Brest - Dunkerque (Division 1, 14e journée)

Aurélien Gréverend 2Abordage réussi de justesse

Dernier match de l’année au Rïnkla stadium. Après avoir enchaîné les rencontres contre les équipes de tête lors des récentes journées, les Albatros n’ont pas de répit dans ce théâtre de la Division 1 plus disputée que jamais. Opposés à eux ce soir, on retrouve des Corsaires dunkerquois rompus à jouer en dehors de leur glace de Michel Raffoux. Les Nordistes disputent leur quatrième match consécutif à l’extérieur. Les trois précédents se sont tous terminés par une victoire par un but d’écart.

La dernière défaite des Corsaires remonte au 10 novembre dernier contre Lyon, un des gros favoris du championnat, après prolongation. C’est dire si cette équipe est à craindre pour Brest qui avait eu toutes les peines de monde à s’imposer 4-3 sur la glace de Michel Raffoux lors de la première journée. Depuis, Dunkerque s’est renforcé avec l’arrivée du globe trotteur Juhamatti Yli-Junnila (quatre clubs en trois ans). Le géant finlandais s’est acclimaté à son nouveau club (9 points en 7 matchs) et a été adopté par ses coéquipiers puisqu’il est déjà capitaine !

Du travail en perspective pour Landry Macrez qui se voit titularisé contre une de ses anciennes équipes après avoir laissé la place à Arnaud Goetz pendant plusieurs matchs consécutifs, chose qui ne s’était pas vu depuis son arrivée à Brest. Le coup d’envoi est donné par Dan Ar Braz dans une patinoire qui ne désemplit pas cette année de manière assez impressionnante.

Comme face à Lyon il y a une semaine, c’est Nicholas Pard qui ouvre la marque d’un tir mi-hauteur, sur le premier jeu de puissance de son équipe (1-0 à 2’48’’). Efficacité maximale pour son équipe dans cet exercice, pour l’instant du moins car ils n’y arriveront plus par la suite. Un déluge de peluches s’abat sur la glace dans le cadre de l’opération de dons à l’association « Les Marchands de sables ».

Le tiers est globalement dominé par Brest à la faveur notamment des pénalités sifflées contre Dunkerque. En effet, les Corsaires surveillent de très près le duo Pard-Croteau mais souffrent parfois pour stopper à la régulière les rapides Canadiens. Comme dans le deuxième tiers-temps face à Lyon, les Albatros n’en profitent pas pour prendre le large grâce à un bon Marc-André Martel et à ses défenseurs qui dégagent efficacement tous les rebonds.

À mi-tiers la grosse alerte vient de l’ancien international Maurice Rozenthal dont le tir tape la barre transversale de Landry Macrez (10’45’’). Sans conséquence pour les Bretons mais c’est un premier avertissement pour eux et annonciateur d’un deuxième tiers plus difficile.

La construction offensive brestoise s’embourbe en cherchant à tout prix l’exploit individuel. Les grigris de David Croteau ne semblent pas faire mouche ce soir, et certains joueurs ont une fâcheuse tendance à conserver trop longtemps le palet. Cette pratique revient à jouer avec le feu face à une équipe comme Dunkerque qui travaille fort et exerce un pressing constant.

susiatte 300x413Les rôles s’inversent pour la deuxième période. Les pénalités s’accumulent du côté brestois (pas moins de six) et la domination territoriale est pour les visiteurs. Jari Raattama inscrit son premier but en France sur une de ces supériorités numériques.  Le défenseur finlandais est servi sur un plateau par son brillant compatriote Atte Susi pour une reprise plein axe instantanée sur laquelle Macrez ne peut rien (1-1 à 22’40’’). Cette égalisation est logique car Dunkerque est revenu sur la glace avec de meilleures intentions.

Les Corsaires ne sont pas loin de passer devant au score suite à la prison concédée par David Hennebert pour faire trébucher (23'13’’). Landry Macrez est impérial avec sa mitaine (23’36’’) et ses jambières (24’03’’) face à Grégory Dubois et Juhamatti Yli-Junnila. Les autres jeux de puissance sont moins convaincants et peinent à s’installer. Aurélien Gréverend met en pratique les louanges qui lui étaient attribuées sur son travail en infériorité numérique par son coach Sébastien Oprandi lors d’une récente interview. Tir contré, interception, bonne relance, il réalise un sans faute en restant sur la glace la quasi-totalité des deux minutes de prison d’Erwan Pain (37’23’’).  

Les vingt dernières minutes ne suffisent pas à départager ce duel très accroché. Landry Macrez sort un arrêt de très grande classe de la mitaine sur Yli-Junnila qui avait pris à défaut l’ensemble de la défense bleue (48’04’’). En face, David Croteau et Nicholas Pard ne ménagent pas leur peine mais ils sont bien muselés par la défensive nordiste. Un peu trop même sur un rush de David Croteau qui résiste à plusieurs adversaires sur son dos et provoque une pénalité différée. Le jeu se poursuit devant le but de Martel qui est sans doute masqué sur le tir de David Poulin qui trouve le fond des filets (2-1 à 52’58’’).

Une avance de courte durée réduite à néant par Alan Dana qui s’emmêle complètement les pinceaux dans sa zone défensive alors que son équipe évolue en supériorité numérique. Atte Susi presse le néo-défenseur brestois et lui chipe le palet avant de le transmettre à son capitaine Yli-Junnila qui ne laisse aucune chance à Macrez (2-2 à 53’48’’). Une égalisation concédée de manière stupide mais qui vient récompenser le bon travail des Dunkerquois.

Pour une deuxième fois en l’espace d’une semaine, le public aura le droit à une mort subite. Alan Dana cherche à se rattraper de sa bourde en tentant une percée dans la défensive adverse qui est stoppée par Grégory Dubois. Ceci va indirectement provoquer la victoire brestoise.

En effet le corps arbitral sanctionne les deux joueurs ce qui nous donne une situation de 3 contre 3 (64'07’’). Du pain béni pour les gros patineurs que sont Nicholas Pard et David Croteau. Avec autant d’espaces, la vitesse des deux Canadiens est un danger fatal aux visiteurs. Sur un palet récupéré par Pard, Croteau se met en position de contre et réceptionne la passe de son coéquipier pour s’en aller défier et remporter son duel face à Martel (3-2 à 64’40’’).

L’issue est donc la même qu’une semaine plus tôt face à Lyon. Du suspense, deux bonnes équipes, tout pour plaire et faire revenir le public. En obtenant un point qui est loin d’être volé, Dunkerque a largement rempli son objectif. Les Corsaires ont fait forte impression et confirment leur statut d’équipe en forme du moment. Ce n’était peut-être pas le cas dans les pronostics d’avant saison, mais cette équipe fait office de sérieux candidat aux play-offs.

Le nouvel entraîneur Miikka Rousu a fait venir une cohorte finlandaise de talent dont le plus bel avatar est sans nul doute Atte Susi. Cet attaquant est parvenu tout au long de la rencontre à suivre la vitesse de Pard. C’est dire s’il en a sous le patin. Ajouté à cela un excellent travail défensif de sa part, un pressing incessant sur l’adversaire, une bonne vision de jeu jumelée à un talent de passeur et vous obtenez le meilleur joueur dunkerquois sur ce match (avec Yli-Junnila déjà bien connu dans nos contrées.)

Brest a perdu sa place de leader durant la semaine car Lyon dispose désormais d’un match d’avance. La difficile victoire de ce soir leur permet de rester au contact. On peut regretter l’égalisation offerte aux Dunkerquois mais il aurait été injuste que ces derniers repartent bredouilles de leur long voyage au vu de la prestation offerte. Le trio québécois Pard-Croteau-Poulin a offert une grosse prestation mais l’ensemble du collectif a tout de même peiné par moment, sans doute gêné par le pressing adverse.

Plus qu’une rencontre à disputer, et les équipes pourront souffler un peu.


Brest - Dunkerque 3-2 après prolongation (1-0, 0-1, 1-1, 1-0)
Samedi 15 décembre 2012 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1370 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Péronnin , assisté de Charlotte Girard et Charles Edouard Salmon.
Pénalités : Brest 18' (2', 12', 2', 2’), Dunkerque 26' (8', 2', 4’+10’, 2’).
Évolution du score :
1-0 à 02’48’’ : Pard assisté de Croteau et Prosvic (sup. num)
1-1 à 22’40’’ : Raattama assisté de Susi et Yli-Junnila (sup. num)
2-1 à 52’58’’ : Poulin assisté de Pard et Croteau
2-2 à 53’48’’ : Yli-Junnila assisté de Susi et Rozenthal (inf. num)  
3-2 à 64’40’’ : Croteau assisté de Pard


Brest

Gardien : Landry Macrez.

Défenseurs : Aurélien Gréverend – David Poulin ; Vladimir Holik – David Hennebert (A) ; Daniel Carlsson (A) – Alan Dana.

Attaquants : Erwan Pain (Lefebvre de 20’ à 40’) – David Croteau – Nicholas Pard ; Jonathan Avenel – Jaroslav Prosvic (A) – Graham Avenel ; Alexandre Lefebvre (C) (Berthon de 20’ à 40’) – Quentin Berthon (Pain de 20’ à 40’) – Tristan Lemoine.

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Clément Gonzales. Absent : Gaëtan Cannizzo (championnat du monde U20).

Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Jussi Laine – Grégory Dubois (A) ;  Ghislain Folcke –  Ekue Tomety ; Jari Raattama – Vadim Gyesbreghs.

Attaquants : Maurice Rozenthal (A) – Juhamatti Yli-Junnila (C)  – Atte Susi ; Mathieu Becuwe – Valentin Dumelié  – Loïc Destoop ; Jani Miettinen – Maxime Brachet – Clément Thomas ; Benjamin N’Guyen.

Remplaçants : Julien Peyre (G), François Moretti, Antoine Houque. Absents : François Rozenthal, Tony Allouchery, Yannis Marecaux.