Épinal - Angers (Ligue Magnus, 9e journée)

Pour bellemare johnl'exploit, on repassera !

Plus qu'une revanche, ce début de week-end "à l'allemande" est une belle occasion de se racheter pour les Dauphins, qui n'opposèrent qu'une faible résistance aux Ducs d'Angers mercredi (5-9). C'est qu'ils n'ont pas pesé très lourd les hommes de Santino Pellegrino, apparus trop peu rigoureux et insuffisamment "guerriers" pour espérer contrarier les desseins angevins.

Beaucoup craignent pourtant de voir l'histoire se répéter ce soir, surtout si les Dauphins (toujours privés de leur meilleur défenseur, Maxime Ouimet, blessé au poignet) ne retrouvent pas ces valeurs qui firent leur force en début de saison.

Les Gaborit, Campbell, Fortier, Walls, Bellemare et autres Bélanger n'ont évidemment pas manqué de profiter de ces largesses, aussi malvenues qu'inappropriées (surtout pour un candidat déclaré au top-5). Et sans sous-estimer la capacité de réaction des Spinaliens, les chances paraissent minces de les voir mettre au pas l'impressionnant leader du championnat...

Il faut dire que cet Angers-là a les moyens de ses ambitions... et pour aller au bout ! Surtout que le président Juret vient de signer Michael Steiner (l'ex-Grenoblois et Dijonnais), étoffant sa profondeur de banc en renforçant l'assise défensive d'une formation ayant vu son potentiel offensif accru par la récente arrivée de Marcello Ranallo.

Le retour bienvenu de Stéphane Gervais, côté spinalien, aurait pu coïncider celui de Florian Hardy devant le filet angevin. Seulement voilà, Jay Varady lui préfère encore sa jeune doublure Alexis Neau. Le Nantais d'origine a-t-il pleinement récupéré de cette entorse du genou l'ayant dernièrement tenu éloigné des glaçons ? Toujours est-il que le coach américain place toute sa confiance dans ce jeune gardien,bélanger marc 2 en vis-à-vis avec Gabriel Girard très sollicité en ces premiers instants.

En brandissant sa mitaine sur le tir de Gaborit (00'23") et en couvrant son angle droit devant Bellemare à bout portant (01'31"), le Franco-canadien réalise ses premiers arrêts de la soirée. Et répond présent, sur la première supériorité numérique angevine, en voyant notamment le duel avec Cody Campbell (lancé plein axe par Braden Walls) tourner à son avantage (02'47"). Même la frappe excentrée d'Henderson se voit captée... d'une mitaine plutôt ferme (03'40").

Les Ducs semblent avoir pris ce match par le bon bout, même si Pavol Mihálik (en obstruant le couloir convoité par Danick Bouchard) finit par se faire pénaliser (03'55"). Une impression confirmée par la solidité - à toute épreuve - d'un bloc défensif très compact qui ne concèdera qu'un lancer (de Bouchard) générant un rebond axial très dangereux, mais finalement dégagé par cette garde rapprochée emmenée par Jonathan Harty et Jeff May.

Pareille abnégation défensive s'avère nécessaire pour contenir l'activité des deux premiers trios spinaliens, visiblement animés de bien meilleures intentions. Dans tous les bons coups mercredi, Danick Bouchard semble même un peu moins esseulé, profitant d'une passe en profondeur de Benjamin Casavant pour tenter le "café-crème" sur Jonathan Harty (10'21"). Le Québécois des Dauphins est un fin dribbleur, on le sait. Mais l'arrière nord-américain des Ducs d'Angers (qui présente la particularité d'être né outre-Rhin, sur une base canadienne de l'OTAN) n'est pas non plus le premier venu. Non seulement il ne mord pas dans sa feinte, mais en plus il poursuit son action, allant jusqu'à prendre Girard à contre-pied. On croit au but... mais Gervais, bien placé, écarte in-extremis le danger (10'34") !

Un pas en avant, deux en arrière

Sur ce coup, l'ICE a frisé la correctionnelle, mais elle repart vite de l'avant. Le jeu de puissance parvient à s'installer et le palet revient à Petrák, qui remise aussitôt sur Gervais. Lequel n'attendait que cela pour dégainer un tir bas surprenant Alexis Neau, sauvé par son poteau gauche. Mais pour longtemps : la rondelle revenant dans le slot... d'où s'extirpe un Gašper Sušanj très opportuniste (1-0 à 11'09") !

La réaction angevine ne se fait pas attendre, orchestrée par un Jonathan Bellemare très au-dessus du lot, ce soir. L'attaquant de poche sortant du chapeau, côté droit, pour prendre la diagonale au milieu d'une défense figée et loger le palet dans le haut du filet, par-dessus la mitaine d'un Girard resté pantois (1-1 à 11'33"). Les Ducs n'ont pas mis longtemps à remettre les pendules à l'heure...

Tout est à refaire pour les Dauphins, à nouveau pénalisés (12'08") mais bien tenus dans le match par leur gardien, solide jusqu'à ce que Jonathan Harty ne vienne "attaquer" le filet, provoquant un rebond que Bélanger, dans la confusion, s'avère être le plus prompt à exploiter (1-2 à 13'56"). La cage avait pourtant bougé, rendant ce but très litigieux vu des travées. L'agressivité défensive des Ducs d'Angers leur offre même un palet de 3-1. Julien Albert parvenant à lancer Brian Henderson entre Fabien Leroy et Jan Hagelberg, pour un break raté par l'international français (16e).

Avide d'espaces et capable de rapidement se projeter vers l'avant, Danick Bouchard est tout à fait capable de faire la différence individuellement. Légèrement plus petit et beaucoup moins costaud que lui, Jonathalbert julienan Bellemare fait lui tout ce qu'il lui plaît, jamais inquiété par une défense vosgienne souvent dépassée quand le jeu tend à s'accélérer.

Aussi vif et rapide que malin, cet électron-libre a de sacrées mains... et un bon coup de patin ! Et s'il passe à un poteau (l'équerre droite) du doublé (19'16"), Bellemare ne manquera pas l'occasion d'assommer ses hôtes au retour des vestiaires en débordant Hagelberg, côté droit, avec une déconcertante facilité avant de repiquer vers le gardien pour nettoyer le haut du filet, plaçant son palet par-dessus l'épaule gauche de Girard (1-3 à 22'37").

Les Ducs prennent le large... et tant pis pour Sébastien Gauthier, tout près d'égaliser quelques secondes auparavant après avoir bénéficié d'un excellent travail préparatoire de Danick Bouchard (qui avait mis la la "misère" à son défenseur).

Nullement résignés, les Spinaliens profitent pourtant de deux pénalités simultanées (à l'encontre de May et Harty) pour réduire l'écart. Stéphane Gervais, à la pointe, dépose la rondelle dans la lucarne gauche d'Alexis Neau (2-3 à à 24'48"). La digue angevine n'a pas résisté, sur ce coup, mais elle ne cèdera plus durant les deux minutes restantes à trois contre cinq, parvenant à écarter régulièrement le danger.

C'est le tournant de ce deuxième tiers-temps. Peut-être même de ce match, surtout qu'un terrible passage à vide vient compliquer la tâche des Dauphins, qui ne vont dès lors plus parvenir à soutenir la comparaison. C'est particulièrement flagrant sur cette action, en zone défensive spinalienne, où Jonathan Bellemare se veut insaisissable pour Rémi Colotti et manœuvre à sa guise pour prendre un lancer repoussé sur Braden Walls (2-4 à 27'31"). L'un des seuls qui n'avait pas encore marqué, cette semaine, côté Angers !

Plus vraiment dans le coup, les locaux sont malmenés et subissent sans parvenir à donner le change, négligeant même toute notion de défi physique (comme mercredi) en se laissant marcher sur les patins. Devenant de simples figurants. Voire carrément spectateurs par moments, comme sur ce rebond lâché par Girard sur une frappe de Gaborit. Éric Fortier, oublié à la droite du gardien, n'ayant plus qu'à pousser le palet au fond des filets (2-5 à 34'44"). Angers bénéficiait alors d'une supériorité numérique consécutive à un cinglage de Sébastien Gauthier.

Prunes, marrons et châtaignes !

Loin d'être rassasiés, les Ducs ne baissent pas le pied et continuent d'attaquer, gardant plus que jamais le contrôle des opérations. Mais dans ce match très nerveux et riche en pénalités, les accrochages sont fréquents, exacerbés par un degré de frustration élevé côté spinalien. Un regroupement aux abords de la cage de Girard vire même au règlement de comptes (38'18").

Brian Henderson et Peter Slovák commençant par se toiser, vite séparés par des référés n'ayant pas vu Julien Albert et Rémi Colotti ouvrir, eux-aussi, la "boîte à gifles" (tombant casques et gants pour en découdre avec entrain !). Toujours friand de "bourre-pifs" et d'explications musclées, le public de Poissompré est même "gâté" par l'éclosion d'une seconde "baston" entre Henderson et Slovak qui, à force de se chercher, ont bel et bien fini par se trouver !

Les quatre bagarreurs sont priés d'aller se rhabiller. La victoire, elle, semble promise auplch jan1x Ducs d'Angers, bien meilleurs dans tous les compartiments du jeu et surtout plus forts individuellement. Devant, les Fortier, Bellemare et autres Bélanger s'en donnent à cœur joie, faisant apprécier toutes leurs qualités. Derrière, les May, Harty, Lévèque et autres Busto font le métier, se dressant tels des rochers sur lesquels chaque vague spinalienne vient inéluctablement s'échouer. Pourtant, Ján Plch va redonner un petit espoir à toute la patinoire en lançant victorieusement Steven Cacciotti dans le dos de la défense (3-5 à 45'12").

Tout n'est peut-être pas perdu, croit-on. À tort car les Angevins se rebiffent aussi sec, reprenant trois buts d'avance sur ce tir de Bellemare maladroitement repoussé sur Campbell, libre de tout marquage, qui répercute ce rebond dans une cage grande ouverte (3-6 à 45'52"). Quarante secondes, à peine, venaient de s'écouler...

Noyé dans cet incessant chassé-croisé de pénalités, le dernier quart d'heure va pourtant laisser entrevoir la possibilité d'un rapproché spinalien.

Desserrant leur étreinte, les Angevins exposent davantage Alexis Neau et Santino Pellegrino va tenter son coup de poker préféré : sortir Gabriel Girard pour tripler un avantage numérique né des sanctions simultanément distribuées (ou presque) à l'encontre de Jonathan Bellemare (46'55") et Marc Bélanger (47'01").

À six contre quatre, le jeu de puissance arrive à ses fins sur un  "tic tac toe" amorcé par Bouchard et relayé au premier poteau par un Casavant renversant sur Plch, qui ne rate pas la cible (4-6 à 48'21").

Un petit vent de folie souffle sur Poissompré, vite calmé par la froide efficacité de Marc Bélanger. L'ailier franco-canadien s'échappant sur le flanc gauche avant de repiquer au centre en se jouant, au passage, de Stéphane Gervais. Faisant ensuite trembler les filets, d'un joli tir des poignets (4-7 à 53'24"). Auparavant Jeff May sera tombé dans le piège de la provocation, écopant d'une méconduite le privant des dernières minutes de la partie (50'42").

On nous aurait dit ça, il y a un mois...

Seize buts encaissés en seulement deux matchs face aux Ducs d'Angers, cela commence à faire beaucoup pour Girard, qui aura encore bu le calice jusqu'à la lie ce soir. Sûrement pas la meilleure façon de préparer un déplacement déjà crucial à Caen, où il sera autant question, pour Épinal, d'enrayer son déclin... et sa lente dégringolade au classement ! Et dire qu'il y a un mois de cela, tout baignait dans l'huile pour les Dauphins, vainqueurs du leader grenoblois (5-3) et solides quatrièmes du championnat.

Aujourd'hui, les "boys" de Pellegrino restent sur cinq revers d'affilée, figurent au beau milieu d'un "troupeau" (comprenant Rouen, Dijon et Villard-de-Lans) et n'ont plus que trois points d'avance sur Mulhouse, dixième. Il n'y a pas encore péril en la demeure mais s'ils ne reviennent pas gagnants de Caen, les Dauphins devront commencer à plus regarder derrière que devant !

Les hommes de Jay Varady prennent eux la route de Mulhouse avec le sentiment du devoir accompli. S'ils ont pris beaucoup de buts (neuf en deux matchs contre Épinal), ils en ont surtout énormément marqué (16), étalant tout l'éventail de leurs possibilités. Qu'on se le dise : il faudra être sacrément fort, cette année, pour les terrasser !

Réactions d'après-match (dans Vosges-Matin) :

Gabriel Girard (gardien d'Épinal) : « C'est sûr que ce match a été difficile. On a essayé de gagner et on a été dans le match un moment. Physiquement ça va, mais c'est mentalement que ça ne va pas. Il y a plein de choses qui me passent par la tête, et en plus, je prends des buts où je ne suis pas très chanceux. »

Épinal - Angers 4-7 (1-2, 1-3, 2-2)
Vendredi 16 novembre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 000 spectateurs.
Arbitres : Bruno Colléoni assisté de Nicolas Crégut et Thomas Caillot.
Pénalités : Épinal 64' (8', 54', 4') ; Angers 84' (10', 56' ,18').
Tirs : Épinal 24 (5, 9, 10) ; Angers 37 (15, 13, 9).

Évolution du score :
1-0 à 11'09" : Sušanj assisté de Cacciotti et Gervais (sup. num.)
1-1 à 11'33" : Bellemare assisté de Jokinen
1-2 à 13'56" : Bélanger assisté d'Harty et Bellemare
1-3 à 22'37" : Bellemare
2-3 à 24'48" : Gervais assisté de Sušanj et Petrák (double sup. num.)
2-4 à 27'31" : Walls assisté de Bellemare et Bélanger
2-5 à 34'44" : Fortier assisté de Gaborit et Ranallo (sup. num.)
3-5 à 45'12" : Cacciotti assisté de Plch et Petrák
3-6 à 45'52" : Campbell assisté de Bellemare et Walls
4-6 à 48'21" : Plch assisté de Bouchard et Casavant (double sup. num.)
4-7 à 53'24" : Bélanger assisté de Walls

Épinal

Gardien : Gabriel Girard (sorti de sa cage de 47'01" à 48'21").

Défenseurs : Gašpr Sušanj  - Stéphane Gervais ; Jan Hagelberg - Fabien Leroy (C) ; Peter Slovák - Rémi Colotti ; Kevin Benchabane [à partir de 40'].

Attaquants : Steven Cacciotti - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Benjamin Casavant - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Yannick Offret - Yoann Chauvière - Élie Raibon ; Kevin Benchabane - Maxime Martin - Anthony Rapenne.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Romain Mauffrey. Absent : Maxime Ouimet (poignet).

Angers

Gardien : Alexis Neau.

Défenseurs : Jeff May - Pavol Mihálik ; Gary Lévèque - Michael Busto ; Charlie Doyle - Jonathan Harty.

Attaquants : Cody Campbell - Éric Fortier - Robin Gaborit [en alternance avec Marcello Ranallo] ; Jonathan Bellemare (C) - Braden Walls - Marc Bélanger (A) ; Julien Albert (A) - Brian Henderson - Valentin Michel [ou Juho Jokinen].

Remplaçants : Florian Hardy (G), Étienne Chiappino, Léonard Nalliod-Icazard. Absents : Tomáš Balúch (genou), Michael Steiner (tout juste arrivé, pas qualifié).