

Cette occasion en appelle d'autres pour les Dauphins, qui n'ont pas d'autres choix que de marquer pour espérer se qualifier. Seulement voilà, les visiteurs ne l'entendent pas de cette oreille, disputant chaque palet en ne lésinant ni sur le patinage, ni sur l'échec-avant. Histoire de prendre l'ascendant, forts d'un collectif aux rouages bien huilés. Aussi profitent-ils de leurs nombreuses récupérations pour asseoir leur domination. Et se procurer de bonnes occasions, comme cette infiltration d'un Julien Albert débordant Rémi Colotti pour s'en aller buter sur Gabriel Girard (06'00").

Le cauchemar de Girard, les prouesses de Bouchard

Peinant à siortir la tête de l'eau, les Dauphins enchaînent les temps faibles et deviennent presque inoffensifs à l'image d'un duo Plch-Petrák totalement transparent. Restent les exploits individuels d'un Danick Bouchard bien seul, ce soir, à dynamiser l'animation offensive. Tellement, d'ailleurs, qu'il lui faut y aller en solo pour créer le danger. Slalomant joliment, dans la défense sans toutefois parvenir à cadrer (07'11").

Un éclair dans la grisaille d'un premier tiers marqué par l'énorme loupé de Gabriel Girard, surpris par le centre-tir de Jonathan Harty depuis l'arrondi (0-1 à 10'23"). Le premier raté de la soirée... et sûrement pas le dernier pour l'ancien junior shawiniganais, qui a sur ce coup relâché le palet dans ses propres filets !

bellemare jonathan 2Les Ducs peuvent voir venir avec maintenant trois buts d'avance au cumul des deux matchs. Un écart désormais insurmontable pour les Dauphins, tout prêts d'en reprendre un sur une action rondement menée par Éric Fortier. Le Québécois combinant avec Robin Gaborit pour mystifier la défense... avant de buter sur Gabriel Girard (11'10"). Une intervention décisive, et donc pas étrangère au but égalisateur de Casavant, dans la foulée. Danick Bouchard s'arrachant côté droit pour récupérer le puck (envoyé au fond par Sébastien Gauthier), centrant sans contrôler en direction de Benjamin Casavant, à l'affût au second poteau (1-1 à 11'53").

Mais il était dit qu'Angers allait se qualifier sans trop trembler, bien aidé il est vrai par les approximations répétitives d'un secteur défensif décharné (où Benchabane doit jouer les utilités). Les absences de Gervais et Ouimet pèsent incontestablement dans la balance et Fabien Leroy, qui revient de blessure, est encore loin de son meilleur niveau.

Le capitaine spinalien, coupable ce soir de plusieurs "étourderies", est d'ailleurs directement impliqué sur le deuxième but angevin. En laissant d'abord Jonathan Bellemare manœuvrer autour de la cage, pour prendre un tir repoussé par Gabriel Girard. Puis en redonnant littéralement le palet à Braden Walls, venu derrière la cage le lui disputer. Ce dernier, sitôt en possession du puck, le renvoyant dans le slot sur ce diable de Bellemare, qui s'y reprendra à deux fois pour marquer, d'un revers filant par-dessus la mitaine d'un Girard couché (1-2 à 15'22").

Ce match n'est maintenant plus qu'une formalité pour les hommes de Jay Varady, qui ont fait la différence et restent suffisamment concernés pour se prémunir d'un éventuel retour spinalien. Ne baissant pas leur garde, il résistent aux pénalités... et profitent de chaque supériorité !

À cheval sur deux tiers, l'accrocher sifflé à l'encontre de Gašpr Sušanj ne mettra que seize petites secondes à être sanctionné, au retour des vestiaires. Jonathan Bellemare temporisant pour mieux servir Marc Bélanger, oublié dans l'enclave, qui joue des poignets pour marquer. Un tir limpide, poteau rentrant et côté mitaine du gardien (1-3 à 20'16").

Angers en père peinard

S'ensuit une avalanche de buts. Un terrible passage à vide. Bouchard, parti pour monter la rondelle, percute Gaborit en sortie de zone. Ranallo, le "p'tit nouveau", est sur le coup et alerte aussitôt Fortier, plein centre. Une remise lui ouvrant en grand le chemin des filets. Éric Fortier claquant un shoot puissant, en pleine lucarne (1-4 à 21'02").

Jeff May, de la pointe (et en supériorité), expédie quant à lui un missile sous la barre de l'infortuné Girard (1-5 à 24'09"). La correction prend des allures de démonstration, surtout que Yannick Offret et Braden Walls vont en venir aux mains, pour un combat résumant à lui-seul cette soirée. L'Anglo-canadien venu de Briançon à l'intersaison prenant le meilleur, aux poings, sur l'ex-Amiénois (25'30")...

Logiquement sanctionnés (d'un 2'+2'+10' chacun), les deux belligérants verront du banc des pénalités le dénouement d'un deuxième tiers-temps illuminé par le coup d'éclat de Danick Bouchard. L'ailier canadien signant un véritable exploit en passant toute la défense en revue après s'être élancé de son propre camp. Une superbe remontée de palet habilement conclue par l'intéressé, qui parvient à placer la rondelle dans le coin droit du filet. (2-5 à 25'46"). Une action "bonus" pour les Dauphins. En plus du but marqué, Julien Albert se voit pénalisé d'un cinglage, prolongeant ainsi la supériorité numérique vosgienne.

hagelbergCe "coast to coast" réveille Poissompré... et inspire Jan Hagelberg, qui tente sa chance à mi-distance (et en pivotant légèrement) dans un enchevêtrement de crosses et de patins. Un tir croisé filant entre la botte gauche et le poteau d'Alexis Neau, masqué au départ du lancer (3-5 à 28'53").

La course poursuite espérée n'aura pourtant pas lieu. Jonathan Bellemare se chargeant d'accentuer l'écart en volleyant (à la manière d'un joueur de baseball) le rebond "aérien" de Gabriel Girard, qui avait perdu de vue le palet après avoir repoussé le slap de Cody Campbell (3-6 à 32'48").

Il reste encore un tiers et demi à "tuer"... et quelques buts à marquer ! Surtout que le slot spinalien est ouvert à tous vents. Si Brian Henderson trouve porte close en break-away (42'10"), Cody Campbell coupe la passe de Braden Walls au second poteau (3-7 à 42'30"). Éric Fortier, en fond de zone, trouvant ensuite Robin Gaborit, bien placé au premier poteau. Lequel ne se pas fait prier pour dévier son caviar dans le haut du filet (3-8 à 44'03").

Voilà autant de buts "donnés" à un adversaire n'ayant pas eu à forcer son talent pour venir à bout ces Spinaliens stoppant l'hémorragie sur une réalisation de Jan Hagelberg. Le Finlandais arrivant lancé, bien servi dans le mouvement par Danick Bouchard. Contrôle-tir enchaîné... et but à l'arrivée (4-8 à 47'21") !

L'ICE sera par la suite incapable d'exploiter le moindre powerplay. Des supériorités numériques "doublées" par un Pellegrino n'hésitant jamais à retirer son gardien pour faire entrer un sixième joueur de champ. L'essai est non transformé car trop peu de lancers sont déclenchés. Et quand Fabien Leroy hérite d'une bonne fenêtre de tir dans l'enclave et cherche la lucarne... trouvant seulement la mitaine d'Alexis Neau (55'38").

À force d'insister, les Dauphins finiront pourtant par y arriver sur un dégagement de Pavol Mihálik contré, derrière sa cage, par Sébastien Gauthier. Steven Cacciotti, en embuscade, marque de près (5-8 à 55'49"). Mais n'aura pas le mot de la fin. Le "der des der" revenant à un autre Italo-canadien, très en verve pour ses grands débuts français. Un match à trois points pour Marcello Ranallo, l'ancien universitaire du Connecticut, qui va bénéficier de l'offrande d'Éric Fortier pour débloquer son compteur, d'une reprise sèche à bout portant (5-9 à 57'35").

Lourdement battue, l'ICE quitte donc la Coupe de la Ligue par la petite porte. Gabriel Girard n'était peut-être pas dans un grand soir (l'ombre d'Aleksis Ahlqvist a d'ailleurs plané sur Poissompré) mais force est de constater que le Franco-canadien fut surtout trop souvent livré à lui-même. Rien ne dit qu'il en sera de même vendredi, face à ces mêmes Ducs d'Angers (pour le compte du championnat cette fois). Mais cette quatrième défaite d'affilée semble effectivement confirmer qu'Épinal rentre dans le rang après son début de saison fracassant...



Épinal - Angers 5-9 (1-2, 2-4, 2-3)
Mercredi 14 novembre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 504 spectateurs.
Arbitres : Savice Fabre assisté de David Courgeon et Thomas Caillot.
Pénalités : Épinal 28' (6', 18', 14') ; Angers 28' (4', 18', 16').
Tirs : Épinal 26 (7, 6, 13) ; Angers 42 (17, 11, 14).

Évolution du score :
0-1 à 10'23" : Harty assisté de Walls et Bélanger
1-1 à 11'53" : Casavant assisté de Bouchard et Gauthier
1-2 à 15'22" : Bellemare assisté de Walls
1-3 à 20'16" : Bélanger assisté de Bellemare et Walls (sup. num.)
1-4 à 21'02" : Fortier assisté de Ranallo
1-5 à 24'09" : May assisté de Ranallo et Henderson (sup. num.)
2-5 à 25'46" : Bouchard (sup. num.)
3-5 à 28'53" : Hagelberg assisté de Cacciotti et Plch
3-6 à 32'48" : Bellemare assisté de Campbell et Fortier (sup. num.)
3-7 à 42'30" : Campbell assisté de Walls et Harty
3-8 à 44'03" : Gaborit assisté de Fortier et Ranallo (sup. num.)
4-8 à 47'21" : Hagelberg assisté de Bouchard et Gauthier
5-8 à 55'49" : Cacciotti assisté de Gauthier et Hagelberg
5-9 à 57'35" : Ranallo assisté de Fortier et Busto


Épinal

Gardien : Gabriel Girard (sorti de sa cage de 16'34" à 16'39" et de 51'27" à 55'49").

Défenseurs : Gašpr Sušanj  - Rémi Colotti ; Jan Hagelberg - Fabien Leroy (C) ; Peter Slovák - Kevin Benchabane.

Attaquants : Steven Cacciotti - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Benjamin Casavant - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Yannick Offret - Yoann Chauvière - Élie Raibon.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Adrien Pernot, Romain Mauffrey. Absents : Stéphane Gervais (cheville), Maxime Ouimet (poignet), Anthony Rapenne.

Angers

Gardien : Alexis Neau.

Défenseurs : Jeff May - Pavol Mihálik ; Michael Busto - Gary Lévèque ; Charlie Doyle - Jonathan Harty.

Attaquants : Cody Campbell - Éric Fortier - Robin Gaborit ; Jonathan Bellemare (C) - Braden Walls - Marc Bélanger (A) ; Julien Albert (A) - Brian Henderson - Valentin Michel [ou Marcello Ranallo].

Remplaçants : Florian Hardy (G), Juho Jokinen, Étienne Chiappino, Léonard Nalliod-Icazard. Absent : Tomáš Balúch (genou).