Évry - Tours (Division 2, poule B, 9e journée)

Les Remparts perdent encore quelques briques

Romain DANTON Evry - 9855Les deux adversaires de ce soir sont ambitieux et semblent un peu en deça de leurs espérances. Tours, qui talonnait le leader nantais, a concédé sa première défaite dans le temps réglementaire la semaine dernière face à Valence. Évry stagne en milieu de tableau et reste sur une défaite à Compiègne. De chaque côté, on déplore la longue absence d'un leader blessé : le capitaine Kevin Ledoux pour les Peaux Rouges, l'entraîneur-joueur Radek Stepan - présent sur le banc avec une béquille - pour les Remparts. Le public est équilibré puisque les Tourangeaux occupent la moitié des tribunes.

Julien Roullier, remplacé par Hedström au dernier match, fait son retour dans les cages d'Évry, lui qui reste sur deux blanchissages. Cette fois, son invincibilité ne dure pas longtemps. Dès la première pénalité, un cinglage de Yann Morette, le jeu de puissance de Tours frappe : un tir axial de la bleue de Robert Kirner est dévié par Mickaël Lamothe devant la cage, Roullier repousse de la jambière, mais Matej Kiska prend le rebond côté gauche (0-1, 03'16").

Kirner part à son tour en prison, et Évry multiplie les assauts : déviation dans le mouvement de Schrank sur une montée rapide, rebond de Marouillat sur un tir de Danton... Un lancer direct en lucarne de Tucker Donahoe trompe finalement Pochon masqué (1-1, 05'47"). Donahoe, dans la même position, trouve ensuite la transversale (07'26").

Cette première période est clairement dominée par les Peaux Rouges. De nombreux palets sont gagnés en zone neutre par les Thos, Blossier ou Taylor. Portant la défense tourangelle sur ses épaules, Kirner intercepte la passe rendue par Nicolas Thos à Kevin Dugas sur un 2 contre 1. Sur l'action suivante, Anthony Taylor feinte le gardien mais son tir à mi-hauteur passe du mauvais côté du poteau.

À force de domination stérile, Évry risque de payer ses oublis défensifs... mais les Remparts, eux aussi, tremblent dans le dernier geste. Kiska reçoit le palet tout seul à deux mètres du but et rate son contrôle. Lhomme manque ensuite le cadre en reprenant une passe de derrière la cage de Gleize. Le bilan de ce premier tiers-temps est de 19 tirs à 9 pour les Essonniens, qui peuvent se mordre les doigts de n'avoir pas profité des nombreux rebonds laissés par Pochon.

Une des raisons de la supériorité locale réside dans l'homogénéité de l'attaque. La troisième ligne d'Évry, composée d'un international junior et de deux étrangers, prend le dessus sur celle de Tours, constituée de jeunes. Sallé est ainsi pénalisé pour une charge incorrecte, et sur cette supériorité numérique, Éric Blossier ne manque pas un rebond dans une cage grande ouverte (2-1, 22'33"). L'avantage est annulé par un but-gag, le centre de Viktor Grendel étant dévié contre son camp par le malchanceux Kevin Dugas (2-2, 23'01").

Les Évryens sont moins fringants dans cette deuxième période, car ils se mettent parfois tout seuls en dangers par des problèmes de communication flagrants dans la défense et dans la relance. À mi-tiers, les pénalités commencent à changer de camp, et Romain Danton accroche Grendel à la bleue offensive. Kévin Dugas sort en se tenant la cuisse pendant l'infériorité numérique, et la boîte ainsi désorganisée encaisse un nouveau but de Kiska (2-3, 33'05").

Quatre minutes plus tard, c'est au tour de Viktor Grendel de se blesser au genou. Danton est pénalisé pour "faire trébucher", et on assiste là au tournant du match. Un tournant totalement imprévu. Donahoe contre un lancer de Kirner, part en contre-attaque et sert Mickaël Marouillat, beaucoup plus rapide que les défenseurs, qui lève le palet en lucarne. Pochon ne peut que bouger la cage, trop tard. Onze secondes plus tard, Donahue remet le palet devant le but où il n'y a que des Tourangeaux : la partie de billard se termine dans les filets (4-3, 38'54"). Deux buts enchaînés sur une même infériorité numérique, dont un coup du sort, plus un blessé important : autant dire que Tours a pris un gros coup sur la tête.

Alexis NIVERD Evry - 9828Dugas revient au jeu en troisième période. Évry a la possession du palet, mais les meilleures occasions sont tourangelles. Alexis Niverd est mal placé à l'extérieur de Mickaël Lamothe qui reçoit une longue passe et se présente seul devant le but de Roullier, qui sort vainqueur du duel (44'59"). Geoffrey Paillet tire trop dans le poitrail du gardien sur un bon centre de Kukucka (45'36").

Donahue commet une charge incorrecte sur Boulianne à la bleue, mais Tours en avantage numérique ne se fait qu'une frayeur, sur une sortie hasardeuse de Pochon : Blossier lui chipe le palet et tire du revers en angle en direction de la cage vide... extérieur du poteau ! La pénalité pour une charge contre la bande de Kirner, elle, est exploitée : Nicolas Thos, jusqu'ici très bon dans la conquête du palet mais moins en réussite dans ses actions offensives, prend son propre rebond (5-3, 51'51").

La charge à la hanche de Yann Morette pour arrêter l'ailier adverse le long de la bande est en retard, et il prend deux minutes pour coupage. Évry résiste à cette dernière infériorité, et en sortant de prison, Morette reçoit la passe de Marouillat et fonce fusiller Pochon à bout portant (6-3, 55'16").

Beau spectacle ce soir, sauf dans les dernières secondes : Tucker Donahoe donne un vilain coup de crosse dans la jambe du jeune Jordan Boissé, et s'ensuit une bagarre dans laquelle se jette y compris le gardien Roullier. Donahoe y prend une pénalité de match, mais Paillet aussi, et c'est une mauvaise nouvelle pour les deux équipes qui attendront le verdict de la commission de discipline.

Avec un blessé supplémentaire, Tours a beaucoup perdu ce soir. Le match en retard contre la faible réserve de Strasbourg, qui pourrait purger le match de suspension de Paillet, arrive à point nommé pour une équipe qui pâtit actuellement de sa faible profondeur de banc. La réussite de l'an dernier, où la première place était tenue par une poignée de joueurs, ne se reproduit pas dans une division 2 où la densité devient importante.

La preuve avec Évry, vainqueur mérité qui a pu compter sur six buteurs différents et dispose d'une belle attaque équilibrée. On aura apprécié en particulier Anthony Taylor, dominant dans les duels et la plupart des un-contre-un, au point de transpercer l'adversaire quand il prend un engagement (cela ne lui arrive pas souvent car il est ailier droit). La densité de la défense est plus sujette à caution, et l'absence de Donahoe handicaperait énormément les Peaux Rouges au prochain match... qui est le retour à Tours ! L'autre recrue étrangère à l'arrière Anton Edlund a paru bien moins convaincante que Donahoe, tant par ses lancers peu dangereux à la ligne bleue que défensivement où il a été régulièrement dépassé.

Commentaires d'après-match

Sébastien Roujon (entraîneur d'Évry) : "Le niveau de la D2 est très homogène. Les équipes qui sont supposées au-dessus n'ont pas une grande différence. C'est pour cela qu'on perd à Compiègne et qu'on gagne ce soir. Toutes les équipes sont construites un peu pareil, avec 4-5 étrangers, et des Français avec de bonnes habiletés, comme Paillet à Tours, Dugas et Thos chez nous. Il faut être compétitif à tous les matches. C'est avec des matches comme ça qu'on voit des joueurs de play-offs. Mon objectif est de trouver mes joueurs pour faire les play-offs."

Radek Stepan (entraîneur de Tours) : "On est dans une mauvaise passe. On fait un mauvais premier tiers, puis on manque un peu de chance. J'espère qu'on sortira plus fort après cette défaite. Dommage car si on joue comme il faut, ils sont battables. À notre dernière saison, on a eu la chance du débutant. L'important, ce n'est pas la première place, ce sont les play-offs. C'est le deuxième match que l'on joue à même pas la moitié de notre capacité. C'est une petite baisse de régime. [...] Je commence la rééducation cette semaine, j'espère rejouer dans six semaines à deux mois."

 

Évry - Tours 6-3 (1-1, 3-2, 2-0)
Samedi 24 novembre 2012 à 19h00 à la patinoire François-Lecomte. 250 spectateurs.
Arbitrage de M. Ernecq assisté de MM. Sevillia et Lebecq.
Pénalités : Évry 76' (8', 8', 10'+5'+20'+25') ; Tours 51' (8', 10', 8'+25').

Évolution du score :
0-1 à 03'16" : Kiska assisté de Kirner (sup. num.)
1-1 à 05'47" : Donahoe assisté de Thos et Schrank (sup. num.)
2-1 à 22'33" : Blossier assisté de Marouillat et Danton (sup. num.)
2-2 à 23'01" : Grendel assisté de Kaneko et Kukucka
2-3 à 33'05" : Kiska assisté de Grendel et Kukucka (sup. num.)
3-3 à 38'43" : Marouillat assisté de Donahoe (inf. num.)
4-3 à 38'54" : Taylor (inf. num.)
5-3 à 51'51" : Thos (sup. num.)
6-3 à 55'16" : Y. Morette assisté de Marouillat et Litim


Évry

Gardien : Julien Roullier.

Défenseurs : Tucker Donahoe - Yann Morette ; Anton Edlund (A) - Alexis Niverd ; Thomas Edwiges.

Attaquants : Éric Blossier - Mickaël Marouillat (C) - Harond Litim ; Romain Danton - Kévin Dugas (A) - Thomas Gautron ; Nicolas Thos - Karl Schrank - Anthony Taylor ; Loïc Morette [3 présences]

Remplaçants : Dennis Hedström (G), Guillaume Jeannette. Absents : Kévin Ledoux (extension ligamentaire), Alexandre Chrétien (entorse de la cheville).

Tours

Gardien : Pierre Pochon.

Défenseurs : Arthur Pégart - Robert Kirner ; William Lamothe (A) - Christophe Colombel ; François Gleize.

Attaquants : Geoffrey Paillet (A) - Tomas Kukucka - Matej Kiska (C) ; Naoki Kaneko - Viktor Grendel [puis Lhomme à 37'32"] - Jordan Boissé [ou Thomas Lhomme jusqu'à 37'32"] ; Maxime Boulianne - Charles Sallé - Mickaël Lamothe.

Remplaçant : Victor Pimbert (G). Absents : Radek Stepan (opéré du ménisque), Lucas Conil (opéré de l'épaule), Alexis Crosnier (blessé).