Norvège - France (Mondial U20, Division IA, Amiens, 2e journée)

2012-12-10-Norvege-France5La théorie scientifique selon laquelle les équipes jouant en rouge sont plus susceptibles de gagner s'est un peu trop vérifiée dans ce tournoi : le Bélarus et le Danemark (qui a joué en blanc, mais en culottes et parements rouges, contre la France) sont déjà à deux victoires. La Norvège peut les rejoindre ce soir. Si ce scénario se vérifiait, ces trois équipes joueraient la montées entre elles, tandis que la France devrait lutter pour le maintien face à l'Autriche et à la Slovénie.

En cas de victoire, par contre, la France ne serait pas à l'abri de la relégation, mais elle pourrait se placer pour un podium qui serait un résultat exceptionnel. S'il ne paraît pas impossible, c'est que les Bleus ont battu la Norvège 6-1 en match de préparation jeudi. Un résultat dont leur entraîneur Lionel Charrier se méfie comme de la peste : il sait que l'adversaire a lâché la fin de match, et préfère prendre comme modèle les deux premières périodes (terminées à 1-0) comme modèle de ce qui pourrait arriver ce soir.

Alors que toutes les autres équipes n'ont utilisé qu'un seul gardien, la France maintient le principe prévu de l'alternance et fait donc débuter Antoine Bonvalot. Il a rapidement du travail car ses coéquipiers ont du mal à entrer bien dans le match et subissent déjà le jeu norvégien. Mathieu Briand se crée toutefois une bonne contre-attaque et centre pour Marius Serer dont le tir s'écrase dans les bottes du gardien.

2012-12-10-Norvege-France4La première pénalité est sifflée contre Maurin Bouvet après sept minutes, lors d'un pressing en zone offensive, mais elle est tuée avec un bon travail d'Abramov notamment. À la fin de la pénalité, Briand trouve une géniale passe transversale de dos en zone neutre qui donne le champ libre à Maurin Bouvet. L'action aboutit à l'ouverture du score, par un lancer lointain de Pierre Crinon (0-1, 09'13").

Les Bleuets continuent sur leur lancée et mettent la pression en zone offensive, avec une bonne séquence de la quatrième ligne, poursuivie par celle de Bouvet. Le trio de Di Dio Balsamo a plus de peine à relancer proprement, la Norvège s'installe et récolte une seconde pénalité contre Nicolas Leclerc. Alors que la sentence vient de s'achever, Jonas Knutsen tire de la droite et Jorgen Karterud récolte le rebond au poteau gauche (1-1, 19'16"). Ce premier tiers-temps sans temps mort s'achève donc par une petite frustration, mais l'égalisation est logique.

Il faut attendre la deuxième période pour voir les premières pénalités norvégiennes : Nicolay Andersen fait trébucher Dimitri Thillet juste sous les yeux de l'arbitre. Le tir entre les cercles de Dimitri Thillet provoque une lutte acharnée au rebond et les premières frictions de la soirée. C'est ensuite Mathias Trettenes qui charge violemment Pierre Crinon contre la bande dans le coin de la zone française.

2012-12-10-Norvege-France2La supériorité numérique mais la dynamique reste. L'élan semble français, avec notamment un centre de Quentin Mahier pour la déviation de Romain Carpentier au ras du premier poteau. Sur une contre-attaque, Marius Serer est sanctionné pour avoir envoyé un Norvégien contre la cage française. L'infériorité est franchie sans encombres, avec même un éclat de rire du public quand le gardien norvégien, attendant le palet derrière sa cage, le voit ricocher curieusement dans la bande et revenir devant le filet désert. Dommage qu'aucun blanc n'ait traîné par là... Les deux premiers tiers-temps auront été aussi serrés et indécis que prévu.

La troisième période sera aussi nette qu'en amical... mais pas dans le même sens. La Norvège démarre pied au plancher et pousse Quentin Mahier à la faute. Le lancer puissant de Mathias Trettenes est suivi au rebond par Andreas Heier, qui n'a plus qu'à pousser le palet dans la cage ouverte (1-2). Sur l'action suivante, André Sorvik dans le slot est bien près de faire sombrer le naivre bleu. Puis c'est au tour d'Espen Salo se se procurer deux tirs consécutifs. Les Français encaissent, l'un après l'autre, les assauts norvégiens.

Il faut attendre sept minutes et demie de cette terrible tempête pour qu'une éclaircie apparaisse. Maurin Bouvet n'arrive pas à contrôler une longue passe, et le palet parvient jusqu'au gardien Steffen Søberg qui le dégage dans les filets par-dessus les plexis : retard de jeu. Mais les nuages n'ont pas disparu. Une rafale souffle de nouveau quand Magnus Hoff s'échappe en infériorité, mais Antoine Bonvalot tient bon la barre avec un bel arrêt-mitaine.

2012-12-10-Norvege-France3Une nouvelle voie d'eau est signalée quand Axel Rioux commet un cinglage en zone neutre. Magnus Hoff n'a pas dit son dernier mot et est le plus incisif au rebond (3-1). Le vaisseau France prend l'eau de toutes parts, et c'est au tour de Faure d'être sanctionné pour obstruction. Même si les blancs enchaînent les dégagements sans soucis, le chronomètre a été mangé et il ne reste que trois minutes. Les tricolores repartent à l'attaque, et Frøshaug commet une obstruction inutile car le palet était parvenu jusqu'à son gardien (58'20").

Lionel Charrier prend son temps mort et sort son gardien pour jouer à 6 contre 4. Mais ses hommes ont oublié qu'ils ont deux buts à remonter et hésitent trop à tenter des tirs quels qu'ils soient pour provoquer la chance. Sur cette troisième période, de toute manière, le plus fort a gagné.

Sans miracle, la France est à son niveau, celui du maintien, à jouer face aux Autrichiens et aux Slovènes. Une lutte à trois difficile à prédire, qui commencera mercredi par le défi posé par le gardien slovène Gracnar.

Désignés joueurs du match : Magnus Hoff pour la Norvège et Antoine Bonvalot pour la France.

Commentaires d'après-match

Lionel Charrier (entraîneur de la France) : "On a mal débuté, je ne sais pas si les joueurs étaient fatigués ou s'ils ont ressenti la pression. En tout cas, ce premier tiers nous fait un peu chanceler. On arrive de deux divisions en dessous en deux ans. L'objectif prioritaire, c'est le maintien. Notre préparation, ce sont des équipes de division 1B et de division 2A. On n'est pas habitué à ce rythme-là. Hier, les joueurs se sont présentés sans complexes et ça a fonctionné. Ils ont beaucoup donné. Au troisième tiers, on a payé nos pénalités, étaient-elles dues à la fatigue ou à une mauvaise gestion de son activité ? J'ai demandé aux joueurs de bien récupérer car les matches-couperets vont arriver."

(photos de Pascal Enault)

2012-12-10-Norvege-France

 

Norvège - France 3-1 (1-1, 0-0, 2-0)
Lundi 10 décembre 2012 à 19h00 au Coliseum d'Amiens. 1515 spectateurs.
Arbitrage de Tom Darnell (GBR) assisté d'Andreas Kowert (ALL) et Jacques Riisom-Birker (DAN).
Pénalités : Norvège 10' (0', 6', 4') ; France 14' (4', 4', 6').
Tirs : Norvège 44 (17, 11, 16) ; France 26 (7, 15, 4).

Évolution du score :
0-1 à 09'13" : Crinon assisté de Briand
1-1 à 19'16" : Karterud assisté de Knutsen
2-1 à 43'35" : Heier assisté de Trettenes et Lesund (sup. num.)
3-1 à 51'27" : Hoff assisté de Heier et Trettenes (sup. num.)


Norvège

Gardien : Steffen Søberg (2').

Défenseurs : Iver Håland - John Nicolay Næsgård ; Mattias Nørstebø - Emil Frøshaug (C, -1, 2') ; Nicolay Andresen (+1) - Dag Christian Frøystad (+1) ; Erlend Lesund.

Attaquants : Jonas Knutsen (A, +1) - Espen Salo (+1, 2') - Jorgen Karterud (+1) ; Magnus Hoff (A, -1) - Mathias Trettenes (-1, 2') - Sebastian Weberg (-1) ; Andreas Heier (-1) - Eirik Salsten (2') - Markus Søberg ; Anders Pedersen - Thomas Valkvæ Olsen - André Sørvik.

Remplaçant : Joachim Svendsen (G). Absent : Marius Günther (cheville).

France

Gardien : Antoine Bonvalot [sorti de sa cage de 58'20" à 60'00"].

Défenseurs : Raphaël Faure (A, 2') - Nicolas Leclerc (2') ; Pierre Crinon (+1) - Simon Barbero (+1) ; Martin Charpentier (-1) - Quentin Mahier (-1, 2').

Attaquants : Marius Serer (C, 2') - Mathieu Briand - Rémi Thomas ; Guillaume Leclerc - Maurin Bouvet (+1, 2') - Romain Carpentier (2') ; Cédric Di Dio Balsamo - Dimitri Thillet - Axel Rioux (2') ; Jordann Perret (-1) - Yann Millet (A) - Norbert Abramov.

Remplaçants : Julian Barrier-Heyligen (G), Gaëtan Cannizzo, Loïc Mora.