Neuilly-sur-Marne - Nice (Division 1, 10e journée)

Doublé d'un joueur de quatrième ligne nommé Loïc Sadoun

PLAIRE Leyland-120908-042Le couperet de la date limite des transferts est tombé cette semaine et les effectifs sont désormais définitifs. Nice a procédé à un changement. Le club azuréen s'est séparé d'Andrej Themar pour des raisons extrasportives et a saisi l'opportunité de ré-engager son attaquant de l'an passé Stefan Rusnak, qui était rentré en Slovaquie pour suivre sa femme qui y avaut trouvé un emploi, mais qui a accepté de revenir pour une période plus courte (moins de cinq mois). Rusnak ne débutera cependant que la semaine prochaine. Nice se présente en leader, mais en leader un peu fragilisé par sa défaite-surprise devant Amnéville, qui était pourtant dernier.

Neuilly-sur-Marne, pour sa part, n'a procédé à aucune modification de dernière minute et a choisi de préserver l'unité de son groupe et de son vestiaire. Le jeune Leyland Plaire a été promu ce soir en première ligne à la place de Loïc Sadoun, décevant la semaine dernière à Brest et un peu blessé. L'autre nouveauté est le retour de blessure important du défenseur Jozef Wagenhoffer, même s'il n'est pas encore à 100%.

Wagenhoffer s'attendait peut-être à un meilleur accueil : douze secondes de jeu, et il est envoyé en prison pour une crosse haute. Nice installe son jeu de puissance, et la passe en retrait croisée de Stefan Majernik est reprise par Jozef Slaninak (0-1, 01'21").

Neuilly-sur-Marne est gêné dans ces premières minutes et peine à construire face au pressing adverse. La première occasion est une action individuelle du funambule du palet Eliezer Sherbatov qui démontre toute sa technique de crosse et oblige Jimmy Lundberg à deux bons arrêts, de l'épaule droite puis de la mitaine (07'23"). Une minute plus tard, Daniel Volrab reprend une passe de derrière la cage de Michal Pinc et lève les bras après un temps de doute : le palet est en effet au fond des filets. Mais les Niçois protestent, déclarant que la rondelle serait passée par l'extérieur de la cage, en dessous du fer. Les arbitres se consultent et annulent ce but-mystère.

krotak arneUne action dirigée avec conviction par le jeune Plaire entraîne deux obstructions de Raikkonen et Bernier et laissent Nice à 3 contre 5. Pinc et Volrab ont digéré le but refusé puisqu'ils remettent le couvert de façon identique : la passe de derrière la cage est cette fois transformée par un tir croisé à ras glace au poteau opposé (1-1, 10'49"). Daniel Volrab, décidément déchaîné, prend ensuite son propre rebond et tire sur la transversale (13'30"). Mais après cette phase nocéenne, Nice riposte par une longue séquence en zone offensive, qui aboutit à un tour de cage de Janne Kumpulainen (1-2, 14'29"). Les Azuréens ont donc un léger avantage à l'issue de cette première période.

Le deuxième tiers-temps commence par une obstruction de Slaninak. Le jeu de puissance des Bisons, catastrophique à Brest avec trois buts encaissés avec un homme de plus, est plus efficace ce soir : Nice défend longtemps bien, mais en fin de pénalité, un palet mal dégagé est intercepté à la bleue. La défense n'est pas du tout replacée, et Loïc Sadoun, réduit à des apparitions sporadiques hormis en powerplay, peut allumer les filets entre les cercles sur une passe en retrait de Sherbatov (2-2, 23'14").

Majernik lance une contre-attaque côté gauche et sert Krotak seul au second poteau, mais Kevin Beech a un bon réflexe de la jambière gauche. Le gardien local élève son niveau dans cette deuxième période où son équipe enchaîne les pénalités. Quand les Bisons paraissent devoir revenir à égalité de joueurs à la faveur d'une crosse haute de Macon, Frank Spinozzi prend une pénalité de banc mineur pour avoir contesté la décision de l'arbitre (qui a donné 2' et non 2'+2' alors que son joueur est ouvert au visage). Lafrance prend ensuite un retard de jeu pour un palet envoyé au-dessus du plexi, et Neuilly-sur-Marne doit défendre 41 secondes à trois. Ces infériorités numériques tuées autour de la mi-match sont certainement la clé de la rencontre.

Au début du troisième tiers-temps, les Bisons prennent pourtant un coup sur la tête. Kevin Beech écarte maladroitement un palet qui passe devant lui et qu'il remet dans la crosse de Kumpulainen : il est ensuite mal placé pour faire face au tir du Finlandais qu'il laisse passer (2-3, 40'19"). Mais ils se relèvent très vite de ce mauvais but : une minute plus tard, Sherbatov égalise, Lundberg ne pouvant que détourner son tir dans le haut du filet (3-3, 41'28"). Neuilly-sur Marne tue une pénalité de Dubuc, puis Sherbatov part en contre-attaque au coude-à-coude avec Tomaska, qui fait bouger sa cage : deux minutes. C'est le premier avantage numérique non exploité par le HCNM93, malgré une bonne reprise de Loïc Sadoun dans le cercle gauche.

SADOUN Loic-120908-008À dix minutes de la fin, un tir de Leyland Plaire est dévié par le gardien sur la transversale. Lundberg a été chanceux, mais il ne peut rien sur le tir suivant, où Loïc Sadoun le transperce (4-3, 50'13"). Deuxième but pour Sadoun, et cette fois directement au sein de la quatrième ligne. L'homme du match, c'est cependant Sherbatov. Il perd un engagement derrière la ligne bleue, mais réussit à récupérer le palet et à filer à travers la défense et un Tomaska inattentif pour glisser le palet sous les bottes de Lundberg (5-3, 52'03"). La fusée Sherbatov laissera encore ses adversaires sur place pour servir un triplé à Sadoun en deux contre un... mais au moment de la passe retentit le coup de sifflet de l'arbitre pour une faute préalable de Dubuc en zone neutre. Nice garde donc un mince espoir. Stan Sutor demande son temps mort et profite d'une pénalité de Louskins pour jouer à 6 contre 4, en vain.

Le leader a été battu, et il n'y a rien à y redire, car Neuilly-sur-Marne est apparu un peu plus fort ce soir. Les Bisons ont eu la contribution de leurs quatre lignes, ce dont peu d'équipes en France peuvent se vanter même en Magnus. Si Loïc Sadoun a pleinement utilisé son temps de glace réduit pour que sa pénitence sur le quatrième bloc ne dure pas, aucun joueur n'a démérité dans les trois autres lignes.

Nice, pour sa part, a une qualité technique indéniable, mais a semblé manquer de peps. À l'image de la star Arne Krotak, bien discrète, les cadres slovaques ne se livrent pas toujours physiquement dans leurs derniers retranchements, et manquent parfois de vigilance dans leur zone. Le meilleur Aigle ce soir a été Janne Kumpulainen, excellent en protection de palet lorsqu'il a la possession, et gratteur impénitent quand il ne l'a pas. Le Finlandaus a aussi été opportuniste en marquant deux buts que Beech aurait dû éviter.

Commentaires d'après-match

Stanislas Sutor (entraîneur de Nice) : "Je suis déçu mais réaliste. Neuilly a beaucoup plus voulu la victoire. On a été trop indiscipliné dans notre zone. Quand on mène 3-2, il est impossible qu'un joueur devant la cage reste tout seul. On leur a laissé trop d'espaces dans le slot. Je pense depuis le début de la saison que Neuilly-sur-Marne est l'équipe favorite pour le championnat malgré leurs résultats. Leur classement est faussé. Sur le papier, on a une meilleure équipe que l'an dernier, mais sur la performance pure, on produit un peu moins. On n'a pas été épargné par les blessures en début de saison, mais depuis qu'on est au complet, on joue un peu moins bien."

Frank Spinozzi (entraîneur de Neuilly-sur-Marne) : "Je crois au fait de jouer à 4 blocs, cela nous a permis de garder de l'énergie à la fin quand ils étaient fatigués. Notre jeu en infériorité numérique a été très performant : Vinatier, Rey, Kecka et Slupski ont fait tous les désavantages numériques. Plaire n'a pas dit un mot depuis trois mois, il travaille fort, il apprend le métier, il m'a mis en position de lui donner sa chance. Il n'a pas ralenti le premier bloc, il l'a gardé au même niveau. Toutes les équipes sont égales : dix Français par équipe, ça a rapproché tout le monde. C'est la meilleure décision de la fédération, c'est comme ça qu'on va développer le hockey français. Ce championnat est tellement serré que le favori, ce sont les huit équipes qui iront en play-offs. Si un gardien tombe dans une période chaude, il peut lancer une équipe très loin."

 

Neuilly-sur-Marne - Nice 5-3 (1-2, 1-0, 3-1)
Samedi 17 novembre 2012 à la patinoire de Neuilly-sur-Marne. 387 spectateurs.
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Sueva Torribio et Jérémie Douchy.
Pénalités : Neuilly 18' (2', 8', 8'), Nice 10' (4', 4', 2').
Tirs : Neuilly 37 (13, 13, 11), Nice 37 (11, 15, 11).

Évolution du score :
0-1 à 01'21" : Slaninak assisté de Majernik et Krotak (sup. num.)
1-1 à 10'49" : Volrab assisté de Pinc et Lafrance (double sup. num.)
1-2 à 14'29" : Kumpulainen assisté de Motreff
2-2 à 23'14" : Sadoun assisté de Sherbatov et Tomasek
2-3 à 40'19" : Kumpulainen assisté de Brejka
3-3 à 41'28" : Sherbatov assisté de Tomasek
4-3 à 50'13" : Sadoun assisté de Kecka et Cuzin
5-3 à 52'03" : Sherbatov


Neuilly-sur-Marne

Gardien : Kevin Beech.

Défenseurs : Jozef Wagenhoffer - Maxime Dubuc (A) ; Jonathan Lafrance - Sergejs Louskins ; Arthur Cuzin - Thomas Eischen.

Attaquants : Leyland Plaire - Martin Tomasek - Eliezer Sherbatov ; Michal Pinc - Daniel Volrab - Stanislav Lascek ; Marc Slupski - Hugo Vinatier - Clément Rey ; Loïc Sadoun (C) - Miroslav Kecka (A) - Kévin Guimbard.

Remplaçants : Rémi Husson (G), Jérémy Fritsch.

Nice

Gardien : Jimmy Lundberg (sorti de sa cage de 57'21" à 59'14").

Défenseurs : Sylvain Roy (C) - Andrej Brejka ; Jan Tomaska - Martin Dubaj ; Joni Raikkonen - Maxim Belov.

Attaquants : Janne Kumpulainen - Nicolas Motreff - Karri Koivu ; Jozef Slaninak (A) - Stefan Majernik (A) - Arne Krotak ; Nathan Bernier - Joona Peranen - Aurélien Macon.

Remplaçants : Kévin Fouassier (G), Cédric Cheylan, Franck Fulop, Benjamin De Gubernatis.