Autriche - France (EIHC, tournoi de Ljubljana)

La hache de guerre est enterrée, la bête noire aussi

SETZINGER Oliver-110430-016Sept confrontations. Cela fait sept confrontations que la France n'a pas battu l'Autriche (qu'elle n'a cependant jamais affrontée en compétition officielle). Cette rencontre est d'autant plus importante que les deux équipes se retrouveront en mai pour leur deuxième match de championnat du monde, celui qui peut les mettre sur la voie du maintien. La répétition est d'autant plus réelle qu'en cette saison de qualification olympique, l'heure n'est pas aux expérimentations. Il manque trois cadres importants à la France (Bellemare, Hecquefeuille et Stéphane Da Costa), autant qu'à l'Autriche (ses trois joueurs de NHL).

Les Autrichiens, s'ils comptent aussi quatre blessés (Unterluggauer, Woger, Welser, Hundertpfund), ont décrété une mobilisation générale. Plusieurs joueurs n'avaient pas été vus en équipe nationale depuis 18 à 30 mois (Brückler, Robert Lukas ou Schuller). Mais aucun retour n'est aussi spectaculaire que celui d'Oliver Setzinger, qui avait été exclu de la sélection après ses déclarations virulentes contre le président de la fédération autrichienne (voir bilan du Mondial 2011). Après une entrevue d'une heure avec le président Dieter Kalt senior, les deux hommes ont pourtant enterré la hache de guerre. Après ce grand pardon, la grande gueule Setzinger est devenu très politiquement correcte en expliquant que "tout le staff travaille professionnellement".

L'ambiance dégradée au sein du hockey autrichien est l'explication essentielle de l'ascenseur que fait cette équipe depuis plusieurs années. S'ils décident la paix des braves, les Autrichiens, intrinsèquement capables de s'établir dans l'élite mondiale, ne risquent-ils pas d'y menacer la place de l'équipe de France ?

Celle-ci n'en a pas l'intention. Elle marque son territoire pendant les dix premières minutes, avec un tir sur la transversale du défenseur Yohann Auvitu. Mais la première occasion de Thomas Koch en sortie de prison fait basculer la seconde moitié du premiers tiers-temps en faveur de l'Autriche.

AUVITU Yohann-120506-015En milieu de match, de nombreuses supériorités numériques s'offrent aux Autrichiens, dont 40 secondes à 3 contre 5. Leur powerplay manque cependant d'un vrai artilleur à la ligne bleue, et la puissance n'est pas la qualité première de leurs tirs. Fabrice Lhenry, très à l'aise, s'interpose ainsi avec assurance, derrière une défense vigilante au repli.

La comparaison des unités spéciales est en faveur de la France, plus précise et rapide dans la construction. Et à cinq contre cinq, ce sont aussi les Bleus qui paraissent la meilleure équipe, y compris physiquement où les Autrichiens n'ont plus les lents frères Lakos à opposer aux principaux gabarits tricolores. On pense bien sûr en premier lieu à Sacha Treille, même s'il ne faudrait pas que blesser ses adversaires devienne une habitude. Pour son retour en équipe de France après sa suspension au championnat du monde, il commet en effet une rugueuse charge contre la bande qui laisse sur le carreau Stefan Geier (épaule). Son frère Yorick marque quant à lui le dernier but en cage vide.

Oliver Setzinger n'a pas manqué son comeback car il a peut-être été le meilleur Autrichien avec Bernd Brückler : l'ancien gardien de KHL n'avait pas toujours brillé avec l'équipe nationale, mais après deux ans d'absence, il a réussi un bon retour. Il s'est cependant incliné devant un Fabrice Lhenry souverain qui obtient le premier blanchissage de l'équipe de France depuis deux ans.

Les déclarations d'après-match du coach autrichien, appréciant que son équipe ait pu "rivaliser avec la France", ont fait grincer des dents dans son pays. La phrase peut en effet surprendre quand on sait que l'Autriche n'avait pas perdu contre les Bleus depuis six ans, mais elle témoigne du nouveau statut des tricolores après leur neuvième place au dernier Mondial.

 

Autriche - France 0-2 (0-1, 0-0, 0-1)
Jeudi 8 novembre 2012 à 15h30 à la Hala Tivoli de Ljubljana. 406 spectateurs.
Pénalités : Autriche 8' (2', 4', 2'), France 16' (4', 8', 4').
Tirs : Autriche 25 (8, 8, 9), France 20 (7, 6, 7).

Évolution du score :
0-1 à 16'09" : Tardif assisté de Henderson et T. Da Costa
0-2 à 59'24" : Y. Treille (cage vide)


Autriche

Gardien : Bernd Brückler.

Défenseurs : Martin Schumnig (2') - Matthias Trattnig (-2) ; Johannes Kirisits (-1) - Johannes Reichel ; Stefan Ulmer - Mario Altmann ; Konstantin Komarek - Robert Lukas.

Attaquants : Rafael Rotter (-1, 2') - Thomas Koch (C, -1, 2') - Gregor Baumgartner (-1) ; Martin Ulmer - Daniel Oberkofler - Oliver Setzinger ; Stefan Geier - David Schuller - Manuel Geier (-1, 2') ; Thomas Raffl (-1) - Manuel Latusa - Michael Raffl (-2).

Remplaçant : Fabian Weinhandl (G).

France

Gardien : Fabrice Lhenry.

Défenseurs : Vincent Bachet (A) - Baptiste Amar (A) ; Yohann Auvitu (+1) - Nicolas Besch (+1) ; Maxime Moisand (2') - Kévin Dusseau ; Antonin Manavian (2').

Attaquants : Julien Desrosiers (+1, 2') - Laurent Meunier (C, +1) - Yorick Treille (+1) ; Sacha Treille (2') - Damien Fleury (2') - Anthony Guttig ; Teddy Da Costa (+1) - Brian Henderson (+1) - Luc Tardif jr (+1, 2') ; Nicolas Ritz (2') - Valentin Claireaux - Anthony Rech (2') ; Damien Raux.

Remplaçant : Cristobal Huet (G). En réserve : Charles Bertrand.